Les cours des céréales flambent face au «risque d'escalade» en Ukraine

La hausse des cours des céréales s'est accentuée au fil de la journée (Photo, AFP).
La hausse des cours des céréales s'est accentuée au fil de la journée (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 20 juillet 2023

Les cours des céréales flambent face au «risque d'escalade» en Ukraine

  • Mercredi, le prix du blé meunier a clôturé en forte hausse, à 253,75 euros la tonne sur l'échéance de septembre sur Euronext
  • Le maïs grimpait de 5,4%, juste sous la barre des 250 euros la tonne sur l'échéance d'août

PARIS: Pas une ride sur la mer Noire au large d'Odessa: depuis la suspension du corridor céréalier ukrainien et l'intensification des bombardements russes, aucun navire ne se risque à venir charger des céréales, conduisant à une brusque flambée des cours sur le marché européen.

Deux jours après le refus de la Russie de reconduire l'accord pour les exportations agricoles maritimes d'Ukraine, qui avait permis de sortir près de 33 millions de tonnes de grains en un an, les marchés ont bondi.

Mercredi, le prix du blé meunier a clôturé en forte hausse, à 253,75 euros la tonne sur l'échéance de septembre sur Euronext, gagnant 8,2% dans la journée, à un niveau pas atteint depuis début avril. Le maïs grimpait de 5,4%, juste sous la barre des 250 euros la tonne sur l'échéance d'août.

Lundi, le marché ne croyait pas vraiment à "une histoire sérieuse" et avait à peine accusé le coup de la nouvelle de la fermeture, peut-être provisoire, de cette voie maritime qui assurait alors la moitié des exportations ukrainiennes, selon Andreï Sizov, du cabinet SovEcon.

Mais depuis, les attaques aériennes russes visant Odessa et Tchornomorsk (sud), deux des trois ports ukrainiens du corridor, ainsi que les nouvelles de "la suspension de couverture" du risque en mer Noire par les assureurs ont assombri les perspectives, souligne Damien Vercambre, courtier au cabinet Inter-Courtage.

«Escalade»

La hausse des cours s'est accentuée au fil de la journée, avec la destruction de 60 000 tonnes de céréales lors d'attaques selon Kiev et la menace de Moscou contre tous les navires se rendant vers l'Ukraine, considérés dès jeudi comme de "potentiels bateaux de guerre".

Alors que le président Zelensky avait affirmé lundi être déterminé à poursuivre les exportations maritimes, la Russie avait mis en garde contre "les risques" en mer Noire où n'existait plus aucune "garantie de sécurité".

"Avec l'intensification des bombardements, la Russie ne donne aucune chance à une poursuite du corridor sans elle. Le message est très clair et les marchés commencent à l'intégrer", constate Damien Vercambre.

Pour Sébastien Poncelet, spécialiste des céréales au cabinet Agritel, "on ouvre une nouvelle page d'incertitude sur le marché des grains, mais on n'est en aucune mesure face au choc subi sur les marchés après l'invasion de l'Ukraine en février 2022", qui avait propulsé le blé à plus de 400 euros la tonne.

La situation est moins tendue pour plusieurs raisons, résume-t-il: les flux s'étaient déjà récemment considérablement ralentis, et l'hémisphère Nord est en pleine récolte, avec de bonnes prévisions de moisson pour le blé en Russie et en Europe, et pour le maïs au Brésil.

Par ailleurs, "les opérateurs ukrainiens affirment avoir la capacité d'exporter jusqu'à 3,8 millions de tonnes par mois par les voies alternatives: terrestres, ferroviaires et fluviale — via le Danube", ce qui pourrait couvrir un volume d'exportation en baisse, relève Damien Vercambre.

Mais "on assiste à une escalade en ce moment et on pourrait la voir se poursuivre dans les semaines ou les mois à venir", prévient Andreï Sizov, qui ne serait "pas surpris" de voir les Ukrainiens "essayer de perturber le transport des grains russes, comme mesure de rétorsion" aux attaques sur Odessa.

Semaine déterminante

Jusqu'ici, "il était important pour la Russie de préserver le corridor pour ménager ses relations avec la Turquie et la Chine", qui achètent une part importante des exportations agricoles russes et figuraient dans le trio de tête des pays bénéficiaires des exportations ukrainiennes via le corridor, relève Michael Zuzolo, de Global Commodities Analytics and Consulting.

Mais, analyse-t-il, "les relations de ces deux pays avec la Russie se sont détériorées" récemment, notamment avec le feu vert récent de la Turquie à l'adhésion de la Suède à l'Otan.

Il estime que les cours mondiaux ne reflètent pas suffisamment les risques, compte tenu des conditions météorologiques qui restent défavorables aux États-Unis mais aussi en Asie du Sud-Est.

La semaine à venir sera déterminante, alors qu'un temps plus sec et plus chaud est attendu pour les dix prochains jours dans le Midwest américain, où le maïs souffre, en pleine phase de pollinisation, et risque de voir ses conditions de culture se dégrader à nouveau.


Pétrole: le baril chute de près de 5% après l'annonce de négociations Etats-Unis/Iran

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Les prix du pétrole chutent lundi à l'ouverture des échanges asiatiques après l'annonce par Donald Trump de nouvelles négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et rouvrir le détroit d'Ormuz.

Vers 22H50 GMT dimanche, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre reculait de 4,69% à 83,81 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate cédait 4,67% à 80,72 dollars.

Après avoir menacé l'Iran d'une attaque massive, Donald Trump a dit samedi soir renoncer à de nouvelles frappes à condition qu'un accord soit conclu rapidement, en particulier sur le détroit d'Ormuz.

