Deux Israéliens soupçonnés d'avoir tué un Palestinien lors de heurts arrêtés

Des personnes en deuil réagissent lors des funérailles de Mahmoud Abu Saan, un adolescent palestinien abattu par les forces israéliennes plus tôt dans la matinée, dans la ville de Tulkarm en Cisjordanie occupée, le 4 août 2023. (AFP)
Des personnes en deuil réagissent lors des funérailles de Mahmoud Abu Saan, un adolescent palestinien abattu par les forces israéliennes plus tôt dans la matinée, dans la ville de Tulkarm en Cisjordanie occupée, le 4 août 2023. (AFP)
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Publié le Dimanche 06 août 2023

Deux Israéliens soupçonnés d'avoir tué un Palestinien lors de heurts arrêtés

  • Le ministère de la Santé palestinien a annoncé dans un communiqué que Mahmoud Abou Saan, 18 ans, avait été «tué ce matin par des balles de l'occupation (Israël) à Tulkarem»
  • Cet incident survient trois jours après qu'un Palestinien a blessé par balles six Israéliens dans une colonie de Cisjordanie occupée avant d'être abattu

BURQAH: Deux Israéliens, dont un ancien porte-parole d'une député du parti d'extrême droite au pouvoir ont été arrêtes selon la police israélienne après qu'un Palestinien a été tué vendredi lors de heurts avec des colons en Cisjordanie occupée.

Par ailleurs, un Israélien a été tué samedi soir dans une attaque en plein centre de Tel-Aviv et son assaillant palestinien a été abattu.

Une audience devait se tenir samedi soir "devant un tribunal de Jérusalem dans le but de prolonger la détention de deux suspects arrêtés parce qu'ils étaient soupçonnés d'être impliqués dans un incident survenu près du village de Burqa", à l'est de Ramallah, en Cisjordanie, a indiqué la police.

Les médias israéliens avaient auparavant rapporté que le suspect principal, qui aurait ouvert le feu sur des Palestiniens, avait été hospitalisé après avoir été blessé.

Selon ces mêmes sources, l'autre suspect est un ancien porte-parole d'une député du parti d'extrême droite d'Itamar Ben Gvir, actuel ministre de la Sécurité publique. Les deux hommes habiteraient dans une colonie en Cisjordanie.

Samedi, des Palestiniens ont participé aux funérailles de Qusai Jamal Maatan, 19 ans, tué la veille par des colons israéliens dans le village de Burqa, selon le ministère palestinien de la Santé.

Le corps du défunt a été transporté dans les rues du village avant son inhumation, selon un journaliste de l'AFP, lors de ses funérailles. Son visage était enveloppé d'un keffieh.

L'armée israélienne a affirmé avoir reçu des informations concernant de "violents affrontements entre des civils israéliens et des Palestiniens" à Burqa. "Pendant les affrontements, des civils israéliens ont tiré sur les Palestiniens faisant un mort palestinien et quatre autres blessés", a indiqué l'armée.

Des "civils israéliens (ont été) blessés par des jets de pierres" lors de ces heurts, a-t-elle ajouté.

Près de trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, territoire occupé par Israël depuis 1967. Environ 490.000 colons juifs y habitent aussi dans des colonies considérées par l'ONU comme illégales au regard du droit international.

«Attaque terroriste»

Par ailleurs, un Israélien a succombé à ses blessures à l'issue d'une" attaque terroriste" à l'arme à feu samedi soir à Tel-Aviv, selon la police et les services de secours.

L'assaillant palestinien, identifié par le service de sécurité intérieur (Shin Beth) comme étant Kamal Abou Bahar, 22 ans, originaire de la région de Jénine en Cisjordanie occupée, a été tué.

"Nos forces de sécurité régleront leurs comptes avec tous ceux qui cherchent à nous attaquer", a déclaré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, saluant la "vigilance des agents de la patrouille de sécurité urbaine (...) qui ont permis de déjouer une attaque beaucoup plus grave".

Le Hamas, mouvement islamiste palestinien qui contrôle la bande de Gaza, a salué de son côté l'attaque comme "une riposte aux crimes de l'occupation et des colons contre notre peuple", sans la revendiquer.

Hussein al-Cheikh, le ministre palestinien des Affaires civiles, a appelé la communauté internationale à inclure le parti d'Itamar Ben Gvir, Force juive, "dans les listes internationales de terroristes", en raison du "passé personnel" de M. Ben Gvir, "dominé par l'incitation au meurtre de Palestiniens".

Le chef du parti d'extrême droite a été inculpé plus de 50 fois dans sa jeunesse pour incitation à la violence ou pour des discours de haine, et condamné en 2007 pour soutien à un groupe terroriste et incitation au racisme.

"Hier, un membre de son parti a abattu un citoyen palestinien dans le village de Burqa, à Ramallah. Il devrait être inclus dans les listes internationales de terroristes", a publié samedi M. Hussein al-Cheikh sur Twitter, rebaptisé « X ».

