La création d'emplois en Arabie saoudite se poursuivra au-delà de 2030

Le taux de croissance de la population active en Arabie Saoudite est très dynamique et il se maintiendra même si le pays s'éloigne lentement du pétrole (Photo, SPA).
Le taux de croissance de la population active en Arabie Saoudite est très dynamique et il se maintiendra même si le pays s'éloigne lentement du pétrole (Photo, SPA).
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Publié le Dimanche 23 juillet 2023

La création d'emplois en Arabie saoudite se poursuivra au-delà de 2030

  • Project Management Institute: L'Arabie saoudite devrait connaître une augmentation des emplois axés sur la gestion de projet
  • «Le Royaume d’Arabie saoudite est bien placé pour tirer parti de l'IA grâce à sa population jeune et instruite, ainsi qu’à son engagement fort en faveur de l'innovation», a déclaré Karan Bhatia

RIYAD: La diversification économique de l'Arabie saoudite a fait du pays un centre d'opportunités d'emploi grâce à ses grands projets audacieux, dont NEOM, qui attirent de nouveaux talents dans le secteur de la construction.

Ces développements massifs s'inscrivent dans le cadre de la Vision 2030 de l’Arabie saoudite, qui vise à réduire la dépendance du pays à l'égard du pétrole et à renforcer le secteur privé.

Dans ce contexte de création d'emplois au cours des dernières années, certains sceptiques ont exprimé la crainte que cette tendance ne prenne fin une fois que les giga-projets seraient achevés.

Toutefois, on estime de plus en plus que cette trajectoire de l'emploi se poursuivra une fois que le projet de la Vision 2030 sera achevé. 

Grace Najjar, directrice régionale du Project Management Institute MENA, basé aux États-Unis, considère que les développements économiques sont bien ancrés et a déclaré: «Dans les années à venir, alors que le pays achèvera ses giga-projets, le gouvernement saoudien poursuivra ses investissements massifs dans les infrastructures, le tourisme et les mégaprojets de transport, continuant ainsi à créer de nouveaux emplois.»

Elle a ajouté: «L’Arabie saoudite continuera à se concentrer non seulement sur les projets susmentionnés, mais aussi sur l'expansion de la 5G, la mise à niveau des services informatiques et l'amélioration de l'intelligence artificielle.»

L'avenir du marché de l'emploi en Arabie saoudite

Selon Najjar, l'Arabie saoudite devrait connaître une augmentation des emplois axés sur la gestion de projet.

Elle a indiqué que certains des secteurs qui connaîtront une demande massive pour ces postes sont l'industrie manufacturière et la construction, la finance et l'assurance, l'information et l'édition, ainsi que les services de gestion et les services professionnels.

«La croissance dans tous ces secteurs entraîne une demande accrue de compétences en gestion de projet, ce qui créera encore plus d'emplois dans le domaine de la gestion des petites et moyennes organisations et entrepreneuriat (PMOE) au cours des dix prochaines années. Le taux de croissance du PMOE au sein des industries de projet devrait être plus élevé que celui de l'emploi global dans ces industries. Cela indique une plus grande demande de postes — et de personnes qualifiées pour les occuper», a précisé Najjar.

Elle a ajouté que si certains secteurs devraient connaître une augmentation substantielle des emplois liés à des projets, le taux de croissance dans les secteurs du pétrole et du gaz devrait être légèrement inférieur.

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Grace Najjar, directrice régionale du Project Management Institute MENA (Photo fournie).

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«Dans les années à venir, alors que le pays achèvera ses giga-projets, le gouvernement saoudien poursuivra ses investissements massifs dans les infrastructures, le tourisme et les mégaprojets de transport, continuant ainsi à créer de nouveaux emplois.»

Grace Najjar, directrice régionale du Project Management Institute MENA

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«Cela pourrait s'expliquer par le fait que les principaux exportateurs de pétrole et de gaz de la région continueront à réinvestir les recettes énergétiques dans de vastes projets d'infrastructure tout en s'efforçant de se diversifier dans de nouveaux domaines», a ajouté Najjar.

Elle a également souligné que le taux de croissance de la main-d'œuvre en Arabie saoudite est très dynamique et qu'il se maintiendra même si le pays s'éloigne lentement du pétrole.

