L'astronaute émirati Sultan al-Neyadi déclare à Arab News: «C'est une nouvelle ère pour l'exploration spatiale arabe»

Lama al-Hamawi s'adressant à Sultan al-Neyadi depuis le Centre spatial Mohammed ben Rached à Dubaï (Capture d’écran).
Lama al-Hamawi s'adressant à Sultan al-Neyadi depuis le Centre spatial Mohammed ben Rached à Dubaï (Capture d’écran).
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Publié le Dimanche 30 juillet 2023

L'astronaute émirati Sultan al-Neyadi déclare à Arab News: «C'est une nouvelle ère pour l'exploration spatiale arabe»

  • Al-Neyadi rends hommage au prince Sultan, pionnier arabe de l'espace, et se souvient de la rencontre «extraordinaire» avec les astronautes saoudiens Rayyanah Barnawi et Ali al-Qarni à bord de l'ISS
  • Il souligne l'importance des matières de science, technologie, ingénierie et mathématiques (STIM) pour préparer et inspirer la prochaine génération d'astronautes arabes

DUBAÏ: Les missions habitées lancées par les Émirats arabes unis et l'Arabie saoudite marquent «une nouvelle ère dans l'exploration spatiale arabe», a déclaré l'astronaute émirati Sultan al-Neyadi à Arab News depuis la Station spatiale internationale.

Premier astronaute arabe déployé dans le cadre d'une mission spatiale de longue durée – Al-Neyadi est arrivé à l'ISS en mars aux côtés de trois Américains et de trois Russes. Il est le premier Arabe à effectuer une sortie dans l'espace en ouvrant la voie à l'industrie spatiale naissante du monde arabe.

«Honnêtement, c'est un grand honneur de suivre les traces des pionniers de l'espace dans le monde arabe: Le prince Sultan ben Salmane, Mohammed Faris et mon collègue Hazzaa al-Mansouri, qui ont voyagé dans l'espace avant moi», a-t-il déclaré lors d'une interview réalisée vendredi depuis le centre spatial Mohammed ben Rached de Dubaï, via une liaison vidéo avec l'ISS.

Al-Neyadi faisait référence au prince Sultan d'Arabie saoudite, qui s'est envolé à bord de la navette spatiale Discovery de la mission américaine STS-51-G en 1985, devenant ainsi le premier Arabe dans l'espace; Faris, le premier Syrien et le deuxième Arabe dans l'espace, voyageant à bord du Soyouz TM-3 vers la station spatiale Mir en 1987; et Al-Mansouri, le premier Émirati dans l'espace, qui a passé huit jours à bord de l'ISS en 2019.

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Adnan al-Rais, directeur général adjoint (secteur des opérations spatiales et de l'exploration) et chef de mission du programme des astronautes des EAU, fait visiter le Centre spatial Mohammed ben Rached à Dubaï à la journaliste d'Arab News Lama al-Hamawi (Photo, AN).

«C'est une grande réussite pour toutes les missions, mais nous devons continuer à relever de nouveaux défis», a indiqué Al-Neyadi.

La mission que nous menons actuellement en est un parfait exemple. Passer six mois à bord de la station spatiale est vraiment important pour participer à l'effort humain visant à repousser les limites de l'exploration spatiale.

«L'EVA (activité extravéhiculaire) que j'ai effectuée est la première du genre dans le monde arabe et ouvrira certainement la voie à de nombreux astronautes», a-t-il expliqué.

Il a ajouté: «C'est sans aucun doute une nouvelle ère. C'est une nouvelle époque pour les explorations spatiales du monde arabe.»

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Lama al-Hamawi s'adressant à Sultan al-Neyadi depuis le Centre spatial Mohammed ben Rached (Photo, AN).

L'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont tous deux investi dans leurs industries spatiales respectives, en mettant l'accent sur la technologie et la recherche médicale.

L'agence spatiale saoudienne a été créée il y a quatre ans par décret royal afin d'accélérer la diversification économique, de renforcer la recherche et le développement et d'accroître la participation du secteur privé à l'industrie spatiale mondiale.

Depuis son lancement, le programme spatial de l’Arabie saoudite, financé par l'État, a conclu des accords avec plusieurs agences spatiales, entreprises astronautiques et universités de premier plan du monde entier, afin de renforcer leur coopération.