«Gang»

Vendredi, avant l'incident, l'ONU avait mis en garde contre la forte hausse des attaques de colons contre des Palestiniens ou leurs propriétés en Cisjordanie recensant quelque 600 "incidents" sur les six premiers mois de l'année.

"Il y a en moyenne 99 incidents par mois, et une hausse de 39% comparé à la moyenne mensuelle sur toute l'année 2022, qui était de 71%", avait déclaré le porte-parole du Bureau de coordination humanitaire de l'ONU (Ocha), Jens Laerke, à des journalistes à Genève.

Depuis le retour au pouvoir il y a un peu plus de six mois du Premier ministre Benjamin Netanyahu, Israël est dirigé par l'un des gouvernements les plus à droite de son histoire.

Dans un communiqué publié vendredi soir, le Hamas a appelé à venger la mort de Qusai Jamal Maatan, "tué par un gang de colons".

Au moins 208 Palestiniens ont été tués depuis le début de cette année dans les violences liées au conflit israélo-palestinien, ainsi que 28 Israéliens, une Ukrainienne et un Italien, selon un décompte de l'AFP établi à partir de sources officielles.


Le Premier ministre du Qatar à Téhéran pour relancer la diplomatie

Le Premier ministre du Qatar, pays médiateur dans le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, a rencontré jeudi à Téhéran le chef de la diplomatie iranienne pour tenter de relancer la voie diplomatique, au point mort après six mois de guerre. (Reuters)
Le Premier ministre du Qatar, pays médiateur dans le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, a rencontré jeudi à Téhéran le chef de la diplomatie iranienne pour tenter de relancer la voie diplomatique, au point mort après six mois de guerre. (Reuters)
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  • Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani, Premier ministre et chef de la diplomatie qatarie, s'est entretenu avec le ministre des Affaires étrangères iranien Abbas Araghchi, a rapporté la télévision d'Etat iranienne
  • "Ils ont discuté des efforts déployés pour apaiser les tensions", ainsi que des échanges en cours entre l'Iran et Oman, pays qui bordent le détroit d'Ormuz, au sujet de "la mise en place d'un couloir maritime conjoint temporaire"

TEHERAN: Le Premier ministre du Qatar, pays médiateur dans le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, a rencontré jeudi à Téhéran le chef de la diplomatie iranienne pour tenter de relancer la voie diplomatique, au point mort après six mois de guerre.

Déclenché le 28 février par une attaque israélo-américaine contre l'Iran qui a riposté en bombardant les pays du Golfe, dont le Qatar, le conflit a baissé en intensité ces derniers mois, se cristallisant autour du détroit stratégique d'Ormuz, verrouillé par Téhéran.

Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani, Premier ministre et chef de la diplomatie qatarie, s'est entretenu avec le ministre des Affaires étrangères iranien Abbas Araghchi, a rapporté la télévision d'Etat iranienne.

"Ils ont discuté des efforts déployés pour apaiser les tensions", ainsi que des échanges en cours entre l'Iran et Oman, pays qui bordent le détroit d'Ormuz, au sujet de "la mise en place d'un couloir maritime conjoint temporaire", a indiqué sur X le ministère qatari des Affaires étrangères.

Le Premier ministre qatari a "souligné la nécessité de respecter la souveraineté des pays voisins et la liberté de navigation", et insisté sur "l'importance de poursuivre les efforts diplomatiques pour résoudre les différends par le dialogue", indique le ministère.

Navire attaqué 

L'Iran exclut tout retour à la situation d'avant-guerre dans le détroit, par lequel transitait avant fin février un cinquième des hydrocarbures mondiaux.

Une situation inacceptable pour Washington et plusieurs autres pays de la région, qui réclament la réouverture du passage.

En début de semaine, l'Iran et Oman avaient annoncé discuter d'un accord-cadre en vue d'établir un "couloir temporaire" et de déployer un projet conjoint de déminage.

Selon les discussions en cours, les navires entrant dans le Golfe emprunteraient les eaux iraniennes, et ceux en sortant passeraient par les eaux omanaises avant de poursuivre leur route dans les eaux iraniennes, a indiqué Kazem Gharibabadi, vice-ministre iranien des Affaires étrangères.

Mi-août, le Qatar avait appelé Mascate et Téhéran à finaliser un accord, afin de "faciliter" la reprise des négociations visant à mettre fin à la guerre.

Toutefois, un navire a une nouvelle fois été touché par un projectile dans le détroit d'Ormuz dans la nuit de mercredi à jeudi, a annoncé l'agence maritime britannique UKMTO.

Les navires tentant de franchir le détroit sont régulièrement pris pour cible par l'Iran, qui conditionne la réouverture complète du détroit à une série de concessions de Washington et un arrêt de la guerre "sur tous les fronts".

Mais la visite du ministre qatari intervient aussi à un moment où les Etats-Unis, délaissant le volet militaire de la guerre, accentuent la pression économique sur l'Iran, déjà sous le coup de sanctions internationales depuis des décennies.

Lundi, le ministre des Finances américain Scott Bessent a annoncé un nouveau paquet de sanctions et menacé d'isolement économique tout pays qui continuerait de commercer avec Téhéran.

