Un célèbre influenceur américain poursuivi après avoir déclenché un attroupement à New York

Des personnes se tiennent au-dessus du chariot d'un vendeur de rue pendant les émeutes provoquées par le streamer Twitch Kai Cenat, qui a annoncé un événement «givaway», à Union Square à New York, le 4 août 2023. (Photo Yuki Iwamura / AFP)
Des personnes se tiennent au-dessus du chariot d'un vendeur de rue pendant les émeutes provoquées par le streamer Twitch Kai Cenat, qui a annoncé un événement «givaway», à Union Square à New York, le 4 août 2023. (Photo Yuki Iwamura / AFP)
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Publié le Dimanche 06 août 2023

Un célèbre influenceur américain poursuivi après avoir déclenché un attroupement à New York

  • Kai Cenat, créateur de contenus de 21 ans, a déclenché vendredi le rassemblement de près de 5.000 jeunes selon des médias américains, avec des promesses de cadeaux comme des consoles PlayStation 5
  • Mais la rencontre a dégénéré à mesure que les lieux se gorgeaient de monde, certains jeunes commençant à jeter des objets provenant d'un chantier proche vers d'autres participants ou la police

NEW YORK : Le célèbre streameur-influenceur Kai Cenat, quelque quatre millions d'abonnés sur YouTube, a été inculpé de rébellion samedi parmi d'autres chefs, après avoir provoqué la veille un attroupement à Manhattan qui a dégénéré en violences, a annoncé la police new-yorkaise.

Kai Cenat, créateur de contenus de 21 ans, a déclenché vendredi le rassemblement de près de 5.000 jeunes selon des médias américains, avec des promesses de cadeaux comme des consoles PlayStation 5.

Il a été inculpé de rébellion, d'incitation à l'insurrection et de rassemblement illégal, a précisé à l'AFP un porte-parole de la police de New York. Quatre autres personnes ont été inculpées.

Environ un millier d'agents ont été déployés pour contenir l'attroupement, qui a fait des blessés.

Cenat, très populaire sur YouTube (4,1 millions d'abonnés) et sur la plateforme de diffusion Twitch (6,5 millions de «followers»), avait appelé ses fans à venir le retrouver à Union Square, dans le sud de Manhattan, pour un événement filmé en direct, lors duquel il avait promis de distribuer des consoles et d'autres cadeaux.

Mais la rencontre a dégénéré à mesure que les lieux se gorgeaient de monde, certains jeunes commençant à jeter des objets provenant d'un chantier proche vers d'autres participants ou la police.

Les télévisions ont aussi montré des individus entourant et bloquant des véhicules et grimpant sur le toit d'un SUV noir.

«J'ai personnellement vu des jeunes gens marcher en saignant de la tête et du visage, j'ai vu des jeunes pris de crises de panique, d'angoisse et d'asthme (...) C'était hors de contrôle», a déclaré le chef de la police de New York (NYPD) Jeffrey Maddrey, lors d'un très bref point de presse dans le quartier.

«Il nous a fallu un moment pour reprendre le contrôle et beaucoup de jeunes gens ont été blessés», a déploré l'officier de police.


Malak Mattar vise à sensibiliser Gaza avec l’exposition de Venise

Malak Mattar espère faire la lumière sur les atrocités qui se déroulent dans sa ville natale de Gaza sur la scène internationale. (Fournie)
Malak Mattar espère faire la lumière sur les atrocités qui se déroulent dans sa ville natale de Gaza sur la scène internationale. (Fournie)
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  • L’artiste palestinienne espère que son exposition à Venise, coïncidant avec la biennale, sensibilisera davantage aux horreurs perpétrées à Gaza
  • Elle est consciente que ses œuvres pourraient susciter la controverse. C’est généralement le cas à la Biennale, qui est réputée pour aborder les questions sociopolitiques et dont le thème cette année est « Les étrangers partout ». 

DUBAÏ : Dans le monde de l’art cette semaine, tous les regards seront tournés vers Venise. La ville italienne inaugurera la 60e édition de sa biennale éponyme, sans doute l’événement artistique le plus prestigieux au monde, le 20 avril. Parallèlement à la biennale, une exposition intime du peintre palestinien Malak Mattar sera inaugurée, qui espère faire la lumière sur les atrocités qui se déroulent dans sa ville natale de Gaza sur la scène internationale. 

Les parents de Mattar et deux frères et sœurs plus jeunes ont récemment été évacués en toute sécurité de Gaza vers l’Égypte. « Un fardeau a été levé, mais j’y ai encore des membres de ma famille », explique-t-elle à Arab News depuis Alexandrie, où elle a été réunie avec sa famille. « Les six derniers mois ont été un cauchemar, pour être honnête. La situation dure depuis si longtemps parce que les gens sont devenus engourdis et désensibilisés. » 

Ce ne sera pas la première fois que Mattar, 24 ans, expose son travail en Italie, mais son exposition à la galerie Ferruzzi de Venise lors de l’ouverture de la biennale est une étape importante de sa carrière, qui va de force en force.  
 