Le 22 mai, Rayyanah Barnawi, une scientifique qui est devenue la première femme saoudienne à aller dans l'espace, et Ali al-Qarni, un pilote de chasse de formation, se sont rendus à l'ISS dans le cadre d'une mission privée.

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La journaliste d'Arab News Lama al-Hamawi au Centre spatial Mohammed ben Rached (Photo, AN).

«L'arrivée des astronautes saoudiens de l'Axiom 2 à la Station spatiale internationale a été un grand moment de rencontre et d'échange sur l'intérêt de l'espace», a signalé Al-Neyadi, en faisant référence à la visite de Barnawi et d’Al-Qarni. 

«C'était, honnêtement, une expérience surréaliste. Voir deux Arabes arriver à la station spatiale et... discuter avec eux en arabe. C'était incroyable et, encore une fois, c'était passionnant de partager l'expérience avec eux. J'étais déjà en mission depuis deux mois et je leur racontais tout ce que j'avais appris et les choses amusantes qu'ils pouvaient faire.»

«Leur mission était purement scientifique. J'ai été heureux d'aider et de faciliter la plupart des activités à bord. C'était un grand honneur et un plaisir de travailler avec eux», a précisé Al-Neyadi.

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«L'arrivée des astronautes saoudiens de l'Axiom 2 à la Station spatiale internationale a été un grand moment de rencontre et d'échange sur l'intérêt de l'espace», a signalé Al-Neyadi, en faisant référence à la visite de Barnawi et d’Al-Qarni en mai (Photo fournie / L'Agence spatiale saoudienne).

Le programme des astronautes des Émirats arabes unis a été lancé en 2017 par le Cheikh Mohammed ben Rached al-Maktoum, vice-président et Premier ministre des Émirats arabes unis, et le cheikh Mohammed ben Zayed al-Nahyan, à l’époque commandant suprême adjoint des forces armées des Émirats arabes unis et actuel président des Émirats arabes unis.

Al-Neyadi, qui a remplacé Al-Mansouri lors de la première mission scientifique des Émirats arabes unis à destination de l'ISS, sous le slogan «L'ambition de Zayed», a été sélectionné pour cette mission parmi plus de 4 000 candidats à l'issue d'une série de tests physiques et mentaux.

En préparation de la mission, Al-Neyadi a commencé sa formation en septembre 2018 au Centre d'entraînement des cosmonautes Youri Gagarine à la Cité des étoiles à Moscou. Il a également suivi une formation à Houston, au Texas, et à Cologne, en Allemagne, dans le cadre d'accords de partenariat avec de grandes agences spatiales, notamment la NASA, l'ESA et la JAXA.

Al-Neyadi a suivi plus de 90 cours, soit plus de 1 400 heures de formation, notamment en matière de sécurité et de survie, de manœuvres dans une combinaison spatiale pesant jusqu'à 10 kg et de tâches quotidiennes telles que la préparation de la nourriture dans l'espace, l'utilisation d'appareils photo et les communications.

Son entraînement intensif l'a préparé à l'expérience passionnante, bien que totalement étrangère, de vivre et de travailler pendant une période prolongée en apesanteur, à 260 miles au-dessus de la surface de la Terre.

«C'est le moment de la journée que je préfère, en fait, lorsque je fais de l'exercice. Nous avons un appareil sur lequel nous nous exerçons et qui fait face à la plus grande fenêtre de la station», a révélé Al-Neyadi à Arab News.

«Je vois tout passer devant moi: les montagnes, les océans, les endroits que j'ai déjà visités.»

«La meilleure partie est donc de prendre des photos de ces endroits et de les partager avec le public, et c'est incroyable. On peut couvrir toute la Terre, et en 90 minutes, on voit le jour et la nuit. C'est surréaliste de tout voir à cette vitesse», a-t-il expliqué.

Malgré la vue imprenable sur le marbre bleu, une journée typique à bord de l'ISS semble plus familière que ce que l'on pourrait croire. «Je me réveille normalement à 4 heures du matin pour faire mes prières, puis je me rendors si je le peux», a confié Al-Neyadi.

EN BREF

* La station spatiale internationale en orbite basse est un projet auquel participent cinq agences spatiales: la NASA (États-Unis), la Roscosmos (Russie), la JAXA (Japon), l’ESA (Europe) et la CSA (Canada).

