Avec la reconduction de Borne, Macron recule pour mieux sauter

Le président français Emmanuel Macron discute avec son Premier ministre Elisabeth Borne alors qu'ils attendent l'arrivée du Premier ministre indien pour un dîner au Musée du Louvre à Paris, le 14 juillet 2023. (Photo, AFP)
Le président français Emmanuel Macron discute avec son Premier ministre Elisabeth Borne alors qu'ils attendent l'arrivée du Premier ministre indien pour un dîner au Musée du Louvre à Paris, le 14 juillet 2023. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 18 juillet 2023

Avec la reconduction de Borne, Macron recule pour mieux sauter

Le président français Emmanuel Macron discute avec son Premier ministre Elisabeth Borne alors qu'ils attendent l'arrivée du Premier ministre indien pour un dîner au Musée du Louvre à Paris, le 14 juillet 2023. (Photo, AFP)
  • Après un long suspense, le verdict est tombé lundi soir: la Première ministre reste, le gouvernement fera l'objet de quelques « réajustements» d'ici la fin de la semaine et le chef de l'Etat reprécisera son cap à la même échéance
  • Emmanuel Macron a donc opté pour une réponse a minima au sortir des 100 jours qu'il s'était lui-même fixés le 17 avril pour relancer son quinquennat après la crise des retraites

PARIS: Reculer pour mieux sauter ? En reconduisant sans enthousiasme Elisabeth Borne à Matignon, Emmanuel Macron a fait le pari de la continuité face à une rentrée qui s'annonce difficile, en attendant de trouver la clé d'une équation politique délicate, faute de majorité absolue à l'Assemblée.

Après un long suspense, le verdict est tombé lundi soir: la Première ministre reste, le gouvernement fera l'objet de quelques "réajustements" d'ici la fin de la semaine et le chef de l'Etat reprécisera son cap à la même échéance.

Emmanuel Macron a donc opté pour une réponse a minima au sortir des 100 jours qu'il s'était lui-même fixés le 17 avril pour relancer son quinquennat après la crise des retraites.

"Rien ne presse. Il était urgent d’attendre. Cette séquence des 100 jours n’a fait l’objet d’aucune appropriation par les Français. C'est plus un message au microcosme", résume le directeur général opinion de l'Ifop, Frédéric Dabi.

Premier enseignement, Emmanuel Macron renouvelle du bout des lèvres sa confiance à sa Première ministre, avec laquelle la relation n'est pas toujours des plus harmonieuses, selon diverses sources au sein de l'exécutif.

En déplacement à Bruxelles jusqu'à mardi pour un sommet de l'UE et de l'Amérique latine, il n'a pas fait lui-même l'annonce, qui a été relayée par son entourage.

Une ouverture LR ?

Elisabeh Borne n'a en outre pas présenté sa démission pour être renommée, ce qui lui aurait redonné plus de poids politique, mais a été sobrement "maintenue" dans ses fonctions.

Faute de majorité absolue, elle abordera la prochaine rentrée dans une position tout aussi acrobatique qu'en 2022, avec un budget à faire passer au forceps, sans doute au prix de nouveaux "49.3" à répétition.

Avec en corollaire l'épée de Damoclès d'une motion de censure sur laquelle elle risque toujours de trébucher, dans une Assemblée prompte à s'enflammer. Le spectre agité par Les Républicains, qui entendent peser sur le prochain budget, tout comme sur le projet de loi immigration pour lequel les concertations politiques patinent.

En comptant "rassembler fortement" en vue de la rentrée, Emmanuel Macron croit-il encore en ses chances d'élargir sa majorité ?

"Les sénatoriales de septembre passées, cela pourrait aussi délier quelques personnalités LR" pour entrer au gouvernement, "seule ouverture politique possible pour Emmanuel Macron", répond Frédéric Dabi.

Un telle alliance, pour laquelle l'ex-président Nicolas Sarkozy milite depuis un an, serait synonyme de départ pour la Première ministre, issue de l'aile gauche de la Macronie.

"Le président se garde la possibilité d’un remaniement plus large si ça se tendait. L’automne peut être sanglant", résume un cadre de la majorité.

