Le G7 promet à Kiev un soutien militaire durable, en attendant l'Otan

Les dirigeants du Royaume-Uni, de l'Allemagne, de la France, du Japon, des États-Unis, de l'Ukraine et du Canada quittent la salle à la fin d'un événement visant à annoncer une déclaration commune de soutien à l'Ukraine (Photo, AP).
Les dirigeants du Royaume-Uni, de l'Allemagne, de la France, du Japon, des États-Unis, de l'Ukraine et du Canada quittent la salle à la fin d'un événement visant à annoncer une déclaration commune de soutien à l'Ukraine (Photo, AP).
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Publié le Jeudi 13 juillet 2023

Le G7 promet à Kiev un soutien militaire durable, en attendant l'Otan

  • Au deuxième jour du sommet de l'Otan à Vilnius et près de 18 mois après le début de l'invasion russe, les membres du G7 (Etats-Unis, Royaume-Uni, France, Canada, Allemagne, Italie, Japon) ont présenté un plan pour la sécurité de l'Ukraine
  • Il s'agit de l'aider à faire face à l'offensive russe actuelle et de dissuader la Russie de toute «future attaque armée» contre son voisin

VILNIUS: Les puissances du G7 se sont engagées mercredi à apporter un soutien militaire sur le long terme à l'Ukraine, une décision saluée par le président Volodymyr Zelensky pour lequel cela ne saurait toutefois remplacer une future adhésion de son pays à l'Alliance atlantique.

Au deuxième jour du sommet de l'Otan à Vilnius et près de 18 mois après le début de l'invasion russe, les membres du G7 (Etats-Unis, Royaume-Uni, France, Canada, Allemagne, Italie, Japon) ont présenté un plan pour la sécurité de l'Ukraine.

Il s'agit de l'aider à faire face à l'offensive russe actuelle et de dissuader la Russie de toute "future attaque armée" contre son voisin.

Cette annonce, qui a provoqué la colère de Moscou, a été qualifiée de "victoire importante pour la sécurité de l'Ukraine" par Volodymyr Zelensky.

Après avoir vertement reproché mardi aux dirigeants de l'Alliance de ne pas avoir fixé de calendrier pour l'intégration de son pays à cette organisation, le dirigeant ukrainien a veillé à arrondir les angles au dernier jour du sommet.

Tout au long de la journée, il a multiplié les messages de remerciement pour "l'aide énorme" reçue par l'Ukraine.

"Merci beaucoup. Vous, tous les Américains, le Congrès (…) Vous êtes à nos côtés depuis les premiers jours de cette guerre. Nous y sommes très sensibles", a-t-il lancé à l'occasion d'un tête-à-tête avec son homologue américain Joe Biden.

Le chef de l'Etat ukrainien a aussi été interrogé sur les propos du ministre britannique de la Défense Ben Wallace, qui a souligné que son pays n'était "pas Amazon" quand il s'agit de fournir des armes à l'Ukraine, suggérant que Kiev pourrait faire montre de plus de "gratitude".

"Nous avons toujours été reconnaissants envers le Royaume-Uni", a-t-il répondu, avant de s'interroger dans un sourire sur ce que le ministre avait voulu dire.

«L'avenir de l'Ukraine est dans l'Otan»

"Nous ne fléchirons pas!", a lancé Joe Biden, dans un discours à l'Université de Vilnius, soulignant que le président russe Vladimir Poutine avait échoué dans sa tentative de "briser" l'Alliance atlantique.

"L'avenir de l'Ukraine est dans l'Otan", avait-il assuré un peu plus tôt. Mais, en attendant, "nous allons aider (les Ukrainiens) à bâtir de fortes capacités défensives sur terre, sur mer et dans les airs", a-t-il dit, avant de louer le courage de ce pays, un exemple "pour le monde entier".

La déclaration du G7 constitue un cadre en vue de la conclusion ultérieure d'accords bilatéraux entre ses Etats membres et Kiev détaillant les armes qu'ils fourniront.

Huit autres pays se sont joints à cette initiative, selon Madrid : l'Espagne, les Pays-Bas, le Portugal, l'Islande, la Norvège, le Danemark, la Pologne et la République tchèque.

"Nous devons nous assurer que, quand la guerre se terminera, il y ait des mécanismes crédibles en place pour la sécurité de l'Ukraine afin que l'histoire ne se répète pas", a aussi fait valoir le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg, avant la première réunion du "Conseil Ukraine-Otan" avec Volodymyr Zelensky.