Bien que la République islamique ait assuré que les Etats-Unis n'obtiendront "rien" avec cette pression, le président iranien Massoud Pezeshkian a reconnu que son pays faisait face à "de nombreuses difficultés économiques".

Le blocus des ports iraniens, imposé par Washington en représailles au verrouillage d'Ormuz, empêche le pays d'importer de l'essence, alors que la production nationale ne suffit pas à couvrir les besoins, a admis mercredi soir un haut responsable iranien.

Réduction des quotas d'essence 

Après l'annonce des nouvelles sanctions, les files d'attente s'allongeaient devant les stations-service en Iran.

Les autorités ont annoncé une rare réduction des quotas d'essence en vigueur depuis des années, avec des prix majorés pour quiconque souhaiterait les dépasser.

Les prix des carburants en Iran, l'un des principaux producteurs de pétrole mondiaux, sont parmi les plus bas du monde.

En 2019, une hausse soudaine du prix de l'essence avait provoqué des manifestations qui s'étaient étendues à une centaine de villes, faisant des dizaines de morts.

Alors que les Etats-Unis veulent sanctionner les partenaires économiques de l'Iran, le ministre iranien du Pétrole, Mohsen Paknejad, a affirmé jeudi que les ventes de pétrole au-delà des eaux territoriales iraniennes se poursuivaient.

"Des livraisons sont effectuées aux clients. (...) Elles ont certes diminué, mais elles ont persisté", a-t-il assuré auprès de l'agence Isna.

Les cours du pétrole brut restent stables jeudi matin, le marché jugeant que les initiatives diplomatiques se poursuivent au Moyen-Orient, le baril de Brent s'échangeant à 88 dollars.


L'Iran annonce des «accords» avec Oman sur un partage des revenus du détroit d'Ormuz

Les Gardiens iraniens de la Révolution ont annoncé mercredi que "certains accords" avaient été conclus Oman sur la gestion du détroit d'Ormuz, prévoyant notamment un partage des revenus liés à la navigation dans ce passage maritime. (AFP)
Les Gardiens iraniens de la Révolution ont annoncé mercredi que "certains accords" avaient été conclus Oman sur la gestion du détroit d'Ormuz, prévoyant notamment un partage des revenus liés à la navigation dans ce passage maritime. (AFP)
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  • Mardi à Téhéran, selon un communiqué conjoint, les ministres des Affaires étrangères omanais et iranien avaient discuté d'un accord-cadre établissant un "couloir temporaire" de navigation dans le détroit d'Ormuz
  • Selon le communiqué, les négociations se poursuivaient   pour établir un couloir "permanent" et définir "la future gestion du détroit", ainsi qu'un mécanisme de "fourniture des services de navigation et de sécurité nécessaires"

TEHERAN: Les Gardiens iraniens de la Révolution ont annoncé mercredi que "certains accords" avaient été conclus Oman sur la gestion du détroit d'Ormuz, prévoyant notamment un partage des revenus liés à la navigation dans ce passage maritime.

"Au cours des négociations avec Oman, certains accords ont été conclus concernant la part de chaque pays dans les eaux du détroit et la part de l'Iran et d'Oman dans ses revenus", a déclaré le porte-parole des Gardiens de la Révolution, Hossein Mohebi.

Il a accusé les Etats-Unis d'"entraver les travaux" visant à finaliser un accord.

Mardi à Téhéran, selon un communiqué conjoint, les ministres des Affaires étrangères omanais et iranien avaient discuté d'un accord-cadre établissant un "couloir temporaire" de navigation dans le détroit d'Ormuz et y prévoyant une opération de déminage.

Selon le communiqué, les négociations se poursuivaient   pour établir un couloir "permanent" et définir "la future gestion du détroit", ainsi qu'un mécanisme de "fourniture des services de navigation et de sécurité nécessaires".

Le stratégique détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant la guerre un cinquième des hydrocarbures mondiaux, est verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre, déclenchée le 28 février par des frappes israélo-américaines sur l'Iran.

Les Etats-Unis mènent en retour un blocus des ports iraniens.

L'Iran discute depuis des semaines avec Oman, tout en affirmant que le détroit restera verrouillé tant que Washington n'aura pas rempli ses engagements prévus par le protocole d'accord conclu mi-juin, prévoyant notamment la levée du blocus américain et des sanctions économiques contre Téhéran.

 


Le Premier ministre qatari à Téhéran jeudi

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  • Le Premier ministre qatari, le cheikh Mohammed bin Abdulrahman Al-Thani, se rend jeudi à Téhéran
  • Il rencontrera plusieurs responsables iraniens afin de discuter des moyens d'apaiser les tensions

DOHA: Le Premier ministre qatari, le cheikh Mohammed bin Abdulrahman Al-Thani, se rend jeudi à Téhéran, où il rencontrera plusieurs responsables iraniens afin de discuter des moyens d'apaiser les tensions, a déclaré mercredi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Majed Al Ansari, sur X.