L’industrie tunisienne de l’huile d’olive vit un moment charnière

Ces travailleurs se tiennent devant des caisses d’olives dans une usine de transformation de la ville de Beni Hassen, en Tunisie, l’un des cinq principaux producteurs mondiaux d’huile d’olive. (Reuters)
Ces travailleurs se tiennent devant des caisses d’olives dans une usine de transformation de la ville de Beni Hassen, en Tunisie, l’un des cinq principaux producteurs mondiaux d’huile d’olive. (Reuters)
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Publié le Mardi 12 décembre 2023

L’industrie tunisienne de l’huile d’olive vit un moment charnière

  • Alors que le secteur évolue vers une mécanisation et des pratiques non durables, la durabilité à long terme du secteur tunisien de l’huile d’olive est en jeu
  • Par ailleurs, l’ensemble de l’Europe du Sud, y compris le plus grand producteur d’olives au monde, l’Espagne, fait face à sa propre crise en raison d’une vague de chaleur

JUBA: La Tunisie, l’un des cinq principaux producteurs mondiaux d’huile d’olive, se trouve à un tournant décisif. L’industrie de l’huile d’olive du pays, qui a longtemps été une source vitale de stabilité économique et de devises étrangères, se trouve confrontée à des défis qui pourraient être déterminants pour son avenir.

Avec l’essor de l’agriculture superintensive qui a recours à des méthodes et des variétés d’olives espagnoles, la Tunisie a connu une augmentation des niveaux de production et des bénéfices pour les grands investisseurs. Cependant, de nouveaux obstacles viennent entraver ce succès.

Alors que le secteur évolue vers une mécanisation et des pratiques non durables, la durabilité à long terme du secteur tunisien de l’huile d’olive, ainsi que le bien-être des communautés locales, le climat et l’écologie uniques du pays, sont en jeu.

L’oléiculture est profondément ancrée dans le paysage agricole tunisien, avec plus de 300 000 producteurs et environ 1,7 million d’hectares d’oliviers. Cette vaste zone de culture couvre 35% des terres cultivables de la Tunisie, ce qui en fait l’occupation agricole la plus importante en termes d’utilisation des terres.

L’oléiculture constitue également une source importante d’emplois, puisque pendant les saisons de récolte, les femmes et les jeunes trouvent souvent un travail temporaire dans le secteur. Pourtant, une grande partie des récoltes est exportée par des entreprises européennes qui ne tiennent pas compte de leur provenance.

Cet étiquetage défaillant s’explique par le fait que les huiles d’olive tunisiennes sont souvent sous-évaluées et que les consommateurs ont tendance à préférer les marques européennes bien établies.

«Ce problème d’étiquetage est important dans la mesure où les consommateurs finissent souvent par payer pour de l’huile d’olive dite “vierge extra” alors qu’elle est de qualité inférieure», explique Anita Zachou, experte en huile d’olive, dans un entretien accordé à Arab News.

Pour cette spécialiste, les variétés d’huile d’olive tunisiennes comme les Chetoui, Sayali et Chemlali ont un potentiel important pour séduire les clients et satisfaire leurs goûts.

Cependant, ces dernières années, en Tunisie, les variétés espagnoles sont de plus en plus plantées «parce qu’elles peuvent fournir des récoltes rapides», confie Habib ben Moussa, un expert environnemental de Tunis, à Arab News. Il insiste sur leur durée de vie limitée (environ trente ans).

«Le Chemlali est une variété locale très productive; il peut concurrencer les variétés grecques et espagnoles, qui mettent à rude épreuve les sources d’eau locales», ajoute M. Ben Moussa. «Compte tenu de la fréquence croissante des années sèches, liée au changement climatique, il est peu probable que les variétés espagnoles perdurent.»

Judy Ridgway, une autre experte en huile d’olive, note que «les huiles d’olive tunisiennes commencent à faire leur entrée sur le marché britannique sous leurs propres noms, distincts des mélanges internationaux, mais il reste encore beaucoup à faire pour accroître leur sensibilisation et leur reconnaissance.»

Malgré les difficultés rencontrées pour commercialiser de nouvelles marques sur les marchés internationaux, les entreprises tunisiennes ont fait des progrès significatifs en améliorant la qualité de leurs produits ces dernières années. Elles ont activement participé à des compétitions internationales et ont reçu des prix.