Il a poursuivi: «Sinon, je me réveille à 6h30, je prends mon petit-déjeuner, nous nous réunissons autour de l'ATU (unité terminale audio), qui est l'appareil de communication, et nous recevons les informations des différents centres de contrôle dans le monde entier.»

«Ensuite, nous commençons la routine quotidienne, qu'il s'agisse de science spatiale, d'entretien ou d'inventaire. Toutes ces activités sont en cours et nous procédons ainsi tous les jours jusqu'à midi, heure à laquelle nous nous réunissons pour la pause de midi, pour déjeuner et discuter des activités quotidiennes. Nous continuons jusqu'à 19h30, heure à laquelle nous nous réunissons pour le dernier débriefing de la journée», a ajouté Al-Neyadi.

«Il s'agit d'une routine quotidienne. Nous avons des jours spécifiques durant lesquels nous recevons des véhicules en visite ou effectuons des activités extravéhiculaires, et cela constitue ainsi l’activité de la journée. Les week-ends, nous nous réunissons tous ensemble, les sept membres de l'équipage, et nous regardons des films et prenons nos repas ensemble. C'est toujours amusant», a-t-il avisé.

Servir à bord de l'ISS n'est cependant pas sans difficultés. Loin de ses proches, Al-Neyadi se réjouit de retrouver le confort de son foyer à son retour sur Terre, plus tard dans l'année. «Ma famille me manque. Je veux d'abord les rencontrer», a indiqué ce père de six enfants, à Arab News.

«Les deux choses que je veux, c'est une douche chaude et une vraie tasse de café», a-t-il souhaité.

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Premier astronaute arabe déployé dans le cadre d'une mission spatiale de longue durée — Al-Neyadi est arrivé à l'ISS en mars aux côtés de trois Américains et de trois Russes. Il est le premier Arabe à effectuer une sortie dans l'espace en ouvrant la voie à l'industrie spatiale naissante du monde arabe (Photo fournie).

Une chose restera cependant gravée dans sa mémoire pour le reste de sa vie — le jour où il est devenu le premier Arabe à effectuer une sortie dans l'espace, quittant l'ISS sans rien d'autre que des kilomètres de ciel sous ses pieds et l'éternité de l'espace extra-atmosphérique au-dessus de sa tête.

«C'était incroyable, en fait, de mener la sortie dans l'espace», a déclaré Al-Neyadi. «Je dirais que c'est le joyau de la mission. Cela a duré sept heures. Je n'ai rien senti parce que j'étais vraiment concentré sur ma tâche et que je l'ai menée à bien sans problème.»

Je me souviens d'avoir pris une petite note sur ma liste de contrôle, pour me rappeler que «l'impossible est possible», qui est la devise du gouvernement des Émirats arabes unis, selon laquelle il n'y a rien d'impossible. Si nous croyons en un objectif et que nous travaillons dur pour l'atteindre, nous pouvons y parvenir», a-t-il souligné.

Al-Neyadi est né le 23 mai 1981 à Umm Ghafa, à 30 km au sud-est d'Al-Ain, à Abu Dhabi, où il a fréquenté l'école primaire et secondaire avant de suivre les traces de son père et de servir dans l'armée, où il a étudié l'ingénierie des communications.

Il a commencé ses études supérieures au Royaume-Uni, où il a obtenu une licence en ingénierie électronique et des communications à l'université de Brighton, avant de décrocher un master en informatique à l'université Griffith d'Australie en 2008, où il a ensuite obtenu un doctorat.

Dans une série de vidéos produites à bord de l'ISS à l'intention des étudiants restés sur Terre, Al-Neyadi a cherché à souligner l'importance du travail acharné et la pertinence des matières STIM.

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Rayyanah Barnawi, première femme saoudienne dans l'espace et première femme arabe à bord de l'ISS, a mené des expériences scientifiques au cours de la mission Ax-2, notamment dans les domaines de l'ingénierie tissulaire et de la médecine régénérative (Photo, Twitter/Astro_Rayyanah).

«Je crois qu'une partie de la mission consiste à atteindre le public et à présenter ce que l'on fait à bord de la station», a déclaré AlNeyadi à propos de ses vidéos.

«Il s'agit d'une science très importante, d'une technologie très importante que nous présentons. Mais nous devons montrer ces choses importantes de manière simple et interactive pour que les gens puissent apprendre», a-t-il expliqué.

