Cohabitation festivals musicaux et JO-2024: entre garanties et questions

Cette illustration distribuée le 20 octobre 2022 par le Comité Olympique Paris 2024 montre la cérémonie d'ouverture des Jeux Paralympiques de Paris le 28 août 2024 qui se déroulera Place de la Concorde, à Paris. (AFP)
Cette illustration distribuée le 20 octobre 2022 par le Comité Olympique Paris 2024 montre la cérémonie d'ouverture des Jeux Paralympiques de Paris le 28 août 2024 qui se déroulera Place de la Concorde, à Paris. (AFP)
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Publié le Dimanche 16 juillet 2023

Cohabitation festivals musicaux et JO-2024: entre garanties et questions

  • Malika Seguineau rappelle que «pour les concerts, les salles de type Arena et stades ne seront pas accessibles pendant de longs mois car occupés par les JO de Paris»
  • «En région parisienne, on a les exemples du Stade de France, qui fermera aussi avant les JO pour réaliser des travaux, l'Accor Arena (Bercy) ou encore Paris La Défense Arena»

CARHAIX-PLOUGUER: La saison estivale des festivals de musiques actuelles cohabitera avec les Jeux olympiques de 2024 en France, entre grands rendez-vous pour la plupart sanctuarisés, interrogations pour d'autres et potentielles tensions autour des ressources humaines ou matérielles.

Les évènements "dits emblématiques devraient se tenir aux dates et formats habituels, en raison des discussions qui ont pu être menées localement", expose à l'AFP Malika Seguineau, responsable du Prodiss (Syndicat national du spectacle musical et de variété).

Pour rappel, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin avait suscité l'incompréhension de la filière festivals/grands concerts en évoquant fin octobre 2022 la nécessité que soient "annulés ou reportés" des évènements culturels à l'été 2024. En cause, la mobilisation massive des forces de l'ordre pour les JO (26 juillet au 11 août), mais aussi avant ou après.

Outre les JO-2024 de Paris (qui concernent aussi d'autres villes), il y a entre début mai 2024 et début septembre 2024 le passage de la flamme olympique dans de nombreuses villes, l'ouverture du village olympique, les 80 ans du Débarquement en Normandie, puis les Jeux paralympiques.

Depuis une réunion au ministère de la Culture début novembre 2022 avec tous les acteurs du secteur, un cadre a été progressivement défini pour un dialogue avec les autorités locales.

Rock en Seine, gros festival en région parisienne du dernier week-end d'août, "est inscrit dans le calendrier, ça a été abordé avec la préfecture", indique à l'AFP Matthieu Ducos, directeur de l'évènement.

«Délicat»

Même assurance pour la tenue des Vieilles Charrues, rendez-vous majeur en Bretagne (ouest) traditionnellement autour de mi-juillet.

Mais du côté des gros festivals, il reste l'incertitude Lollapalooza Paris, qui se tient le week-end prochain, et donc en pleine zone rouge l'été 2024. "Ce ne sera pas à ces dates-là et on n'a toujours pas réussi à trouver un nouveau site", résume pour l'AFP Angelo Gopee, patron de Live Nation France, structure derrière l'évènement. Qui se donne jusqu'à "dimanche prochain pour annoncer quelque chose".

Pour d'autres rendez-vous, moyens et petits, il y a aussi des "préoccupations" comme le dit à l'AFP Stéphane Krasniewski, en charge des festivals au Sma (Syndicat des musiques actuelles).

La flamme olympique passe dans des villes en même temps que des festivals, comme par exemple, Les 3 Elephants et Levitation dans l'ouest. "Est-ce qu'ils auront l'autorisation de se tenir ? La ville sera-t-elle saturée à ce moment ? Y-aura-t-il une sur-sollicitation des moyens techniques ?", s'interroge le responsable.

Et de citer aussi ces festivals "pendant les Jeux paralympiques, Hadra (centre) et Woodstower (centre-est)". "Ils ne peuvent pas se décaler, car c'est très délicat de bouger un calendrier sans entrer en concurrence avec un autre festival".

Stéphane Krasniewski pointe également "les conflits d'usage": le festival les Intemporel-les à Argenton (centre) se déroule dans une zone "où il y aura une base olympique et aucun hôtel ne sera disponible à ce moment".

«Préjudice»

Si le festival parisien Solidays, un des grands du pays, n'a "pas d'inquiétude" sur sa tenue fin juin, son patron Luc Barruet indique à l'AFP craindre la concurrence des JO, événement d'envergure mondiale qui risque d'aimanter des "ressources humaines (techniciens, agents de sécurité, etc) et matérielles (scènes, écrans, etc)".

Par ailleurs, Malika Seguineau rappelle que "pour les concerts, les salles de type Arena et stades ne seront pas accessibles pendant de longs mois car occupés par les JO de Paris. En région parisienne, on a les exemples du Stade de France, qui fermera aussi avant les JO pour réaliser des travaux, l'Accor Arena (Bercy) ou encore Paris La Défense Arena".

