Yémen: Les Houthis imposent la séparation des sexes dans une université de Sanaa

Les Houthis ont mis en place une ségrégation entre les sexes à la faculté de communication de l'Université de Sanaa (Photo, Université de Sanaa).
Les Houthis ont mis en place une ségrégation entre les sexes à la faculté de communication de l'Université de Sanaa (Photo, Université de Sanaa).
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Publié le Jeudi 27 juillet 2023

Yémen: Les Houthis imposent la séparation des sexes dans une université de Sanaa

  • Les étudiants de cette université de Sanaa devront désormais se présenter au collège les samedis, dimanches et lundis
  • Les Houthis ont également interdit aux femmes de voyager entre les villes yéménites ou à l'étranger sans un compagnon masculin

AL-MUKALLÂ: Les Houthis, soutenus par l'Iran, ont mis en place une ségrégation entre les genres à la faculté de communication de l'université de Sanaa, dans le cadre d'une campagne de moralisation dans les régions yéménites contrôlées par la milice.

Les étudiants de sexe masculin devront désormais se présenter au collège les samedis, dimanches et lundis, tandis que les étudiantes devront s'y rendre les mardis, mercredis et jeudis, selon une décision diffusée par le syndicat estudiantin de l’établissement, sous l’impulsion des Houthis.

«Ce que l'université a fait est conforme aux désirs des étudiantes, car elles possèdent la modestie, la fierté et des valeurs islamiques élevées», a appuyé chef de la milice Mohammed Ali al-Houthi.

Afin de convaincre le public de cette décision, les médias dirigés par les Houthis ont affirmé que la libre mixité entre étudiants et étudiantes entraînerait des viols et du harcèlement sexuel, ainsi qu'une baisse de l'innovation et de la productivité scientifiques.

Un article publié dimanche dans le journal Al-Thawra affirmait ainsi que «les études occidentales révèlent les effets dévastateurs de la mixité dans les universités. La mixité tue l'ambition, enterre la créativité et l'intelligence des étudiants.»

Ces dernières années, les Houthis ont lancé une campagne de moralisation à Sanaa et dans d'autres régions qu'ils contrôlent, emprisonnant mannequins et chanteuses, interdisant la musique, fermant les cafés où hommes et femmes se côtoient, imposant un code vestimentaire aux femmes qui sortent de chez elles et interdisant l'éducation mixte.

Persécutions et enlèvements

Des Yéménites de tous horizons, notamment des étudiants de l'université de Sanaa et des militants de la ville, se sont opposés à la mise en place de cette ségrégation et ont demandé aux Houthis de se concentrer sur l'amélioration de la qualité de l'enseignement et sur la rémunération des professeurs d'université et d'autres employés de la fonction publique.

Dr. Ibrahim al-Kebsi, professeur d'université enlevé par les Houthis l'année dernière pour avoir critiqué le groupe sur les réseaux sociaux, a déclaré que les Houthis interdisaient la mixité entre femmes et hommes dans les établissements d'enseignement, tandis que leurs politiques économiques avaient contraint de nombreuses femmes pauvres à demander de l'aide dans les rues et à faire de longues files d'attente pour obtenir du gaz de cuisson.

«J'appelle le peuple yéménite, tous les étudiants des universités, collèges et instituts, ainsi que le corps enseignant de toutes les universités yéménites, à rejeter cette décision et à proclamer la suspension des études jusqu'à ce que cette autorité présente des excuses au peuple yéménite», a ajouté Al-Kebsi.

Certains observateurs yéménites ont prévenu que l'escalade de la persécution des femmes par les Houthis pourrait les contraindre à abandonner leurs lieux de travail et leurs salles de classe.

Dans un tweet, le militant yéménite des droits de l'homme Baraa Chiban a prévenu : «Bientôt, de nombreuses femmes disparaîtront de la vie publique dans les zones contrôlées par les Houthis.»

Les Houthis ont également interdit aux femmes de voyager entre les villes yéménites ou à l'étranger sans un compagnon masculin ou un mahram, et ils détiennent toujours plusieurs activistes et mannequins yéménites, dont Entisar al-Hammadi.

Compte tenu des antécédents de la milice en matière de mauvais traitements infligés aux femmes, Abdallah Ismail, journaliste et chercheur yéménite, n'exclut pas la possibilité que les Houthis prennent des mesures plus sévères à l'encontre des femmes, comme les licencier et les obliger à rester à la maison.