«Et cela est honnêtement, un moyen d'encourager les jeunes étudiants à suivre une formation en STIM. Il s'agit des sciences, de la technologie, de l'ingénierie et des mathématiques», a-t-il insisté.

Al-Neyadi espère ainsi inspirer la prochaine génération d'astronautes arabes qui mèneront les programmes spatiaux naissants du Moyen-Orient sur la lune, sur Mars et au-delà.

«Lorsque nous parlons d'enseignement des STIM, cela peut ouvrir un grand nombre de possibilités pour les jeunes», a-t-il affirmé.

«C'est pourquoi, de manière amusante et interactive, j'ai voulu montrer cela — la science est amusante, la science est vraiment intéressante — pour que la nouvelle génération puisse penser à quelque chose d'important à l'avenir», a-t-il soutenu. 

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Des «dizaines de munitions chimiques non déclarées» découvertes en Syrie, selon l'OIAC

L'organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) a indiqué mardi que des "dizaines de munitions chimiques non déclarées" ont été découvertes en Syrie, dans un rapport mensuel sur ses activités dans le pays. (AFP)
L'organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) a indiqué mardi que des "dizaines de munitions chimiques non déclarées" ont été découvertes en Syrie, dans un rapport mensuel sur ses activités dans le pays. (AFP)
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  • L'OIAC a déclaré être "déjà en mesure d'indiquer que, entre autres, des dizaines de munitions chimiques non déclarées (...) ont été retrouvées sur plusieurs de ces sites non déclarés, aux côtés de milliers de pages de documents"
  • La Syrie avait rejoint l'OIAC en 2013, et accepté de révéler et de remettre ses stocks de produits toxiques en vue de leur destruction sous la pression de la Russie et des Etats-Unis

LA HAYE: L'organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) a indiqué mardi que des "dizaines de munitions chimiques non déclarées" ont été découvertes en Syrie, dans un rapport mensuel sur ses activités dans le pays.

L'organisation a indiqué avoir déployé en début de mois une équipe chargée de mener des activités "visant à vérifier l'exactitude et l'exhaustivité" de la déclaration de la Syrie concernant son stock d'armes chimiques dans des sites "hautement prioritaires" et "non déclarés", dans les régions côtières du nord ainsi que dans le centre du pays.

L'OIAC a déclaré être "déjà en mesure d'indiquer que, entre autres, des dizaines de munitions chimiques non déclarées (...) ont été retrouvées sur plusieurs de ces sites non déclarés, aux côtés de milliers de pages de documents".

La Syrie avait rejoint l'OIAC en 2013, et accepté de révéler et de remettre ses stocks de produits toxiques en vue de leur destruction sous la pression de la Russie et des Etats-Unis, et pour écarter la menace de frappes aériennes des Etats-Unis et de leurs alliés.

L'OIAC estime cependant que la déclaration était incomplète et que d'autres armes n'ont toujours pas été recensées.

Les munitions récemment découvertes comprennent des "bombes aériennes et des roquettes", ainsi que des "produits chimiques et du matériel connexe découverts séparément, dont la nature fait actuellement l'objet d'une analyse", a précisé le rapport.

L'OIAC, dont le siège se situe à La Haye (Pays-Bas), a indiqué que le déploiement de son équipe en Syrie était toujours en cours, et que ses activités étaient menées en coordination avec les autorités nationales compétentes, conformément aux exigences du Département de la sûreté et de la sécurité des Nations unies.

Les résultats de ce déploiement feront l'objet d'un rapport plus détaillé "en temps voulu", a précisé l'organisation.

L'ancien président syrien Bachar al-Assad avait été accusé à plusieurs reprises d'avoir employé des armes chimiques au cours des 13 années de guerre civile en Syrie. Depuis son éviction en 2024, le sort des stocks syriens suscite de vives inquiétudes.

Le ministre des Affaires étrangères du nouveau gouvernement syrien s'est engagé l'an dernier à démanteler tout vestige du programme d'armes chimiques d'Assad.