«Alors que le Royaume d'Arabie saoudite et la région s'éloignent de la dépendance au pétrole, les différents secteurs sont prometteurs en termes d'emplois. L’Arabie saoudite, par exemple, est en tête de tous les pays du G20 pour ce qui est du taux de croissance de la main-d'œuvre, et les possibilités d'emploi continuent d'augmenter, ayant presque doublé au cours des cinq dernières années pour atteindre 33% en 2022», a mentionné Najjar.

Soulignant la croissance de la création d'emplois en Arabie saoudite, un rapport publié par le ministère de l'Économie et de la Planification au début de ce mois indique que le taux de chômage des Saoudiens a atteint 8,5% au premier trimestre de 2023, contre 10,1% au premier trimestre de 2022.

Au premier trimestre de 2023, le taux de chômage des hommes saoudiens a baissé à 4,6%, contre 5,1% au même trimestre de 2022.

En outre, le taux de chômage en Arabie saoudite est tombé à un niveau historiquement bas de 8% au quatrième trimestre de 2022.

Tout cela s'inscrit dans le contexte de l'objectif de l’Arabie saoudite de ramener le taux de chômage à 7% d'ici à 2030.

«La baisse continue du taux de chômage chez les Saoudiens s'explique par l'intensification des efforts déployés par le gouvernement pour offrir des possibilités d'emploi aux citoyens, grâce à une série de programmes et d'initiatives, ainsi que par le rôle du secteur privé dans les processus d'emploi», a déclaré le ministère lors de la publication des chiffres en juillet.

L'intelligence artificielle n'aura pas d'impact sur la création d'emplois

Face à l'adoption généralisée de l'intelligence artificielle dans tous les secteurs, Najjar estime que cette technologie avancée n'aura pas d'impact négatif sur la création d'emplois, car l'intelligence artificielle ne peut pas reproduire l'intelligence émotionnelle.

Le travail qui repose sur la conscience humaine est ce que le Project Management Institute a appelé les «Power Skills». Parmi ces compétences, l'intelligence émotionnelle se distingue par le fait qu'elle ne peut pas être reproduite par l'intelligence artificielle. L'intelligence émotionnelle englobe la capacité de comprendre, d'utiliser et de gérer efficacement les émotions. Elle comprend quatre aspects clés: la gestion de soi, la conscience de soi, la conscience sociale et la gestion des relations», a expliqué Najjar.

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Ali Matar, responsable des marchés de croissance pour l'Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique au sein de LinkedIn (Photo fournie).

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«L'IA est un outil. Elle va changer notre façon de travailler et, en fonction de la façon dont nous tirons parti de ses avantages, nous pouvons garantir que l’IA peut nous aider à entreprendre des activités professionnelles de manière plus efficaces. Après tout, les systèmes d'IA sont destinés à augmenter les performances humaines et à aider les gens, et non à les remplacer.»

Ali Matar, responsable des marchés de croissance pour l'Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique au sein de LinkedIn.

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Ali Matar, responsable des marchés de croissance pour l'Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique au sein de LinkedIn, a également fait écho à des points de vue similaires et a indiqué que l'avènement de l'IA assistera les humains dans leurs activités, mais ne les remplacera pas.

«L'IA est un outil. Elle va changer notre façon de travailler et, en fonction de la façon dont nous tirons parti de ses avantages, nous pouvons garantir que l’IA peut nous aider à entreprendre des activités professionnelles de manière plus efficaces. Après tout, les systèmes d'IA sont destinés à augmenter les performances humaines et à aider les gens, et non à les remplacer», a déclaré Matar.

Le responsable de LinkedIn a ajouté que les employeurs devraient identifier les emplois de l'avenir et investir dans ce domaine, et qu'ils devraient également doter les gens des compétences et du soutien nécessaires pour assurer une transition en douceur vers l'IA. 

«Il est important de noter qu'en ce qui concerne les compétences en IA et le recrutement, beaucoup de ces rôles sont nouveaux — beaucoup n'ont jamais existé auparavant — de sorte que l'approche typique du recrutement, qui consiste à rechercher des diplômes spécifiques ou des titres d'emploi antérieurs, ne sert pas vraiment les employeurs dans ce cas», a noté Matar. 

En mai, Karan Bhatia, vice-président de Google pour les affaires publiques mondiales et la politique publique, a déclaré que l'Arabie saoudite, avec les bonnes politiques, peut fournir un environnement propice aux entreprises et aux économies pour maximiser le potentiel de l'IA.