"Aujourd'hui, nous nous rencontrons en tant qu'égaux et j'attends avec impatience le jour où nous nous rencontrerons en tant qu'alliés", a poursuivi le Norvégien, qui vient d'être reconduit pour un an à la tête de cette organisation.

Arrivée en Finlande de Joe Biden

L'avion présidentiel Air Force One, en provenance de Vilnius où se déroulait le sommet annuel de l'Alliance atlantique, s'est posé vers 22H00 heure locale (19H00 GMT) à l'aéroport international d'Helsinki, selon un photographe de l'AFP à son bord.

Joe Biden doit rencontrer jeudi le président finlandais Sauli Niinistö, le principal artisan de l'entrée de la Finlande dans l'Otan, ainsi que les dirigeants des autres pays nordiques.

Tournant la page de décennies de neutralité forcée par Moscou après la Deuxième guerre mondiale puis de non-alignement militaire depuis la fin de la Guerre froide, la Finlande est devenue le 4 avril le 31e membre de l'Alliance atlantique, un revers pour Moscou.

Les discussions de jeudi doivent être centrées sur "la coopération entre les pays nordiques et les Etats-Unis sur les questions de sécurité, d'environnement et de technologie", selon la présidence finlandaise.

Zelensky «confiant»

La veille, au premier jour du sommet, les dirigeants se sont engagés à raccourcir le processus que Kiev devrait suivre pour rejoindre l'Otan. "Nous serons en mesure d'adresser à l'Ukraine une invitation à rejoindre l'Alliance lorsque les Alliés l'auront décidé et que les conditions seront réunies", prévoit le communiqué final.

Pour Volodymyr Zelensky, ces conditions sont "liées à la sécurité" : "nous comprenons que l'Ukraine ne peut pas devenir membre tant que la guerre se poursuit". Il s'est dit "confiant" quant à une adhésion "après la guerre".

Mais pour le chancelier allemand Olaf Scholz, ces conditions, "prévues dans les règles de l'Otan et connues de tous", portent notamment sur les questions de "démocratie et d'Etat de droit".

Le communiqué final du sommet de Vilnius ne va pas beaucoup plus loin que l'engagement formulé en 2008 au sujet d'une future intégration de l'Ukraine. Les États-Unis, qui sont la première puissance militaire, s'inquiètent d'être entraînés dans un possible conflit nucléaire avec la Russie.

Les bailleurs de fonds occidentaux ont déjà envoyé des armes d'une valeur de plusieurs dizaines de milliards d'euros à l'Ukraine pour l'aider à lutter contre l'armée russe.

Mardi, l'Allemagne a déclaré qu'elle fournirait davantage de chars, de missiles de défense Patriot et de véhicules blindés, pour une valeur de 700 millions d'euros supplémentaires.

La France a annoncé l'envoi en Ukraine de missiles de longue portée Scalp et une coalition de 11 nations a fait savoir qu'elle commencerait à former les pilotes ukrainiens sur des avions F-16 à partir du mois prochain.


Nouvel acte d'accusation de la justice américaine contre Maduro et son épouse

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  • L'acte d'accusation révisé vise désormais six personnes, dont Nicolas Maduro, Cilia Flores et le ministre vénézuélien de l'Intérieur, Diosdado Cabello, considéré comme l'un des hommes les plus puissants du pays
  • Ils sont notamment accusés de s'être alliés avec la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), que Washington considère comme "terroriste", ainsi qu'à des cartels criminels pour "acheminer des tonnes de cocaïne vers les Etats-Unis"

WASHINGTON: Le président vénézuélien Nicolas Maduro et son épouse Cilia Flores, emmenés de force par des militaires américains, sont visés par un nouvel acte d'accusation publié samedi pour "narcoterrorisme" et importation de cocaïne aux Etats-Unis.

Quelques heures après l'annonce de l'opération par le président Donald Trump, la ministre américaine de la Justice, Pam Bondi affirmait que le couple était inculpé pour ces faits devant un tribunal fédéral de New York.

Si les poursuites contre Nicolas Maduro et d'autres hauts responsables vénézuéliens dans cette procédure étaient connues depuis 2020, le nom de son épouse n'y apparaissait pas jusqu'à présent.

L'acte d'accusation révisé vise désormais six personnes, dont Nicolas Maduro, Cilia Flores et le ministre vénézuélien de l'Intérieur, Diosdado Cabello, considéré comme l'un des hommes les plus puissants du pays.

Ils sont notamment accusés de s'être alliés avec la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), que Washington considère comme "terroriste", ainsi qu'à des cartels criminels pour "acheminer des tonnes de cocaïne vers les Etats-Unis".

