Algérie: 34 morts dans une collision entre un autocar et une camionnette dans le sud

Des véhicules de police bloquent l'accès à une route dans la ville algérienne de Blida. (AFP)
Des véhicules de police bloquent l'accès à une route dans la ville algérienne de Blida. (AFP)
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Publié le Mercredi 19 juillet 2023

Algérie: 34 morts dans une collision entre un autocar et une camionnette dans le sud

  • L'accident, suivi d'un incendie, s'est produit lorsque l'autocar reliant Adrar à Tamanrasset à environ 2000 km de la capitale Alger, percuté un véhicule utilitaire
  • La plupart des victimes ont été brûlées vives, selon plusieurs médias locaux qui ont diffusé des images de l'autocar en proie aux flammes, un homme assistant impuissant à l'énorme incendie

ALGER: Au moins 34 personnes ont été tuées et 12 blessées mercredi lors d'une collision entre un autocar et un véhicule utilitaire, près de Tamanrasset, dans l'extrême sud de l'Algérie, a annoncé la Protection civile.

L'accident, suivi d'un gigantesque incendie, s'est produit vers 04H00 locales (03H00 GMT) lorsqu'un véhicule utilitaire a percuté, selon la gendarmerie nationale, un autocar, reliant Adrar à la ville de Tamanrasset, située à environ 2.000 km au sud d'Alger.

Le ministre de la Santé, Abdelhak Saihi, s'est rendu "en urgence" dans la wilaya (préfecture) de Tamanrasset "pour s'enquérir de la situation et prendre toutes les mesures nécessaires pour la prise en charge des blessés de l'accident", selon un communiqué du ministère.

De son côté, le wali (préfet) de Tamanrasset, Mohamed Boudraâ, a rendu visite aux blessés dont certains atteints de graves brûlures, pris en charge à l'hôpital "Mesbah-Baghdad" de Tamanrasset, après avoir supervisé leur évacuation et celle des 34 personnes décédées, selon l'agence officielle algérienne APS.

Trois des 12 blessés encore hospitalisés ont pu quitter cet hôpital, après avoir "reçu les soins nécessaires", a indiqué à l'APS le directeur de l'établissement, Abdelkader Bika.

Il reste neuf blessés atteints de brûlures "à des degrés divers", selon la même source.

En visite officielle en Chine depuis lundi, le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, a exprimé "sa profonde affliction et tristesse" et présenté "ses sincères condoléances" aux familles des victimes.

L'accident s'est produit à la hauteur du village de Outoul, à une vingtaine de kilomètres à l'ouest de Tamanrasset, une région de transit pour le transport de marchandises du sud du pays vers le nord, et réciproquement.

L'autocar assurait le transport des voyageurs entre les deux villes du Sahara algérien, Tamanrasset, ville de 150.000 habitants, qui compte un aéroport, et Adrar où vivent environ 2.000 personnes.

Selon des habitants de la région joints par l'AFP au téléphone, l'autocar était sur le point de reprendre sa route après avoir déposé des passagers dans la localité de Outoul quand un pick-up l'a heurté violemment, pour une raison encore inconnue.

Samir Bouchehit, un responsable de la gendarmerie nationale, a précisé à la chaîne de télévision privée Ennahar, que le pick-up, qui transportait des bidons d'essence, "roulait en sens inverse sur la voie de gauche".

"Les premiers éléments de l'enquête montrent que la responsabilité incombe au conducteur du pick-up, chargé de bidons d'essence qui ont pris feu au moment de la collision, provoquant un important incendie", a-t-il affirmé.

Brûlés vifs 

La plupart des victimes ont été brûlées vives, selon plusieurs médias locaux qui ont diffusé des images de l'autocar en proie aux flammes, un homme assistant impuissant à l'énorme incendie.

D'autres clichés montrent les deux véhicules impliqués dans l'accident entièrement calcinés et des camions de pompiers et de la protection civile intervenus sur les lieux. L'état des deux véhicules témoigne d'un choc particulièrement violent.

