Le gouverneur de la Banque de France défend le maintien du taux du Livret A à 3%

La Banque de France à Paris (AFP).
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Publié le Mercredi 19 juillet 2023

Le gouverneur de la Banque de France défend le maintien du taux du Livret A à 3%

  • Dans sa proposition faite jeudi au ministre de l'Économie, le gouverneur avait opté pour un maintien du taux du livret préféré des Français
  • Ce coup de rabot, qui est le deuxième cette année après l'arrondi à 3% du calcul à 3,3% de janvier, représente un manque à gagner important pour les épargnants français

PARIS: "Une promesse en faveur de l'épargnant": le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau persiste et signe mardi sur l'avantage pour les titulaires d'un Livret A du maintien du taux à 3% sur les 18 prochains mois, acté jeudi dernier.

"Le 3% actuel est un peu inférieur à la formule, c'est vrai", a-t-il commenté en marge de la présentation du rapport annuel de l'épargne réglementée, mais il devrait permettre une rémunération "sensiblement supérieure à l'inflation au cours de l'année 2024".

Dans sa proposition faite jeudi au ministre de l'Économie, le gouverneur avait opté pour un maintien du taux du livret préféré des Français — il y en a 56,6 millions, dont l'immense majorité détenus par des personnes physiques — au taux actuel plutôt que l'application stricte de la formule de calcul, qui le portait à 4,1%.

Ce coup de rabot, qui est le deuxième cette année après l'arrondi à 3% du calcul à 3,3% de janvier, représente un manque à gagner important pour les épargnants français.

Sur les six prochains mois, fixer le taux à 3% plutôt qu’à 4,1%, prive les épargnants de 2,8 milliards d'euros d'intérêts — pour quelque 510 milliards d'euros d'encours des Livrets A et des Livrets de développement durable et solidaire (LDDS) à fin 2022, qui ont par ailleurs gonflé de près de 32 milliards d'euros depuis janvier.

Un geste délicat à justifier en période de forte inflation, et pas forcément avantageux même à moyen terme pour les épargnants.

Car si l'inflation devrait repasser sous la barre des 3%, l'autre composante de la formule de calcul du Livret A, un taux interbancaire, l'a dépassé et tire désormais la moyenne vers le haut.

Logement social, banquiers et assureurs

La décision "vise à pleinement intégrer les deux fonctions de l'épargne réglementée: protéger l'épargne populaire et financer de façon très importante l'économie française", a argué M. Villeroy de Galhau.

Les organismes de logement social, dont les remboursements de prêts suivent le taux du Livret A, sont en première ligne: "un pour cent de taux du Livret A en plus aurait représenté 32 000 logements sociaux en moins, un tiers de la production annuelle", a poursuivi le gouverneur.

Le maintien du taux arrange aussi les banques qui conservent et rémunèrent 40,5% des Livrets A et des LDDS.

Il pourra également limiter la casse des fonds euros de l'assurance vie, en perte de vitesse depuis plusieurs années: depuis décembre 2019, ils n'ont enregistré qu'un seul mois de collecte nette, selon la fédération professionnelle France assureurs.

Mais même maintenu à 3%, le rendement du Livret A reste près de deux fois plus intéressant que la moyenne des fonds euros l'an dernier, prélèvements sociaux pris en compte, selon les calculs du fondateur du cabinet Facts & Figures Cyrille Chartier-Kastler.

Ambitions sur le LEP

Le gouverneur est également revenu mardi sur la forte progression l'an dernier des Livret d'épargne populaire (LEP), réservé aux ménages les plus modestes: 9,7 millions de personnes en possèdent un, contre moins de 7 millions fin 2021.

"Le LEP est un instrument de très grande qualité et efficacité pour la protection de l'épargne populaire", a insisté M. Villeroy de Galhau.

Son taux, fruit cette fois-ci d'un arrondi de la formule "par le haut", passera de 6,1% à 6% au 1er août, une rémunération cependant pas garantie au-delà du 31 janvier 2024.

"Rendez-vous dans six mois" pour le nouveau taux, a déclaré le gouverneur, expliquant que ce livret "restera évidemment avantageux".

Avec un encours près de dix fois inférieur à ceux du Livret A et du LDDS réunis - 55,8 milliards d'euros à fin mai - le poids pour les banques et la Caisse des dépôts du LEP est autrement moins douloureux pour leurs finances.

Autre décision prise jeudi dernier à propos du LEP: son plafond sera relevé à 10 000 euros.

La Banque de France vise désormais 12,5 millions de titulaires d'ici un an, soit environ les deux tiers des quelque 18,7 millions de français éligibles.