Nicolas Maduro et son épouse sont à bord d'un navire à destination de New York pour y être présentés à la justice, a indiqué Donald Trump sur Fox News.

Ils feront face "à toute la rigueur de la justice américaine, sur le sol américain, devant des tribunaux américains", a assuré Mme Bondi.

En août, le ministère de la Justice et le département d'Etat avaient annoncé doubler à 50 millions de dollars la prime pour l'arrestation de Nicolas Maduro et son ministre de l'Intérieur.

Le gouvernement de Nicolas Maduro dénonce de longue date une ingérence des Etats-Unis dans les affaires vénézuéliennes.


Washington travaillera avec les reponsables vénézuéliens «s'ils prennent de bonnes décisions», dit Rubio

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  • Lors d'une opération spectaculaire, les troupes américaines ont capturé et exfiltré samedi le président vénézuélien qui attend désormais en prison à New York d'être traduit devant la justice américaine pour "narcoterrorisme"
  • Interrogé sur la vice-présidente Delcy Rodriguez - à qui la Cour suprême vénézuélienne a confié le pouvoir par interim - le chef de la diplomatie américaine a déclaré que Washington allait juger ses actions et celles des autres dirigeants encore en place

WASHINGTON: Les Etats-Unis travailleront avec les responsables vénézuéliens en place "s'ils prennent de bonnes décisions", a déclaré dimanche le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio, assurant que Washington gardait des moyens de pression sur le pays, notamment l'embargo pétrolier.

"S'ils ne prennent pas de bonnes décisions, les Etats-Unis conserveront de nombreux leviers d'influence pour garantir la protection de nos intérêts, notamment l'embargo pétrolier. Nous allons donc juger, à l'avenir, nous allons juger tout ce qu'ils font", a-t-il dit à propos du gouvernement vénézuélien, lors d'une interview à la chaîne CBS.

Marco Rubio a également semblé nettement tempérer les déclarations faites samedi par le président américain Donald Trump, selon lesquelles les Etats-Unis allaient "diriger" le Venezuela et n'hésiteraient pas à déployer des troupes sur place "si besoin".

Si Donald Trump ne peut pas écarter publiquement toutes les options et notamment celle d'un déploiement de troupes, a-t-il déclaré, "ce n'est pas ce que vous voyez actuellement. Ce que vous voyez actuellement, c'est un embargo pétrolier qui nous permet d'exercer une influence considérable sur la suite des événements".

Lors d'une opération spectaculaire, les troupes américaines ont capturé et exfiltré samedi le président vénézuélien qui attend désormais en prison à New York d'être traduit devant la justice américaine pour "narcoterrorisme".

Interrogé sur la vice-présidente Delcy Rodriguez - à qui la Cour suprême vénézuélienne a confié le pouvoir par interim - le chef de la diplomatie américaine a déclaré que Washington allait juger ses actions et celles des autres dirigeants encore en place et "voir ce qui va se passer".

"La différence" avec Nicolas Maduro, est que "la personne qui était aux commandes (...) était quelqu'un avec qui on ne pouvait pas travailler", et qui ne "respectait pas ses accords", a ajouté Marco Rubio.

Comme on lui demandait si les Etats-Unis soutiendraient Maria Corina Machado, lauréate du prix Nobel de la paix et figure de l'opposition ou Edmundo Gonzalez Urrutia, candidat de l'opposition à la présidentielle de 2024, Marco Rubio a botté en touche.

Les Etats-Unis, a-t-il assuré, ne peuvent plus s'impliquer dans la gestion politique de pays tiers.

Le Venezuela n'est pas "la Libye", "l'Irak", ou "l'Afghanistan". "Notre mission ici est très différente", a affirmé Marco Rubio. "Nous nous attaquons à ce qui constitue une menace pour les intérêts américains".

 


En Floride, Trump et Netanyahu mettent en garde le Hamas

 Donald Trump et Benjamin Netanyahu ont fait front commun lundi en Floride contre l'Iran et toute tentative de réarmement, ainsi que face au Hamas, menacé par le président américain en cas de non-respect de la deuxième phase de la trêve à Gaza. (AFP)
Donald Trump et Benjamin Netanyahu ont fait front commun lundi en Floride contre l'Iran et toute tentative de réarmement, ainsi que face au Hamas, menacé par le président américain en cas de non-respect de la deuxième phase de la trêve à Gaza. (AFP)
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  • Le président américain a minimisé les bruits faisant état de tensions avec le Premier ministre israélien
  • Israël a "respecté le plan" pour Gaza, a-t-il estimé, ajoutant n'être "préoccupé par rien de ce que fait Israël"

PALM BEACH: Donald Trump et Benjamin Netanyahu ont fait front commun lundi en Floride contre l'Iran et toute tentative de réarmement, ainsi que face au Hamas, menacé par le président américain en cas de non-respect de la deuxième phase de la trêve à Gaza.

