En Tunisie, du plastique marin transformé en une marque de mode éco-responsable

Un mannequin présente une création de la styliste française Maud Beneteau lors d'un défilé de mode au Musée de Carthage à l'occasion du lancement de la marque de haute couture "Outa", entièrement réalisée à partir de plastique recyclé collecté dans les îles tunisiennes de Kerkennah, le 9 juin 2023. (Photo Fethi Belaid / AFP)
Un mannequin présente une création de la styliste française Maud Beneteau lors d'un défilé de mode au Musée de Carthage à l'occasion du lancement de la marque de haute couture "Outa", entièrement réalisée à partir de plastique recyclé collecté dans les îles tunisiennes de Kerkennah, le 9 juin 2023. (Photo Fethi Belaid / AFP)
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Publié le Dimanche 06 août 2023

En Tunisie, du plastique marin transformé en une marque de mode éco-responsable

  • Les granulés issus du broyage sont transformés en fibre nylon par Seaqual au Portugal, dans l'une des quatre seules usines au monde dotées de cette technologie
  • Anis Montacer, fondateur de la marque de tissu et de mode Outa, a noué un partenariat avec Sitex, spécialiste tunisien du denim et fournisseur d'Hugo Boss, Zara ou Diesel

KERKENNAH, Tunisie : Deux hommes en combinaison rouge ramassent des bouteilles en plastique sur une plage. Ces collecteurs informels ne savent pas qu'elles se transformeront bientôt en une robe en denim de la collection Outa, première marque «éco-responsable» en Tunisie.

Ils sont une quinzaine de «barbéchas»  -- collecteurs informels -- à participer au programme «Kerkennah Plastic Free», soutenu par l'Union européenne, pour la valorisation des 7.000 tonnes de déchets plastiques qui viennent joncher chaque année les îles Kerkennah (sud-est).

Sur l'archipel, «on a un environnement enthousiasmant en termes de nature et de calme, idéal pour le tourisme vert, avec un passage d'oiseaux migrateurs, des herbiers de posidonies», décrit Jean-Paul Pélissier, de l'institut agronomique CIHEAM de Montpellier (France), coordinateur du projet.

Mais «il y a un élément qu'on ne voit jamais sur les photos, c'est le plastique», souligne-t-il, déplorant un «déficit de collecte des ordures» et des courants marins qui charrient le plastique européen vers les côtes tunisiennes.

Les «barbéchas», mieux équipés grâce au projet «Kerkennah Plastic Free», apportent leur récolte quotidienne à un trieur qui transmet à une entreprise de collecte puis à un broyeur.

Un partenariat a été noué avec Seaqual, un consortium international d'entreprises et ONG, qui achète ce plastique marin «à un prix rémunérateur et stable toute l'année», explique M. Pélissier.

- «Made in Tunisia» -

Travailler pour Seaqual constitue un nouveau débouché pour Omar Kcharem, patron de Kerkennah Plast (compacteur et broyeur de plastique), car le plastique marin «n'a pas beaucoup de valeur et ne rapporte pas d'argent».

Les granulés issus du broyage sont transformés en fibre nylon par Seaqual au Portugal, dans l'une des quatre seules usines au monde dotées de cette technologie.

«C'est une innovation. Il y a quatre ou cinq ans, on ne pouvait pas recycler le plastique marin, qui séjourne dans une eau salée et est exposé au soleil», note M. Pélissier, soulignant que Seaqual utilise 10% de plastique marin dans la composition de son fil polyester, avec l'objectif d'accroître fortement cette proportion.

Mis à part la fibre fabriquée à l'étranger, tout le processus est «Made in Tunisia».

Dans un bruit infernal, une énorme machine tisse du denim à partir de fil Seaqual dans l'établissement ultra-moderne Sitex, à Ksar Hellal (centre-est).

Anis Montacer, fondateur de la marque de tissu et de mode Outa, a noué un partenariat avec Sitex, spécialiste tunisien du denim et fournisseur d'Hugo Boss, Zara ou Diesel.

Il l'a choisi «pour sa sensibilité à l'environnement parce qu'en 2022, 70% de leur fabrication était basée sur des fibres recyclées».