Il a déclaré à Arab News que les Houthis avaient été surpris par l'indignation de l'opinion publique face à cette décision.

Ismail a souligné : «Le groupe Houthi ne fait que reproduire l'idéologie des mollahs de Téhéran, qui n'a rien à voir avec la religion, la moralité ou les idéaux. Ce groupe se présente comme un gardien de la moralité, mais il viole la moralité.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Rubio poursuit à Bahreïn sa tournée pour rassurer les alliés de Washington dans le Golfe

  • Avant son étape au Koweït, Marco Rubio avait assuré depuis Abou Dhabi le président émirati de l'engagement de Washington en faveur de la sécurité de son pays
  • Il a ensuite rallié Bahreïn pour une réunion jeudi du Conseil de coopération du Golfe (CCG)

MANAMA: Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio est jeudi à Bahreïn, poursuivant sa tournée destinée à rassurer les pays du Golfe sur la volonté des Etats-Unis de protéger leurs intérêts dans les discussions avec l'Iran.

Mercredi au Koweït, le secrétaire d'Etat américain avait assuré que les Etats-Unis entendaient "discuter avec eux de chaque décision prise concernant" les négociations en cours avec Téhéran.

Les pays du Golfe ont payé un lourd tribut à l'offensive américano-israélienne lancée le 28 février contre l'Iran. Ils accueillent des bases militaires américaines et ont été visés par des missiles et drones iraniens en représailles.

Avant son étape au Koweït, Marco Rubio avait assuré depuis Abou Dhabi le président émirati de l'engagement de Washington en faveur de la sécurité de son pays. Il a ensuite rallié Bahreïn pour une réunion jeudi du Conseil de coopération du Golfe (CCG).

En parallèle, des discussions sur une réconciliation entre les pays du Golfe et l'Iran sont prévues en Arabie saoudite, à une date encore indéterminée, a indiqué à l'AFP un diplomate.

Trump refuse tout péage 

L'Iran et les Etats-Unis ont signé le 17 juin un protocole pour mettre fin aux hostilités, ouvrant la voie à 60 jours de négociations en vue d'un règlement durable.

Une réunion technique avec la délégation iranienne est prévue les 29 ou 30 juin en Suisse, a précisé Marco Rubio.

Mais de nombreuses divergences subsistent, comme le nucléaire ou le détroit d'Ormuz. Et les critiques se multiplient aux Etats-Unis sur les concessions accordées par Donald Trump, soucieux de mettre un terme au plus vite à cette guerre impopulaire.

La Maison Blanche a dû demander aux parlementaires américains une rallonge budgétaire de près de 88 milliards de dollars, notamment pour reconstituer ses stocks de munitions après la guerre.

Le protocole d'accord a "la valeur d'une déclaration de défaite pour l'Amérique", s'est prévalu mercredi le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf.

Si le texte prévoit une réouverture du détroit d'Ormuz, après des mois de blocage qui ont fait flamber les cours de l'or noir, l'Iran a dit vouloir imposer des frais de service, assurant que cette voie maritime stratégique ne retrouvera pas son fonctionnement libre d'avant-guerre.

"AUCUN PEAGE, AUCUN FRAIS D'ASSURANCE ET AUCUN AUTRE FRAIS" ne sera accepté par Washington, a tonné Donald Trump sur sa plateforme Truth Social.

Aucun pays autre que l'Iran ne soutient l'imposition de frais pour son passage, a assuré pour sa part Marc Rubio.

Pour l'heure, les cours du baril de pétrole Brent continuent leur décrue. Le Brent de la mer du Nord, référence internationale, est brièvement retombé jeudi sous son niveau d'avant-guerre. Durant le conflit, la flambée des cours du brut avaient provoqué une poussée d'inflation mondiale et des pénuries de carburant dans certains pays.

Sur le volet nucléaire, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a assuré mercredi que des inspections en Iran auraient bien lieu, sans fixer de date.

Téhéran a toujours nié vouloir se doter de la bombe atomique, mais campe sur son droit à une filière civile complète.

"Comme le phénix" 

Sur le Liban, dont l'Iran a imposé l'inclusion dans le protocole d'accord, Mohammad Bagher Ghalibaf a estimé que la fin de la guerre y était "aussi importante" que la fin des hostilités dans son propre pays.