«Le Royaume d’Arabie saoudite est bien placé pour tirer parti de l'IA grâce à sa population jeune et instruite, ainsi qu’à son engagement fort en faveur de l'innovation. Il est important de mettre en place l'environnement, les politiques et les compétences adéquats pour l'IA afin que les personnes, les entreprises et les communautés d'Arabie saoudite puissent bénéficier de l'IA», a soutenu Bhatia.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


La crise avec l’Iran pousse les économies du Golfe à accélérer leur transformation

La confrontation entre l’Iran et Israël n’aura peut-être pas bouleversé durablement les économies du Golfe, mais elle agit déjà comme un révélateur de leurs forces, de leurs vulnérabilités et de leurs priorités. (AFP)
La confrontation entre l’Iran et Israël n’aura peut-être pas bouleversé durablement les économies du Golfe, mais elle agit déjà comme un révélateur de leurs forces, de leurs vulnérabilités et de leurs priorités. (AFP)
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  • C’est l’analyse développée par Jean-Baptiste Chauvel, responsable des services du Trésor français dans la région du Golfe, lors d’une visioconférence organisée par la Chambre de commerce franco-arabe
  • Selon lui, cette crise constitue moins une rupture qu’un puissant accélérateur des transformations engagées depuis plusieurs années

PARIS: La confrontation entre l’Iran et Israël n’aura peut-être pas bouleversé durablement les économies du Golfe, mais elle agit déjà comme un révélateur de leurs forces, de leurs vulnérabilités et de leurs priorités.

C’est l’analyse développée par Jean-Baptiste Chauvel, responsable des services du Trésor français dans la région du Golfe, lors d’une visioconférence organisée par la Chambre de commerce franco-arabe. Selon lui, cette crise constitue moins une rupture qu’un puissant accélérateur des transformations engagées depuis plusieurs années.

À ses yeux, il n’existe pas de modèle économique unique dans le Golfe. Les six pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ont certes engagé des politiques de diversification, mais ils avancent à des rythmes différents et disposent de marges de manœuvre très inégales pour absorber un choc géopolitique majeur.

Les Émirats arabes unis apparaissent, selon lui, comme l’économie la plus solide de la région. Une croissance soutenue, des finances publiques excédentaires et un faible niveau d’endettement leur offrent une capacité d’adaptation que peu de leurs voisins possèdent. Cette discipline budgétaire permet au pays de continuer à investir dans la diversification de son économie tout en faisant face aux conséquences d’une crise régionale.

La situation est plus contrastée ailleurs, estime-t-il. Certains États continuent de financer leur croissance par d’importants déficits publics, ce qui réduit leur capacité à amortir les chocs.

L’Arabie saoudite, indique Chauvel, demeure, malgré les progrès réalisés dans le cadre de Vision 2030, plus dépendante des recettes pétrolières pour équilibrer son budget, même si les réformes engagées doivent progressivement réduire cette dépendance.

Des économies résilientes, mais des vulnérabilités persistantes

L’autre enseignement majeur concerne précisément le pétrole. Si les statistiques montrent une baisse progressive de la part des hydrocarbures dans le produit intérieur brut, Chauvel souligne qu’il ne faut pas se laisser tromper par les chiffres. Une grande partie de l’activité économique reste indirectement liée au secteur pétrolier, qu’il s’agisse de l’industrie, de la pétrochimie, de la logistique, des infrastructures ou encore des services. La diversification est réelle, affirme-t-il, mais elle demeure inachevée.

La crise actuelle rappelle également que la géographie continue de peser lourdement sur les économies du Golfe et que tous les pays ne sont pas exposés de la même manière. Leur vulnérabilité dépend notamment de leur proximité avec l’Iran et de leur dépendance au détroit d’Ormuz, par lequel transite une part essentielle des exportations d’hydrocarbures.

Au sein même des Émirats, les conséquences varient, affirme Chauvel. Il souligne que Dubaï, dont le modèle économique repose largement sur le commerce international, le tourisme, les transports et les services financiers, est naturellement plus sensible à une dégradation de la situation régionale qu’Abou Dhabi, dont les ressources pétrolières et les importants fonds souverains offrent un amortisseur plus efficace.

