Thaïlande: le vainqueur des élections aux prises avec la justice, nouvelle vague d'incertitudes

La Commission électorale thaïlandaise a recommandé le 12 juillet 2023 à la Cour constitutionnelle de suspendre Pita Limjaroenrat, candidat au poste de premier ministre, en raison d'allégations selon lesquelles il aurait enfreint les règles de la campagne électorale en tant que député, à la veille d'un vote parlementaire pour l'obtention du poste de premier ministre. (AFP).
La Commission électorale thaïlandaise a recommandé le 12 juillet 2023 à la Cour constitutionnelle de suspendre Pita Limjaroenrat, candidat au poste de premier ministre, en raison d'allégations selon lesquelles il aurait enfreint les règles de la campagne électorale en tant que député, à la veille d'un vote parlementaire pour l'obtention du poste de premier ministre. (AFP).
Short Url
Publié le Mercredi 12 juillet 2023

Thaïlande: le vainqueur des élections aux prises avec la justice, nouvelle vague d'incertitudes

  • Dans un contexte de haute tension, députés et sénateurs doivent se réunir jeudi pour désigner le prochain chef du gouvernement, fonction que seul Pita brigue pour le moment
  • Mais le député Move Forward, coqueluche des nouvelles générations, affronte des poursuites dans deux affaires distinctes, qui brouillent ses chances d'accéder au pouvoir et agitent le scénario de nouvelles manifestations

BANGKOK : L'étau judiciaire s'est resserré mercredi autour du candidat progressiste au poste de Premier ministre de la Thaïlande, Pita Limjaroenrat, vainqueur des législatives en mai, qui est accusé de vouloir "renverser" la monarchie, à la veille d'un vote crucial.

Dans un contexte de haute tension, députés et sénateurs doivent se réunir jeudi pour désigner le prochain chef du gouvernement, fonction que seul Pita brigue pour le moment.

Mais le député Move Forward, coqueluche des nouvelles générations, affronte des poursuites dans deux affaires distinctes, qui brouillent ses chances d'accéder au pouvoir et agitent le scénario de nouvelles manifestations, dans un pays habitué aux crises.

Les électeurs ont infligé en mai une défaite cinglante aux militaires, mais l'alternance risque de heurter le mur d'une Constitution favorable aux intérêts de l'armée qui gouverne depuis une quasi-décennie et juge son potentiel successeur trop radical.

La commission électorale a estimé qu'il y avait suffisamment d'éléments pour transmettre à la Cour constitutionnelle le dossier de Pita Limjaroenrat, accusé d'avoir possédé durant la campagne des actions dans une chaîne de télévision, en contradiction avec la loi.

Le président de l'instance Ittiporn Boonprakong, interrogé par l'AFP, a confirmé qu'il recommandait la suspension de Pita, visage du renouveau politique en Thaïlande.

Le parlementaire âgé de 42 ans, qui risque la prison, la perte de son siège et l'inéligibilité durant 20 ans, se défend de toute manoeuvre illégale.

"Je garde le moral", a-t-il réagi auprès de journalistes, devant l'Assemblée nationale, en dénonçant une procédure "rapide" et "injuste" à son encontre.

Dans une autre affaire, la Cour constitutionnelle a annoncé qu'elle acceptait la requête d'un avocat qui accuse Pita Limjaroenrat et Move Forward de vouloir "renverser" la monarchie.

Précipitation

Le parti Move Forward a créé la surprise sur la base d'un programme de rupture qui fait écho aux revendications des protestations géantes de 2020 pour une réforme en profondeur de la monarchie.

Parmi leurs mesures chocs, une réforme de la loi de lèse-majesté, que seul le mouvement ose évoquer en public, face au risque de poursuites judiciaires, au nom du statut intouchable - quasi divin - du roi, pouvant mener à sa dissolution.

Le texte, l'un des plus sévères de ce type dans le monde, laisse largement place à l'interprétation et a été détourné pour étouffer toute contestation politique, ont alerté des organisations de défense des droits humains.

Le projet d'amender l'article 112 punissant le crime de lèse-majesté a tracé une ligne rouge pour certains sénateurs, gardiens autoproclamés des valeurs traditionnelles.

Malgré une coalition majoritaire à la Chambre basse (312 députés sur 500), Pita a besoin du ralliement d'une soixantaine des 250 sénateurs pour accéder au pouvoir. Or une partie de la Chambre haute, dont les membres ont été nommés par les militaires, s'y refuse.

La décision de la commission électorale constitue un "abus de pouvoir", a dénoncé Move Forward dans un communiqué, assurant que l'instance n'a pas donné à son leader "la possibilité de s'expliquer".

"Pourquoi autant de précipitation ? Je ne vois qu'une seule raison, c'est pour influencer le résultat de vote" de jeudi, a expliqué à l'AFP Prinya Thaewanarumitkul, professeur de droit public à l'université Thammasat de Bangkok.