Evoo Zeet, l’une de ces sociétés récompensées, a joué un rôle primordial dans l’introduction de l’huile d’olive vierge extra tunisienne sur le marché britannique en 2017.

«L’approvisionnement en huile d’olive tunisienne de haute qualité peut être difficile en raison des politiques et de l’exigence de grandes quantités de la part des acheteurs», déclare le propriétaire Daly Hamdi à Arab News.

En outre, le changement climatique et le stress hydrique ont rendu encore plus compliquée la production d’huile d’olive en Tunisie et dans d’autres pays méditerranéens, poursuit M. Hamdi. «La sécheresse et la pénurie de main-d’œuvre continuent de poser des défis importants à l’industrie, faisant grimper le coût de l’huile d’olive. Alors que le gouvernement tunisien soutient les grands producteurs, les petits ont du mal à bénéficier du soutien nécessaire.»

Malgré les défis de l’industrie de l’huile d’olive en Tunisie, il ne s’agit pas d’une situation isolée puisque l’ensemble de l’Europe du Sud, y compris le plus grand producteur d’olives au monde, l’Espagne, fait face à sa propre crise en raison d’une vague de chaleur. Cela risque de donner une deuxième mauvaise récolte consécutive, ce qui entraînera des lacunes potentielles au niveau des produits vendus et des prix encore plus élevés.

«En conséquence, les clients peuvent préférer des produits plus abordables aux huiles d’olive», déclare à Arab News Yacine Amor, directeur général de l’Artisan Olive Oil Company, une autre société très reconnue spécialisée dans les huiles d’olive tunisiennes.

M. Amor rappelle combien il est important de préserver le caractère unique de l’huile d’olive tunisienne. Pour atténuer les défis, l’entreprise s’approvisionne à partir d’oliveraies irriguées et maintient un réseau de fournisseurs diversifié.

«Il y a des défis comme partout, mais nous restons concentrés sur la mise en place d’une marque forte.»

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Alimentation durable: les principaux distributeurs français «à la traîne» 

Concernant la "transition protéinique", Carrefour, plus qu'avant et que ses concurrents, "met le paquet pour" vendre "plus de légumineuses" ou de "produits céréaliers complets", mais le groupe français "continue à avoir des pratiques (promotions, publicités, etc.) qui incitent à la consommation. (AFP)
Concernant la "transition protéinique", Carrefour, plus qu'avant et que ses concurrents, "met le paquet pour" vendre "plus de légumineuses" ou de "produits céréaliers complets", mais le groupe français "continue à avoir des pratiques (promotions, publicités, etc.) qui incitent à la consommation. (AFP)
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  • Du côté de la France, Carrefour est la seule "à avoir publié une feuille de route pour atteindre ses objectifs à court terme", tandis que "les plans climat de E.Leclerc et d'Intermarché ne sont pas encore concrets", estiment les auteurs de l'étude
  • Les Suisses Denner et Migros se classent respectivement 9e et 10e, devant le britannique Tesco (11e) et le suédois ICA (14e)

PARIS: Les principaux supermarchés français "sont à la traîne" sur le changement climatique et la transition vers une alimentation plus durable et végétale comparé à leurs homologues européens, Néerlandais en tête, selon un classement publié mardi par le centre de réflexion Questionmark.

Deux axes ont été retenus pour évaluer 27 enseignes: les actions engagées pour réduire les émissions de CO2 conformément à l'Accord de Paris sur le climat de 2015, et celles visant à rééquilibrer les ventes de protéines vers davantage d'aliments d'origine végétale plutôt qu'animale.

Aucune des trois françaises étudiées n'intègrent le Top 10: Carrefour se classe 12e et Intermarché 20e, tandis qu'E.Leclerc, premier distributeur de France en parts de marchés, arrive dernier (27e) selon l'étude du centre néerlandais Questionmark, soutenu par le Réseau Action Climat (RAC).

A l'inverse, les Pays-Bas s'illustrent en haut du tableau, avec la branche néerlandaise de Lidl (1e), puis les distributeurs Albert Heijn (3e) et Jumbo (4e), selon l'étude à laquelle ont également participé les associations Madre Brava, ProVeg International et WWF Pays-Bas.