«Nous avons collaboré pour déterminer la force du fil adéquate et la teinture indigo appropriée», précise-t-il. Une collaboration qui va se poursuivre pour élargir la gamme chromatique d'Outa à des teintures naturelles.

- «Haute valeur ajoutée» -

M. Montacer tient à l'identité tunisienne d'Outa: «tout le processus se déroule à 99% en Tunisie, avec le denim transformé en chaîne et trame à Ksar Hellal jusqu'aux couturières tunisiennes pour la confection finale».

Le fondateur de la marque a fait appel à la styliste française réputée Maud Beneteau, ancienne de chez Hedi Slimane, pour dessiner une première collection Haute Couture.

Il dit avoir «opté pour une collection à haute valeur ajoutée» parce que le coût de production est 20% plus élevé qu'un denim sans déchets marins.

Mais l'initiateur d'Outa pense pouvoir «fédérer d'autres entrepreneurs et inspirer les stylistes afin de produire des collections éco-responsables».

Outa a fait ses premiers pas en juin à la Fashion Week de Tunis.

Maud Beneteau a vu «un défi et une dimension humaine dans ce beau projet, en accord avec l'idée de préserver la planète».

Elle reconnaît avoir eu des difficultés à travailler «un tissu stretch, un peu épais et raide, destiné à l'origine au prêt-à-porter et sportswear, pour en faire des robes haute couture».

Cette styliste, qui a l'habitude «de matières magnifiques comme la soie, des cotons ou du lin», a au départ hésité à utiliser une fibre polyester.

Mais au bout du compte, cette matière a acquis à ses yeux ses lettres de noblesse, «quand on pense qu'elle est recyclée, écologique, qu'il y a des emplois créés, des gens qui ramassent le plastique, toute une chaîne très intéressante».


Liban: huit personnes, dont trois secouristes, tués dans des frappes israéliennes

Huit personnes, dont trois secouristes de la Défense civile, ont été tuées mardi par des frappes israéliennes sur le sud du Liban, où Israël a par ailleurs annoncé avoir détruit un tunnel du Hezbollah menaçant le nord de son territoire. (AFP)
Huit personnes, dont trois secouristes de la Défense civile, ont été tuées mardi par des frappes israéliennes sur le sud du Liban, où Israël a par ailleurs annoncé avoir détruit un tunnel du Hezbollah menaçant le nord de son territoire. (AFP)
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  • Cinq des personnes tuées l'ont été lors de frappes israéliennes sur un immeuble dans la localité de Majdal Zoun, puis pendant l'opération de secours menée conjointement sur le site par des soldats et des secouristes, selon les autorités
  • La Défense civile a indiqué que ses trois membres étaient morts à Majdal Zoun "sous les décombres" après la frappe israélienne sur un immeuble. L'armée a, elle, fait état de deux soldats blessés

BEYROUTH: Huit personnes, dont trois secouristes de la Défense civile, ont été tuées mardi par des frappes israéliennes sur le sud du Liban, où Israël a par ailleurs annoncé avoir détruit un tunnel du Hezbollah menaçant le nord de son territoire.

Cinq des personnes tuées l'ont été lors de frappes israéliennes sur un immeuble dans la localité de Majdal Zoun, puis pendant l'opération de secours menée conjointement sur le site par des soldats et des secouristes, selon les autorités.

La Défense civile a indiqué que ses trois membres étaient morts à Majdal Zoun "sous les décombres" après la frappe israélienne sur un immeuble. L'armée a, elle, fait état de deux soldats blessés.

"Israël continue de violer les lois et conventions internationales qui protègent les civils" a dénoncé le président libanais, Joseph Aoun.

Les secouristes tués "participaient à une mission de secours et d'intervention d'urgence auprès des blessés d'une frappe aérienne israélienne visant un bâtiment (...) qui a également causé la mort de résidents civils", a-t-il détaillé.

Ailleurs, le ministère de la Santé a fait état d'une personne tuée et de 15 blessées, dont cinq enfants, dans une frappe israélienne sur Jwaya (sud).

