L’Académie française de football en Arabie saoudite: un bilan annuel positif et des perspectives ambitieuses

Pour assurer le développement et l’harmonisation du paysage sportif dans le Royaume, le gouvernement saoudien a approuvé la création de plusieurs académies des sports. (Photo fournie).
Pour assurer le développement et l’harmonisation du paysage sportif dans le Royaume, le gouvernement saoudien a approuvé la création de plusieurs académies des sports. (Photo fournie).
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Publié le Mardi 11 juillet 2023

L’Académie française de football en Arabie saoudite: un bilan annuel positif et des perspectives ambitieuses

  • On a forcément un programme à deux vitesses, qui va dans un premier temps s'adresser au football de masse, que ce soient des joueurs débutants ou avancés, des joueurs de classes sociales différentes, des garçons ou des filles
  • M. Diallo a confié à Arab News en français: «Ils étaient dans un premier temps très étonnés de la grandeur de l'événement, très enthousiastes à l'idée de pouvoir prendre part en tant que supporter au sein d'un stade pour un match du match de Coupe du mond

RIYAD: La Vision 2030, annoncée en 2016, entend créer une société dynamique avec des vies épanouies grâce entre autres à la promotion du bien-être physique et social et d'un mode de vie sain.

Afin d’encourager une participation généralisée et régulière aux activités physiques et sportives, de former des élites dans le domaine sportif toutes disciplines confondues, l'autorité sportive a lancé une série d'initiatives, notamment en fournissant un soutien financier aux clubs nationaux saoudiens et en établissant des relations solides avec les associations sportives continentales et internationales.

Pour assurer le développement et l’harmonisation du paysage sportif dans le Royaume, le gouvernement saoudien a approuvé la création de plusieurs académies des sports conçues pour découvrir et développer de jeunes talents.

L’Académie française de football a célébré les deux années de sa présence en Arabie saoudite en comptabilisant au total 850 jeunes joueurs inscrits. Elle compte parmi ses membres les meilleurs joueurs du monde ainsi que les meilleurs entraîneurs et accompagnateurs de l’histoire du football international.

Ce qui fait de l’installation de cette association française de renom à Djeddah et à Riyad une opportunité de choix pour les jeunes sportifs saoudiens.

À cette occasion, Arab News en francais s’est entretenu avec Karim Ziane, directeur de l’Académie de la fédération de football, et Lamine Diallo, directeur de l’Académie de la fédération de football à Djeddah, concernant les stratégies adoptées pour participer au développement de ce sport et à la formation des futures élites saoudiennes.  

M. Karim Ziane a déclaré à Arab News en français: «Il faut savoir qu'on a déjà commencé, c’est en cours de développement. On a plusieurs axes et plusieurs stratégies qui ont été mis en place.

On a forcément un programme à deux vitesses, qui va dans un premier temps s'adresser au football de masse, que ce soient des joueurs débutants ou avancés, des joueurs de classes sociales différentes, des garçons ou des filles. Le programme va donc s'adresser à tous.

Et la deuxième vitesse du programme de l’Académie va concerner la formation des élites. M. Ziane a annoncé au micro d’Arab News en français: «On va proposer des programmes aux contenus plus adaptés à ceux qui ont l'ambition et les ressources pour accéder au haut niveau. Les contenus de nos programmes sont établis grâce aux expertises françaises et renforcés par la présence permanente notamment d’éducateurs, d’entraîneurs et de techniciens diplômés UEFA. Nous utilisons aussi les nouvelles technologies telles que les GPS, les data, l'analyse vidéo.

M. Lamine Diallo, en charge de l’Académie française de football de Djeddah, a quant à lui expliqué le fonctionnement de l’Académie à Arab News en français: «L’Académie à Djeddah est différente de celle de Riyad. Parce qu’à Riyad le programme est concentré et développé sur quatre localités différentes. Alors qu’à Djeddah nous sommes sur un seul et même pôle d'entraînement. C'est un pôle d'entraînement assez volumineux. Nous sommes en partenariat avec une école de renommée, Giga Edge International School, au sein de laquelle nous avons deux terrains d'entraînement, ce qui nous permet d'avoir une capacité d'accueil de 350 joueurs par semaine sur le même site.»

«Le programme a eu un franc succès à Djeddah. Nous y accueillons les enfants de 5 à 18 ans. On a pu dès la première année proposer des voyages assez inédits, en l'occurrence un voyage pour la Coupe du monde au Qatar», poursuit-il.