Chez les bons élèves se trouvent aussi les enseignes de Lidl en Pologne (2e), Allemagne (5e) et Espagne (6e), suivies des supermarchés allemands Rewe (7e) et Aldi Süd (8e).

Les Suisses Denner et Migros se classent respectivement 9e et 10e, devant le britannique Tesco (11e) et le suédois ICA (14e).

Du côté de la France, Carrefour est la seule "à avoir publié une feuille de route pour atteindre ses objectifs à court terme", tandis que "les plans climat de E.Leclerc et d'Intermarché ne sont pas encore concrets", estiment les auteurs de l'étude.

"Les émissions totales de gaz à effet de serre de Carrefour France et Intermarché ont augmenté depuis qu'ils les publient", et "les progrès de E.Leclerc sont inconnus", seules les émissions de 2023 ayant été publiées, ajoutent-ils.

Concernant la "transition protéinique", Carrefour, plus qu'avant et que ses concurrents, "met le paquet pour" vendre "plus de légumineuses" ou de "produits céréaliers complets", mais le groupe français "continue à avoir des pratiques (promotions, publicités, etc.) qui incitent à la consommation, voire à la surconsommation de viande", a déclaré à l'AFP Benoît Granier, responsable alimentation du RAC.

Dans ce contexte, le RAC "exhorte le gouvernement" français "à renforcer l'encadrement du secteur de la grande distribution et à publier enfin la Stratégie nationale pour l'alimentation, la nutrition et le climat (SNANC)", attendue depuis plus de deux ans.


Maisonnave: Le secteur culturel de l'Arabie Saoudite est un nouveau moteur économique entre Riyad et Paris

M. Maisonnave a déclaré à Al-Eqtisadiah, lors de la cérémonie d'ouverture de La Fabrique, que la coopération culturelle avec l'Arabie saoudite est un élément important pour l'attractivité de ce pays dans les décennies à venir. AL-EQTISADIAH.
M. Maisonnave a déclaré à Al-Eqtisadiah, lors de la cérémonie d'ouverture de La Fabrique, que la coopération culturelle avec l'Arabie saoudite est un élément important pour l'attractivité de ce pays dans les décennies à venir. AL-EQTISADIAH.
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  • La Fabrique est un espace dédié à la créativité artistique et aux échanges culturels, lancé dans le cadre d'un partenariat entre le Riyadh Art program et l'Institut français de Riyad
  • Du 22 janvier au 14 février, l'initiative fournira un espace de travail ouvert qui permettra aux artistes de développer et de travailler sur leurs idées dans un cadre collaboratif

RIYAD: La culture est devenue un pilier fondamental des relations bilatérales entre la France et l'Arabie saoudite, selon l'ambassadeur de France au Royaume, Patrick Maisonnave.

Maisonnave a souligné son lien avec les secteurs du divertissement et du tourisme, ce qui en fait un nouveau moteur de la coopération économique entre Riyad et Paris.

Il a déclaré à Al-Eqtisadiah, lors de la cérémonie d'ouverture de La Fabrique dans le quartier Jax de Diriyah, que la coopération culturelle avec l'Arabie saoudite est un élément important pour son attractivité dans les décennies à venir.

La Fabrique est un espace dédié à la créativité artistique et aux échanges culturels, lancé dans le cadre d'un partenariat entre le Riyadh Art program et l'Institut français de Riyad.

Du 22 janvier au 14 février, l'initiative fournira un espace de travail ouvert qui permettra aux artistes de développer et de travailler sur leurs idées dans un cadre collaboratif.

Lancement de La Fabrique, un espace dédié à la créativité artistique

L'ambassadeur a souligné que le processus de transformation du Royaume dans le cadre de la Vision 2030 a contribué à l'émergence d'une nouvelle génération de jeunes artistes et créateurs, ainsi qu'à un désir croissant de la société saoudienne de se connecter à la culture et de s'intéresser à ce qui se passe dans le monde.

Il a affirmé que la relation entre les deux pays est "profonde, voire culturelle par excellence", l'intérêt de la partie saoudienne pour la culture française allant de pair avec l'intérêt croissant du public français et des institutions culturelles qui se développent dans le Royaume.

