Macron et Borne, un duo par défaut

Les relations entre Emmanuel Macron et Elisabeth Borne, reconduite à Matignon du bout des lèvres, grincent souvent mais se maintiennent, sans affect, dans une collaboration par défaut. (AFP)
Les relations entre Emmanuel Macron et Elisabeth Borne, reconduite à Matignon du bout des lèvres, grincent souvent mais se maintiennent, sans affect, dans une collaboration par défaut. (AFP)
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Publié le Mercredi 19 juillet 2023

Macron et Borne, un duo par défaut

  • Le couple a connu un autre moment de friction quand le président l'a recadrée, fin mai, en Conseil des ministres pour avoir dit que le Rassemblement national était "l'héritier de Pétain"
  • «Le président avait avec Edouard Philippe une forme de décontraction, d'humour. Et avec Jean Castex de la complicité. Avec Elisabeth Borne, non. Parce qu'elle est très sérieuse»

PARIS: Confiance ou défiance ? Les relations entre Emmanuel Macron et Elisabeth Borne, reconduite à Matignon du bout des lèvres, grincent souvent mais se maintiennent, sans affect, dans une collaboration par défaut.

La Première ministre n'était pas le premier choix du chef de l'Etat, qui avait jeté son dévolu en mai 2022 sur Catherine Vautrin, issue de la droite, avant de renoncer à la dernière minute sous la pression des macronistes historiques.

Elle vacille ensuite rapidement avec l'échec du camp présidentiel aux législatives. Finalement maintenue, elle va devoir gouverner avec une majorité relative et recourir à une dizaine de 49.3 pour imposer les textes budgétaires.

Sa "difficulté" dans ce contexte politique explosif, où il lui manque près de 40 voix à l'Assemblée, c'est qu'elle "n'est pas un animal politique", note un ministre. Mais du coup, "ça ne la gêne pas de parler avec tout le monde. Et ça marche pas trop mal".

Elle passe tout de même à neuf voix de la censure sur la réforme des retraites, dont elle ressort fragilisée.

Emmanuel Macron lui renouvelle sa "confiance", mais n'a jamais un mot de trop pour l'encourager. Il dit, en mars, "espérer" qu'elle puisse "élargir" la majorité, sans donner le mode d'emploi de cette mission impossible. Et ne prononce pas son nom quand, en avril, il lui donne 100 jours pour "apaiser" et avancer.

«Alignement»

"Le président de la République veut l'user jusqu'à la corde et c'est vrai qu'il n’y a pas vraiment d'alternative qui amène une majorité", alors que la droite est divisée, relève un ancien ministre.

Lundi, c'est l'entourage du chef de l'Etat, retenu à Bruxelles, qui annonce en catimini qu'il a "décidé de la maintenir" à son poste, une forme inhabituelle et sommaire de reconduction, qui interroge dans les travées du pouvoir et suggère qu'il a bien songé à s'en séparer.

Les tensions ont même frôlé la mésentente quand Elisabeth Borne a appelé, début avril, à ne pas "brusquer les choses" avec les syndicats, qu'elle venait de réunir à Matignon pendant qu'Emmanuel Macron critiquait encore la CFDT. Même si la Première ministre a rapidement insisté sur son parfait "alignement" sur le chef de l'Etat.

Le couple a connu un autre moment de friction quand le président l'a recadrée, fin mai, en Conseil des ministres pour avoir dit que le Rassemblement national était "l'héritier de Pétain".

Matignon dépeint pourtant une relation de "confiance", assurant qu'Emmanuel Macron "peut compter sur sa totale loyauté et son engagement au service des Français". Et dément tout désaccord sur les "ajustements" à opérer au sein du gouvernement.

Le terme a été "acté" par les deux têtes de l'exécutif, assure-t-on, même si plusieurs sources ministérielles rapportent que le président ne veut pas d’un gros remaniement tandis que la Première ministre "pousse pour quelque chose de plus large".

«Collaboratrice»

Au-delà de cette friture sur la ligne entre Elysée et Matignon, c'est l'absence d'affinités qui saute aux yeux.

Un responsable du camp présidentiel est persuadé qu'ils "ne peuvent plus se voir en peinture". Et les critiques fusent sur le mode de "management" rugueux d'Elisabeth Borne, qui "a agacé le président", selon un proche de ce dernier.

Leur relation est "rationnelle, pas affective", ils "ne raisonnent pas de la même façon", tente de décrypter un ministre.