Sur des vidéos diffusées dans l'après-midi, on peut voir le remorquage des deux véhicules qui ont été retirés de la chaussée.

C'est l'accident le plus meurtrier survenu dans cette région depuis fin décembre 2020 quand 20 personnes avaient trouvé la mort et 11 autres avaient été blessées lorsque leur véhicule, qui transportait majoritairement des ressortissants de pays africains, s'était renversé près de Tamanrasset.

Frontalière du Niger et du Mali, la région de Tamanrasset est un lieu de passage pour les migrants clandestins venant de pays d'Afrique subsaharienne qui cherchent à émigrer vers l'Europe via l'Algérie.

La vitesse des automobilistes, y compris des conducteurs de transports en commun, est la principale cause des accidents de la route en Algérie, selon la délégation nationale de la Sécurité routière.

En 2022, l'Algérie a enregistré près de 22.980 accidents de la circulation qui ont fait 3.409 morts et 30.479 blessées, selon le délégué national à la sécurité routière, Nacef Abdelhakim.


Liban: sept morts dans de nouvelles frappes d'Israël, qui veut occuper le sud après la guerre

Des civils et des secouristes se rassemblent sur le site d’une série de frappes israéliennes ayant visé la zone d’al Jnah, à la périphérie de la banlieue sud de Beyrouth, le 1er avril 2026. (AFP)
Des civils et des secouristes se rassemblent sur le site d’une série de frappes israéliennes ayant visé la zone d’al Jnah, à la périphérie de la banlieue sud de Beyrouth, le 1er avril 2026. (AFP)
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  • Les frappes israéliennes sur Beyrouth et ses environs ont fait au moins 7 morts supplémentaires, portant le bilan total à plus de 1 200 morts au Liban depuis le début du conflit avec le Hezbollah
  • Israël affirme vouloir occuper une partie du sud du Liban après la guerre, suscitant de fortes inquiétudes côté libanais et à l’ONU quant à une nouvelle occupation

BEYROUTH: Les autorités libanaises ont annoncé tôt mercredi que de nouvelles attaques israéliennes avaient fait sept morts dans Beyrouth et sa région, au moment où Israël dit vouloir occuper une partie du Sud-Liban une fois la guerre terminée.

Les frappes israéliennes ne cessent pas dans ce pays embarqué dans la guerre depuis le 2 mars par une attaque du mouvement pro-iranien Hezbollah contre Israël. Elles ont causé au total plus de 1.200 morts, selon le ministère de la Santé libanais.

"Le raid mené par l'ennemi israélien sur le quartier de Jnah à Beyrouth a, selon un premier bilan, fait cinq morts et 21 blessés" dans ce quartier situé près de la banlieue sud de la capitale, a écrit le ministère de la Santé dans un communiqué.

D'après une source sécuritaire à l'AFP, les frappes israéliennes sur Jnah ont visé quatre voitures garées dans une rue.

Tôt mercredi, des journalistes de l'AFP ont entendu trois explosions dans la capitale. Elles résultent de bombardements effectués par des navires de guerre israéliens sur le quartier de Jnah, selon l'Agence nationale d'information (Ani) officielle du Liban.

Le ministère de la Santé a également indiqué qu'une frappe israélienne "visant un véhicule dans la région de Khaldeh, au sud de Beyrouth, a fait deux morts et trois blessés parmi la population civile".

Peu de temps avant ce communiqué, l'Ani avait rapporté que plusieurs missiles tirés par un drone israélien avaient visé une voiture sur une grande route au sud de Beyrouth mardi, soulignant que des ambulances et des pompiers s'étaient rendus sur place, mais sans donner alors de bilan.

Du côté israélien, l'armée a annoncé dans la nuit de mardi à mercredi avoir frappé un "haut commandant" du Hezbollah ainsi qu'un "terroriste de haut rang" dans deux assauts distincts conduits "dans la région de Beyrouth" - sans préciser si cette seconde cible faisait également partie du mouvement islamiste libanais, ni communiquer sur le lieu précis des attaques.