"Les sénateurs ont besoin d'une raison pour ne pas voter pour le candidat issu du parti vainqueur, qui dispose de plus de la moitié des sièges. Il fallait une raison pour justifier leur action et la voilà", a-t-il estimé.

Risque de tensions

En cas d'échec jeudi, députés et sénateurs se réuniront autant de fois que nécessaire pour nommer un Premier ministre.

La Cour constitutionnelle est impliquée dans plusieurs des crises cycliques qui caractérisent la vie politique thaïlandaise, entre interférences de l'armée et de la justice dans le processus démocratique, et manifestations massives, parfois violentes.

La Thaïlande a connu une douzaine de coups d'Etat réussis depuis la fin de la monarchie absolue en 1932.

"Le combat (...) a commencé", a écrit sur Facebook Anon Numpa, une figure du mouvement pro-démocratie.

La dissolution décidée en 2020 par la Cour constitutionnelle de Future Forward, le parti d'opposition dont Move Forward a repris le flambeau, a poussé dans les rues des milliers de jeunes en faveur d'une réforme en profondeur de la monarchie.

Le programme de Move Forward comprend aussi une nouvelle Constitution, la fin du service militaire obligatoire pour les hommes, l'ouverture de certains marchés et la légalisation du mariage pour tous.


L'armée américaine dit avoir conclu une série de frappes en Iran contre «des dizaines de cibles»

  • L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran
  • Elle a "visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations"

WASHINGTON: L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran, pour la deuxième journée consécutive, se disant prête à "garantir que la liberté de navigation reste assurée" dans le détroit d'Ormuz.

Les forces américaines "ont visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations", a écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

 


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.


Le prince héritier saoudien et Trump évoquent les pourparlers entre Washington et Téhéran et la sécurité dans le Golfe

  • Les dirigeants mettent l’accent sur la diplomatie et la sécurité maritime dans un contexte de regain des tensions au Moyen-Orient
  • Le ministre saoudien des Affaires étrangères et Marco Rubio discutent de leur coordination alors que les tensions entre Washington et Téhéran persistent

RIYAD : Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, et le président américain Donald Trump ont discuté vendredi, lors d’un entretien téléphonique, de la sécurité régionale, de la liberté de navigation maritime et des contacts en cours entre les États-Unis et l’Iran, alors que Riyad et Washington renforcent leur coordination diplomatique à la suite d’une nouvelle montée des tensions dans le Golfe.

Selon l’Agence de presse saoudienne (SPA), les deux dirigeants ont passé en revue la coopération bilatérale et les moyens de renforcer les relations dans divers secteurs. Ils ont également échangé leurs points de vue sur les évolutions régionales et internationales, notamment sur les discussions entre Washington et Téhéran.

Le prince héritier et Donald Trump ont souligné l’importance de garantir la sécurité de la navigation maritime, de protéger les voies maritimes internationales et de soutenir les efforts visant à renforcer la sécurité et la stabilité régionales.

Par ailleurs, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s’est entretenu par téléphone avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio. Les deux responsables ont réaffirmé l’importance de poursuivre la coordination et les consultations afin de promouvoir la sécurité et la stabilité dans l’ensemble de la région, a rapporté la SPA.

Ces échanges interviennent après une nouvelle escalade entre les États-Unis et l’Iran, qui menace de compromettre les récents efforts diplomatiques visant à mettre fin à plusieurs mois d’hostilités.

La dernière crise a éclaté après que des forces iraniennes ont attaqué des pétroliers commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz, malgré un accord de cessez-le-feu, entraînant des frappes aériennes américaines contre des cibles situées en Iran. Téhéran a ensuite riposté par des attaques de missiles et de drones contre des alliés des États-Unis dans le Golfe, ravivant les craintes d’un conflit régional de plus grande ampleur.

Cette reprise des violences a intensifié les appels de la communauté internationale en faveur d’un retour des États-Unis et de l’Iran à la table des négociations.

L’Égypte et le Qatar ont exhorté les deux parties à reprendre le dialogue et à mettre en œuvre le protocole d’accord conclu plus tôt cette année comme base d’un règlement plus large, tandis que le Pakistan a appelé à la retenue et proposé de poursuivre son rôle de médiateur entre les deux pays.

Vendredi, Donald Trump a déclaré que les États-Unis avaient accepté de poursuivre les discussions avec l’Iran, tout en estimant que le cessez-le-feu était, dans les faits, caduc après les derniers échanges d’attaques.

L’Arabie saoudite a constamment appelé à la retenue, au dialogue et à des solutions diplomatiques afin de préserver la stabilité régionale et de garantir la sécurité des routes maritimes internationales, en particulier à travers le détroit d’Ormuz, l’un des corridors énergétiques les plus stratégiques au monde. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com