"Il faut dire qu'elle inspire tout sauf la chaleur. Elle est quand même dans l'auto-contrôle, elle est crispée en permanence", raille un poids-lourd de la majorité. "Le président avait avec Edouard Philippe une forme de décontraction, d'humour. Et avec Jean Castex de la complicité. Avec Elisabeth Borne, non. Parce qu'elle est très sérieuse".

Mais l'historien Jean Garrigues voit moins "le symptôme d'une animosité personnelle" que le "prolongement d'une conception autoritaire du rôle du président" qui n'a fait que s'accentuer sous la Ve République.

Emmanuel Macron utilise sa Première ministre comme une simple "collaboratrice", "précarisée" dans son cas par la majorité relative et "des ministres qui la concurrencent", ajoute-t-il, rappelant que les relations entre Nicolas Sarkozy et François Fillon étaient "beaucoup plus orageuses".

Par cette distance, le chef de l'Etat "veut se garder une liberté". Et sans doute ne pas décider lui-même de se séparer d'Elisabeth Borne puisqu'"on ne peut pas exclure un accident" de censure à l'automne, note le ministre.


De retour d'Alger, Darmanin se dit «très rassuré par la façon dont Christophe Gleizes est traité»

Gérald Darmanin a effectué une visite de deux jours en Algérie, "à la demande du président de la République" française, pour évoquer le cas de Christophe Gleizes ainsi que la coopération judiciaire entre les deux pays. (AFP)
Gérald Darmanin a effectué une visite de deux jours en Algérie, "à la demande du président de la République" française, pour évoquer le cas de Christophe Gleizes ainsi que la coopération judiciaire entre les deux pays. (AFP)
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  • Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, s'est dit mardi "très rassuré" par la façon dont le journaliste sportif Christophe Gleizes "est traité" par l'Algérie où il est détenu, au lendemain d'une visite à Alger
  • Le journaliste sportif est détenu depuis près d'un an en Algérie

PARIS: Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, s'est dit mardi "très rassuré" par la façon dont le journaliste sportif Christophe Gleizes "est traité" par l'Algérie où il est détenu, au lendemain d'une visite à Alger.

"Nous avons rappelé qu'il faut rendre Christophe Gleizes non pas à la France, mais à sa mère", a déclaré le garde des Sceaux sur CNews et Europe 1, estimant que le président algérien Abdelmadjid Tebboune "y sera sensible, en tous cas (...) je lui fais confiance pour cela".

Le journaliste sportif est détenu depuis près d'un an en Algérie.

Gérald Darmanin a effectué une visite de deux jours en Algérie, "à la demande du président de la République" française, pour évoquer le cas de Christophe Gleizes ainsi que la coopération judiciaire entre les deux pays.

Ce séjour actait un apaisement entre les deux pays amorcé ces derniers mois après une crise acrimonieuse de presque deux ans.

Le garde des Sceaux a affirmé avoir obtenu des autorités algériennes "la reprise de notre coopération judiciaire".

Il a salué "des échanges extrêmement forts" avec le président Tebboune sur la question de Christophe Gleizes, arrêté dans le cadre d'un reportage en mai 2024 en Kabylie (nord-est) et condamné à sept ans de prison pour "apologie du terrorisme".

"Maintenant, sa peine est définitive, puisqu'il n'a pas fait de pourvoi en cassation", a reconnu mardi Gérald Darmanin. La démarche vise à ouvrir la voie à une possible grâce du président Tebboune.

Le ministre a estimé que le chef de l'Etat algérien était en mesure "de faire ce geste pour cette famille, et bien sûr pour notre bonne relation".

 


L’Institut du monde arabe réunit les jeunes du G7 autour des partenariats internationaux

L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques. (AFP)
L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques. (AFP)
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  • La soirée-débat, organisée en partenariat avec Open Diplomacy, réunira des délégués internationaux autour du thème: «Au G7, quelle politique des partenariats internationaux à l’heure de la brutalisation du monde?»
  • Plusieurs personnalités prendront part à cette rencontre, parmi lesquelles Anne-Claire Legendre, Éléonore Caroit, Thomas Friang et Aurélien Duchêne

PARIS: L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques.

Organisé à Paris du 17 au 20 mai sous présidence française du G7, le Y7 constitue la plateforme officielle d’engagement des jeunes des pays membres du G7. Cette initiative précède d’un mois le sommet des chefs d’État et de gouvernement prévu à Évian.