- Craintes d'occupation -

Mardi, déjà, le ministère de la Santé avait dénombré huit morts lors de plusieurs frappes israéliennes dans le sud du Liban, dans les régions de Tyr, de Sidon et de Bint Jbeil. Parmi les personnes décédées se trouvait un secouriste, de même source.

Le Hezbollah a indiqué être engagé dans de "violents affrontements" avec Israël dans la nuit de mardi à mercredi dans deux localités du sud du pays.

L'ONU s'est inquiétée mardi, par la voix de son chef des opérations humanitaires Tom Fletcher, de la perspective que soit créé un nouveau "territoire occupé" au Moyen-Orient.

Plus tôt, le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, avait répété l'intention de son pays "d'occuper" une partie du sud du Liban une fois la guerre terminée. Avec pour l'objectif d'y établir, selon lui, une "zone de sécurité".

Le ministre libanais de la Défense, Michel Menassa, a affirmé que les propos de son homologue israélien n'étaient "plus de simples menaces" mais traduisaient "une intention claire d'imposer une nouvelle occupation du territoire libanais, de déplacer de force des centaines de milliers de citoyens et de détruire systématiquement des villages et des villes dans le sud".

C'est dans cette zone qu'ont été tués trois Casques bleus indonésiens ces derniers jours.

La Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) avait affirmé lundi que l'origine des projectiles ayant visé tué dimanche un soldat indonésien puis deux lundi étaient "inconnue".

Mais mardi, une source sécuritaire de l'ONU ayant souhaité rester anonyme a indiqué à l'AFP que des "investigations ultérieures" ont révélé que le tir de dimanche provenait d'un "char" israélien.

Et que l'explosion qui a tué lundi deux autres Casques bleus indonésiens pourrait être due à une mine, selon cette source.

L'armée israélienne a lancé une enquête concernant la mort de ces deux Casques bleus. Selon elle, "aucun engin explosif n'a été placé dans la zone par des soldats israéliens" et aucune de ses troupes "n'était présente sur place".

Mardi encore, Israël a notamment visé un immeuble sur la route de l'aéroport de Beyrouth et frappé sans avertissement un appartement de la banlieue nord de la capitale, selon l'Ani.

L'aviation israélienne a également visé mardi matin, après avertissement, la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, désertée par une grande partie de ses habitants.


Le Qatar affirme que les pays du Golfe sont «unis» dans leur appel à la désescalade

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  • "Il nous semble qu'il y a une position très unanime dans le Golfe appelant à une désescalade et une fin de la guerre", a déclaré le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed al-Ansari
  • Les riches états pétroliers de la région ont été visés par des centaines de missiles et de drones iraniens depuis le lancement de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran le 28 février

DOHA: Les pays du Golfe sont "unis" dans leur appel à une désescalade dans la guerre au Moyen-Orient, a affirmé mardi le Qatar, alors que l'Iran poursuit ses attaques de représailles contre ses voisins de la région.

"Il nous semble qu'il y a une position très unanime dans le Golfe appelant à une désescalade et une fin de la guerre", a déclaré le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed al-Ansari, lors d'une conférence de presse à Doha.

Les riches états pétroliers de la région ont été visés par des centaines de missiles et de drones iraniens depuis le lancement de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran le 28 février, tandis que leurs exportations d'hydrocarbures sont affectées par la fermeture de facto du détroit d'Ormuz.

Lundi, une commission parlementaire iranienne a approuvé un projet visant à imposer des droits de passage aux navires transitant par ce détroit stratégique par lequel passait environ un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondiaux.

Le détroit a été "fermé en raison d'une opération militaire", et son avenir est "une question que l'ensemble de la région et les partenaires internationaux doivent décider collectivement", a déclaré le responsable qatari.

"Je pense que nous avons pris une décision collective, dans le Golfe, pour traiter cela comme une menace collective", a-t-il insisté.

