Deux démineurs yéménites tués lors d’une explosion à Saada

Cette photo, prise le 5 avril 2016, montre de la fumée et du feu lors d’une explosion déclenchée par des experts yéménites de la destruction des mines et des explosifs posés par la milice houthie, dans la ville méridionale d’Aden. (AFP)
Cette photo, prise le 5 avril 2016, montre de la fumée et du feu lors d’une explosion déclenchée par des experts yéménites de la destruction des mines et des explosifs posés par la milice houthie, dans la ville méridionale d’Aden. (AFP)
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Publié le Lundi 10 juillet 2023

Deux démineurs yéménites tués lors d’une explosion à Saada

  • Les Houthis chercheraient intentionnellement à tuer des démineurs en regroupant des mines terrestres en un seul endroit
  • Ousama al-Gosaibi, directeur général du projet Masam, a accusé la communauté internationale et les groupes de l’ONU de ne pas déployer suffisamment d’efforts pour s’attaquer aux Houthis

AL-MOUKALLA: Deux démineurs yéménites ont été tués alors qu’ils tentaient de neutraliser des mines terrestres posées par la milice houthie, soutenue par l’Iran, dans la province septentrionale de Saada.

Selon le Yemeni Landmine Records, les travailleurs opéraient au sein d’une équipe dans la zone d’Al-Bouqa, contrôlée par le gouvernement, lorsque deux mines antichars placées l’une sur l’autre ont explosé pendant qu’ils tentaient de les neutraliser.

Le groupe a affirmé que les Houthis cherchent intentionnellement à tuer des démineurs en regroupant des mines terrestres en un seul endroit, en plantant des dispositifs qui ne peuvent être détectés par des moyens conventionnels et en déposant des explosifs équipés de détecteurs de mouvement.

Les autorités yéménites et le projet de déminage Masam, financé par l’Arabie saoudite, ont estimé que les Houthis avaient posé plus d’un million de mines terrestres et d’engins explosifs improvisés dans le pays au cours de la dernière décennie, ce qui fait du Yémen la région la plus densément minée du monde depuis la Seconde Guerre mondiale.

Au moins huit civils ont été tués par des explosions de mines terrestres à Taïz et à Hodeïda au cours du présent mois, selon le groupe de surveillance.

Hamza Ahmed, 14 ans, a été tué alors qu’il manipulait un engin piégé sous forme de canette dans le quartier d’Al-Jahmelia, à Taïz, à proximité de chez lui.

Lors d’un autre incident, Arfat Abdou Ghalebm, 13 ans, a été tué après qu’un obus de mortier avec lequel il jouait a explosé pendant qu’il gardait des moutons dans la campagne de Taïz.

Un porte-parole du groupe de surveillance a déclaré: «Nous appelons les parents à éduquer leurs enfants et à les avertir de ne pas toucher d’objets suspects afin de les préserver du danger.»

Ousama al-Gosaibi, directeur général du projet Masam, a accusé la communauté internationale et les groupes de l’ONU de ne pas déployer suffisamment d’efforts pour s’attaquer aux Houthis à ce sujet.

Il a confié à Yemen Shabab TV que trente-trois démineurs de Masam avaient été tués et cinquante-deux autres blessés dans des explosions de mines terrestres depuis 2018 et que les équipes du projet avaient réussi à neutraliser 405 818 mines terrestres, munitions non explosées et engins piégés répartis sur 47 485 089 mètres carrés de sol yéménite au cours des cinq dernières années.

«Malheureusement, le silence de la communauté internationale face aux crimes contre l’humanité commis par la milice houthie, qui viole les droits des civils en utilisant des mines sans discernement, est scandaleux et irresponsable», a soutenu M. Al-Gosaibi.

Bien que les hostilités au Yémen aient considérablement diminué depuis qu’une trêve négociée par l’ONU est entrée en vigueur, en avril de l’année dernière, les Houthis continuent de poser des mines terrestres plus sophistiquées, y compris dans les zones déminées grâce au projet saoudien.

«Malheureusement, la pose des mines persiste. En réalité, il existe de nombreuses zones que les équipes de Masam avaient nettoyées, mais qui ont été réexploitées depuis en plus grand nombre et au moyen de techniques plus dangereuses.»

«Les astuces et les techniques utilisées par les Houthis dans la production de mines et d’engins explosifs évoluent constamment et ils s’efforcent toujours d’améliorer leurs mines et engins explosifs ainsi que de les équiper de nouvelles technologies», a-t-il ajouté.

