Comment le durcissement de la position britannique sur l'immigration pourrait finir par stimuler l'extrême droite européenne

Pour la droite, la crise migratoire du Sud vers le Nord, qui a fait près de 2 000 morts rien que cette année, n'est pas une tragédie, mais une opportunité. (Photo fournie)
Pour la droite, la crise migratoire du Sud vers le Nord, qui a fait près de 2 000 morts rien que cette année, n'est pas une tragédie, mais une opportunité. (Photo fournie)
Pour la droite, la crise migratoire du Sud vers le Nord, qui a fait près de 2 000 morts rien que cette année, n'est pas une tragédie, mais une opportunité. (Photo fournie)
Pour la droite, la crise migratoire du Sud vers le Nord, qui a fait près de 2 000 morts rien que cette année, n'est pas une tragédie, mais une opportunité. (Photo fournie)
Pour la droite, la crise migratoire du Sud vers le Nord, qui a fait près de 2 000 morts rien que cette année, n'est pas une tragédie, mais une opportunité. (Photo fournie)
Pour la droite, la crise migratoire du Sud vers le Nord, qui a fait près de 2 000 morts rien que cette année, n'est pas une tragédie, mais une opportunité. (Photo fournie)
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Publié le Samedi 22 juillet 2023

Comment le durcissement de la position britannique sur l'immigration pourrait finir par stimuler l'extrême droite européenne

  • Au cours des 15 dernières années, le nombre de premières demandes d'asile en Europe n'a cessé d'augmenter, passant de 121 600 en 2008 à près de 900 000 en 2022
  • Bien que la Cour d'appel ait jugé illégal le projet du gouvernement britannique d'envoyer des demandeurs d'asile au Rwanda, le gouvernement prévoit toujours de poursuivre cette politique qui fait la une des journaux

LONDRES : En avril, le ministre britannique de l'Immigration a donné un ordre particulier au personnel d'un centre situé dans le Kent, au sud-est de l'Angleterre, destiné aux enfants non accompagnés qui demandent l'asile après être arrivés en Grande-Bretagne à bord de petites embarcations.

Les peintures murales représentant Mickey Mouse et d'autres personnages de dessins animés doivent être repeintes, a-t-il déclaré, car elles sont « trop accueillantes » et envoient un « message erroné » aux demandeurs d'asile, dont certains n'ont pas plus de neuf ans.

Le geste de Robert Jenrick a été largement qualifié d’acte « dépourvu de cœur » d'une « cruauté abjecte » et de tentative cynique de plaire à « la droite enragée » avant des élections partielles qui, selon de nombreux commentateurs, devraient déboucher sur l'éviction de députés conservateurs, augurant d'une défaite catastrophique pour le parti lors des prochaines élections générales.

En fait, vendredi, les conservateurs ont perdu deux des trois sièges qu'ils défendaient.

Mais le « Mousegate » n'est que le symptôme d'un problème plus vaste : la résurgence d'un type de politique de droite dans toute l'Europe, où les partis populistes accusent de plus en plus, et à tort, les réfugiés, les migrants et les demandeurs d'asile d'être responsables de tous les problèmes, qu'il s'agisse des services de santé surchargés, de la pénurie de logements ou de l'augmentation de la criminalité et du chômage.

Dans toute l'Europe, ces partis gagnent du terrain. Les recherches menées par le projet ParlGov montrent que les partis de droite détiennent désormais la majorité des sièges dans les parlements de onze pays, dont ceux qui sont en première ligne de la crise des bateaux de migrants : France, Italie, Grèce et Royaume-Uni.

Pour la droite, la crise migratoire du Sud vers le Nord, qui a fait près de 2 000 morts rien que cette année, n'est pas une tragédie, mais une opportunité.

Mais en plus de désacraliser les êtres humains qui se cachent derrière les statistiques et du nombre croissant de morts parmi les personnes suffisamment désespérées pour risquer leur vie en traversant la Méditerranée et la Manche à bord d'embarcations de fortune, l'amalgame de tous ceux qui cherchent un sanctuaire occulte des faits importants concernant leur provenance, leur destination et les raisons de leur départ.

La nature de l'exode est en train de changer, comme l'a révélé le bilan des victimes, le 14 juin, du bateau de pêche surchargé Adriana qui a chaviré au large de la Grèce.

