Hollywood paralysé, les acteurs en grève protestent devant les studios

Des membres de la Writers Guild of America et de la Screen Actors Guild posent pour une photo lors d'un piquet de grève devant Warner Bros. à New York, le 13 juillet 2023. (Photo par TIMOTHY A. CLARY / AFP)
Des membres de la Writers Guild of America et de la Screen Actors Guild posent pour une photo lors d'un piquet de grève devant Warner Bros. à New York, le 13 juillet 2023. (Photo par TIMOTHY A. CLARY / AFP)
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Publié le Samedi 15 juillet 2023

Hollywood paralysé, les acteurs en grève protestent devant les studios

  • En rejoignant les scénaristes sur les piquets de grève, les acteurs provoquent un double mouvement social jamais vu depuis 1960 à Hollywood, qui menace de geler totalement la production de séries et de films
  • Cette double grève confirme la crise existentielle qui frappe actuellement Hollywood

LOS ANGELES: Clap de fin, mais début des hostilités à Hollywood: les acteurs ont lancé vendredi leur grève en protestant devant les grands studios avec les scénaristes, pour un double mouvement social qui provoque la pire paralysie du secteur depuis plus de 60 ans.

Des centaines de grévistes munis de pancartes ont défilé devant l'immeuble de Netflix, sur le fameux Sunset Boulevard de Los Angeles, mais aussi ailleurs dans la ville ainsi qu'à New York, devant des studios et services de streaming comme HBO, Amazon ou Paramount.

"Nous sommes là pour le long terme", a lancé à l'AFP Vera Cherny, depuis Los Angeles, évoquant un "moment historique".

"C'est le moment de sécuriser les contrats qui serviront aux générations d'acteurs à venir, comme ils l'ont fait en 1960", a ajouté cette actrice de 44 ans, apparue dans les séries "The Americans" et "For All Mankind".

"+Spoiler alert+: on va gagner", proclamaient des pancartes brandies par des acteurs, parmi lesquels la star de la série "Ted Lasso" Jason Sudeikis, devant les studios NBC Universal à New York.

"On essaie juste de gagner un revenu minimum, qui permette de vivre à New York (...) où nous travaillons", a déclaré l'actrice Casey Killoran, 36 ans.

Il s'agit de la première grève réunissant acteurs et scénaristes depuis 63 ans à Hollywood.

La production de films et séries tournait déjà au ralenti depuis début mai à cause du mouvement des scénaristes, mais avec le débrayage des comédiens, l'industrie américaine se retrouve à genoux: mis à part quelques "soap operas" et émissions de télé-réalité, les tournages sont tout simplement impossibles.

Fossé béant 

Les deux corps de métier réclament une revalorisation de leur rémunération, en berne à l'ère du streaming.

Ils souhaitent également obtenir des garanties concernant l'usage de l'intelligence artificielle (IA), pour interdire à cette dernière de générer des scripts ou de cloner leurs voix et image.

"L'IA menace d'exclure les vrais artistes de l'espace créatif", a dénoncé Ezra Knight, président de l'antenne new-yorkaise du syndicat des acteurs SAG-AFTRA.

Malgré une prolongation et une médiation gouvernementale, les négociations entre SAG-AFTRA et patronat ont échoué.

Le fossé entre les dirigeants et les travailleurs semble béant. Jeudi, le patron de Disney, Bob Iger, a fustigé les exigences "irréalistes" des acteurs et scénaristes.

Sur les piquets de grève, l'ambiance est déterminée. L'antienne d'un Hollywood perverti par les valeurs de la Silicon Valley et son obsession de réduire les coûts revient régulièrement chez les acteurs ou scénaristes rencontrés par l'AFP ces dernières semaines.

"Nous nous battons pour que ce soit une carrière viable, et pas seulement un petit boulot", explique devant Netflix Jonathan Bazile, en fustigeant la culture des "tech bros" importée par l'avènement du streaming.

Ce nouveau modèle a bouleversé les rémunérations "résiduelles" des acteurs et scénaristes, qui découlent de chaque rediffusion d'un film ou d'une série et leur permettent de vivre entre deux projets.

Intéressants avec la télévision car calculés en fonction du tarif des publicités, ces émoluments sont bien moindres avec les plateformes de streaming, qui ne communiquent pas leurs chiffres d'audience et paient un forfait, indépendamment du succès.

Blockbusters menacés 

Le développement rapide de l'IA, qui menace de les remplacer, ne fait que renforcer l'impression que l'industrie traverse une véritable crise existentielle.