M. Al-Gosaibi a affirmé que, parmi les vingt-trois districts de la province de Taïz, dix-huit contiennent des mines terrestres posées par les Houthis, ce qui fait de Taïz la province la plus densément minée du Yémen après Hodeïda, à l’ouest.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Nouvel embrasement au Liban: quatre soldats israéliens tués, « tout le Liban doit brûler» estime Ben Gvir 

Des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés selon Beyrouth, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats. (AFP)
Des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés selon Beyrouth, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats. (AFP)
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  • "Les frappes aériennes israéliennes intensives menées à partir de minuit et jusqu'à ce matin ont empêché l'évacuation des martyrs et des blessés, et ont fait 18 morts et 33 blessés, selon un bilan provisoire", a indiqué le ministère libanais de la Santé
  • Elles ont touché au moins 10 localités, à proximité de la ville de Nabatiyé dans le sud du Liban, dont celle de Harouf, où huit personnes sont mortes, selon l'Agence nationale d'information libanaise (ANI)

BEYROUTH: Des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés selon Beyrouth, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

Il s'agit des bombardements les plus massifs et du bilan le plus lourd depuis l'annonce lundi d'un protocole irano-américain, qui prévoit une cessation des hostilités, y compris au Liban, où s'affrontent Israël et le mouvement islamiste Hezbollah, allié de Téhéran.

"Les frappes aériennes israéliennes intensives menées à partir de minuit et jusqu'à ce matin ont empêché l'évacuation des martyrs et des blessés, et ont fait 18 morts et 33 blessés, selon un bilan provisoire", a indiqué le ministère libanais de la Santé dans un communiqué.

Elles ont touché au moins 10 localités, à proximité de la ville de Nabatiyé dans le sud du Liban, dont celle de Harouf, où huit personnes sont mortes, selon l'Agence nationale d'information libanaise (ANI).

D'autres frappes israéliennes ont visé la région de Baalbek dans l'est du pays, relativement épargnée depuis le début du conflit le 2 mars.

De nombreux habitants ont fui le sud après ces raids, selon l'Agence nationale d'information libanaise (ANI). Des voitures bondées, avec matelas et effets personnels, ont envahi les routes, quittant la région de Tyr, a constaté un correspondant de l'AFP.

"Tout le Liban doit brûler" 

L'armée israélienne a affirmé de son côté avoir frappé des infrastructures du Hezbollah en riposte à la mort de ces soldats, dont le char a été touché peu après minuit dans la zone de Kfar Tebnit, près de Nabatiyé.

Les correspondants militaires des médias israéliens évoquent l'impact d'"un missile ou d'un drone".

"Le lieutenant-colonel Dor Gedalia Ben Simhon est tombé au combat" dans le sud du Liban avec "trois autres soldats" dont les noms seront publiés ultérieurement, a précisé l'armée. Elle dénonce les "violations répétées du cessez-le-feu par le Hezbollah", qui "continue de préparer et mener des attaques terroristes contre des soldats israéliens".

"Tout le Liban doit brûler", a réagi de son côté le ministre de la Sécurité nationale israélien Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême droite et allié politique clef du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

"Ça suffit le ping-pong. Au Proche-Orient, on ne gagne pas avec des réactions mesurées et de la retenue", a-t-il ajouté. "Il faut être fou, éradiquer. Et vaincre le terrorisme".

"Il faut faire parler le feu (...) Ouvrir les portes de l'enfer", a déclaré sur X son collègue et rival d'extrême droite Bezalel Smotrich, ministre des Finances, sans mentionner explicitement le Liban mais en faisant allusion à la mort des soldats.

Dans une déclaration publiée au petit matin, le groupe pro-iranien a annoncé que ses combattants avaient ciblé les forces israéliennes près des collines d'Ali Taher, qui surplombent la ville de Nabatiyé, par des tirs "de roquettes et d'obus de mortier".

Il avait affirmé dans la nuit avoir détruit trois chars israéliens lors d'affrontements entre ses combattants et une unité de l'armée israélienne dans le sud du Liban.