Les premières conséquences sont déjà visibles. Les grandes institutions internationales, comme le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, ont commencé à réviser leurs prévisions de croissance pour plusieurs économies du Golfe. L’Arabie saoudite, indique Chauvel, figure parmi les pays les plus concernés, tandis que les Émirats devraient connaître un ralentissement plus limité grâce à la solidité de leurs finances publiques.

Par ailleurs, Chauvel ne croit pas à un retour rapide à la normale. Même si un accord diplomatique devait intervenir entre Washington et Téhéran, il estime que le risque géopolitique restera durablement présent. Cette nouvelle réalité devrait, selon lui, modifier les stratégies économiques des États de la région.

La priorité ira désormais aux investissements dans les secteurs considérés comme stratégiques : la défense, la cybersécurité, l’intelligence artificielle, l’industrie manufacturière, les infrastructures critiques et la sécurité énergétique. Les gouvernements chercheront à renforcer leur autonomie technologique afin de réduire leur dépendance aux fournisseurs occidentaux, notamment dans les industries de défense.

La géopolitique accélère la diversification 

Cette réorientation ne remet toutefois pas en cause leur volonté d’attirer les capitaux étrangers, bien au contraire. Les États du Golfe entendent poursuivre leur ouverture économique. L’Arabie saoudite maintient, par exemple, son objectif ambitieux d’attirer près de 100 milliards de dollars d’investissements directs étrangers par an, tandis que les fonds souverains de la région continueront d’investir massivement à l’international afin de diversifier leurs actifs.

L’un des principaux défis demeure toutefois celui de l’innovation. Malgré des investissements considérables, les économies du Golfe restent en retrait dans les classements internationaux mesurant leur capacité à produire des technologies de pointe. De son point de vue, cette faiblesse constitue probablement le principal chantier de la prochaine décennie, car construire un véritable écosystème d’innovation suppose de former des talents, de développer la recherche et de produire localement des technologies, plutôt que de se contenter de les importer. Ce processus est long et coûteux, mais il est désormais rendu encore plus indispensable par les tensions géopolitiques.

Cette nouvelle donne pourrait également rebattre les cartes de la coopération régionale. Chauvel voit se dessiner deux trajectoires. La première prolongerait la concurrence actuelle entre les grandes places économiques du Golfe, chaque pays cherchant à renforcer son statut de hub régional pour le tourisme, la finance, la logistique ou le transport aérien. Une telle compétition favoriserait, selon lui, les réformes, mais risquerait aussi d’entraîner des investissements redondants, voire excessifs.

La seconde voie privilégierait une intégration plus poussée entre les membres du CCG, à travers une meilleure coordination des infrastructures, une interconnexion logistique renforcée, une harmonisation des politiques de mobilité, une coopération industrielle et financière, voire le développement de capacités communes dans les secteurs de la sécurité et de la défense. Cependant, si cette option apparaît économiquement plus rationnelle, Jean-Baptiste Chauvel reconnaît que la logique concurrentielle reste aujourd’hui la plus probable.

Au fond, conclut-il, la crise avec l’Iran ne remet pas en cause la trajectoire économique du Golfe, mais elle en accélère le rythme. Les États de la région disposent d’importants atouts : des réserves financières considérables, des fonds souverains parmi les plus puissants au monde et une volonté politique affirmée de transformer leurs économies.


Bercy met le frein à la hausse des dépenses pour 2027

Le ministre français de l’Économie, des Finances et de l’Industrie, Roland Lescure (à gauche), et le ministre délégué chargé des Comptes publics, David Amiel (à droite), quittent le palais de l’Élysée à Paris après la réunion hebdomadaire du Conseil des ministres, le 20 mai 2026. (AFP)
Le ministre français de l’Économie, des Finances et de l’Industrie, Roland Lescure (à gauche), et le ministre délégué chargé des Comptes publics, David Amiel (à droite), quittent le palais de l’Élysée à Paris après la réunion hebdomadaire du Conseil des ministres, le 20 mai 2026. (AFP)
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  • Le gouvernement français présente un projet de budget 2027 visant à limiter fortement la hausse des dépenses de l’État (+0,4% hors défense), avec une priorité donnée à la défense, à l’écologie, à l’éducation et à la recherche
  • Le plan suscite des critiques : syndicats et oppositions dénoncent une politique d’austérité, tandis que Bercy insiste sur la nécessité de réduire le déficit public et de préserver les choix démocratiques

PARIS: Le gouvernement a publié jeudi son projet de dépenses pour un budget 2027 "de sauvegarde républicaine", selon le ministre des Comptes publics David Amiel, marqué par une hausse des dépenses de l'Etat quatre fois inférieure à l'inflation, hors défense et intérêts de la dette.