Les fidèles musulmans sur le mont Arafat, étape phare du hajj

Quelque 30.000 pèlerins iraniens ont fait le voyage à La Mecque, soit beaucoup moins que les 86.000 initialement annoncés, en raison des tensions, selon la compagnie Iran Air, citée par l'agence de presse officielle Irna. (SPA)
Quelque 30.000 pèlerins iraniens ont fait le voyage à La Mecque, soit beaucoup moins que les 86.000 initialement annoncés, en raison des tensions, selon la compagnie Iran Air, citée par l'agence de presse officielle Irna. (SPA)
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  • Plus de 1,5 million de personnes participent au hajj cette année, à l'ombre de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée le 28 février par l'offensive israélo-américaine contre l'Iran
  • Téhéran avait riposté en visant des bases militaires et infrastructures énergétiques chez ses voisins du Golfe, notamment en Arabie saoudite. Un fragile cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril

LA MECQUE: Une foule de musulmans a prié mardi sur le mont Arafat, pour l'étape phare du grand pèlerinage à La Mecque, bravant la chaleur brûlante du désert pour accomplir le rêve d'une vie.

Dès l'aube, les fidèles se sont rassemblés pour réciter le Coran sur et autour de cette colline de 70 mètres de haut, située à environ 20 kilomètres de La Mecque, où le prophète Mahomet a prononcé, selon la tradition musulmane, son dernier sermon.

Le site offrant peu ou pas d'ombre, des bénévoles distribuaient de l'eau, des parasols et des collations aux pèlerins, tandis que des hélicoptères survolaient régulièrement la zone.

"C'est un sentiment indescriptible", a affirmé Ahmed Abou al-Ezz, un ingénieur égyptien de 35 ans, en marchant vers le mont Arafat pour la première fois de sa vie.

Plus de 1,5 million de personnes participent au hajj cette année, à l'ombre de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée le 28 février par l'offensive israélo-américaine contre l'Iran.

Téhéran avait riposté en visant des bases militaires et infrastructures énergétiques chez ses voisins du Golfe, notamment en Arabie saoudite. Un fragile cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril.

Quelque 30.000 pèlerins iraniens ont fait le voyage à La Mecque, soit beaucoup moins que les 86.000 initialement annoncés, en raison des tensions, selon la compagnie Iran Air, citée par l'agence de presse officielle Irna.

Malgré la situation régionale, la ville sainte a accueilli plus de fidèles étrangers que l'année dernière, selon les autorités saoudiennes.

Pour Karim Hazem, un pèlerin tunisien de 40 ans, "cet endroit est celui où le Seigneur rassemble la communauté des croyants, et nous rappelle que nous pouvons être réunis en tant que peuples".

Chaleur intense 

Le pèlerinage, l'un des cinq piliers de l'islam, est censé être accompli par tout musulman au moins une fois dans sa vie s'il en a les moyens. Il consiste en une série de rites codifiés sur plusieurs jours au cœur de La Mecque et dans ses environs.

Avec des températures atteignant les 44 degrés ces derniers jours, les autorités saoudiennes ont exhorté les pèlerins à boire beaucoup d'eau et à se protéger du soleil pendant les rites qui se déroulent principalement en plein air.

Les scientifiques affirment que le changement climatique causé par l'activité humaine amplifient les phénomènes météorologiques extrêmes, notamment les vagues de chaleur intenses.

Le port de chapeaux étant interdit pour les hommes durant le hajj, de nombreux pèlerins utilisent des parasols pour se protéger du soleil.

Après la mort de plus de 1.300 personnes en 2024, sous des températures dépassant les 50 degrés, les autorités saoudiennes ont mis en place des mesures visant à limiter les effets de la chaleur, notamment davantage de zones ombragées.

Plus de 50.000 agents de santé et 3.000 ambulances ont également été déployés pour aider les pèlerins dans le besoin, a indiqué le ministère saoudien de la Santé.

Après le mont Arafat, les fidèles se rendent à Muzdalifah, où ils ramassent des cailloux afin de procéder à la symbolique "lapidation du diable" mercredi.

L'Arabie saoudite, qui abrite les sanctuaires les plus sacrés de l'islam à La Mecque et à Médine, génère des milliards de dollars chaque année grâce au hajj et à la Omra, le petit pèlerinage entrepris à d'autres moments de l'année.