"Prématurément volé",  “Prematurely Stolen,” 2023. (Anthony Dawton)
“Prematurely Stolen,” 2023. (Anthony Dawton)

« C’est peut-être l’exposition la plus importante que j’aie jamais faite de ma vie », dit-elle. Tout a commencé par une rencontre fortuite lors de sa précédente exposition à Londres. 

Dyala Nusseibeh, directrice d’Abu Dhabi Art et figure éminente de la scène artistique régionale, était présente et a ensuite proposé au jeune artiste de monter une exposition à Venise. « Je lui ai dit : « Bien sûr, faisons-le. » J’étais si heureuse », se souvient-elle. « Je suis reconnaissante à Dyala d’avoir rendu cela possible en peu de temps. » 

Son exposition, qui se déroule jusqu’au 14 juin, s’intitule « The Horse Fell off the Poem ». Il présente une peinture à grande échelle et sept dessins au fusain plus petits, montrant des images poignantes de victimes. Le titre de l’émission est basé sur l’une des œuvres du poète et écrivain de résistance palestinien Mahmoud Darwish.

"Route de la mort", "Death Road"
  "Route de la mort " "Death Road"2023. (Anthony Dawton)

« (Darwish) fait partie de notre identité individuelle et collective, dit Mattar. Nous avons grandi avec ses poèmes, sa voix et son histoire. Il était si proche de nous, comme un membre de la famille. Je me souviens encore de son décès (en 2008) et c’était vraiment difficile. Ses poèmes sont intemporels et vous pouvez toujours vous y identifier, surtout maintenant. » 

Auparavant appelée « Last Breath », la peinture à grande échelle a été rebaptisée « No Words ». L’image en noir et blanc représente des scènes infernales et troublantes de perte, de chaos, de détérioration et de mort. Mattar ne se retient pas.  

« Le cheval a un symbolisme et une place dans l’époque actuelle de la guerre », a déclaré Mattar à Arab News. « Son rôle n’est plus de transporter des fruits et des légumes, mais d’être une ambulance. Il y a une force et une dureté pour un cheval, et c’est ainsi que je vois Gaza; je ne vois pas cela comme un point faible. Dans ma mémoire, je pense que c’est un endroit qui aime la vie. Il se remet toujours sur pied après chaque guerre. » 

« Je vois des oiseaux » ,"I see birds" 2024  (Anthony Dawton)
 « Je vois des oiseaux », " I see birds" 2024  (Anthony Dawton)

Elle est consciente que ses œuvres pourraient susciter la controverse. C’est généralement le cas à la Biennale, qui est réputée pour aborder les questions sociopolitiques et dont le thème cette année est « Les étrangers partout ». 

« Toute réaction est bonne, qu’elle soit négative ou positive, dit M. Mattar. Si le travail ne suscite aucune réaction, alors le travail n’est pas efficace. » 

Mattar pense que ses œuvres sont exposées à un moment où la liberté d’expression sur la Palestine est limitée, ce qui a également affecté le monde de l’art. Au cours des derniers mois, une exposition universitaire américaine d’œuvres de l’artiste palestinienne vétéran Samia Halaby a été annulée, la maison de vente aux enchères Christie’s a retiré quelques peintures du peintre libanais Ayman Baalbaki d’une vente (l’une d’elles représentait un homme dans un keffiyeh rouge et blanc), et il y a eu des appels du grand public pour annuler le pavillon national israélien à la Biennale de Venise. 

« Le monde de l’art est si noir et blanc, dit Mattar. Il n’y a pas de liberté d’expression. Il y a toujours des contraintes. Il est donc important que « No Words » soit présenté (au même endroit et en même temps) à la Biennale. Le génocide se poursuit. Ce n’est pas fini. (Ces œuvres) ne sont pas le reflet d’une époque qui s’est déjà produite - cela se passe en ce moment. Le meilleur moment pour le leur montrer est maintenant. » 

 

 

 

 


Chants, danses et Coran: en Ethiopie, la ville d'Harar célèbre Shuwalid, festival séculaire

Des jeunes femmes vêtues d'habits traditionnels se reposent après un défilé lors de la célébration du festival Shuwalid à Harar, le 16 avril 2024. (Photo Michele Spatari AFP)
Des jeunes femmes vêtues d'habits traditionnels se reposent après un défilé lors de la célébration du festival Shuwalid à Harar, le 16 avril 2024. (Photo Michele Spatari AFP)
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  • Shuwalid - «fête de Shuwal», mois du calendrier musulman succédant à celui de Ramadan - marque la fin de six jours supplémentaires de jeûne observés par certains musulmans à l'issue du mois sacré
  • Sur la scène dressée sur chacune des deux placettes, des membres des mosquées, vêtus de blanc, scandent joyeusement en choeur les sourates

HARAR, Ethiopie : Psalmodiant des sourates au rythme obsédant des tambours, hommes, femmes et enfants dansent en tapant des mains. Les habitants d'Harar, ville fortifiée d'Ethiopie figée dans le temps, célèbrent Shuwalid, fête gardienne des traditions séculaires toujours vivantes de cette petite communauté.