L'Iran a de son côté assuré dimanche être proche d'un accord avec Oman sur ce passage stratégique crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Le président américain a ensuite annoncé que des nouvelles négociations avec Téhéran commenceraient lundi.


Engie revoit à la hausse ses perspectives 2026 grâce à l’électrification et les infrastructures

Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
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  • Engie relève ses objectifs 2026, porté par l’électrification, les renouvelables et l’acquisition de UK Power Networks
  • Le groupe affiche un bénéfice net semestriel en hausse de 13,7 % à 3,3 milliards d’euros

PARIS: Engie a revu à la hausse ses perspectives pour l’année 2026 après un premier semestre au cours duquel l'énergéticien a été porté par l’accélération de l’électrification et l’acquisition du distributeur britannique d’électricité UK Power Networks.

"Partout où nous opérons, l'électrification s'accélère, les besoins en infrastructure, en flexibilité, en solution bas carbone continuent de croître", a déclaré Catherine MacGregor, la directrice générale lors d’une conférence téléphonique vendredi. "Et tous les métiers d'Engie sont au coeur de ces transformations".

"Qu'il s'agisse des renouvelables, des batteries, des réseaux électriques, des infrastructures locales ou encore des offres dédiées aux +data centers+, nous accélérons nos investissements dans les activités qui répondent justement aux évolutions structurelles du système énergétique", a-t-elle ajouté.

Sur les six premiers mois de l'année, le bénéfice net a progressé de 13,7% à 3,3 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires en revanche a reculé de 3,6% à 36,7 milliards d’euros.

Le groupe a bénéficié de sa dynamique opérationnelle lors de ces six mois et estime que son plan de performance en cours a contribué pour 304 millions d’euros à l'amélioration des résultats.

Il a également été porté par l’activité gaz soutenue par des conditions de marché favorables.

Côté perspectives, Engie a revu à la hausse son objectif de résultat net récurrent pour 2026 à un niveau compris entre 4,9 et 5,5 milliards d’euros (contre une fourchette de 4,6 à 5,2 milliards d’euros annoncée précédemment). Au premier semestre, cet indicateur qui exclut les activités exceptionnelles, s'est établi à 3 milliards d'euros.

L’Ebit (résultat opérationnel ajusté) hors nucléaire est quant à lui attendu dans une fourchette indicative de 9,2 à 10,2 milliards d’euros (contre 8,7 à 9,7 milliards d’euros auparavant).

"Nos activités de génération et nos infrastructures gazières jouent un rôle déterminant dans la sécurité du système et la maîtrise de son coût", a souligné Catherine MacGregor.

"C'est bien la cohérence stratégique associée à la solidité de nos modèles intégrés et à notre capacité d'exécution qui nous permet d'aborder la suite de l'année avec confiance et de relever notre +guidance+", a-t-elle conclu.


Saint-Gobain: bénéfice et ventes en recul au premier semestre mais des signes de croissance retrouvés

Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance. (AFP)
Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance. (AFP)
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  • Sur le semestre, le chiffre d'affaires est en repli de 1,1% à 23,6 milliards d'euros mais les ventes se sont améliorées dans la plupart des zones géographiques, à l'exception des Amériques, selon un communiqué du groupe français
  • En Europe du Nord, le chiffre d'affaires est en hausse de 0,2% sur le semestre. Sur la zone Europe du Sud, Moyen-Orient et Afrique, la croissance est de 2,1% et +2% en Asie-Pacifique

PARIS: Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance.

Sur le semestre, le chiffre d'affaires est en repli de 1,1% à 23,6 milliards d'euros mais les ventes se sont améliorées dans la plupart des zones géographiques, à l'exception des Amériques, selon un communiqué du groupe français.

"Après un premier trimestre marqué par l'impact de conditions climatiques défavorables dans l'hémisphère nord, le chiffre d'affaires à données comparables renoue avec la croissance au deuxième trimestre dans toutes les régions, y compris en volumes: en Europe grâce au marché de la construction neuve, en Amérique avec une normalisation des conditions climatiques en Amérique du Nord, et en Asie-Pacifique qui poursuit sa forte croissance", décrypte Saint-Gobain, qui emploie plus de 162.000 personnes dans 81 pays.

En Europe du Nord, le chiffre d'affaires est en hausse de 0,2% sur le semestre. Sur la zone Europe du Sud, Moyen-Orient et Afrique, la croissance est de 2,1% et +2% en Asie-Pacifique.

C'est la zone Amériques qui tire le chiffre d'affaires vers le bas avec -7,2% sur le semestre. En ne prenant en compte que le deuxième trimestre, les ventes sont restées stables (+0,4%).

En 2025, la zone représentait plus du quart du chiffre d'affaires global de Saint-Gobain.

L'Ebitda (excédent brut d'exploitation), un indicateur de rentabilité, atteint 3,6 milliards d'euros "affecté par l'effet de change", mais "bénéficiant du retour à la croissance au deuxième trimestre", explique Saint-Gobain.

L'entreprise a confirmé ses perspectives de croissance, malgré "un environnement macroéconomique contrasté et géopolitiquement incertain", selon Benoît Bazin, PDG du groupe, lors d'un point presse.

Saint-Gobain anticipe une croissance de ses ventes au deuxième semestre 2026 dans toutes les zones, "contrastées par pays" en Europe, "dans un contexte incertain" dans les Amériques et "tirée par l'Inde et l'Asie du sud-est" pour la zone Asie-Pacifique.