Selon les dernières estimations, l'économie de la culture représente environ 2,3 % du produit intérieur brut de la France, soit plus de 90 milliards d'euros (106,4 milliards de dollars) de recettes annuelles, d'après les données du gouvernement. Le secteur emploie directement plus de 600 000 personnes, ce qui en fait l'un des secteurs les plus créateurs d'emplois dans les domaines de la création, de l'édition, du cinéma et des arts visuels.

L'Arabie saoudite bénéficie de l'expérience française dans le domaine culturel

M. Maisonnave a expliqué que la France possède des institutions culturelles bien établies, tandis que l'Arabie saoudite est en train de construire un secteur culturel solide, ce qui ouvre la voie à des opportunités de coopération.

Cette initiative s'inscrit dans le prolongement de la signature, il y a un an, de dix accords culturels majeurs entre des institutions françaises et saoudiennes, visant à renforcer la coopération et à transférer l'expertise et les connaissances françaises afin de contribuer au développement du système culturel dans le Royaume.

Il a ajouté que des expériences telles que La Fabrique permettent de rencontrer la nouvelle génération de créateurs saoudiens, qui ont exprimé leur intérêt pour la mise en relation avec des institutions et des artistes français à Paris et en France.

La Fabrique offre un espace pour de multiples pratiques artistiques contemporaines, y compris les arts de la performance, les arts numériques et interactifs, la photographie, la musique et le cinéma, tout en permettant au public d'assister aux étapes de la production d'œuvres artistiques et d'interagir avec le processus de création.


La CJUE valide les astreintes de 68,5 M EUR contre la Pologne pour son refus de fermer une mine de charbon

La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne. (AFP)
La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne. (AFP)
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  • "La Cour de justice rejette le pourvoi de la Pologne contre l'arrêt du Tribunal concernant l'annulation des astreintes journalières infligées dans l'affaire de la mine de Turów"
  • La mine polonaise, qui s'étend à ciel ouvert sur plus de 10 kilomètres le long des deux zones frontalières, suscite des tensions avec ses voisins qui lui reprochent d'abaisser le niveau des nappes phréatiques et de polluer l'environnement

VARSOVIE: La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne.

"La Cour de justice rejette le pourvoi de la Pologne contre l'arrêt du Tribunal concernant l'annulation des astreintes journalières infligées dans l'affaire de la mine de Turów", selon un communiqué de presse officiel dans lequel la CJUE insiste sur son souhait de "garantir l'application effective du droit de l'Union dans l'intérêt général".

La mine polonaise, qui s'étend à ciel ouvert sur plus de 10 kilomètres le long des deux zones frontalières, suscite des tensions avec ses voisins qui lui reprochent d'abaisser le niveau des nappes phréatiques et de polluer l'environnement.

En 2021, la République tchèque avait porté l'affaire devant la CJUE.

La mine Turow a été sommée de cesser ses activités, mais l'ancien gouvernement polonais nationaliste n'a pas obtempéré et, en conséquence, Varsovie a été condamné par Bruxelles à une astreinte de 500.000 euros par jour.

Selon le gouvernement, la fermeture de la mine compromettrait la sécurité énergétique du pays.

En 2022, moyennant un engagement à des investissements importants dans la protection de l'environnement, la Pologne est parvenue finalement à un accord amiable avec la République tchèque.

Cependant la Commission européenne a sommé Varsovie de verser environ 68,5 M EUR, soit l'équivalent des astreintes journalières cumulées avant la conclusion de l'accord avec Prague.

Face au nouveau refus polonais, Bruxelles a prélevé les sommes dues dans les fonds européens destinés à Varsovie, une démarche alors inédite.

"L'accord amiable conclu entre la République tchèque et la Pologne n'a pas supprimé rétroactivement les astreintes ordonnées en référé", a expliqué jeudi la CJUE.

Selon la Cour européenne, les astreintes gardent "un caractère préventif et non répressif, contrairement à ce que prétendait la Pologne".

"L'obligation de payer l'astreinte journalière, versée au budget de l'Union, vise à assurer le respect des mesures provisoires déjà ordonnées", a insisté la CJUE.