Le Livret A fait le plein au premier semestre

C'est du jamais vu depuis que le Livret A a été généralisé à toutes les banques en 2009: au premier semestre, les épargnants ont déposé près de 26 milliards d'euros de plus qu'ils n'en ont retirés, un niveau inédit (Photo, AFP)
C'est du jamais vu depuis que le Livret A a été généralisé à toutes les banques en 2009: au premier semestre, les épargnants ont déposé près de 26 milliards d'euros de plus qu'ils n'en ont retirés, un niveau inédit (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 21 juillet 2023

Le Livret A fait le plein au premier semestre

  • Les premiers mois flamboyants de 2023 s'expliquent notamment par le passage de 2 à 3% du taux au 1er février
  • Sauf retournement de situation au second semestre, le Livret A et le LDDS devraient bien battre la collecte exceptionnelle de 2020, qui était de 35,21 milliards d'euros

PARIS: C'est du jamais vu depuis que le Livret A a été généralisé à toutes les banques en 2009: au premier semestre, les épargnants ont déposé près de 26 milliards d'euros de plus qu'ils n'en ont retirés, un niveau inédit.

Ce résultat porte pour la première fois aussi l'encours total du Livret A au-dessus de la barre symbolique de 400 milliards d'euros (à 401,3 milliards d'euros précisément dont 25,84 engrangés au premier semestre). Il n'est toutefois pas vraiment une surprise après un premier trimestre déjà historique pour le livret le plus détenu en France, par 55,1 millions d'épargnants au 31 décembre 2022.

L'écart entre dépôts et retraits ("collecte nette") était un surplus de 20 milliards d'euros sur les trois premiers mois de l'année, à la faveur d'une hausse du taux du Livret a porté à 3% au 1er février.

Mais la tendance s'est ensuite quelque peu calmée au second trimestre et le maintien du taux à 3% à partir du 1er août (au lieu de la hausse que certains espéraient) ne devrait pas redonner un coup de fouet au Livret A.

Sur le mois de juin, la collecte nette s'est élevée à 1,34 milliard d'euros, soit nettement moins que les 2,47 milliards de mai. Le niveau reste toutefois conséquent, et c'est même le deuxième meilleur mois de juin depuis 2009, après les 3 milliards d'euros net collectés en juin 2020, au sortir du premier confinement.

Les premiers mois flamboyants de 2023 s'expliquent notamment par le passage de 2 à 3% du taux au 1er février: les hausses de taux ont tendance à favoriser un afflux d'épargne sur le Livret A dans les mois qui suivent. Cet argument a d'ailleurs probablement joué dans la décision des autorités de ne pas relever une nouvelle fois le taux en août, afin de ne pas trop handicaper la consommation, principal moteur de la croissance en France.

"Lors de ce premier semestre, le Livret A a conforté sa place de placement préféré des Français", a réagi dans une note Philippe Crevel, directeur du Cercle de l'épargne.

Record aussi pour le LDDS 

L'argent déposé sur les Livrets A et sur son jumeau le Livret de développement durable et solidaire (LDDS), plafonnés respectivement à 22.950 euros et 12.000 euros hors intérêts capitalisés, est garanti par l’État et exonéré d'impôts et de prélèvements sociaux.

Même maintenu à 3% — un niveau inférieur à l'inflation, enregistrée à 4,5% sur un an en juin —, le Livret A rapporte toujours bien plus à ses détenteurs que s'ils placent leur argent dans les fonds euros de l'assurance vie.

A titre de comparaison, en mai, l'assurance vie a enregistré une collecte nette négative, selon France Assureurs. La différence entre les prestations versées aux épargnants et les sommes déposées sur l'assurance vie s'est élevée à 1,6 milliard d'euros.

Les fonds euros, souvent comparés au Livret A car le capital y est garanti, sont en déclin depuis plusieurs années: depuis décembre 2019, ils n'ont connu qu'un seul mois où le solde entre dépôts et retraits a été positif.

Le LDDS a pour sa part engrangé 830 millions d'euros en juin et 8,7 milliards au premier semestre, un record sur la période dans les deux cas.