En évoquant ce voyage exceptionnel, M. Diallo nous a confié: «Ils étaient dans un premier temps très étonnés de la grandeur de l'événement, très enthousiastes à l'idée de pouvoir y prendre part en tant que supporter au sein d'un stade pour un match de Coupe du monde. Ils sont rentrés avec des souvenirs plein la tête, des étoiles plein les yeux… Ils ont pris part à un événement unique, au plus grand événement mondial du football. La Coupe du monde. Par conséquent, c'est un souvenir qu'ils garderont jusqu'à la fin de leur vie.»

L’académie ambitionne cette année, à partir de la saison 2023/2024, de mettre en place un championnat d'académie privée qui va permettre de regrouper les académies les plus qualitatives et les plus sérieuses de chaque grande ville afin d'organiser des rencontres le week-end pour que les enfants soient confrontés à d’autres joueurs et vivent cette compétitivité.

Cette institution sportive ambitionne aussi d’organiser ce tournoi international et d'ajouter des équipes de différents pays étrangers, les invitant ainsi à se joindre à l’Académie en Arabie saoudite pour un événement international.

M. Ziane a de son coté annoncé à Arab News en français: «L’Académie propose à ses joueurs des voyages à Monaco, assez exclusifs. Il sera question d'être en immersion à l'intérieur d'un club professionnel et donc de visiter les installations, de rencontrer des joueurs professionnels, de jouer contre les équipes du club en question, d’assister aussi éventuellement si le calendrier coïncide à un match de Ligue ou un match du championnat de France.»

À la suite de leur entretien avec l’ambassadeur français Ludovic Pouille, les deux hommes ont affirmé que ce dernier accorde une attention particulière aux activités de l’Académie et qu’il en est président d’honneur. Ils affirment que, lors de leur entretien, ils ont présenté un bilan de la saison écoulée, aussi bien en termes qualitatif que quantitatif. Il a été également question des différentes problématiques auxquelles l’Académie a dû faire face et la façon dont elle les a gérées.

Les deux responsables ont par la suite fait part de leurs stratégies de développement de l’Académie en particulier et du mouvement sportif saoudien en général. 


Liban: un proche du Hezbollah arrêté pour espionnage au profit d'Israël 

Israeli Defense Minister Israel Katz said Wednesday that the United States has not demanded that Israel withdraw its troops from southern Lebanon, a condition set by Lebanon in ongoing ceasefire negotiations. (AFP/File)
Israeli Defense Minister Israel Katz said Wednesday that the United States has not demanded that Israel withdraw its troops from southern Lebanon, a condition set by Lebanon in ongoing ceasefire negotiations. (AFP/File)
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  • "Un agent de premier plan au service d'Israël a été arrêté à Beyrouth", a déclaré ce responsable sous couvert d'anonymat. Il est accusé d'avoir transmis "des informations détaillées à Israël"
  • Le suspect était "très proche de responsables du Hezbollah", ce qui lui permettait d'avoir accès à "un vaste éventail d'informations", selon cette source

BEYROUTH: Les autorités libanaises ont arrêté un proche du Hezbollah pro-iranien soupçonné d'espionnage au profit d'Israël, a indiqué mardi à l'AFP un responsable judiciaire.

"Un agent de premier plan au service d'Israël a été arrêté à Beyrouth", a déclaré ce responsable sous couvert d'anonymat. Il est accusé d'avoir transmis "des informations détaillées à Israël ayant conduit à l'assassinat de cadres du Hezbollah, dont quatre hauts responsables sécuritaires".

Le suspect était "très proche de responsables du Hezbollah", ce qui lui permettait d'avoir accès à "un vaste éventail d'informations", selon cette source.

Il a été arrêté la semaine dernière à l'aéroport de Beyrouth, alors qu'il s'apprêtait à se rendre en Irak, puis déféré devant le tribunal militaire où il doit être jugé, a ajouté le responsable judiciaire.

Originaire du sud du Liban, il est marié à une Irakienne et faisait régulièrement la navette entre le Liban et l'Irak, avant de se rendre en Turquie "pour rencontrer des officiers et des agents liés au Mossad israélien", d'après la même source.

Il leur "fournissait des informations sur des cibles potentielles dont il collectait des données à Beyrouth, avant qu'elles ne soient ensuite attaquées", a ajouté le responsable, sans préciser l'identité des responsables du Hezbollah visés ni la date de leur assassinat.