Liban: frappes sur la ville de Nabatiyé dans le sud, 11 morts dans un raid sur l'est

Des frappes ont visé mardi la ville de Nabatiyé dans le sud du Liban après un ordre israélien d'évacuation inédit, au lendemain de la mort d'au moins 11 personnes dans un raid israélien sur l'est du pays, selon les autorités. (AFP)
Des frappes ont visé mardi la ville de Nabatiyé dans le sud du Liban après un ordre israélien d'évacuation inédit, au lendemain de la mort d'au moins 11 personnes dans un raid israélien sur l'est du pays, selon les autorités. (AFP)
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  • A Nabatiyé, un correspondant de l'AFP a fait état de plusieurs frappes après l'avertissement d'Israël, et a pu voir de la fumée s'élever de plusieurs endroits
  • "Vous devez évacuer vos maisons immédiatement et vous déplacer au nord de la rivière Zahrani", avait indiqué plus tôt sur X un porte-parole militaire arabophone, Avichay Adraee, en s'adressant aux habitants de cette grande ville du sud

BEYROUTH: Des frappes ont visé mardi la ville de Nabatiyé dans le sud du Liban après un ordre israélien d'évacuation inédit, au lendemain de la mort d'au moins 11 personnes dans un raid israélien sur l'est du pays, selon les autorités.

Dans le même temps, l'armée israélienne a annoncé étendre ses opérations terrestres contre le Hezbollah au-delà de la "ligne jaune" qu'elle a établie dans le sud du Liban.

Cette pression accrue intervient au lendemain de la menace du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu d'intensifier les frappes pour "écraser" le mouvement pro-iranien.

A Nabatiyé, un correspondant de l'AFP a fait état de plusieurs frappes après l'avertissement d'Israël, et a pu voir de la fumée s'élever de plusieurs endroits.

"Vous devez évacuer vos maisons immédiatement et vous déplacer au nord de la rivière Zahrani", avait indiqué plus tôt sur X un porte-parole militaire arabophone, Avichay Adraee, en s'adressant aux habitants de cette grande ville du sud.

Désertée par une grande partie de ses habitants depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, Nabatiyé continue d'être pilonnée malgré la trêve entrée en vigueur le 17 avril.

D'autres frappes dans le sud ont fait au moins un mort et deux blessés parmi des secouristes affiliés au mouvement Amal, allié du Hezbollah, à Srifa, selon le ministère de la Santé, ce qui porte à 120 le nombre de secouristes tués dans le conflit.

Plusieurs localités du sud, notamment dans la région de Tyr, ont aussi été ciblées, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

La veille, des ordres d'évacuation pour Tyr avaient provoqué la panique et un mouvement d'exode parmi les habitants encore présents dans la ville millénaire, d'après un correspondant de l'AFP.

Un barrage menacé 

L'armée israélienne a également émis mardi un ordre d'évacuation pour Machghara et Sohmor, deux localités dans l'est du Liban, où elle a en outre visé les environs du barrage de Qaraoun, selon l'Ani.

L'organisme chargé du barrage a appelé les autorités libanaises à faire pression sur la communauté internationale pour empêcher toute attaque aux "risques catastrophiques pour les habitants".

Des bombardements avaient eu lieu lundi soir dans cette région du pays, faisant au moins 11 morts à Machghara, dont deux enfants et une femme, et 15 blessés, a annoncé mardi le ministère de la Santé.

L'armée israélienne avait indiqué avoir frappé dans la nuit plus de 100 cibles du Hezbollah.

De son côté, le Hezbollah a annoncé que ses combattants avaient fait barrage mardi à l'aube à "une force israélienne (...) qui avançait en direction de Zaoutar", village surplombant Nabatiyé, situé à une dizaine de kilomètres de la frontière.

Le groupe a dit avoir eu recours notamment à "des obus et drones d'attaques", ajoutant que les "combats directs" se poursuivaient dans la zone.

"Nous allons intensifier les coups, en intensifier la puissance et nous allons écraser" le Hezbollah, a averti lundi soir Benjamin Netanyahu.

"Pour chaque drone explosif, dix immeubles doivent tomber à Beyrouth", a estimé pour sa part le ministre des Finances d'extrême droite, Bezalel Smotrich.

Malgré la trêve, Israël poursuit ses frappes et opérations au Liban en disant viser le Hezbollah et son infrastructure, alors que les chances d'un accord rapide entre les Etats-Unis et l'Iran semblent s'amenuiser.

Les frappes israéliennes ont fait au moins 3.213 morts depuis le début du conflit début mars, selon le dernier bilan du ministère de la Santé publié mardi, soit 28 morts de plus par rapport au bilan de la veille.