Entre janvier et juin, les deux livrets ont donc collecté environ 34,5 milliards d'euros net, ce qui porte leur encours à 544,2 milliards d'euros à fin juin (+11% sur un an).

Sauf retournement de situation au second semestre, le Livret A et le LDDS devraient bien battre la collecte exceptionnelle de 2020, qui était de 35,21 milliards d'euros, voire celle historique de 2012 (49,16 milliards), dopée à l'époque par le relèvement des plafonds.

M. Crevel s'attend à une "érosion de la collecte" d'ici la fin de l'année "d’autant plus si l’inflation se résorbe". "Traditionnellement, les six derniers mois de l’année sont propices aux dépenses (vacances, rentrée scolaire, fêtes de fin d’année)", selon lui.

Gérés conjointement par la Caisse des dépôts et consignations (CDC) et les réseaux bancaires, les Livrets A et LDDS financent le logement social, les PME mais aussi la transition énergétique et l'économie sociale et solidaire (ESS).


E. Leclerc: hausse de 2,4% des ventes en 2025

Le distributeur E.Leclerc, numéro un du secteur en France, a fait état dimanche de ventes toujours en croissance l'an dernier, à 51,1 milliards d'euros hors carburant, soit une progression de 2,4% sur un an. (AFP)
Le distributeur E.Leclerc, numéro un du secteur en France, a fait état dimanche de ventes toujours en croissance l'an dernier, à 51,1 milliards d'euros hors carburant, soit une progression de 2,4% sur un an. (AFP)
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  • Selon un classement Kantar (réalisé du 6 octobre au 2 novembre 2025), E. Leclerc représentait 24,4% de parts de marché, contre 21,2% pour Carrefour, 17,6% pour le groupement Mousquetaires et 12,9% pour La Coopérative U
  • E. Leclerc a notamment vu ses marques distributeur grimper de 1,9% l'an dernier pour atteindre 12,1 milliards d'euros, essentiellement dans l'alimentaire

PARIS: Le distributeur E.Leclerc, numéro un du secteur en France, a fait état dimanche de ventes toujours en croissance l'an dernier, à 51,1 milliards d'euros hors carburant, soit une progression de 2,4% sur un an.

Depuis 2020, son chiffre d'affaires a bondi de près d'un quart, indique Leclerc, soit un gain de près de 12 milliards d'euros et 5 points de parts de marché en 5 ans, se targue-t-il, selon des chiffres reçus dimanche par l'AFP.

En 2024, le chiffre d'affaires avait augmenté de 2,6% pour atteindre 49,9 milliards d'euros.

"L'écart avec nos concurrents se resserre, mais ils ne sont pas près de nous rattraper", a estimé dans le quotidien économique Les Echos le président du comité stratégique des centres E.Leclerc, Michel-Edouard Leclerc.

Selon un classement Kantar (réalisé du 6 octobre au 2 novembre 2025), E. Leclerc représentait 24,4% de parts de marché, contre 21,2% pour Carrefour, 17,6% pour le groupement Mousquetaires et 12,9% pour La Coopérative U.

E. Leclerc a notamment vu ses marques distributeur grimper de 1,9% l'an dernier pour atteindre 12,1 milliards d'euros, essentiellement dans l'alimentaire.

Par ailleurs, "nous avons identifié un potentiel de 600 magasins de proximité que l'on ouvrira d'ici à 2030", a relaté aux Echos Michel-Edouard Leclerc, évoquant l'existence actuelle d'une centaine de E. Leclerc Express, avec "différents formats, qui vont de 300 à 1.000 m2".

Sur leurs objectifs pour 2030, "cela inclut des grandes métropoles - Paris n'est pas forcément notre priorité, car les espaces sont rares et très disputés".

"Il faut ajouter les centres-villes délaissés, les petites villes, mais aussi les villages. Pour ces derniers, les drives piétons et les camions E. Leclerc se révèlent une très bonne option", a-t-il ajouté.

E. Leclerc, comme Intermarché ou Système U en France, est un groupement de magasins indépendants, où les patrons de magasins ont plus de marge de manoeuvre que dans les groupes dits intégrés, comme Carrefour ou Auchan par exemple.