"C'est un moment critique", a reconnu jeudi l'acteur Kenneth Branagh lors de l'avant-première d'"Oppenheimer" à Londres, avant que l'ensemble du casting du blockbuster de Christopher Nolan ne quitte le tapis rouge en signe de solidarité, juste avant l'annonce de la grève. "Tout le monde essaie d'obtenir un accord équitable, c'est ce qui est nécessaire, et nous le soutiendrons."

Les directives du SAG-AFTRA, qui représente 160.000 acteurs, cascadeurs, danseurs et autres professionnels du petit et grand écran, interdisent à tous les membres de tourner, mais aussi de faire la promotion de leurs productions, en personne ou sur les réseaux sociaux.

Personne ne sait combien de temps cette grève durera, mais si elle s'éternise, elle pourrait retarder de nombreux blockbusters actuellement en production comme la suite de "Gladiateur", "Deadpool 3" ou "Ghostbusters 4".

Les grandes conventions et festivals comme le Comic-Con ou la Mostra de Venise vont aussi se dérouler sans acteurs américains.

Même la cérémonie des Emmy Awards, équivalent des Oscars pour la télé, prévue le 18 septembre, est menacée. La production envisage déjà de reporter l'événement en novembre, voire en 2024, selon la presse américaine.

L'impact pour le secteur risque d'être faramineux. La dernière grève des scénaristes, qui remonte à 2007-2008, avait duré 100 jours et coûté deux milliards de dollars.


Avec la guerre au Moyen-Orient, la peur de l'inflation est de retour sur les marchés

La bourse coréenne le 3 mars 2026. (AFP)
La bourse coréenne le 3 mars 2026. (AFP)
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  • En Europe, la Bourse de Paris a perdu 3,46%, Londres 2,75% et Francfort 3,44%. Milan a reculé de 3,92%.
  • A Wall Street, vers 16H50 GMT, le Dow Jones cédait 1,38%, l'indice Nasdaq a pris 1,32% et l'indice élargi S&P 500 1,28%.

PARIS: Bourses qui vacillent, taux d'intérêt en hausse... avec la flambée du prix des hydrocarbures provoquée par la guerre au Moyen-Orient, la peur de l'inflation est de retour sur les marchés.

En Europe, la Bourse de Paris a perdu 3,46%, Londres 2,75% et Francfort 3,44%. Milan a reculé de 3,92%.

A Wall Street, vers 16H50 GMT, le Dow Jones cédait 1,38%, l'indice Nasdaq a pris 1,32% et l'indice élargi S&P 500 1,28%.

"Les investisseurs craignent un choc d'inflation, en raison de la flambée des prix des hydrocarbures provoquée par le conflit au Moyen-Orient", explique à l'AFP Kevin Thozet, membre du comité d'investissement chez Carmignac.

En Europe, particulièrement dépendante de ses importations de gaz et de pétrole, le spectre de la crise inflationniste provoquée en 2022 par l'invasion de l'Ukraine par la Russie plane.

Le gaz s'enflamme

Au quatrième jour de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran, Téhéran attaque mardi des sites liés aux Etats-Unis dans le Golfe, et Israël continue de bombarder "simultanément" l'Iran et le Liban.

Le conflit provoque depuis le début de la semaine une forte hausse du prix des hydrocarbures, en raison des perturbations de l'approvisionnement via le passage stratégique par lequel transite environ 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondial.

Un général des Gardiens de la Révolution iraniens a d'ailleurs menacé lundi de "brûler tout navire" tentant de franchir le détroit.

Vers 16H50 GMT, le prix du baril de Brent de la mer du Nord prenait 7,07% à 83,24 dollars, après avoir dépassé les 85 dollars au cours de la séance, son niveau le plus élevé depuis juillet 2024. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate gagnait 7,34% à 76,46  dollars.

Le prix du gaz européen s'enflamme aussi, le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence du gaz naturel sur le Vieux Continent, bondissant de 20,69% à 53,71 euros. Depuis le début de l'année, il a grimpé de plus de 90%.

Cette flambée du prix de l'énergie ravive "la crainte que, même si cette guerre reste localisée, elle puisse avoir un fort impact sur la croissance européenne et raviver l'inflation", a relevé Neil Wilson, analyste de Saxo Markets.