Jusqu'à 700 personnes se trouvaient à bord du bateau, qui était parti de Tobrouk, en Libye, à destination de l'Italie. Parmi les 108 survivants, essentiellement des hommes, se trouvaient des personnes originaires de Syrie, du Pakistan, d'Afghanistan et d'Égypte.

Des centaines d'autres personnes ont péri, dont des femmes et une centaine d'enfants, qui auraient été bloqués sous le pont.

Le lendemain du naufrage de l'Adriana, l'Organisation internationale pour les migrations des Nations unies a publié des données montrant que l'année dernière, 2 761 personnes se sont noyées en Méditerranée en tentant de rejoindre l'Europe depuis le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord.

Ce rapport a reçu très peu d'attention de la part des médias, contrairement à la couverture à outrance de la recherche, le même mois, de quatre riches touristes perdus dans un submersible qui a implosé alors qu'ils effectuaient une visite guidée de l'épave du Titanic.

Au cours des 15 dernières années, le nombre de premières demandes d'asile en Europe n'a cessé d'augmenter, passant de 121 600 en 2008 à près de 900 000 en 2022.

Il s'agit du chiffre le plus élevé depuis l'année record de 2015, qui avait été marquée par le conflit en Syrie et avait enregistré 1,28 million de demandes. La tendance étant à la hausse depuis 2020, il est fort probable que ce record alarmant soit bientôt battu.

Les 881 220 demandes en 2022 représentent une augmentation de 64 % par rapport à 2021, année au cours de laquelle 537 355 demandes ont été déposées.

Le suivi de l'évolution de l'origine de ces demandeurs constitue non seulement un baromètre des événements géopolitiques mondiaux, mais aussi un indicateur de la situation dans les pays d'origine.

Par exemple, en 2022, les Syriens, les Afghans, les Vénézuéliens et les Turcs ont déposé le plus grand nombre de demandes d'asile - représentant au total près de 40% de l'ensemble des demandeurs d'asile pour la première fois dans les États de l'UE.

La Syrie est le principal pays dont les citoyens ont demandé l'asile dans l'UE depuis 2013, et les chiffres continuent de grimper, passant de 98 900 en 2021 à 131 970 en 2022.

 

EN BREF

  • 2 761 personnes noyées en Méditerranée alors qu’elles tentaient de rejoindre l'Europe en 2022. 
  • 881 220 Premières demandes d'asile en Europe en 2022 - en hausse de 64 % par rapport aux chiffres de 2021.
  • 80 % Proportion de demandeurs d'asile pour la première fois en Europe en 2022 âgés de moins de 35 ans.

(Source : OIM)

 

La statistique la plus inquiétante est peut-être que parmi les 30 pays dont les citoyens demandent le plus souvent l'asile en Europe, les chiffres ont augmenté dans tous les cas, à une exception près, en 2022.

Les plus fortes augmentations concernent la Syrie, avec 33 070 demandes supplémentaires en 2020, le Venezuela (32 675 de plus), la Turquie (29 405), la Colombie (29 280) et l'Afghanistan (28 940).

Mais la sonnette d'alarme devrait être tirée dans les pays qui ont connu les plus fortes augmentations relatives de demandes en 2022 - notamment l'Inde, avec une augmentation de 605% des demandes d'asile de ses citoyens, le Burundi (536%) et le Pérou (315%).

La seule lueur d'espoir dans les statistiques vient de l'Irak, qui a enregistré 605 demandes de moins en 2022. Avec une baisse de seulement 2,3%, il pourrait s'agir d'une anomalie statistique plutôt que d'une indication de l'amélioration de la situation sociale et économique du pays.

Ce qui est clair, cependant, c'est que de nombreux pays perdent la fleur de leur jeunesse et, avec elle, l'espoir d'un avenir meilleur.

Près de 80% des nouveaux demandeurs d'asile dans l'UE en 2022 avaient moins de 35 ans, la plupart (53,9%) étant âgés de 18 à 34 ans et un quart (25,2%) étant des mineurs de moins de 18 ans. Plus de 18% d'entre eux, dont la moitié sont des filles, ont moins de 14 ans.

Au Royaume-Uni, pendant ce temps, le gouvernement conservateur, ayant décidé que la question représentait sa meilleure chance d'éviter une défaite électorale, est en train de préparer l'exploitation politique de la crise de « l’immigration illégale ».