«Plus d'incarnation»

D'ici là, il convient de "redonner du souffle" à l'équipe actuelle, dit-il. Selon une source ministérielle, "le président a évoqué une dizaine de ministres concernés par le remaniement".

Pap Ndiaye à l'Education, François Braun et Jean-Christophe Combe à la Santé et aux Solidarités, Olivier Klein à la Ville sans oublier Marlène Schiappa, épinglée pour sa gestion du Fonds Marianne : la machine à rumeurs s'emballe de nouveau autour des partants potentiels.

Le format de ce "réajustement" et les personnalités entrantes vont aussi être scrutés de près. "Visiblement la Première ministre voudrait un mouvement d’ampleur, probablement plus que le président", avance un ministre.

"Les Français veulent de l’incarnation sur les sujets qui les inquiètent le plus en dehors du pouvoir d’achat, c'est-à-dire logement, santé, éducation, grand âge où on a quatre personnes qui n'ont pas percé", insiste pour sa part Frédéric Dabi.

En attendant, le dîner mardi à l'Elysée avec l'ensemble des membres du gouvernement et leurs conjoints promet d'être "baroque", ironise un conseiller présidentiel.

Le réajustement ne devrait pas intervenir d'ici là, plusieurs sources évoquant jeudi, voire vendredi.

"Je veux bien que le monde politique soit cruel mais je pense que rien ne bougera d’ici le dîner (de mardi). Ce soir le président peut avoir des mots de reconnaissance pour chacun, dire 'ma reconnaissance vous est acquise quoi qu’il se passe dans les prochaines heures'", esquisse le ministre cité.


Rima Hassan convoquée ce vendredi matin à la police judiciaire de Paris

L'eurodéputée LFI Rima Hassan est convoquée ce vendredi matin au siège de la police judiciaire parisienne dans le cadre d'une enquête différente des faits pour lesquels elle a été placée jeudi en garde à vue, a appris l'AFP auprès d'une source proche du dossier. (AFP)
L'eurodéputée LFI Rima Hassan est convoquée ce vendredi matin au siège de la police judiciaire parisienne dans le cadre d'une enquête différente des faits pour lesquels elle a été placée jeudi en garde à vue, a appris l'AFP auprès d'une source proche du dossier. (AFP)
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  • Rima Hassan est attendue au Bastion par les enquêteurs de la Brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP)
  • L'eurodéputée a été placée jeudi en garde à vue d'où elle est ressortie libre en fin de soirée avec une convocation le 7 juillet pour être jugée pour "apologie du terrorisme" à raison d'un de ses posts sur X

PARIS: L'eurodéputée LFI Rima Hassan est convoquée ce vendredi matin au siège de la police judiciaire parisienne dans le cadre d'une enquête différente des faits pour lesquels elle a été placée jeudi en garde à vue, a appris l'AFP auprès d'une source proche du dossier.

Rima Hassan est attendue au Bastion par les enquêteurs de la Brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP), a ajouté cette source confirmant partiellement une information de TF1.

Les faits pour lesquels l'eurodéputée est convoquée à la BRDP n'ont rien à voir avec ce qu'il s'est passé jeudi, a-t-on insisté.

L'eurodéputée a été placée jeudi en garde à vue d'où elle est ressortie libre en fin de soirée avec une convocation le 7 juillet pour être jugée pour "apologie du terrorisme" à raison d'un de ses posts sur X.

Lors de la fouille de ses effets, il a été découvert "la présence de matières s'apparentant d'une part à du CBD et d'autre part à de la 3MMC (une drogue de synthèse, ndlr), sur lesquelles elle a été interrogée", avait indiqué le parquet à l'issue de sa garde à vue, en ajoutant que "ces éléments (étaient) disjoints et feront l'objet d'une procédure distincte".

Manuel Bompard, coordinateur national de La France insoumise, a assuré vendredi sur Sud Radio que Rima Hassan n'avait "aucune drogue sur elle", dénonçant des "informations mensongères" utilisées pour la "salir".

Invité de BFMTV, Laurent Nuñez a justifié le signalement à la justice par ses services du post de Rima Hassan qui faisait référence à Kōzō Okamoto, un des auteurs du massacre perpétré le 30 mai 1972 à l'aéroport de Tel-Aviv (26 morts).