Deux autres personnes ont été tuées et 13 blessées dans un bombardement israélien à Jibchit, toujours dans le sud, selon un premier bilan du ministère.

"Pas encore terminé" 

L'armée israélienne a de son côté annoncé avoir découvert et détruit deux tunnels du Hezbollah, d'une longueur totale de deux kilomètres, à la frontière des deux pays, utilisés selon elles par des unités d'élite du mouvement pro-iranien.

Celui-ci a rouvert un front contre Israël le 2 mars pour venger la mort du guide suprême Ali Khamenei, tué dans l'offensive israélo-américaine contre l'Iran.

Israël a riposté par des frappes meurtrières et déployé des troupes dans le sud du pays voisin.

Un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 17 avril mais les deux belligérants ont poursuivi les combats en s'accusant mutuellement de violer la trêve.

Selon une source militaire israélienne, l'installation souterraine détruite près de la frontière avait été "conçue, soutenue et financée par l'Iran" pour "lancer des raids contre les communautés israéliennes".

"Nous détruisons leur infrastructure terroriste, nous tuons plusieurs dizaines de leurs terroristes — et n'avons pas encore terminé", a commenté le Premier ministre, Benjamin Netanyahu.

L'explosion liée à la destruction du tunnel a creusé un "grand cratère" dans la ville de Qantara, selon les médias d'Etat libanais.

Au-delà de la "ligne jaune" 

L'armée israélienne avait ordonné plus tôt dans la journée l'évacuation "immédiate" de nouveaux villages dans le sud du Liban.

Peu après, l'agence de presse libanaise Ani a fait état de frappes aériennes sur ces zones.

Les villages concernés se trouvent au-delà de la zone de dix kilomètres de profondeur, délimitée par une "ligne jaune", que l'armée israélienne a établie il y a dix jours.

"Israël n'a aucune visée territoriale sur le Liban. Notre présence dans les zones situées le long de notre frontière nord n'a qu'un seul objectif: protéger nos citoyens", a affirmé le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar.

Au terme de l'accord de cessez-le-feu, Israël "se réserve le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques".

A trois reprises mardi, l'armée a déclaré avoir tenté d'intercepter "une cible aérienne suspecte" dans la zone où opéraient ses troupes, sans donner de précisions.

Elle a aussi affirmé que le Hezbollah avait lancé des drones "qui ont explosé à proximité de soldats", sans faire de blessés.

Un soldat israélien a été tué dimanche et un autre a été grièvement blessé lundi par des drones, selon l'armée.

Depuis le début de la guerre le 2 mars, plus de 2.500 personnes ont été tuées et quelque 7.800 blessées au Liban dans la campagne militaire israélienne, selon le ministère libanais de la Santé.

Côté israélien, 16 soldats ont été tués sur la période, d'après les autorités.


Reprise de la vie nocturne au Caire avec la fin des économies d'électricité

L'Egypte, fortement dépendante des importations de carburant, a été durement touchée par la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Egypte, fortement dépendante des importations de carburant, a été durement touchée par la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Les gens étaient déprimés", témoigne Ahmed Megahed, un retraité de 82 ans
  • "Avec la hausse des prix et les pressions au quotidien, rester à la maison chaque soir empirait les choses. Maintenant on peut sortir, respirer et se sentir à nouveau normal".

LE CAIRE: La célèbre vie nocturne du Caire a repris des couleurs mardi soir, avec la fin des mesures d'économie d'énergie qui avaient mis en pause l'habituelle frénésie de la mégalopole et forcé magasins, cafés et restaurants à fermer bien plus tôt, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

La guerre, accompagnée d'une flambée des prix de l'énergie, avait contraint la capitale égyptienne à réduire durant un mois sa consommation d'électricité.

Les fermetures fixées à 21h00 locales, puis repoussées à 23h00, avaient vidé les rues et créé un immense sentiment de frustration chez les commerçants et leurs clients.

Mais le gouvernement a levé les restrictions et les établissements peuvent de nouveau fermer leurs portes à 01h00 du matin. Quant aux magasins et centres commerciaux, ils sont désormais autorisés à rester ouverts jusqu'à 23h00 et minuit le week-end.