Israël a mené des opérations ciblées au Liban contre le Hezbollah depuis que le mouvement islamiste a ouvert un front en soutien au Hamas en octobre 2023, puis le 2 mars en soutien à l'Iran.

Ces opérations ont conduit à l'assassinat des principaux responsables du Hezbollah, dont son chef Hassan Nasrallah en septembre 2024, ainsi qu'à la destruction d'une grande partie de son arsenal.

En octobre 2025, un responsable judiciaire avait indiqué à l'AFP que les autorités libanaises avaient arrêté, au cours des mois précédents, 32 personnes reconnues coupables ou soupçonnées d'avoir transmis à Israël des informations sur des dirigeants du Hezbollah.

Au Liban, officiellement en état de guerre avec Israël, toute prise de contact avec le pays voisin est passible d'emprisonnement.

Au cours des années précédant les deux dernières guerres, des dizaines de personnes avaient été arrêtées et jugées pour collaboration avec Israël, dont plusieurs recrutées sur internet après la crise économique de 2019. Certaines ont été condamnées à des peines allant jusqu'à 25 ans de prison.


En pleines discussions à Rome, Israël se dit prêt à avancer sur deux «zones pilotes» au Liban

Israël s'est dit prêt à avancer dans le projet de retrait de ses troupes de deux zones du sud du Liban, au moment où se tiennent mardi de nouvelles négociations à Rome dans l'ombre d'une reprise des hostilités au Moyen-Orient. (AFP)
Israël s'est dit prêt à avancer dans le projet de retrait de ses troupes de deux zones du sud du Liban, au moment où se tiennent mardi de nouvelles négociations à Rome dans l'ombre d'une reprise des hostilités au Moyen-Orient. (AFP)
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  • Les deux pays, techniquement en état de guerre depuis des décennies, avaient conclu le 26 juin un accord-cadre en vue d'une "paix durable", à l'issue de cinq cycles de discussions à Washington
  • Le ministre des Affaires étrangères israélien, Gideon Saar, a déclaré que son pays était prêt à "aller de l'avant" dans la mise en oeuvre de deux "zones pilotes", revendication clé du pouvoir libanais

ROME: Israël s'est dit prêt à avancer dans le projet de retrait de ses troupes de deux zones du sud du Liban, au moment où se tiennent mardi de nouvelles négociations à Rome dans l'ombre d'une reprise des hostilités au Moyen-Orient.

Les deux pays, techniquement en état de guerre depuis des décennies, avaient conclu le 26 juin un accord-cadre en vue d'une "paix durable", à l'issue de cinq cycles de discussions à Washington.

Mais le Hezbollah, armé et financé par Téhéran, rejette ce texte dont l'application doit commencer par le retrait israélien de "zones pilotes" dans le sud du Liban.

Le ministre des Affaires étrangères israélien, Gideon Saar, a déclaré que son pays était prêt à "aller de l'avant" dans la mise en oeuvre de deux "zones pilotes", revendication clé du pouvoir libanais.

"J'espère et j'ai bon espoir que cette série de discussions à Rome y contribuera", a-t-il déclaré depuis Jérusalem.

Aucune information n'a filtré à ce stade des pourparlers dans la capitale italienne.

Des journalistes de l'AFP ont vu les voitures des délégations entrer dans l'enceinte de l'ambassade américaine sous haute sécurité mardi matin, tandis que l'ambassade, sollicitée, s'est refusée à tout commentaire.

"Se retirer progressivement" 

La délégation libanaise "a reçu comme instruction de réclamer le début immédiat du retrait des forces israéliennes de deux zones pilotes avant toute autre discussion", avait fait savoir la présidence libanaise lundi soir.

Selon une source diplomatique libanaise informée de la teneur des négociations, "l'armée libanaise est prête à prendre progressivement le contrôle des localités dont l'armée israélienne se retirerait".

"Israël est disposé à se retirer progressivement, à condition que le Hezbollah ne soit pas présent dans les zones évacuées et que l'armée libanaise dispose des capacités nécessaires pour maintenir ces secteurs démilitarisés et empêcher tout retour du mouvement", explique l'analyste israélienne Orna Mizrahi.

Une délégation militaire américaine a d'ailleurs entamé samedi à Beyrouth des discussions avec l'armée libanaise sur les modalités de mise en oeuvre du retrait israélien de l'une de ces "zones pilotes".