Les taux d'intérêt en hausse en Europe

"La question est: revenons-nous à un scénario similaire à 2022, où la flambée des prix de l'énergie avait déclenché une vague massive d'inflation frappant l'économie mondiale ?", s'interroge Kathleen Brooks, analyste de XTB.

En Europe, le risque de "stagflation", une hausse des prix avec une croissance faible, inquiète les investisseurs.

"Une hausse des prix de l'énergie exerce une pression à la hausse sur l'inflation, en particulier à court terme", a déjà déclaré Philip Lane, chef économiste de la BCE, dans une interview accordée au Financial Times.

Et "une potentielle hausse de l'inflation pourrait mettre en péril les baisses de taux des banques centrales", complète David Kruk, responsable du trading de La Financière de l'Échiquier, interrogé par l'AFP.

Résultat, les taux d'intérêt des dettes d'Etat, pourtant considérées traditionnellement comme des valeurs refuge en cas d'incertitude, grimpent, particulièrement sur le Vieux Continent.

Une inflation plus élevée réduit en effet la valeur réelle des sommes versées par un emprunteur à ses créanciers. Ces derniers exigent par conséquent des taux d'intérêt plus élevés pour compenser cette perte.

Le taux d'intérêt à échéance dix ans de la dette allemande, référence en Europe, a bondi de près de 0,10 points de pourcentage durant la séance, avant de modérer ses gains à 0,03 point, à 2,74%.

Son équivalent français a lui grimpé de 0,08 point par rapport à la veille, atteignant un taux de 3,37%. Vendredi, avant le début de la guerre en Iran, il évoluait autour de 3,20%. L'obligation italienne, aussi à échéance dix ans, a bondi de 0,10 point de pourcentage, à 3,45%.

Hors zone euro, le taux d'intérêt britannique a atteint  4,46%, contre 4,37% lundi soir.

Les craintes des investisseurs sur l'économie européenne profitent en revanche au dollar, qui bondissait de 0,74% face à la monnaie unique européenne, à 1,1604 dollar pour un euro. D'ailleurs, aux États-Unis, plus autonome d'un point de vue énergétique, l'obligation à dix ans restait stable.

L'or est en revanche délaissé : l'once perdait 4,13% à 5.102,16 dollars.

 

 


Trump menace de «cesser tout commerce» avec l'Espagne, «très peu coopérative»

Donald Trump a menacé mardi de "cesser tout commerce avec l'Espagne", lui reprochant son refus de laisser les Etats-Unis utiliser des bases militaires situées en Andalousie pour leur guerre contre l'Iran et ses dépenses militaires qu'il juge insuffisantes. (AFP)
Donald Trump a menacé mardi de "cesser tout commerce avec l'Espagne", lui reprochant son refus de laisser les Etats-Unis utiliser des bases militaires situées en Andalousie pour leur guerre contre l'Iran et ses dépenses militaires qu'il juge insuffisantes. (AFP)
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  • "Nous allons cesser tout commerce avec l'Espagne. Nous ne voulons pas entendre parler de l'Espagne"
  • "C'est le seul pays de l'Otan qui n'a pas accepté de consacrer 5%" de son PIB à des dépenses en matière de Défense, comme le veut le nouvel objectif de l'Otan poussé par Washington

WASHINGTON: Donald Trump a menacé mardi de "cesser tout commerce avec l'Espagne", lui reprochant son refus de laisser les Etats-Unis utiliser des bases militaires situées en Andalousie pour leur guerre contre l'Iran et ses dépenses militaires qu'il juge insuffisantes.

"Nous allons cesser tout commerce avec l'Espagne. Nous ne voulons pas entendre parler de l'Espagne", a déclaré le président américain depuis la Maison Blanche, où il reçoit le dirigeant d'un autre pays européen, le chancelier allemand Friedrich Merz.

"L'Espagne a été terrible", a attaqué Donald Trump, en reprochant au gouvernement socialiste de Pedro Sanchez de refuser à l'aviation américaine l'accès à des bases militaires situées dans le sud du pays pour sa campagne militaire contre l'Iran.

"C'est le seul pays de l'Otan qui n'a pas accepté de consacrer 5%" de son PIB à des dépenses en matière de Défense, comme le veut le nouvel objectif de l'Otan poussé par Washington, a-t-il aussi rappelé.

"L'Espagne a été très, très peu coopérative", a encore regretté Donald Trump.

Dans une conférence de presse donnée plus tôt dans la journée, le ministre des Affaires étrangères espagnol José Manuel Albares a déclaré n'avoir "eu aucune conversation avec aucun représentant nord-américain, ni aucune demande" au sujet des bases militaires de Rota et Moron.