A Heliopolis, quartier chic de l'est, les familles ont envahi les rues avec leurs enfants, tandis que des groupes d'amis fumaient le narguilé.

"Les gens étaient déprimés", témoigne Ahmed Megahed, un retraité de 82 ans. "Avec la hausse des prix et les pressions au quotidien, rester à la maison chaque soir empirait les choses. Maintenant on peut sortir, respirer et se sentir à nouveau normal".

Pour s'assurer du respect des mesures d'économie d'énergie, des patrouilles de police menaçaient les noctambules récalcitrants d'amendes de 50.000 livres égyptiennes (environ 800 euros), voire de peines d'emprisonnement en cas de récidive.

Pour Wafaa Ahmed, 58 ans, propriétaire d'une boutique qui a vu son chiffre d'affaires chuter de 80%, l'assouplissement arrive à point nommé, "surtout à l'approche de la saison estivale".

"Personne ne fait ses courses le matin en été. Maintenant, les clients ont le temps", explique-t-elle, contente de la fin d'un "véritable désastre" pour les commerçants.

La ville de plus de 20 millions d'habitants est réputée pour son niveau sonore nocturne, alimenté par la circulation automobile, des marchés bondés ou encore des bateaux de fêtards illuminant le Nil.

L'Egypte, fortement dépendante des importations de carburant, a été durement touchée par la guerre au Moyen-Orient.

Selon le Premier ministre Moustafa Madbouly, la facture mensuelle d'importation d'énergie a plus que doublé entre janvier et mars, pour atteindre 2,5 milliards de dollars (2,1 millions d'euros). La livre égyptienne a perdu autour de 15% de sa valeur et l'inflation a atteint 13,6% en mars.

M. Madbouly a appelé à la mise en place de mesures incitatives pour accélérer la transition vers l'énergie solaire, tandis que le gouvernement a diffusé des campagnes télévisées appelant les consommateurs à réduire leur consommation d'électricité.

 


L'armée israélienne ordonne l'évacuation de nouveaux villages dans le sud du Liban

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  • Les habitants sont appelés à "évacuer immédiatement" leurs maisons et à se diriger vers le "district de Saïda", a-t-il ajouté
  • Les villages désignés se trouvent tous au-delà de la "ligne jaune" de démarcation que l'armée israélienne a établie il y a dix jours dans le sud du Liban pour, selon le gouvernement, assurer la sécurité des Israéliens

JERUSALEM: L'armée israélienne a ordonné mardi l'évacuation de nouveaux villages dans le sud du Liban, une annonce précédant généralement des frappes dans ce secteur.

Ce nouvel ordre d'évacuation survient alors qu'un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 17 avril entre le mouvement libanais pro-iranien Hezbollah et Israël, après un mois et demi de guerre. Les deux belligérants s'accusent de le violer.

"Avertissement urgent aux résidents du Liban se trouvant dans les villages et localités suivants", a indiqué sur X le porte-parole en arabe de l'armée israélienne, Avichay Adraee, énumérant une liste de 17 villages.

Les habitants sont appelés à "évacuer immédiatement" leurs maisons et à se diriger vers le "district de Saïda", a-t-il ajouté.

Les villages désignés se trouvent tous au-delà de la "ligne jaune" de démarcation que l'armée israélienne a établie il y a dix jours dans le sud du Liban pour, selon le gouvernement, assurer la sécurité des Israéliens.

Dans la bande de territoire située entre la frontière et cette ligne jaune, Israël affirme s'autoriser à effectuer des frappes contre le Hezbollah.

Depuis une semaine, l'armée israélienne affirme que le Hezbollah effectue régulièrement des tirs de drones explosifs vers ses positions.

Un soldat israélien a été tué dimanche et un autre grièvement blessé mardi par ces engins volants meurtriers, selon des communiqués publiés par l'armée.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a déclaré lundi que les roquettes et les drones du Hezbollah demeuraient un défi majeur, ajoutant qu'Israël poursuivrait ses frappes.

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre au Moyen-Orient le 2 mars en tirant des roquettes en direction d'Israël pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué dans l'attaque israélo-américaine contre l'Iran.