L'accord-cadre a été conclu après l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu fragile dans la nouvelle guerre qui a éclaté début mars entre le Hezbollah et l'armée israélienne. Le mouvement chiite avait entraîné le Liban dans le conflit en bombardant Israël en représailles aux frappes américano-israéliennes contre l'Iran.

L'armée israélienne poursuit cependant des frappes limitées dans le sud, où un drone a visé mardi la localité de Nabatiyé al-Fawqa et procède à des destructions dans les villages qu'elle occupe, selon les médias officiels libanais.

"Réfléchir à deux fois" 

Depuis le début de ce conflit, ces frappes israéliennes ont fait depuis plus de 4.300 morts, d'après les autorités libanaises. Sur la même période, l'armée israélienne a annoncé la mort de 38 soldats et d'un contractuel civil au Liban.

"Les chances d'une percée à Rome sont assez limitées", estime Karim Bitar, enseignant à Sciences Po Paris, qui voit plutôt dans cette réunion "l'opportunité de montrer que le processus est encore en place (...), qu'il y a des négociations qui perdurent malgré les oppositions et les obstacles qui commencent à apparaître".

Téhéran avait exigé l'arrêt des hostilités au Liban pour conclure un protocole d'accord avec Washington le 17 juin.

Mais ce texte semble avoir volé en éclats après des frappes américaines et iraniennes au Moyen-Orient d'une ampleur inédite depuis la mise en place d'un cessez-le-feu début avril.

"Les Iraniens veulent établir un lien entre les deux dossiers, tandis que nous souhaitons les dissocier", relève Orna Mizrahi.

"Chaque fois qu'ils en auront l'occasion, ils (les Iraniens) chercheront à faire échouer ce qui se passe sur la scène libanaise", ajoute cette chercheuse spécialiste du Liban à l'Institut pour les études de sécurité nationale (INSS) de Tel-Aviv. Même si Téhéran a actuellement d'autres priorités, notamment le contrôle du détroit d'Ormuz.

Karim Bitar souligne pour sa part que le risque d'une reprise des violences au Liban en raison du contexte régional "n'est bien évidemment pas négligeable".

"Mais je pense que l'Iran aujourd'hui y réfléchira à deux fois avant de demander au Hezbollah de lancer de nouvelles frappes contre Israël", dit-il.

Selon lui, Téhéran "souhaite maintenir le Hezbollah comme instrument de dissuasion à long terme et ne veut pas l'utiliser immédiatement pour ouvrir un nouveau front".


Netanyahu avertit les dirigeants iraniens qu'Israël ripostera en cas d'attaque

Un homme tient une pancarte sur laquelle figurent des photos du guide suprême iranien, l'ayatollah Mojtaba Khamenei, aux côtés de l'officier militaire assassiné Qasem Soleimani, alors qu'il assiste à la cérémonie d'adieu organisée en l'honneur de l'équipe nationale iranienne de football avant son départ pour la Coupe du monde de la FIFA 2026, à Téhéran, le 13 mai 2026. (AFP)
Un homme tient une pancarte sur laquelle figurent des photos du guide suprême iranien, l'ayatollah Mojtaba Khamenei, aux côtés de l'officier militaire assassiné Qasem Soleimani, alors qu'il assiste à la cérémonie d'adieu organisée en l'honneur de l'équipe nationale iranienne de football avant son départ pour la Coupe du monde de la FIFA 2026, à Téhéran, le 13 mai 2026. (AFP)
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  • Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a averti mardi les dirigeants iraniens qu'Israël riposterait en cas d'attaque
  • "Je le dis aux dirigeants iraniens : ne comptez pas sur le calme si vous nous attaquez (...), l'époque où l'on pouvait nous frapper sans que nous ripostions de manière décisive est révolue"

JERUSALEM: Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a averti mardi les dirigeants iraniens qu'Israël riposterait en cas d'attaque, alors que les frappes américaines et iraniennes ont repris avec une ampleur inédite depuis le cessez-le-feu d'avril.

"Je le dis aux dirigeants iraniens : ne comptez pas sur le calme si vous nous attaquez (...), l'époque où l'on pouvait nous frapper sans que nous ripostions de manière décisive est révolue", a déclaré M. Netanyahu lors d'une conférence, selon une vidéo diffusée par son cabinet.