Bien que la Cour d'appel ait jugé illégal le projet du gouvernement d'envoyer des demandeurs d'asile au Rwanda, le gouvernement prévoit toujours de poursuivre cette politique qui fait la une des journaux.

Entre-temps, trois péniches sur lesquelles le gouvernement prévoit d'héberger des centaines de demandeurs d'asile ont été louées. Il s'agit d'une tentative de détourner l'attention pour répondre aux allégations de la droite selon lesquelles le gouvernement gaspille de l'argent en logeant des migrants dans des hôtels prétendument « luxueux ».

Malgré les protestations de la Chambre des Lords, le gouvernement a également fait passer au Parlement son projet de loi controversé sur les migrations illégales, une mesure qui, selon les Nations unies, « aura de profondes conséquences pour les personnes ayant besoin d'une protection internationale ».

En substance, selon les termes du Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, le projet de loi « met fin à l'accès à l'asile au Royaume-Uni pour toute personne qui arrive de manière irrégulière, après avoir traversé un pays - même brièvement - où elle n'a pas subi de persécution ».

Le projet de loi, qui, de manière perverse, n'offre à ces demandeurs d'asile aucune voie sûre et légale, comme le Premier ministre britannique Rishi Sunak s'est engagé à le faire, est « en contradiction avec les obligations du pays en vertu des droits de l'homme internationaux et de la législation sur les réfugiés « ce qui encourage les bateaux au lieu de les arrêter. 

Alf Dubs, ancien député britannique et membre de la Chambre des Lords, a apporté une contribution particulièrement poignante au débat sur le projet de loi. Dubs, qui a quitté la Tchécoslovaquie en 1939 pour rejoindre la Grande-Bretagne en tant que réfugié juif âgé de six ans, sauvé des persécutions nazies, a condamné le projet de loi et l’a qualifié de « sale besogne ».

Dans toute l'Europe, a-t-il ajouté, « les partis de droite cherchent à exploiter les réfugiés à des fins politiques. Ils ont remporté quelques succès en France, en Grèce, en Autriche, en Hongrie et même en Allemagne ».

Les politiciens et militants britanniques de droite tels que Nigel Farage, artisan du désastreux retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne - qui a été largement motivé par la prétendue nécessité de « contrôler les frontières » - se plaisent à suggérer que le Royaume-Uni subit de plein fouet le grand exode Sud-Nord. Mais ce n'est tout simplement pas vrai.

En 2022, 74 751 demandes d'asile ont été déposées au Royaume-Uni (dont, soit dit en passant, 45% seulement sont arrivées par de petites embarcations).

Mais la destination de loin la plus populaire pour les demandeurs en Europe en 2022 était l'Allemagne, qui a reçu 217 735 demandes d'asile (24,7% du total), suivie de la France (137 510), de l'Espagne (116 135), de l'Autriche (106 380) et de l'Italie (77 200).

En d'autres termes, le Royaume-Uni n'était que la sixième destination la plus populaire pour les personnes fuyant la violence ou la persécution, ou simplement à la recherche d'une vie meilleure.

L'analyse des chiffres du ministère de l'Intérieur concernant la « migration irrégulière » révèle une vérité surprenante qui met à mal l'argument du gouvernement concernant le statut « illégal » des personnes arrivant au Royaume-Uni sur de petites embarcations.

La vérité, que le gouvernement choisit de ne pas rendre publique, est que la majorité des demandes d'asile déposées par des personnes arrivant au Royaume-Uni sur de petites embarcations qui ont été examinées, ont été approuvées.

En d'autres termes, même le ministère de l'Intérieur reconnaît que, loin d'être des migrants « illégaux », la plupart des personnes cherchant refuge au Royaume-Uni ont de solides raisons de le faire en vertu du droit international.

Sur les 88 221 personnes arrivées au Royaume-Uni par petit bateau entre 2018 et mars 2023, 80 989 ont demandé l'asile.

Près des trois quarts de ces demandes (57 371, soit 70%), sont toujours en attente d'une décision, et 3 845 demandes ont été rejetées.

Mais sur les 11 902 demandes qui ont fait l'objet d'une décision jusqu'à présent, le statut de réfugié ou d'autres formes d'autorisation de séjour ont été accordés dans 7 643 cas.

