L'Etat russe prend le contrôle d'actifs de Danone et Carlsberg

L'usine russe de la société laitière française Danone près de Tchekhov, près de Moscou, le 22 juillet 2017 (Photo, AFP).
L'usine russe de la société laitière française Danone près de Tchekhov, près de Moscou, le 22 juillet 2017 (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 17 juillet 2023

L'Etat russe prend le contrôle d'actifs de Danone et Carlsberg

  • Selon le décret signé par le président Vladimir Poutine Carlsberg, et Danone sont placés «temporairement »sous le contrôle de l'Etat russe
  • À la mi-octobre 2022, le géant français de l'agroalimentaire avait annoncé son intention de se désengager de la plupart de ses activités en Russie

MOSCOU: L'Etat russe a pris le contrôle d'actifs en Russie des géants français Danone et danois Carlsberg, placés devant le fait accompli, même s'ils avaient fait part de leur intention de quitter le marché russe après l'offensive en Ukraine.

Selon le décret signé par le président Vladimir Poutine et publié dimanche sur le portail juridique officiel russe, 98,56% des actions de la brasserie russe Baltika, appartenant à Carlsberg, et des dizaines de milliers d'actions appartenant à une filiale russe de Danone sont placés "temporairement" sous le contrôle de l'Etat russe.

En détail, ce décret précise que 83.292.493.000 actions de "Danone Russie", propriété du groupe "Produits Laitiers Frais Est Europe", toujours selon le décret, sont placées sous le contrôle de l'Etat russe, ainsi que 85.000 autres actions appartenant au groupe "Danone Trade".

Fin juin, le brasseur danois Carlsberg avait annoncé avoir trouvé un repreneur, sans le nommer, pour ses activités en Russie, plus d'un an après avoir annoncé son retrait du pays à la suite de l'offensive russe en Ukraine.

Le groupe avait annoncé fin mars 2022 la mise en vente de ses importantes activités en Russie, où il compte 8.400 employés et détient depuis 2000 la marque russe Baltika.

"A la suite du décret présidentiel, les perspectives de ce processus de vente sont désormais hautement incertaines", a reconnu Carlsberg dans un communiqué dimanche.

Le brasseur danois a indiqué ne pas avoir été informé par les autorités russes du décret présidentiel.

Danone a de son côté indiqué dimanche soir avoir "pris acte du décret des autorités russes qui vise à placer Danone Russie sous administration externe temporaire" et "étudie(r) actuellement la situation".

À la mi-octobre 2022, le géant français de l'agroalimentaire avait annoncé son intention de se désengager de la plupart de ses activités en Russie.

Le groupe, qui avait dans un premier temps assumé sa présence en Russie pour répondre "aux besoins alimentaires essentiels des populations civiles", avait dit prévoir de céder le contrôle de sa branche "produits laitiers et végétaux", ne conservant que celle de la nutrition infantile.

«Protéger ses droits»
Le processus de transfert de contrôle "progressait de manière conforme au calendrier prévu", selon Danone qui, dans un communiqué, a aussi affirmé se préparer "à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger ses droits en tant qu'actionnaire de Danone Russie, et pour assurer la continuité des opérations de l'entreprise dans l'intérêt de toutes les parties prenantes, et en particulier de ses salariés".

En octobre, le géant français avait précisé que l'opération de retrait pourrait "entraîner une dépréciation allant jusqu'à 1 milliard d'euros" dans ses comptes. Mais dimanche, il a assuré que la décision russe annoncée plus tôt n'aura "pas d'impact sur les objectifs financiers de Danone pour l'année 2023".

De source proche du dossier, l'annonce de Moscou a surpris l'entreprise, alors que les négociations en vue d'un transfert semblaient près d'aboutir.

Elle est intervenue quelques jours après le feu vert donné par le président français Emmanuel Macron à la livraison de missiles longue portée SCALP à l'Ukraine, ce que le Kremlin a qualifié de "décision entachée d'erreur".

Danone commercialise en Russie du lait et des yaourts sous les marques Danone, Danissimo ou Prostokvashino. En 2010, le groupe avait acheté 57,5% du numéro deux russe des produits laitiers, Unimilk (21% de parts de marché et 25 usines).

Depuis l'attaque de l'Ukraine par la Russie le 24 février 2022 et les premières sanctions économiques décrétées par les Occidentaux, de nombreuses multinationales ont quitté la Russie et d'autres y ont suspendu leurs activités, dans les secteurs du pétrole, de l'automobile ou encore du luxe.

En mai, Moscou avait déjà pris le contrôle forcé "temporaire" de la filiale russe du groupe énergétique finlandais Fortum, avec l'éviction de son PDG en Russie.


Le pétrole bondit après les déclarations Trump sur la fin du cessez-le-feu avec l'Iran

Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
  • Les prix du pétrole ont bondi de plus de 6 % après les déclarations de Donald Trump annonçant la fin du cessez-le-feu avec l’Iran
  • La reprise des tensions au détroit d’Ormuz ravive les craintes sur l’approvisionnement mondial en pétrole, malgré la poursuite possible des négociations

LONDRES: Les cours du pétrole bondissent mercredi après les déclarations de Donald Trump affirmant mettre fin au cessez-le-feu avec l'Iran, dans la foulée d'une reprise des hostilités à la suite d'attaques de bateaux dans le détroit d'Ormuz.