"Sur la région parisienne, on estime la perte du chiffre d'affaire à plus de 160 millions d'euros", poursuit-elle. "On demande une compensation, car c'est un préjudice pour la filière musicale". La responsable met ainsi en avant "moins de droits d'auteur et moins de taxe fiscale -- perte de près de 8 millions -- reversée au Cnm (Centre national de la musique)".


France: un défilé du 14-Juillet "massif", l'Ukraine à l'honneur

Des membres du 35e Régiment d’Infanterie (35e RI) "l’As de Trèfle" (à gauche) et du 1er Régiment de Tirailleurs (1er RTir) défilent lors du traditionnel défilé militaire de la Fête nationale du 14 Juillet sur l’avenue des Champs-Élysées, avec l’Arc de Triomphe en arrière-plan, à Paris, le 14 juillet 2025. (AFP)
Des membres du 35e Régiment d’Infanterie (35e RI) "l’As de Trèfle" (à gauche) et du 1er Régiment de Tirailleurs (1er RTir) défilent lors du traditionnel défilé militaire de la Fête nationale du 14 Juillet sur l’avenue des Champs-Élysées, avec l’Arc de Triomphe en arrière-plan, à Paris, le 14 juillet 2025. (AFP)
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  • Le défilé du 14 Juillet mettra en avant le renforcement de la défense française et européenne, avec un format plus important et moderne
  • L’Ukraine sera à l’honneur, tandis que les alliés européens et de l’OTAN afficheront leur soutien et leur unité

PARIS: Des pilotes ukrainiens et français, un défilé "plus massif": la parade militaire du 14 Juillet sur les Champs Elysées aura cette année pour thème "le réveil stratégique de l'Europe" et s'attachera à montrer que la France est "déterminée" et "n'est pas seule", a annoncé lundi le gouverneur militaire de Paris.

"Nous allons avoir un défilé plus massif, plus puissant, plus moderne", a déclaré le général Loïc Mizon lors d'une conférence de presse.

La parade mobilisera près de 8.500 participants, dont 6.500 défileront à pied. Près de 300 véhicules, dont une centaine de motos, 95 avions, 35 hélicoptères, ainsi que 193 chevaux de la Garde Républicaine participeront également.

L'Ukraine, entrée dans sa cinquième année de guerre déclenchée par la Russie en 2022, sera mise à l'honneur. La Patrouille de France ouvrira le défilé aérien, accompagnée de deux Mirage 2000 pilotés par des équipages franco-ukrainiens.

Les 35 pays de la Coalition des volontaires, prêts à fournir des garanties de sécurité à l'Ukraine une fois conclu un cessez-le-feu, ont été invités à participer par le président Emmanuel Macron, qui assistera à son 10e et dernier défilé en tant que chef d'Etat.

La présidente de la Commission européenne Ursula Von Der Leyen et le général Grynkewich, commandant suprême de l'OTAN, ont aussi été conviés.

Les soldats français des bataillons multinationaux de l'Otan déployés sur le flanc Est de l'Europe (Roumanie, Estonie) descendront la célèbre avenue parisienne.

La présence des alliés et des partenaires doit ainsi témoigner que "l'Europe n'est pas seule", a dit le général Mizon.

Le but de ce défilé est aussi de concrétiser aux yeux des Français les "efforts budgétaires consacrés depuis 10 ans aux forces armées", a fait-t-il valoir.

Le commissariat numérique de Défense défilera pour la première fois, pour "souligner la transformation numérique du ministère des Armées".

Deux blocs de réservistes défileront également: l'un composé de réservistes de la SNCF et un un autre de réservistes d'Airbus France.

La Marine nationale, qui fête cette année ses 400 ans d'existence clôturera le défilé au son du bagad de Lann-Bihoué, basé près de Lorient (Morbihan).

La parade militaire durera 2 heures et se terminera par l'hymne européen, "l'Ode à la joie".


Merz et Macron se sont entendus pour arrêter le projet d'avion de combat commun SCAF, selon Berlin

Une maquette grandeur nature du « New Generation Fighter » (NGF), qui fait partie du Future Combat Air System (FCAS) en cours de développement par Dassault Aviation, Airbus et Indra Sistemas, est présentée à l’aéroport de Paris-Le Bourget le 20 juin 2023. (AFP)
Une maquette grandeur nature du « New Generation Fighter » (NGF), qui fait partie du Future Combat Air System (FCAS) en cours de développement par Dassault Aviation, Airbus et Indra Sistemas, est présentée à l’aéroport de Paris-Le Bourget le 20 juin 2023. (AFP)
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  • Friedrich Merz et Emmanuel Macron ont constaté l’échec du projet SCAF en raison des désaccords persistants entre Airbus et Dassault Aviation sur le développement de l’avion de combat commun
  • Le programme d’avion de combat est abandonné, mais les deux pays souhaitent maintenir la coopération sur les technologies clés du FCAS, notamment le réseau numérique reliant avions, drones et autres systèmes de défense européens

BERLIN: Friedrich Merz et Emmanuel Macron se sont entendus pour "ne plus poursuivre la construction d'un avion de combat commun", le SCAF, a appris l'AFP lundi auprès du gouvernement allemand.