Cela signifie que, selon la propre évaluation du gouvernement, 65% des demandes d'asile déposées par des personnes arrivant sur de petits bateaux et ayant fait jusqu'à présent l'objet d'une décision sont authentiques et ont été avalisées - un chiffre qui serait certainement plus élevé si le gouvernement britannique n'avait pas introduit sa règle controversée des « pays tiers » en 2020.

Sur les 4 259 demandes rejetées, seules 1 266 l'ont été parce qu'elles ne répondaient pas aux critères d'octroi du statut de réfugié. Mais deux fois plus de demandes - 2 993 - n'ont pas été examinées « pour des raisons liées à un pays tiers ».

Cette modification des règles stipule que les personnes doivent demander l'asile dans le premier pays sûr qu'elles atteignent, une exigence qui, selon l'Agence des Nations unies pour les réfugiés, va à l'encontre de la Convention relative au statut des réfugiés et du droit international.

On craint maintenant que l'approche sélective du gouvernement britannique à l'égard du droit international ne se propage en Europe parmi d'autres partis de droite désireux d'exploiter les demandeurs d'asile à leurs propres fins politiques.

Volker Turk, haut-commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, a exhorté le gouvernement britannique à revenir sur cette loi.

« Le projet de loi crée un précédent inquiétant de désengagement vis-à-vis des obligations liées à l'asile que d'autres pays, y compris en Europe, pourraient être tentés de suivre, ce qui pourrait avoir un effet néfaste sur le système international de protection des réfugiés et des droits de l'homme dans son ensemble. »

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


Etats-Unis et Iran échangent des frappes

Des avions de chasse F-16 en patrouille au Moyen-Orient. Des appareils militaires américains ont bombardé vendredi des sites de missiles, de drones et de radars en Iran. (Commandement central des États-Unis)
Des avions de chasse F-16 en patrouille au Moyen-Orient. Des appareils militaires américains ont bombardé vendredi des sites de missiles, de drones et de radars en Iran. (Commandement central des États-Unis)
  • L’Iran affirme avoir visé des cibles américaines dans le Golfe en riposte aux frappes américaines contre des sites militaires iraniens, après une attaque contre un navire dans le détroit d’Ormuz
  • Malgré cette escalade, le trafic maritime reprend progressivement dans le détroit d’Ormuz, tandis que les États-Unis ont dévoilé un accord-cadre entre Israël et le Liban pour une paix durable

TEHERAN: L'Iran a affirmé samedi avoir riposté, en attaquant des cibles américaines dans le Golfe, à des frappes menées la veille par Etats-Unis contre son territoire.

Les frappes américaines, les premières connues depuis la signature du protocole d'accord entre Washington et Téhéran le 17 juin, ont été lancées à la suite de l'attaque d'un navire commercial ayant franchi le détroit d'Ormuz la veille et attribuée à l'Iran par les Etats-Unis.

"Si l'agression se répète, notre réponse sera plus large que ça", ont averti les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, cités par la télévision d'Etat Irib.

De son côté, l'armée américaine avait annoncé avoir "ciblé des lieux de stockage de missiles et de drones et des sites radar côtiers en Iran", en réponse "à l'attaque de la veille contre un navire commercial qui transitait par le détroit d'Ormuz". Elle a ensuite publié sur X une vidéo de sa frappe contre l'Iran.

La télévision d'Etat iranienne a fait état vendredi soir d'une explosion et d'un impact de projectile sur un quai de la ville de Sirik, dans le sud du pays, ainsi que plusieurs tirs d'avertissement visant ce que Téhéran qualifie de "navires en infraction" dans le détroit d'Ormuz.

"Le port de Sirik n'a subi aucun dommage lors de l'attaque ennemie", a plus tard indiqué un responsable des ports de la région d'Hormozgan, cité par l'agence de presse iranienne Mehr.

Le vice-président américain JD Vance a écrit sur X que l'Iran avait "signé un accord de cessez-le-feu. Nous l'avons respecté. S'ils ont des désaccords sur la mise en œuvre du protocole d'accord, ils peuvent décrocher leur téléphone. Mais la violence n'engendrera que la violence".