« Marché stratégique » : PepsiCo souligne le rôle de l’Arabie saoudite dans sa croissance mondiale

Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Djeddah. (Fourni)
Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Djeddah. (Fourni)
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  • PepsiCo considère l’Arabie saoudite comme un marché stratégique majeur, avec des investissements continus et un fort alignement sur la Vision 2030
  • L’entreprise accélère l’innovation (IA, R&D, produits sans sucre) pour répondre à l’évolution des consommateurs et renforcer sa croissance régionale

RIYAD : PepsiCo considère l’Arabie saoudite comme un marché « stratégique » offrant des opportunités croissantes d’investissement et d’innovation, alors que le Royaume demeure une cible clé pour l’entreprise.

La société affirme s’être étroitement alignée sur les objectifs à long terme du Royaume, en s’appuyant sur une présence qui s’étend sur près de sept décennies.

« Nous opérons dans le Royaume depuis presque 70 ans », a déclaré Eugene Willemsen, PDG des boissons internationales chez PepsiCo, à Arab News. « Nous avons immédiatement adopté la Vision 2030 dès son lancement et avons clairement indiqué que nous voulions en faire partie, mais aussi y contribuer activement. »

Il a souligné plusieurs domaines dans lesquels PepsiCo a élargi son rôle, notamment en renforçant l’intégration des talents saoudiens et féminins, en faisant évoluer son portefeuille de produits et en soutenant des initiatives favorisant des modes de vie plus actifs.

« Nous nous voyons comme un contributeur à la Vision 2030… et nous nous réjouissons de continuer à le faire avec l’ensemble de nos activités en Arabie saoudite », a-t-il ajouté. 

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Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Riyad. (Fourni)

L’Arabie saoudite est l’un des marchés les plus importants de PepsiCo à l’échelle mondiale, soutenu par de solides capacités locales et des partenariats de longue date.

« C’est un marché très important pour PepsiCo. C’est un marché stratégique pour nous », a déclaré Willemsen. « Nous disposons de capacités très solides et avancées en marketing, dans les domaines commerciaux et dans la chaîne d’approvisionnement, que nous pouvons exploiter à l’échelle de notre réseau international. »

Il a également mis en avant le rôle des partenaires d’embouteillage locaux, évoquant des relations « qui remontent à plusieurs décennies » et offrant des « capacités exceptionnelles » au bénéfice de l’ensemble du système PepsiCo.

L’entreprise emploie environ 9 000 personnes dans ses opérations en Arabie saoudite et a continué d’étendre sa présence locale. Parmi les investissements récents figure un nouveau centre de recherche et développement dans le quartier financier King Abdullah à Riyad, développé en collaboration avec son activité snacks.

« Il s’agit d’un investissement d’environ 30 millions de riyals saoudiens (8 millions de dollars) », a précisé Willemsen, ajoutant que ce centre vise à développer des produits adaptés aux besoins locaux et potentiellement intégrant des cultures locales, avec des applications pouvant s’étendre à l’ensemble du Moyen-Orient.

L’évolution des préférences des consommateurs influence également la stratégie de PepsiCo dans le Royaume, notamment avec une demande croissante pour des options plus saines.

« Nous avons fortement mis l’accent sur les offres sans sucre ici en Arabie saoudite, et nous avons observé un changement significatif vers le zéro sucre », a-t-il expliqué. « Les consommateurs, tous âges et profils confondus, recherchent des options permettant de réduire leur consommation de sucre. »

Parallèlement, l’hydratation est une priorité majeure, notamment en raison du climat du Royaume. Willemsen a évoqué des opportunités d’élargir les produits contenant des électrolytes, destinés aussi bien aux consommateurs actifs qu’à un usage quotidien.

PepsiCo intensifie également l’utilisation de l’intelligence artificielle dans ses opérations, de l’agriculture au développement de produits.

« Nous voulons être parmi les leaders dans l’adoption de l’IA dans le secteur des biens de consommation », a déclaré Willemsen. « L’IA permet de tester et valider des concepts beaucoup plus rapidement, de développer des produits plus vite et de les lancer plus rapidement sur le marché. »

Il a précisé que l’IA est utilisée dans les opérations agricoles mondiales de l’entreprise pour aider les agriculteurs à optimiser l’utilisation de l’eau, l’application d’engrais et les rendements.

Concernant les chaînes d’approvisionnement, Willemsen a indiqué que l’entreprise se concentre sur le renforcement de la résilience locale face à la volatilité mondiale.

« Notre objectif à travers le monde est de créer des chaînes d’approvisionnement aussi locales que possible », a-t-il déclaré. « Nous avons développé une grande résilience et agilité pour faire face à différents scénarios. »

Malgré l’incertitude mondiale, il s’est dit confiant quant aux perspectives à long terme du marché saoudien.