Vers 09H15 GMT (11H15 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, s'envolait de 6,45% à 78,94 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en août, grimpait de 6,49% à 75,01 dollars.

Les deux références du brut évoluaient à leurs plus hauts niveaux depuis deux semaines.

Le président américain a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", qualifiant les Iraniens de "menteurs".

"En ce qui me concerne, c'est terminé (...) c'est juste une perte de temps de négocier avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il affirmé, interrogé sur le cessez-le-feu avec l'Iran, qu'il a qualifié de pays "malade".

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions.

Si "le prix du baril a fortement progressé" ce matin, il n'est pas revenu à ses plus hauts atteints durant la guerre, tempère John Plassard, analyste chez Cité Gestion, interrogé par l'AFP.

L'analyste voit davantage une "pause" du cessez-le-feu que sa fin, car si le président américain dit qu'il "est terminé, c'est aussi un moyen de mettre de la pression".

Donald Trump n'a, selon lui, "aucun intérêt à ce que les discussions s'arrêtent totalement", pour des raisons électorales, après avoir mis en avant les prix bas à la pompe dans sa campagne.

Trois navires ont été frappés en 24 heures dans le détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO mardi. Le Qatar et l'Arabie saoudite ont imputé deux de ces attaques à l'Iran.

Dénonçant des "attaques iraniennes" et une "violation flagrante du cessez-le-feu", l'armée américaine a lancé une série de "frappes puissantes" contre l'Iran, touchant plus de 80 cibles, dont des systèmes iraniens de défense antiaérienne.

Ces tirs américains ont déclenché mercredi des représailles de Téhéran, qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien.

Le protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique, prévoit la réouverture du passage stratégique d'Ormuz ainsi que la levée des sanctions américaines sur le pétrole iranien.


Le patron de TotalEnergies voit la Syrie comme une «route alternative» pour le pétrole

  • "Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas"
  • "C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient"

DAMAS: La Syrie peut devenir un "pays de transit important pour le pétrole qui vient d'Irak vers la Méditerranée", et offrir des "routes alternatives" au détroit d'Ormuz, a déclaré mardi à Damas le patron de TotalEnergies Patrick Pouyanné, en marge de la visite d'Emmanuel Macron.

"Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas", a-t-il dit à des journalistes juste avant l'annonce de l'explosion de deux bombes à proximité de l'hôtel où le président français avait passé la nuit.

"C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient", a-t-il ajouté.

Selon lui, "ce qui vient de passer avec le détroit d'Ormuz" dans le Golfe, bloqué durant la guerre américano-israélienne contre l'Iran, "lui donne également plus d'importance", "puisqu'on voit bien que maintenant, si on veut investir au Moyen-Orient, il va falloir qu'on trouve des routes alternatives".

Début avril, l'Irak avait annoncé avoir commencé à transporter du pétrole par camion à travers la Syrie en vue de sa réexportation, en raison de la fermeture du détroit d'Ormuz. L'Irak et la Syrie ont récemment évoqué un projet de restauration de l'oléoduc reliant les deux pays, fermé depuis des décennies.

TotalEnergies a conclu un mémorandum d'entente avec la Syrie pour un bloc d'exploration offshore en Méditerranée, mais n'a pas encore d'autre projet spécifique dans le pays, a souligné Patrick Pouyanné.

Sa visite à Damas, la première depuis la fin de la guerre civile en 2024, vise à "rencontrer les autorités" pour "des prises de contact", a-t-il précisé.

"Laissons au gouvernement le temps de prendre le contrôle de ce pays. Il ne faut pas trop demander" après plus de 13 ans de guerre civile, "il faut être un peu patient", a-t-il ajouté.


Saudia clarifie la vente d’anciens avions Boeing dans un contexte de rapports sur des sanctions

Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
  • Saudia affirme que des Boeing 777-200 ont été vendus légalement à une société étrangère
  • La compagnie dit n’avoir aucun lien avec les appareils depuis la vente de juin 2023

RIYAD : Le transporteur national saoudien Saudia a clarifié samedi des informations circulant dans les médias et sur les réseaux sociaux concernant le transfert d’avions Boeing 777-200 qu’il possédait auparavant à une compagnie aérienne faisant l’objet de sanctions internationales.

Dans un communiqué publié sur la plateforme sociale X, la compagnie a indiqué que les appareils avaient été vendus le 7 juin 2023 à une société enregistrée en dehors de l’Arabie saoudite, et que la transaction avait été réalisée conformément à toutes les procédures commerciales et juridiques applicables.

« Depuis la finalisation de la vente, Saudia n’a plus aucun lien opérationnel ou commercial avec ces avions », a déclaré la compagnie, sans identifier l’acheteur ni fournir davantage de détails.

Cette déclaration intervient après des rapports et publications en ligne ayant lié d’anciens appareils de Saudia à un transporteur sanctionné, poussant la compagnie à prendre publiquement ses distances avec toute utilisation ultérieure de ces avions.

Saudia, anciennement connue sous le nom de Saudi Arabian Airlines, a été fondée en septembre 1945 et est la plus ancienne compagnie aérienne du Royaume. Selon son site internet, elle exploite actuellement une flotte d’environ 149 avions de passagers.

Sa flotte comprend 95 avions Airbus des familles A320, A321 et A330, ainsi que 54 appareils Boeing incluant les séries 777 et 787 Dreamliner. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com