Or le Hezbollah libanais a accusé mercredi Israël d'une nouvelle "violation" du cessez-le-feu après qu'un drone israélien a fait deux morts dans le sud du pays. Deux autres personnes avaient été tuées par des tirs israéliens la veille.

L'Iran a par ailleurs accusé jeudi l'Otan, de "complicité" dans la guerre déclenchée contre lui par les Etats-Unis et Israël, reprochant notamment à l'Italie et à la Roumanie d'avoir permis à des avions américains d'utiliser leurs bases pendant le conflit.

"Il s'agit là d'un aveu clair et accablant de la complicité active de l'Otan dans une guerre d'agression illégale", a écrit sur X le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï.

 


Les autorités saoudiennes consacrent 4,3 milliards de dollars à des projets urbains à La Mecque

La photo montre le parking de Kudai, récemment aménagé par la Commission royale pour la ville de La Mecque et les lieux saints afin d’améliorer les services de transport destinés aux pèlerins du Hajj et aux habitants de La Mecque. (Archives/SPA)
La photo montre le parking de Kudai, récemment aménagé par la Commission royale pour la ville de La Mecque et les lieux saints afin d’améliorer les services de transport destinés aux pèlerins du Hajj et aux habitants de La Mecque. (Archives/SPA)
  • Les sites concernés sont situés dans les quartiers de Jarham, Al-Khalidiyah, Al-Hajlah, Al-Hindawiyah et Al-Zohour
  • La Mecque compte environ 2,7 millions d’habitants dans la région du Hedjaz

RIYAD : La Commission royale pour la ville de La Mecque et les lieux saints a annoncé le développement de sept sites à La Mecque dans le cadre du programme de développement des quartiers.

Ces sites couvrent plus de 4,4 millions de mètres carrés et représentent un investissement de 16,3 milliards de riyals saoudiens (4,3 milliards de dollars). Ils sont situés dans les quartiers de Jarham, Al-Khalidiyah, Al-Hajlah, Al-Hindawiyah et Al-Zohour, selon l’Agence de presse saoudienne (SPA).

L’annonce a été faite mercredi lors d’une cérémonie de signature des contrats d’attribution des projets, illustrant la confiance de la Commission dans l’avenir du développement urbain de La Mecque.

La Commission a indiqué que plusieurs promoteurs immobiliers et sociétés d’investissement participent à la réalisation de ces projets, notamment Maad International, AlRajhi United, ZOOD, Mohammad Abdulaziz Al-Habib and Sons Holding Co. et Jadwa Investment.

Cette initiative s’inscrit dans les efforts de la Commission visant à améliorer l’environnement urbain de La Mecque, stimuler la croissance économique, renforcer la qualité de vie des habitants et promouvoir un développement durable dans la ville sainte, a ajouté la SPA.

La Mecque, située dans la région du Hedjaz et abritant plusieurs hauts lieux de l’islam, dont la Grande Mosquée, compte environ 2,7 millions d’habitants. Chaque année, près de 1,5 million de musulmans y accomplissent le pèlerinage du Hajj, tandis qu’environ 16 millions de fidèles y effectuent la Omra. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le ministre libanais de la Défense reçoit l'ambassadeur saoudien à Beyrouth

Fahd Al-Dosari (à droite) et le général de division Michel Menassa à Beyrouth. (Photo fournie)
Fahd Al-Dosari (à droite) et le général de division Michel Menassa à Beyrouth. (Photo fournie)
  • L’ambassadeur saoudien au Liban, Fahd Al-Dosari, a été reçu lundi par le ministre libanais de la Défense, le général de division Michel Menassa, dans son bureau à Beyrouth
  • Les parties ont discuté des développements récents et des moyens de renforcer les relations bilatérales

BEYROUTH : L’ambassadeur saoudien au Liban, Fahd Al-Dosari, a été reçu lundi par le ministre libanais de la Défense, le général de division Michel Menassa, dans son bureau à Beyrouth.

Les deux parties ont évoqué les derniers développements et les moyens de renforcer les relations bilatérales, a rapporté l’Agence de presse saoudienne.

Par ailleurs, le prince Saud bin Naif bin Abdulaziz, gouverneur de la Province de l’Est, a reçu lundi à Dammam l’ambassadeur du Kenya auprès du Royaume, Joseph Masila. Ils ont eu des entretiens cordiaux et ont abordé des questions d’intérêt commun.