C'est la raison pour laquelle ces groupements ne communiquent que sur leurs ventes, pas sur leurs résultats nets qui dépendent des orientations et de la situation financière de chacun des membres.

 

 


La France mobilise 98 entreprises au World Health Expo Dubai 2026

Le pavillon France au World Health Expo Dubai 2026 réunit 98 entreprises françaises venues présenter leurs innovations en technologies médicales, e-santé et infrastructures hospitalières. (Photo: fournie)
Le pavillon France au World Health Expo Dubai 2026 réunit 98 entreprises françaises venues présenter leurs innovations en technologies médicales, e-santé et infrastructures hospitalières. (Photo: fournie)
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  • 98 entreprises françaises présentent leurs innovations en santé au World Health Expo Dubai 2026, principal salon médical du Moyen-Orient
  • La coopération franco-émirienne s’intensifie autour de l’IA, des biotechnologies et de la modernisation des infrastructures de santé

DUBAÏ: À l’occasion de la 50e édition du World Health Expo Dubai (anciennement Arab Health), qui s’est tenue du 9 au 12 février 2026 au Dubai Exhibition Center – Expo City, la France a déployé une délégation exceptionnelle de 98 entreprises réunies sous la bannière French Healthcare. Une présence stratégique au cœur du principal rendez-vous de la santé au Moyen-Orient.

Réparties dans les halls Medical Devices (S5), Orthopedics & Rehabilitation (N37) et Radiology & Medical Imaging (N21), les entreprises françaises présentent un éventail complet d’innovations couvrant les technologies médicales, l’ingénierie hospitalière, les produits pharmaceutiques et la e-santé. L’objectif : illustrer l’engagement français en faveur d’une médecine de précision, durable et centrée sur le patient.

Cette mobilisation intervient alors que les Émirats arabes unis accélèrent la transformation de leur système de santé dans le cadre de la Vision 2071. En 2025, Dubaï comptait près de 5 000 établissements de santé, confirmant son ambition de devenir un hub mondial de l’excellence médicale et du tourisme de santé. Intelligence artificielle, plateformes numériques unifiées et automatisation réglementaire façonnent désormais l’écosystème sanitaire local.

Dans ce contexte, la France renforce son rôle de partenaire clé. En 2024, elle s’est hissée au quatrième rang des fournisseurs pharmaceutiques des Émirats, avec 298,5 millions de dollars d’exportations, en nette progression. Ses expertises en génomique, biotechnologies, IA et santé prédictive répondent directement aux priorités stratégiques émiriennes.

Les relations institutionnelles se sont intensifiées ces dernières années. Le 16e Dialogue stratégique UAE–France, organisé à Abu Dhabi en mai 2024, a consolidé les coopérations dans la santé, les technologies avancées et la recherche. En avril 2025, les French Healthcare Days, organisés lors de l’Abu Dhabi Global Health Week, ont permis à six innovateurs français de multiplier visites hospitalières et rencontres B2B avec le Department of Health – Abu Dhabi.

En mai 2025, le 17e Dialogue stratégique, à Paris, a confirmé la santé parmi les six priorités communes, ouvrant la voie à de nouveaux programmes académiques conjoints et projets de recherche.

Des innovations intégrées au service de la pratique clinique

Au pavillon France, plusieurs entreprises illustrent cette approche intégrée :

  • DMS Imaging et Delmont Imaging présentent des plateformes avancées en radiologie et hystéroscopie, intégrant des analyses pilotées par IA pour favoriser la détection précoce et les interventions mini-invasives.
  • Nutrisens propose des solutions de nutrition médicale fondées sur des preuves scientifiques, essentielles en périopératoire et dans la gestion des maladies chroniques.
  • DessinTey développe des systèmes de rééducation destinés à restaurer la mobilité fonctionnelle et accélérer la récupération post-traumatique.
  • Nateosanté intègre la qualité de l’air dans les parcours cliniques grâce à des dispositifs connectés, contribuant à réduire les risques infectieux nosocomiaux.
  • Praticima optimise la logistique hospitalière et la gestion des médicaments, renforçant sécurité et efficience.