La soirée-débat, organisée en partenariat avec Open Diplomacy, réunira des délégués internationaux autour du thème: «Au G7, quelle politique des partenariats internationaux à l’heure de la brutalisation du monde?»

Plusieurs personnalités prendront part à cette rencontre, parmi lesquelles Anne-Claire Legendre, Éléonore Caroit, Thomas Friang et Aurélien Duchêne.

Le programme prévoit également une visite privée de l’exposition consacrée à Byblos pour les délégations internationales, avant les interventions officielles et un cocktail de réseautage.

À travers cet événement, l’Institut du monde arabe entend réaffirmer son engagement en faveur du dialogue entre les cultures, de la coopération internationale et de la mobilisation des nouvelles générations face aux grands défis mondiaux.


Opération avec Audemars Piguet: Swatch dit à l'AFP avoir constaté des «problèmes» dans une vingtaine de magasins

L'horloger suisse Swatch Group a annoncé lundi à l'AFP qu'il avait observé une demande "phénoménale" pour sa collaboration avec la marque de prestige Audemars Piguet, reconnaissant "des problèmes" dans une vingtaine de ses boutiques dans le monde le jour de son lancement samedi. (AFP)
L'horloger suisse Swatch Group a annoncé lundi à l'AFP qu'il avait observé une demande "phénoménale" pour sa collaboration avec la marque de prestige Audemars Piguet, reconnaissant "des problèmes" dans une vingtaine de ses boutiques dans le monde le jour de son lancement samedi. (AFP)
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  • A Lille, dans le nord de la France, "au moins quatre" personnes ont dit aux équipes municipales avoir reçu des "coups de poing dans la file d'attente" et vouloir porter plainte.
  • Une bagarre a également éclaté devant une boutique à Milan, dans le nord de l'Italie. Des mouvements de foule ont aussi été observés entre autres en Thaïlande et aux Etats-Unis

ZURICH: L'horloger suisse Swatch Group a annoncé lundi à l'AFP qu'il avait observé une demande "phénoménale" pour sa collaboration avec la marque de prestige Audemars Piguet, reconnaissant "des problèmes" dans une vingtaine de ses boutiques dans le monde le jour de son lancement samedi.

"Le jour du lancement, il y a eu des problèmes dans environ une vingtaine de magasins Swatch sur 220 dans le monde où Royal Pop a été lancée, car les files d’attente des personnes intéressées étaient extrêmement longues et l’organisation faite par certains centres commerciaux n’était pas suffisante pour contenir cette ruée", a indiqué le groupe suisse.

"La réaction à la collection Royal Pop dans le monde est phénoménale et la demande est immensément élevée", a ajouté le groupe horloger, qui compare le lancement de ce modèle avec Audemars Piguet à celui du modèle MoonSwatch en 2022, en partenariat avec Omega.

Avant l'ouverture samedi, de longues files d'attentes s'étaient formées durant la nuit devant les boutiques Swatch. L'affluence a viré au chaos à l'ouverture dans certaines villes, nécessitant l'intervention de la police et la fermeture immédiate de certains magasins.

"Comme pour le MoonSwatch, cela s'est quelque peu 'normalisé' après le jour du lancement", a précisé le groupe suisse, "surtout après que nous avons de nouveau communiqué que la collection Royal Pop serait disponible durant plusieurs mois".

Dans l'ouest de la région parisienne, au Chesnay-Rocquencourt (Yvelines), quelque 300 personnes, venues avant l'ouverture du magasin Swatch du centre commercial Westfield Parly 2, ont été dispersées samedi par la police à l'aide de gaz lacrymogène.

A Lille, dans le nord de la France, "au moins quatre" personnes ont dit aux équipes municipales avoir reçu des "coups de poing dans la file d'attente" et vouloir porter plainte.

Une bagarre a également éclaté devant une boutique à Milan, dans le nord de l'Italie. Des mouvements de foule ont aussi été observés entre autres en Thaïlande et aux Etats-Unis.

Propriétaire de 16 marques, Swatch avait déjà lancé une coopération en 2022 avec Omega, une des marques de prestige du groupe. Devant son succès, l'entreprise avait renouvelé l'opération en 2023 avec Blancpain, autre marque du groupe, connue notamment pour ses montres de plongée.

Mais pour le modèle lancé samedi, la collaboration a lieu cette fois avec une marque externe au groupe, Audemars Piguet. Cette marque indépendante compte parmi les plus prestigieuse de l'horlogerie suisse.