Depuis les pupitres d'une conférence de presse commune organisée dans la résidence Mar-à-Lago du milliardaire, ce dernier a fermement mis en garde Téhéran, ennemi juré d'Israël, six mois après les frappes américaines contre son programme nucléaire.

"J'espère qu'ils ne sont pas encore en train d'essayer de se réarmer, parce que s'ils le font, nous n'aurons pas d'autre choix que d'éliminer très rapidement ce réarmement", qu'il s'agisse d'installations nucléaires ou de missiles balistiques, a-t-il averti.

Un proche conseiller du guide suprême iranien a réagi dans la foulée, déclarant que "toute agression" envers son pays serait "immédiatement suivie d'une réponse très sévère".

"La capacité balistique et de défense de l'Iran ne peut être contenue" et ne nécessite "aucune autorisation", a écrit sur X Ali Shamkhani.

Le président américain a également minimisé les bruits faisant état de tensions avec le Premier ministre israélien.

Israël a "respecté le plan" pour Gaza, a-t-il estimé, ajoutant n'être "préoccupé par rien de ce que fait Israël".

Donald Trump a en revanche pointé du doigt le mouvement islamiste palestinien Hamas et répété que son désarmement - un des points de la deuxième phase du plan pour Gaza - était nécessaire.

"Prix fort" 

"S'ils ne se désarment pas comme ils s'y sont engagés" et "dans un délai relativement court", "ils paieront le prix fort", a-t-il menacé.

La branche armée du Hamas a toutefois réaffirmé lundi qu'elle "ne renoncerait pas" aux armes "tant que l'occupation perdurera".

Benjamin Netanyahu, qui a qualifié son entrevue avec le républicain de "très productive", a profité de sa visite pour remettre à Donald Trump la plus haute distinction civile du pays.

"Nous n'avons jamais eu d'ami comme le président Trump à la Maison Blanche", a-t-il apprécié.

"Il peut être très difficile" mais Israël "n'existerait peut-être pas" sans le leadership dont Benjamin Netanyahu a fait preuve après les attaques sans précédent du Hamas le 7 octobre 2023, a salué le président américain.

La rencontre entre les deux hommes était la cinquième aux Etats-Unis depuis le retour à la Maison Blanche de Donald Trump il y a près d'un an.

Washington souhaite accélérer la cadence du plan de cessez-le-feu, fragile, en vigueur depuis octobre dans la bande de Gaza entre Israël et le Hamas - qui s'accusent mutuellement de fréquentes violations.

Avertissement envers l'Iran 

Le passage vers sa deuxième phase, qui prévoit le désarmement du Hamas, un retrait progressif de l'armée israélienne de Gaza, la mise en place d'une autorité de transition et le déploiement d'une force internationale de stabilisation dans le territoire palestinien, piétine.

Le média américain Axios rapporte que Washington veut faire des annonces concernant un gouvernement palestinien de technocrates comme autorité de transition pour Gaza dès janvier.

Donald Trump s'est borné lundi à espérer que la "reconstruction" puisse commencer bientôt dans le territoire palestinien, dévasté par deux années d'une guerre déclenchée par l'attaque du 7 octobre 2023.

Un des objectifs du déplacement de Benjamin Netanyahu visait à insister sur le "danger que posent l'Iran" et son programme balistique, "non seulement pour le Moyen-Orient mais aussi pour les Etats-Unis", selon une porte-parole de son gouvernement.

Il s'agit d'une "tentative de fabriquer un nouveau casus belli" contre l'Iran après "l'argument du nucléaire", analyse Sina Toossi, chercheur au Centre pour la politique internationale (CIP) à Washington.

L'Iran "se comporte peut-être mal" en cherchant à se réarmer mais reste intéressé par un accord avec Washington sur ses programmes nucléaires et balistiques, a estimé Donald Trump.

Donald Trump a également espéré que Benjamin Netanyahu pourrait "s'entendre" avec le nouveau président syrien et ancien jihadiste, Ahmad al-Chareh, après des frappes d'Israël à la frontière syrienne et contre le Hezbollah libanais.