Bercy a publié jeudi ce document annuel fixant les "plafonds de dépenses du projet de loi de finances pour 2027", le "tiré à part" en jargon budgétaire.

En juin, le Premier ministre Sébastien Lecornu avait écrit aux ministres pour leur demander de revoir à la baisse leurs demandes initiales.

Résultat, hormis la hausse des dépenses de Défense (+6,4 milliards d'euros), le gouvernement affiche l'ambition de limiter l'an prochain la progression des dépenses ministérielles à 0,4%, "soit quatre fois moins que l'inflation attendue en 2027".

Ainsi, hors Défense, les crédits des ministères n'augmenteront que de 1,5 milliard d'euros au total, à raison de 1,5 milliard d'euros pour l'écologie, notamment après les épisodes de canicule, 0,8 pour l'enseignement scolaire, 0,6 pour la recherche et l'enseignement supérieur, 0,6 pour "les sécurités" ou 0,4 pour la justice.

- "Livre ouvert" -

En revanche, la mission "travail" perdrait 2,8 milliards, l'aide publique au développement, 0,3, les missions "agriculture" et "santé", 0,1 milliard chacune.

"Les crédits de l'apprentissage seront préservés, par les temps qui courent, c'est un choix fort !", s'est défendu dans les Echos le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou, qui reconnaît néanmoins un nouveau coup de vis sur le compte personnel de formation (CPF) ainsi que la poursuite de la lutte contre la fraude à la formation professionnelle, et à l'apprentissage. Le ministre du Travail évoque ainsi "une nouvelle version du référentiel Qualiopi (...) officialisée la semaine prochaine".

Au total, les dépenses de l'administration centrale sont fixées à 708,4 milliards d'euros pour l'an prochain.

Mais celles de la Sécurité sociale "croîtront plus vite que l'inflation", remarque le document, pour progresser de 17 milliards d'euros, à 838,3 milliards.

Le gouvernement demandera également aux collectivités territoriales, dont il ne maîtrise pas les budgets, de ne pas augmenter leurs dépenses de fonctionnement au-delà de l’inflation en 2027, tandis que leurs dépenses d'investissement devraient reculer légèrement, en année post-municipales.

"Un budget de sauvegarde républicaine, a dit David Amiel, protège l'avenir sans confisquer les choix démocratiques", avec des mesures "réversibles".

Le "tiré à part", a souligné le ministre, n'est pas "un point d'arrivée mais un point de départ, et constitue la base d'un dialogue que nous voulons conduire jusqu'à la rentrée".

Il a confirmé que le gouvernement avait l'intention de déposer le projet de budget le mercredi 30 septembre, revenant à "la pratique habituelle", alors que les deux budgets post-dissolution avaient débordé sur octobre pour leur présentation, et sur l'année suivante pour leur adoption.

"On nous parle de budget de sauvegarde républicaine, mais on ne parle pas d'anticipation, encore une fois, on est sur des mesures d'économies", a réagi auprès de l'AFP Nathalie Bazire, secrétaire confédérale de la CGT.

"Cela ne peut que ne pas nous convenir, nous ne comprenons pas pourquoi les arbitrages vont dans ce sens-là", a réagi de son côté Patricia Drevon, secrétaire confédérale de FO, dénonçant "encore un mauvais coup".

- "Science-fiction" -

Cette année, Bercy a procédé de manière "inédite", en confiant à quatre économistes reconnus le soin d'examiner les comptes publics "à livre ouvert" depuis fin mai, a rappelé M. Amiel.

Leur rapport rendu public mercredi signale que le déficit public, prévu à 5% du PIB cette année - et donc bien supérieur aux 3% exigés par Bruxelles - pourrait déraper jusqu'à 6,8% en 2030, à "politique économique inchangée".

Ils préconisent un effort de 126 milliards d'euros d'ici à la fin du prochain quinquennat à entamer impérativement dès 2027, sans exclure qu'il faille recourir aussi à des hausses d'impôts pour réduire le déficit.