"C'était normal de faire un signalement (...) le tweet de Mme Hassan est grave (...), il n'y a pas d'acharnement", a fait valoir le ministre de l'Intérieur, en affirmant qu'il ne "fallait rien laisser passer".

"L'action politique doit rester dans les limites de l'Etat de droit", a-t-il ajouté.


Macron reçu par l'empereur à la fin de sa visite au Japon

Le président français Emmanuel Macron (2e à gauche) et la première dame Brigitte Macron (à gauche) sont accueillis par l'empereur Naruhito (2e à droite) et l'impératrice Masako au Palais impérial de Tokyo, le 2 avril 2026. (Photo : Ludovic MARIN / POOL / AFP)
Le président français Emmanuel Macron (2e à gauche) et la première dame Brigitte Macron (à gauche) sont accueillis par l'empereur Naruhito (2e à droite) et l'impératrice Masako au Palais impérial de Tokyo, le 2 avril 2026. (Photo : Ludovic MARIN / POOL / AFP)
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  • Après un déjeuner offert par le couple impérial, le chef de l'Etat doit s'envoler pour la Corée du Sud, où il doit rencontrer le président Lee Jae Myung
  • Jeudi matin, Emmanuel Macron avait retrouvé la Première ministre japonaise Sanae Takaichi pour le deuxième jour consécutif, lors d'une visite auprès de la société Astroscale, spécialisée dans la lutte contre les débris dans l'espace

TOKYO: Emmanuel Macron a été reçu jeudi à Tokyo par l'empereur du Japon Naruhito, au dernier jour de sa visite dans l'archipel nippon pour renforcer les liens diplomatiques et économiques avec la France.

Le président français, accompagné par son épouse Brigitte Macron, a été accueilli par le souverain et l'impératrice Masako au palais impérial, une bâtisse épurée dans un parc arboré au coeur de la capitale japonaise, a constaté un journaliste de l'AFP.

Après un déjeuner offert par le couple impérial, le chef de l'Etat doit s'envoler pour la Corée du Sud, où il doit rencontrer le président Lee Jae Myung.

Jeudi matin, Emmanuel Macron avait retrouvé la Première ministre japonaise Sanae Takaichi pour le deuxième jour consécutif, lors d'une visite auprès de la société Astroscale, spécialisée dans la lutte contre les débris dans l'espace. Astrocale a une filiale en France et un partenariat avec le français Exotrail.

"C'est une parfaite illustration de ce qu'est la coopération spatiale entre le Japon et la France", a-t-il dit, alors que l'espace est l'un des secteurs pour lesquels il a appelé la veille au renforcement des partenariats bilatéraux.

"Comment oeuvrer à une mission d'intérêt général pour un espace durable", avec "le désorbitage et la destruction des débris spatiaux qui aujourd'hui sont une vraie problématique", est une question qui était "au coeur du G7 porté par le Japon" et sera "au coeur aussi du G7 que la France préside cette année", a-t-il ajouté.

 

 


Hommage de l'IMA à Leïla Shahid

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  • La diplomate palestinienne Leïla Shahid s’était éteinte le 18 février 2026
  • L’Institut du monde arabe lui avait rendu hommage lors d’une soirée exceptionnelle organisée le mardi 31 mars à Paris, également diffusée en direct

PARIS: La diplomate palestinienne Leïla Shahid s’était éteinte le 18 février 2026. L’Institut du monde arabe lui avait rendu hommage lors d’une soirée exceptionnelle organisée le mardi 31 mars à Paris, également diffusée en direct.

Famille, amis, artistes et compagnons de route s’étaient réunis pour saluer la mémoire de cette figure majeure de la cause palestinienne. Tous avaient évoqué son parcours, son engagement constant en faveur de la Palestine, ainsi que sa curiosité intellectuelle et son attachement profond à la culture.

Plusieurs personnalités avaient pris part à cet hommage, parmi lesquelles Mohamed Berrada, Elias Sanbar, Karim Kattan, Wissam Joubran, Dominique Eddé, Farouk Mardam Bey, Brigitte Curmi et Majed Bamya.