Plus tôt dans la journée, Donald Trump a qualifié l'attaque du cargo de "violation stupide" du cessez-le-feu, alors que les deux belligérants sont entrés dans une phase de soixante jours de négociations pour parvenir à un accord final.

"Vous verrez bien", a-t-il répondu de manière évasive aux questions sur une éventuelle réponse militaire américaine.

 

- Accord-cadre entre Liban et Israël -

 

Des navires ont néanmoins continué vendredi à traverser le détroit d'Ormuz, que l'Iran a rouvert suite au protocole d'accord entre Washington et Téhéran.

Et plusieurs bateaux ont emprunté une route non approuvée par Téhéran, même si l'autorité maritime iranienne avait averti que "tout passage en dehors du cadre défini ne bénéficierait pas des garanties de passage sécurisé".

Vendredi, 29 navires commerciaux ont franchi le détroit, selon les données du site de suivi Kpler en fin d'après-midi. Dix-sept ont suivi une route longeant les côtes d'Oman. Après un pic de 57 navires mercredi, 42 étaient passés jeudi.

Suspendu après l'attaque du cargo, le processus d'évacuation des quelque 600 navires, avec 11.000 marins à bord bloqués dans le Golfe depuis le début de la guerre, sera relancé dès l'obtention de "confirmations supplémentaires" sur les garanties de sécurité, a expliqué l'Organisation maritime internationale (OMI).

Depuis son lancement mardi, quelque 2.500 marins et 115 navires ont été évacués jusque-là, selon l'OMI.

Sur l'autre front, Washington a publié vendredi le texte d'un accord-cadre sous l'égide des Etats-Unis, entre Israël et le Liban, avec l'objectif affiché de "paix et sécurité durables" entre les deux pays, techniquement en état de guerre depuis des décennies.

 

- "Vers une guerre civile" -

 

Dans une vidéo diffusée juste après l'annonce, Benjamin Netanyahu a semblé dévoiler les succès obtenus côté israélien, à commencer par le maintien de son armée dans le sud du Liban "tant que le Hezbollah ne sera pas désarmé", malgré la mise en place de deux "zones pilotes" rendues au contrôle de l'armée libanaise.

Il a également averti que la population civile déplacée ne pourrait pas revenir.

"L'Iran essaie de nous contraindre à nous retirer du sud du Liban par la pression, mais en réalité, Israël, le Liban et les États-Unis lui répondent: cela ne vous regarde pas", a-t-il considéré.

L'accord est "un premier pas" vers la restauration de la souveraineté entière du Liban sans "occupation", "subordination" ni "tutelle", a réagi son président Joseph Aoun.

Tant l'ambassade libanaise à Washington que le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio ont évoqué dans leurs communications la question du désarmement du Hezbollah.

Les "autorités libanaises seront incapables d'imposer" sa mise en oeuvre, à moins "qu'elles ne se dirigent, avec le soutien américain, vers une guerre civile", a réagi Hassan Fadlallah, député du Hezbollah, le mouvement pro-iranien armé très implanté dans le sud du Liban et qui a toujours rejeté ces négociations directes.

Le député a aussi qualifié l'accord de "tentative de perturber" celui conclu le 17 juin entre Washington et Téhéran pour mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris au Liban - sur l'insistance de l'Iran qui ne veut pas dissocier les deux dossiers.

Le Liban a été entraîné dans le conflit début mars quand le Hezbollah a ciblé Israël en soutien à son parrain iranien, après l'offensive américano-israélienne sur Téhéran le 28 février.


Une vérification nucléaire «très poussée» est nécessaire en Iran après la guerre, selon le chef de l'AIEA

Un système de vérification "très poussé" est nécessaire en Iran après le récent conflit afin de s'assurer que le pays ne développe pas d'armes nucléaires, a déclaré vendredi le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
Un système de vérification "très poussé" est nécessaire en Iran après le récent conflit afin de s'assurer que le pays ne développe pas d'armes nucléaires, a déclaré vendredi le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
  • "L'objectif de cet accord (entre les États-Unis et l'Iran) est de garantir qu'il n'y ait pas de développement d'armes nucléaires en Iran. Le gouvernement iranien a déclaré très clairement que ce n'est pas son intention", a indiqué Rafael Grossi
  • "Mais bien sûr, les intentions ne suffisent pas. Nous devons mettre en place un système de vérification très poussé (...) dès que possible", a ajouté M. Grossi

TOKYO: Un système de vérification "très poussé" est nécessaire en Iran après le récent conflit afin de s'assurer que le pays ne développe pas d'armes nucléaires, a déclaré vendredi le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

"L'objectif de cet accord (entre les États-Unis et l'Iran) est de garantir qu'il n'y ait pas de développement d'armes nucléaires en Iran. Le gouvernement iranien a déclaré très clairement que ce n'est pas son intention", a indiqué Rafael Grossi lors d'une conférence de presse au Japon.