Un point qu'a soulevé le président de la Commission des Finances Eric Coquerel (LFI), regrettant que le gouvernement ne semble pas disposé à toucher aux recettes, "et notamment aux cadeaux fiscaux faits aux ultra-riches".

M. Coquerel a remarqué aussi qu'en tenant compte de l'inflation, les crédits hors défense prévus pour 2027 seraient en baisse de 6 milliards d'euros, et non en hausse de 0,4%.

Il a considéré également que la promesse du gouvernement de revenir à 3% du PIB de déficit public en 2029 relevait désormais "de la science-fiction".

Sur ce point, "il appartiendra aux candidats de définir leur trajectoire de finances publiques 2028 et 2029", a éludé M. Amiel.


Le pétrole accentue sa flambée après de nouvelles frappes en Iran

L'armée américaine a mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran lundi, tandis que le président américain Donald Trump a rétabli un blocus du transport maritime iranien et proposé d'imposer une redevance de 20 % pour assurer la protection du détroit d'Ormuz. (Shutterstock)
L'armée américaine a mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran lundi, tandis que le président américain Donald Trump a rétabli un blocus du transport maritime iranien et proposé d'imposer une redevance de 20 % pour assurer la protection du détroit d'Ormuz. (Shutterstock)
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  • Le pétrole bondit après de nouvelles frappes en Iran et l'annonce du retour du blocus des ports iraniens
  • Les tensions autour d'Ormuz renforcent les craintes pour l'approvisionnement mondial

LONDRES: Les cours du pétrole accélèrent mardi leur ascension, après de nouvelles frappes en Iran, à quelques heures du rétablissement du blocus naval des ports iraniens annoncé par Donald Trump, qui a aussi dit vouloir de mettre en place un péage sur le détroit d'Ormuz.

En pleine escalade militaire entre Téhéran et Washington, les autorités locales ont rapporté de nouveaux bombardements américains sur la ville portuaire de Bouchehr, où se trouve la seule centrale nucléaire d'Iran, et au sud-ouest du pays, dans une zone pétrolifère proche de l'Irak et du Koweït.

Peu après avoir brièvement pris plus de 5%, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, montait de 4,93% à 87,41 dollars vers 10H55 GMT (12H55 à Paris). Celui de son équivalent américain, le West Texas Intermediate (WTI), pour livraison en août, progressait de 3,75% à 81,07 dollars.

Les deux références du brut ont atteint mardi des prix inédits depuis mi-juin, après s'être envolées jusqu'à plus de 10% la veille.

Le président américain a annoncé lundi sur Truth Social que les Etats-Unis prendraient le contrôle du détroit d'Ormuz, avec la mise en place d'un nouveau blocus des ports iraniens, qui doit entrer en vigueur mardi à 20H00 GMT, selon l'armée américaine.

"La perte de pétrole brut iranien, qui a représenté en moyenne 2% de la demande mondiale depuis la signature du protocole d'accord" entre Washington et Téhéran le 17 juin - qui s'était traduit par la levée du précédent blocus - "se fera sentir sur les marchés mondiaux", note Vivek Dhar, de CBA.

L'analyste estime qu'environ 40 à 50% du pétrole ayant quitté le détroit d'Ormuz depuis le 18 juin est attribuable à l'Iran, contre une part de 10 à 15% avant la guerre.

"La véritable inconnue est la réaction de l'offre non iranienne" selon lui, car la République islamique "est désormais fortement incitée à rétablir son propre blocus".

Tout comme Téhéran souhaite instaurer un péage pour traverser Ormuz, Donald Trump a aussi dit vouloir percevoir en échange de la protection du détroit "une rémunération correspondant à 20% de la valeur des cargaisons", contraire au droit international censé garantir la liberté de navigation.

Pour l'association d'armateurs Bimco, "le surcoût qui en résulterait constituerait un frein supplémentaire au transit" via Ormuz.

"Un tournant extraordinaire des événements est en train de se jouer au Moyen-Orient", résume John Evans, de PVM Energy, qui constate que "cette dégradation de la diplomatie et cette accélération des échanges de tirs ont pris le marché quelque peu de court".

Mais Donald Trump tout de même estimé, devant la presse à la Maison Blanche, qu'un accord avec l'Iran était encore "possible", les consultations avec les médiateurs se poursuivant selon la diplomatie iranienne.