Depuis des mois, le projet d'avion de combat franco-germano-espagnol, le SCAF, était en panne sur fond de tensions germano-françaises et entre Airbus et Dassault. En février, le chancelier allemand Friedrich Merz avait déjà ouvertement douté de son avenir.

Cette fois, il semble enterré définitivement.

"Le président français et le chancelier allemand sont arrivés au constat partagé que les entreprises (Airbus et Dassault Aviation, ndlr) ne parviennent pas à s'entendre sur la construction d'un avion de combat commun", indique le gouvernement allemand.

"Ils reconnaissent cette réalité. Le chancelier fédéral Merz a donc suggéré au président Macron de ne plus poursuivre la construction d’un avion de combat commun", ajoute-t-il.

Lancé en 2017 par M. Macron et la chancelière Angela Merkel, rejoint par l'Espagne deux ans plus tard, le SCAF est un système qui comprend non seulement un avion mais aussi des drones reliés entre eux par un système de communication numérique innovant, "un cloud de combat".

Selon le gouvernement allemand, "le véritable noyau du FCAS doit être poursuivi en tant que système de systèmes européen".

"Il s’agit en quelque sorte du système nerveux qui relie les avions, les drones et d’autres composants pour former un ensemble intégré", ajoute-t-il.

Il précise que les ministères français et allemand de la Défense "doivent formuler un plan de travail commun et contemporain pour la coopération dans l’industrie de défense, concentré sur quelques projets réalistes et pertinents", lors du conseil des ministres franco-allemand en Allemagne en juin.


G7: les ministres de l'Agriculture réunis à Paris sur la «sécurité des approvisionnements en engrais»

La ministre française de l'Agriculture, Annie Genevard, s'adresse au 59e congrès du syndicat des Jeunes Agriculteurs (JA) au parc des expositions Ainterexpo de Bourg-en-Bresse, dans le centre de la France, le 4 juin 2026. (Photo : OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP)
La ministre française de l'Agriculture, Annie Genevard, s'adresse au 59e congrès du syndicat des Jeunes Agriculteurs (JA) au parc des expositions Ainterexpo de Bourg-en-Bresse, dans le centre de la France, le 4 juin 2026. (Photo : OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP)
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  • La France, qui importe plus de 60% de ses engrais, planche depuis des mois sur un "plan engrais", annoncé par la ministre qui n'en a toutefois pas dévoilé les contours
  • Pour Paris comme l'Europe, l'enjeu est de réduire sa dépendance en diversifiant ses approvisionnements, en réduisant sa consommation et consommant davantage d'engrais organiques (lisiers, purins d'orties...)

PARIS: La France réunit lundi les ministres de l'Agriculture du G7 pour une réunion consacrée aux engrais et à la question de la "sécurité des approvisionnements" en fertilisants dans le contexte du conflit au Moyen-Orient.

Cette réunion est destinée à dresser un bilan des difficultés actuelles des agriculteurs et à identifier "des actions communes" dans un contexte de flambée des cours des fertilisants  depuis le début de la guerre en Iran fin février et la quasi-fermeture du détroit d'Ormuz, par lequel transitent environ 30% des engrais mondiaux.

Cette rencontre, qui se tient dans le cadre de la présidence française du groupe des sept puissances économiques, vise à définir comment "sécuriser les approvisionnements", "améliorer le partage d'informations et la transparence des marchés" et "renforcer la résilience des filières agricoles face aux chocs économiques et géopolitiques", selon un communiqué du ministère français.

La ministre française de l'Agriculture, Annie Genevard, réunit à midi ses homologues des États-Unis, du Royaume-Uni, de l'Allemagne, de l'Italie, du Canada et du Japon, ainsi que des représentants de l'Union européenne, de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et du Système d'information sur les marchés agricoles (AMIS).

Il n'est pas prévu pour l'heure de point presse à l'issue de cette rencontre.

La France, qui importe plus de 60% de ses engrais, planche depuis des mois sur un "plan engrais", annoncé par la ministre qui n'en a toutefois pas dévoilé les contours.

Pour Paris comme l'Europe, l'enjeu est de réduire sa dépendance en diversifiant ses approvisionnements, en réduisant sa consommation et consommant davantage d'engrais organiques (lisiers, purins d'orties...).

Autre piste envisagée, à court terme, la constitution de stocks stratégiques d'engrais, ce qui pourrait toutefois renforcer la hausse des prix et poserait des questions de sécurité (les engrais sont potentiellement explosifs).

L'Europe et ses partenaires occidentaux sont moins exposés que l'Asie ou l'Afrique aux difficultés d'approvisionnement liées à la guerre en Iran. Mais l'impact sur les prix est global et le coût des fertilisants a augmenté d'environ 50% - et jusqu'à 70% pour l'urée, engrais azoté très consommé produit au Moyen-Orient.

Cela aura des conséquences pour la récolte 2027: si les agriculteurs s'étaient déjà approvisionnés pour leurs semis de 2026, la question se posera dès la fin de l'été pour les semis de céréales d'hiver comme le blé ou l'orge. Avec in fine un risque sur le rendement des récoltes mondiales.