Netanyahu : l'armée israélienne restera dans le sud du Liban « aussi longtemps que nécessaire»

Une photo prise depuis la région de Marjayoun, au sud du Liban, montre de la fumée s'élevant à la suite d'une frappe aérienne israélienne sur le village de Nabatieh al-Fawqa, le 19 juin 2026. (AFP)
Une photo prise depuis la région de Marjayoun, au sud du Liban, montre de la fumée s'élevant à la suite d'une frappe aérienne israélienne sur le village de Nabatieh al-Fawqa, le 19 juin 2026. (AFP)
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  • L'armée israélienne "restera dans la zone de sécurité dans le sud du Liban aussi longtemps que nécessaire pour pour protéger les localités du nord" d'Israël, déclare M. Netanyahu dans un communiqué
  • Le ministre de la Défense Israël Katz a de son côté prévenu d'une riposte israélienne "avec une force considérable" à toute attaque du Hezbollah, allié de l'Iran

JERUSALEM: Israël restera au Liban "aussi longtemps que nécessaire" a affirmé vendredi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ajoutant que son pays ferait "payer un prix très lourd" au mouvement islamiste Hezbollah, après l'annonce de la mort de quatre soldats en opération.

L'armée israélienne "restera dans la zone de sécurité dans le sud du Liban aussi longtemps que nécessaire pour pour protéger les localités du nord" d'Israël, déclare M. Netanyahu dans un communiqué. "Israël n'acceptera aucune attaque contre nos soldats ou notre territoire", ajoute-t-il.

Le ministre de la Défense Israël Katz a de son côté prévenu d'une riposte israélienne "avec une force considérable" à toute attaque du Hezbollah, allié de l'Iran.

 

 

 


Israël continuera à opérer dans le sud du Liban 

 L'armée israélienne a annoncé jeudi poursuivre ses opérations dans le sud du Liban face aux "menaces", après la signature par les Etats-Unis et l'Iran d'un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris sur le front libanais. (AFP)
L'armée israélienne a annoncé jeudi poursuivre ses opérations dans le sud du Liban face aux "menaces", après la signature par les Etats-Unis et l'Iran d'un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris sur le front libanais. (AFP)
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  • Depuis l'annonce lundi de l'accord entre Téhéran et Washington, signé mercredi soir par les présidents de deux pays, l'intensité des violences a drastiquement baissé dans le sud du Liban
  • Mais des échanges de tirs limités sont signalés et au moins huit personnes ont depuis été tuées dans des frappes israéliennes, dont trois sur la seule journée de jeudi selon un média d'Etat libanais

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé jeudi poursuivre ses opérations dans le sud du Liban face aux "menaces", après la signature par les Etats-Unis et l'Iran d'un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris sur le front libanais.

L'armée a publié une carte de ce qu'elle déclare être son "espace de sécurité", s'étendant sur une dizaine de kilomètres à l'intérieur du territoire libanais.

Elle indique que des troupes continueront d'y être déployées "afin d'éliminer les menaces et d'améliorer la défense des habitants du nord d'Israël".

Un responsable militaire israélien a précisé que l'armée pourrait également agir pour "neutraliser" les risques identifiés au-delà de la zone de sécurité, et appelé les civils libanais à ne pas y pénétrer.

Depuis l'annonce lundi de l'accord entre Téhéran et Washington, signé mercredi soir par les présidents de deux pays, l'intensité des violences a drastiquement baissé dans le sud du Liban et le Hezbollah pro-iranien n'a plus revendiqué d'attaques contre Israël.

Mais des échanges de tirs limités sont signalés et au moins huit personnes ont depuis été tuées dans des frappes israéliennes, dont trois sur la seule journée de jeudi selon un média d'Etat libanais.

L'armée israélienne a pour sa part annoncé la mort de l'un de ses soldats dans la nuit de mercredi à jeudi, lors d'un incident survenu dans le sud du Liban. Sept soldats ont également été blessés.

Le groupe armé Hezbollah soutenu par l'Iran a entraîné le Liban dans la guerre début mars en attaquant Israël pour venger l'assassinat du guide suprême de la République islamique au début de la campagne américano-israélienne.

Israël a riposté par de vastes frappes à travers le Liban et par le lancement d'une invasion terrestre dans le sud, région frontalière d'Israël et de longue date sous l'influence du Hezbollah.

Le Liban et Israël mènent depuis avril des pourparlers directs à Washington afin de tenter de mettre fin aux hostilités et de dissocier leur conflit de la guerre régionale.

"D'autres étapes sont en cours de discussion" dans le cadre de ces pourparlers, a déclaré jeudi la même source militaire, ajoutant que "les représentants se rencontreront à nouveau la semaine prochaine".