« La France est reconnue pour ses normes de qualité exigeantes, ses cadres réglementaires robustes et sa culture d’innovation fondée sur la recherche. Ces atouts en font un partenaire fiable pour les Émirats arabes unis et l’ensemble du Moyen-Orient », souligne Axel Baroux, directeur Business France Proche et Moyen-Orient.

Portée par l’innovation opérationnelle, la participation française au World Health Expo Dubai 2026 reflète une ambition commune : bâtir des systèmes de santé performants, durables et centrés sur le patient pour les décennies à venir.


ArcelorMittal confirme la construction à Dunkerque de son plus gros four électrique en Europe

Le président français Emmanuel Macron (à gauche) observe les nouvelles lignes de production lors de sa visite de la nouvelle installation de production d’acier électrique d’ArcelorMittal à Mardyck, dans le nord de la France, le 10 février 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron (à gauche) observe les nouvelles lignes de production lors de sa visite de la nouvelle installation de production d’acier électrique d’ArcelorMittal à Mardyck, dans le nord de la France, le 10 février 2026. (AFP)
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  • ArcelorMittal investit 1,3 milliard d’euros dans un four électrique de 2 Mt/an à Dunkerque, le plus grand d’Europe, avec un démarrage prévu en 2029 et un financement public couvrant 50 % via les CEE
  • Le projet marque un tournant vers la décarbonation de l’acier (60 % recyclé), tout en maintenant une production stable du site, soutenu par des mesures européennes de protection du marché et un contrat énergétique de long terme avec EDF

DUNKERQUE: Le sidérurgiste ArcelorMittal a confirmé mardi la construction d'un four électrique d'une capacité de deux millions de tonnes d'acier par an sur son site de Dunkerque, ce qui en fait son plus gros en Europe, destiné à remplacer un des deux hauts-fourneaux du site.

Le projet annoncé en janvier 2024 par le géant de l'acier, comprenant initialement deux fours et chiffré jusqu'à 1,8 milliard d'euros, concerne finalement un four électrique, pour un montant de 1,3 milliard d'euros, a précisé ArcelorMittal.

Le début des travaux est prévu "dans les semaines qui viennent" et le démarrage du four "courant 2029" a précisé le président d'ArcelorMittal Fance, Alain Grix de la Salle peu avant l'annonce officielle en présence du président Emmanuel Macron.

L'investissement sera financé à hauteur de 50% via le mécanisme de certificats d'économie d'énergie (CEE), un dispositif encadré par l'Etat qui oblige les fournisseurs d'énergie à financer des projets visant à réduire la consommation d'énergie.

L'un des deux haut-fourneaux de Dunkerque sera arrêté lorsque le four électrique sera "en rythme de production normale", c'est-à-dire dans les "années à peu près 2030", a-t-il précisé, ajoutant que le site doit garder "un niveau total de production stable" à 5,5 millions de tonnes.

Les hauts-fourneaux fabriquent de l'acier à partir de matières premières brutes, tandis que le four annoncé fonctionnera à 60% avec de l'acier recyclé.

ArcelorMital a salué dans un communiqué "les progrès accomplis par la Commission européenne", citant les restrictions sur les importations d'acier en Europe, dont le groupe espère qu'elles seront mises en oeuvre avant le 1er juillet, et le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières.

Le PDG d'ArcelorMittal, Aditya Mittal, a remercié dans un communiqué M. Macron et le gouvernement français pour "leur soutien, et en particulier leur mobilisation pour faire évoluer les mécanismes de défense du marché de l'acier" qui "vont bénéficier à l'ensemble de l'industrie de l'acier en Europe, à commencer par Dunkerque".

Avec deux fours électriques en cours d'agrandissement à Sestao en Espagne, ArcelorMittal prévoit d'avoir "une capacité proche de 5 millions de tonnes d'acier en acier décarboné".

En France, ArcelorMittal et EDF ont signé en décembre 2025 "un contrat sur 18 ans pour les sites français du groupe" lui garantissant un accès à l'énergie "à un coût compétitif", a souligné l'Elysée.