Pays le plus visé par les attaques iraniennes, les Emirats arabes unis se sont démarqués ces derniers jours de leurs voisins en adoptant un ton plus offensif à l'égard de Téhéran.

"Un simple cessez-le-feu n'est pas suffisant. Nous avons besoin d'un résultat concluant qui réponde à l'ensemble des menaces iraniennes: capacités nucléaires, missiles, drones, mandataires terroristes et blocages des voies maritimes internationales", a écrit leur ambassadeur à Washington, Yousef Al Otaiba, la semaine dernière dans une tribune du Wall Street Journal.

Le diplomate émirati a affirmé que son pays était prêt "à rejoindre une initiative internationale pour rouvrir le détroit et le maintenir ouvert".


Plus de 200.000 personnes sont parties du Liban vers la Syrie depuis le début de la guerre 

Plus de 200.000 personnes, dont une grande majorité de Syriens, ont traversé la frontière entre le Liban et la Syrie depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah début mars, a indiqué mardi l'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR). (AFP)
Plus de 200.000 personnes, dont une grande majorité de Syriens, ont traversé la frontière entre le Liban et la Syrie depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah début mars, a indiqué mardi l'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR). (AFP)
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  • "Près d'un mois après l'intensification des hostilités au Liban, la Syrie a connu une forte augmentation du nombre de personnes traversant sa frontière avec le Liban. Entre le 2 et le 27 mars, plus de 200.000 personnes sont entrées en Syrie
  • "Plus de 28.000 Libanais ont également franchi la frontière syrienne. La plupart fuient les bombardements israéliens intensifs. Ils arrivent épuisés, traumatisés et avec très peu d’affaires", a poursuivi la responsable du HCR

GENEVE: Plus de 200.000 personnes, dont une grande majorité de Syriens, ont traversé la frontière entre le Liban et la Syrie depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah début mars, a indiqué mardi l'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

"Près d'un mois après l'intensification des hostilités au Liban, la Syrie a connu une forte augmentation du nombre de personnes traversant sa frontière avec le Liban. Entre le 2 et le 27 mars, plus de 200.000 personnes sont entrées en Syrie par les trois points de passage officiels", a déclaré Aseer al-Madaien, représentante par intérim du HCR en Syrie, lors d'un point presse donné en visioconférence à Genève depuis Damas.

"Ces chiffres ont été fournis par les autorités et confirmés par nos collègues sur le terrain", a-t-elle ajouté, précisant que "la grande majorité" de ces personnes, soit "près de 180.000, sont des Syriens, notamment des réfugiés syriens qui avaient déjà fui la Syrie pour trouver refuge au Liban et qui sont aujourd'hui contraints de fuir à nouveau".

"Plus de 28.000 Libanais ont également franchi la frontière syrienne. La plupart fuient les bombardements israéliens intensifs. Ils arrivent épuisés, traumatisés et avec très peu d’affaires", a poursuivi la responsable du HCR.

Le Hezbollah pro-iranien a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en menant une attaque contre Israël en représailles aux frappes israélo-américaines ayant tué le guide suprême iranien Ali Khamenei.

Le Liban avait accueilli plus d'un million de réfugiés syriens qui ont fui leur pays pendant la guerre civile déclenchée par la répression d'un soulèvement populaire contre le pouvoir de Bachar al-Assad en 2011.

Plus d'un demi-million de ces réfugiés ont regagné leur pays depuis la chute d'Assad fin 2024.

Le HCR a indiqué que son plan d'urgence pour les personnes rejoignant précipitamment la Syrie depuis le Liban prévoyait "un nombre pouvant atteindre de 300 à 350.000 personnes".

"Ce nombre dépendra en grande partie d'éventuelles opérations terrestres supplémentaires. Parallèlement, le gouvernement syrien nous a informés qu'il mettait en place un plan d'urgence au cas où davantage de Libanais se dirigeraient vers la Syrie", a ajouté Mme al-Madaien.