"Mais bien sûr, les intentions ne suffisent pas. Nous devons mettre en place un système de vérification très poussé (...) dès que possible", a ajouté M. Grossi.

Il a également indiqué que l'organisme de surveillance avait "à peine entamé" des discussions avec l'Iran à la suite de son récent accord préliminaire avec les États-Unis sur le devenir du stock d'uranium de Téhéran.

"Des discussions initiales ont eu lieu (...) Nous nous attendons à ce que ce travail s'accélère prochainement", a déclaré M. Grossi.

Téhéran a toujours nié chercher à se doter de la bombe atomique, tout en restant inflexible sur son droit à exploiter une filière nucléaire civile complète.

En vertu d'une loi votée par le Parlement, les autorités iraniennes ont suspendu en juillet 2025 la coopération avec l'AIEA.

Elles avaient toutefois accepté en septembre d'accueillir de nouveau des inspecteurs, après s'être mis d'accord sur un nouveau cadre et des membres de l'agence se sont rendus ces derniers mois sur place, y compris en juin 2026 pour visiter la centrale nucléaire de Bouchehr. Mais ils n'ont pas eu accès aux sites bombardés.

 


Séisme au Venezuela: au moins 235 morts, recherche effrénée des disparus

Les recherches effrénées continuent vendredi au Venezuela dans les décombres d'immeubles effondrés pour tenter de secourir d'éventuels survivants dans les décombres, deux jours après un double séisme dévastateur qui a fait au moins 235 morts, selon le dernier bilan officiel. (AFP)
Les recherches effrénées continuent vendredi au Venezuela dans les décombres d'immeubles effondrés pour tenter de secourir d'éventuels survivants dans les décombres, deux jours après un double séisme dévastateur qui a fait au moins 235 morts, selon le dernier bilan officiel. (AFP)
  • "Malheureusement, nous avons accueilli environ 235 patients qui sont arrivés sans signes vitaux ou qui sont décédés dès leur arrivée dans nos établissements de santé"
  • Deux Espagnols, un Portugais, deux Brésiliens, un Italo-vénézuélien, deux Chinois figurent parmi les morts. Le ministère des Affaires étrangères espagnol a par ailleurs fait état vendredi matin de 80 Espagnols encore non localisés

LA GUAIRA: Les recherches effrénées continuent vendredi au Venezuela dans les décombres d'immeubles effondrés pour tenter de secourir d'éventuels survivants dans les décombres, deux jours après un double séisme dévastateur qui a fait au moins 235 morts, selon le dernier bilan officiel.

"Malheureusement, nous avons accueilli environ 235 patients qui sont arrivés sans signes vitaux ou qui sont décédés dès leur arrivée dans nos établissements de santé", a déclaré le ministre de la Santé Carlos Alvarado à la télévision d'Etat.

Deux Espagnols, un Portugais, deux Brésiliens, un Italo-vénézuélien, deux Chinois figurent parmi les morts. Le ministère des Affaires étrangères espagnol a par ailleurs fait état vendredi matin de 80 Espagnols encore non localisés.

Le séisme a fait également au moins 4.300 blessés à travers le pays, selon le ministre. Mais aussi un Italien, deux Brésiliens et deux Chinois, selon les autorités de leurs pays d'origine.

Bâtiments aplatis, montagnes de gravats où des familles en détresse tentent de retrouver des personnes ensevelies: à l'épicentre du tremblement de terre, les équipes de l'AFP ont constaté d'impressionnantes scènes de destruction qui font craindre un bilan bien plus lourd.

La zone la plus durement touchée est celle de La Guaira, au nord de la capitale Caracas, où se trouvent l'aéroport international de Maiquetia qui, endommagé, a été fermé, et la ville côtière de Catia la Mar, où plusieurs immeubles se sont écroulés.