« Le marché saoudien est en lui-même très résilient », a-t-il affirmé. « Parce qu’il évolue rapidement, il continue d’offrir des opportunités d’innovation et de réponse aux besoins changeants des consommateurs. »

Il a ajouté : « Il existe une forte résilience intrinsèque en Arabie saoudite, ce qui nous donne confiance dans le fait que ce pays continuera à croître et à prospérer. » 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L’euro numérique, un enjeu stratégique de souveraineté européenne

Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ? (AFP)
Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ? (AFP)
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  • À la suite de l’émission d’un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou par la Cour pénale internationale, plusieurs juges de l’institution ont été visés par des sanctions américaines
  • Résultat : certains se sont retrouvés dans l’incapacité d’utiliser leurs cartes bancaires, y compris sur le territoire européen, révélant la portée extraterritoriale du système financier dominé par les États-Unis

PARIS: Derrière l’écrasante majorité des paiements par carte en Europe se cachent deux acteurs américains incontournables : Visa et Mastercard. Cette dépendance structurelle du système de paiement européen a récemment été mise en lumière par un épisode aux répercussions politiques et juridiques sensibles.

À la suite de l’émission d’un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou par la Cour pénale internationale, plusieurs juges de l’institution ont été visés par des sanctions américaines. Résultat : certains se sont retrouvés dans l’incapacité d’utiliser leurs cartes bancaires, y compris sur le territoire européen, révélant la portée extraterritoriale du système financier dominé par les États-Unis.

Cet incident illustre les vulnérabilités de l’Europe en matière de souveraineté financière. Pour y remédier, l’Union européenne accélère ses travaux sur un projet d’euro numérique. Cette monnaie digitale, émise directement par la Banque centrale européenne, ambitionne de garantir une autonomie accrue face aux infrastructures de paiement étrangères et de se prémunir contre d’éventuelles sanctions extérieures.

Mais le projet suscite des inquiétudes au sein du secteur bancaire. Les établissements privés redoutent une migration des dépôts vers cette monnaie publique, qui pourrait réduire leurs ressources et, par conséquent, leurs revenus liés aux services bancaires.

Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ?


Dispositif pour les carburants: la France «n'a pas les moyens d'amortir les crises», estime Larcher

Le ministre français de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, s'adresse à la presse à l'issue d'un conseil des ministres consacré à l'énergie, à l'Hôtel de Matignon à Paris, le 21 avril 2026. (Photo : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
Le ministre français de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, s'adresse à la presse à l'issue d'un conseil des ministres consacré à l'énergie, à l'Hôtel de Matignon à Paris, le 21 avril 2026. (Photo : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
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  • "Nous n'avons pas les moyens d'amortir les crises et de faire face dans un pays qui est déjà surendetté et surfiscalisé", a affirmé sur BFMTV Gérard Larcher
  • "Cette réalité-là, elle ne donne pas au gouvernement d'autres marges de manœuvre que de faire ce qu'il est possible de faire en direction de certaines catégories", a expliqué le président du Sénat, écartant une baisse de la TVA comme le demande le RN

PARIS: Le président LR du Sénat Gérard Larcher a estimé mercredi que la France "n'a pas les moyens d'amortir les crises" au lendemain de la présentation par le Premier ministre Sébastien Lecornu d'un "dispositif d'accompagnement" pour les "grands rouleurs" touchés par la hausse du prix du carburant.

"Nous n'avons pas les moyens d'amortir les crises et de faire face dans un pays qui est déjà surendetté et surfiscalisé", a affirmé sur BFMTV Gérard Larcher.

"Cette réalité-là, elle ne donne pas au gouvernement d'autres marges de manœuvre que de faire ce qu'il est possible de faire en direction de certaines catégories", a expliqué le président du Sénat, écartant une baisse de la TVA comme le demande le RN.

Il a tenu Emmanuel Macron pour responsable de cette situation: "On paye le quoi qu'il en coûte, on paye un ensemble d'engagements où on n'a pas réduit la dépense publique, on n'a pas réformé l'État", a-t-il expliqué. "C'est quelque part le bilan de deux quinquennats d'Emmanuel Macron", a-t-il souligné, estimant que le chef de l'Etat a laissé la France en situation "d'hypoxie".

Sur la situation financière du pays, Gérard Larcher a précisé que le Sénat, contrôlé par une majorité de droite et du centre, présentera pour le budget 2027 "une proposition au gouvernement (...) à la fin du mois de juin".

L'exécutif a annoncé mardi une aide à trois millions de "travailleurs modestes grands rouleurs", et le renforcement du soutien aux pêcheurs et agriculteurs.