"Nous n'avons reçu aucune plainte", a-t-il insisté.

"Les bases que nous utilisons conjointement avec les États-Unis sont des bases sous souveraineté espagnole", a rappelé le ministre. "Et c'est dans le cadre de notre souveraineté et du traité signé avec les Etats-Unis qu'elles peuvent être utilisées."

 


L'ONU approuve le premier projet de crédit carbone lié à l'accord de Paris

"Les opportunités offertes par ce marché carbone des Nations Unies dans toutes les régions sont immenses, en particulier maintenant que des mesures de protection environnementale solides, des normes rigoureuses et un système de recours clair sont en place pour garantir l'intégrité, l'inclusivité et l'efficacité", s'est félicité le chef de l'ONU Climat, Simon Stiell. (AFP)
"Les opportunités offertes par ce marché carbone des Nations Unies dans toutes les régions sont immenses, en particulier maintenant que des mesures de protection environnementale solides, des normes rigoureuses et un système de recours clair sont en place pour garantir l'intégrité, l'inclusivité et l'efficacité", s'est félicité le chef de l'ONU Climat, Simon Stiell. (AFP)
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  • L'accord de Paris, moteur de la coopération climatique mondiale adopté en 2015, prévoit qu'un pays qui dépasserait ses objectifs de baisse des émissions de CO2 puisse vendre son excès de réductions à un pays en retard sur ses propres objectifs
  • Ce pays a désormais le droit, dans le cadre de l'accord de Paris, de réduire, sur le papier, le total de ses propres émissions de gaz à effet de serre, grâce à ces crédits carbone

PARIS: Le premier projet de crédit carbone dans le cadre de l'accord de Paris a reçu le feu vert de l'ONU jeudi, un mécanisme pour aider les pays riches à tenir leurs engagements climatiques mais critiqué pour les risques d'écoblanchiment.

L'accord de Paris, moteur de la coopération climatique mondiale adopté en 2015, prévoit qu'un pays qui dépasserait ses objectifs de baisse des émissions de CO2 puisse vendre son excès de réductions à un pays en retard sur ses propres objectifs, en général un pays riche.

Ce pays a désormais le droit, dans le cadre de l'accord de Paris, de réduire, sur le papier, le total de ses propres émissions de gaz à effet de serre, grâce à ces crédits carbone.

Concrètement, une entreprise sud-coréenne va financer un programme de remplacement de foyers de cuisson ouverts (bois, charbon de bois, etc.) par des foyers plus économes en combustibles en Birmanie, a annoncé l'ONU Climat jeudi.

De tels projets sont censés réduire les émissions de CO2 puisque moins d'énergie sera perdue et donc utilisée par les familles pour cuisiner, avec un bénéfice additionnel pour la qualité de l'air et pour protéger les forêts locales.

Selon l'Organisation mondiale de la santé, environ un quart de la population mondiale cuisine avec des foyers ouverts qui polluent l'air intérieur et extérieur en brûlant des combustibles tels que kérosène, charbon de bois, bouses séchées et déchets agricoles.

Mais ces programmes ont historiquement échoué à tenir leurs promesses, les méthodologies ayant surestimé les réductions d'émissions, notamment dans le cas où les populations délaissent les nouveaux systèmes parce qu'ils les trouvent moins pratiques, ou s'ils se cassent.

La Corée du Sud va, en payant pour ce programme de remplacement, bénéficier de crédits carbone, qui aideront à réduire le total de son empreinte carbone. Le mécanisme onusien évite un double comptage de ces réductions dans les pays vendeurs et acheteurs des crédits.

"Les opportunités offertes par ce marché carbone des Nations Unies dans toutes les régions sont immenses, en particulier maintenant que des mesures de protection environnementale solides, des normes rigoureuses et un système de recours clair sont en place pour garantir l'intégrité, l'inclusivité et l'efficacité", s'est félicité le chef de l'ONU Climat, Simon Stiell.

Au-delà des problèmes de comptage, les détracteurs du mécanisme de crédit carbone dénoncent un passe-droit donné à certains pour ne pas réduire leurs propres émissions, puisqu'il leur suffirait de payer pour se dire en ligne avec l'accord de Paris.

Ce nouveau mécanisme a été validé par les pays du monde entier à la COP29 en 2024, et des centaines d'autres projets attendent d'être approuvés.