Voix d'outre-tombe 

Comme celui où habite Antonio Bermudez: "Il y a un endroit d'où une jeune femme appelée Jennifer, du onzième étage, me répond. Mais nous n'avons aucun outil, nous n'avons aucun moyen pour aider" à l'extraire des décombres, explique-t-il.

Sur les réseaux sociaux, des vidéos ont montré des scènes glaçantes de voix comme venues d'outre-tombe, audibles en certains endroits sous les monceaux de gravats, cris désespérés des enterrés vivants appelant au secours.

Lisbeth Vazquez, 37 ans, raconte à l'AFP comment les siens se sont échappés in extremis par les fenêtres de l'appartement familial lorsque l'immeuble était "en train de s'enfoncer complètement" dans le sol. "C'était terrifiant", dit-elle : "Des voisins des étages inférieurs sont ensevelis, on essaie de les sortir".

"Il ne nous reste plus rien. Rien, pas même la force ni le courage d'entrer là-dedans", soupire Larry Rojas, 49 ans, devant un tas de décombres sous lequel sont ensevelis ses proches.

"On a besoin de gens qui viennent aider. Il y a ici une petite fille qui est coincée depuis hier soir, on peut la sortir, on a besoin d'une pelleteuse", s'écrie désespéré Dani Rizo, un autre habitant du bâtiment, âge de 48 ans.

L'assistance internationale s'organise. Les Etats-Unis ont promis une réponse "importante", "rapide et efficace", par la voix de leur secrétaire d'Etat, Marco Rubio. Le département d'Etat a également annoncé l'envoi de secouristes et le déblocage d'une aide de 150 millions de dollars. L'armée américaine a fait savoir qu'elle déploierait des navires militaires, des avions et des hélicoptères en soutien aux secours.

Le Brésil a annoncé l'envoi d'aide à son voisin. De même que la Chine, l'Inde, de nombreux pays européens et latino-américains et même l'Iran, un traditionnel allié de Caracas ravagé par la guerre contre les Etats-Unis et Israël.

"Ca tremble" 

La présidente par intérim, Delcy Rodriguez, a décrété l'état d'urgence peu après la double secousse de magnitude 7,2 et 7,5, qui s'est produite mercredi à 18H04 (22H04 GMT).

D'après les données du Service géologique des Etats-Unis (USGS), le tremblement de terre de 7,5 est le plus fort depuis 1900 à avoir frappé le Venezuela, un pays de près de 30 millions d'habitants à l'économie en crise depuis des années.

La première secousse s'est produite à une profondeur de 21,9 km, à environ 200 km à l'ouest de Caracas. Elle a été suivie d'une seconde à 10 km de profondeur, enregistrée 39 secondes plus tard à 45 km de là, puis d'une vingtaine de répliques, selon l'USGS.

Dans la capitale, où de nombreux immeubles se sont effondrés, des rues sont jonchées de débris de verre et beaucoup de gens ont passé la nuit dehors, souvent dans leur voiture, tremblant à chacune des répliques.

Les lieux sinistrés ont également été victimes de pillages. A Catia la Mar, des hommes et des femmes sortaient les bras chargés de sacs remplis de victuailles d'un commerce d'alimentation en partie incendié, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Des coupures d'électricité sont signalées et le ministre de l'Intérieur, Diosdado Cabello, a dit avoir ordonné la coupure de l'alimentation en gaz pour "éviter tout accident".

Jeudi matin, quasiment aucun commerce n'était ouvert et la circulation automobile était dense, de nombreux habitants de Caracas cherchant à se réfugier loin des immeubles en péril.

"Ça tremble, ça tremble en ce moment", se sont mis à crier au moment d'une réplique des personnes rassemblées autour d'un immeuble déjà à terre.

"Avant même ces séismes, près de huit millions de personnes au Venezuela avaient besoin d'une aide humanitaire", a rappelé le secrétaire général adjoint de l'ONU aux Affaires humanitaires, Tom Fletcher.

Si l'aéroport international de Maiquetia a été fermé en raison de "graves dommages dans ses infrastructures" selon Mme Rodriguez, Caracas pourra disposer de l'aéroport militaire de La Carlota, situé en pleine zone métropolitaine, pour l'aide internationale.