Shuwalid - «fête de Shuwal», mois du calendrier musulman succédant à celui de Ramadan - marque la fin de six jours supplémentaires de jeûne observés par certains musulmans à l'issue du mois sacré.

Mardi soir, les placettes autour des deux sanctuaires au centre des festivités, à l'intérieur des murailles qui enserrent la vieille ville depuis le XVIe siècle, étaient noires de monde pour le premier Shuwalid depuis son inscription fin 2023 au patrimoine culturel immatériel de l'humanité de l'Unesco.

Sur la scène dressée sur chacune des deux placettes, des membres des mosquées, vêtus de blanc, scandent joyeusement en choeur les sourates.

Ils commencent à balancer en rythme le haut du corps. Plusieurs se lèvent et dansent.

Au pied de la scène, une partie de la foule reprend les chants, certains accompagnent le rythme du tambour en entrechoquant des plaquettes de bois. Des groupes de femmes dansent.

- Recherche de fiancé -

Les Harari se revendiquent du soufisme, courant mystique de l'islam qui se veut une voie spirituelle vers Dieu. Les soufi pratiquent le Zikir, répétitions de formules du Coran qui peuvent être notamment révisées, chantées et dansées.

«Shuwalid fait partie de nos traditions», sourit Aïcha Abdurahman, institutrice de 19 ans dont les mains sont décorées au henné, qui aime revêtir les habits traditionnels, «les chants, les danses». «Cela permet aussi de nous voir», notamment les Harari vivant hors de la ville: «Les gens viennent de partout».

«Cette année, Shuwalid est spécial, c'est le premier depuis son inscription par l'Unesco. Cela nous rend très heureux et très fiers», dit-elle.

Les femmes attirent particulièrement les regards avec leurs tuniques et voiles brodés de couleurs ou de brillants, le front ceint de parures étincelantes.

Les jeunes ont apporté un soin particulier à leur apparence. Car la tradition veut que Shuwalid soit aussi l'occasion de repérer et faire connaissance avec un(e) possible fiancé(e).

«Cela remonte au temps où jeunes garçons et filles étaient strictement séparés. Aujourd'hui, ils se connaissent déjà, mais la tradition perdure», explique Abdul Ahmed, guide et fin connaisseur de l'histoire de la ville et de ses traditions.

«Ce soir, on va chercher un fiancé, souhaitez-nous bonne chance», rigole Iman Mohamed, 20 ans, accompagnée de sa copine Gizman Abdulaziz du même âge: «Shuwalid, c'est le moment où garçons et filles font connaissance, c'est une opportunité une fois dans l'année. C'est pour cela qu'on s'est faite belle».

- 82 mosquées -

Quelques heures avant, des habitants de Harar Jugol - nom de la partie fortifiée de la ville d'Harar qui s'étend désormais au-delà des murailles - s'affairaient aussi à raviver de couleurs pastel certains murs chaulés de ses 368 étroites ruelles.

Située à 500 km à l'est de la capitale Addis Abeba, Harar Jugol est elle-même listée au Patrimoine mondial de l'Unesco.

Outre ses 82 mosquées - dont trois du Xe siècle - et ses 102 sanctuaires sur moins d'un demi kilomètre carré, elle est le témoin préservé de traditions urbanistiques africaines et islamiques.

On y trouve encore de nombreuses maisons traditionnelles harari dont «la conception intérieure est exceptionnelle», note l'Unesco. Elles sont constituées d'une seule pièce en escalier de deux ou trois larges marches, les plus âgés s'installant sur la partie la plus haute. Une mezzanine sert de couchage.

Capitale d'un royaume au XVIe siècle, puis émirat indépendant, longtemps carrefour commercial, Harar n'a été intégrée à l'Ethiopie qu'en 1887.

La vieille ville a peu changé au cours de son histoire. A la fin du XIXe siècle, des commerçants indiens ont bâti des demeures à véranda de bois venues s'ajouter à l'identité urbaine de la vieille ville.

Les Harari - une infime minorité des quelque 120 millions d'Ethiopiens - ont su maintenir leurs traditions et «l'organisation des communautés sur la base de systèmes traditionnels leur a permis de préserver leur héritage social et matériel, et notamment la langue harari», souligne l'Unesco.

Les célébrations ont continué toute la nuit et dans la matinée.


Wadi AlFann ouvre la Biennale d’art de Venise avec le lancement du livre

Wadi AlFann, AlUla. (Fournie)
Wadi AlFann, AlUla. (Fournie)
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DUBAÏ : Wadi AlFann, la nouvelle destination culturelle majeure de l’Arabie saoudite pour l’art, le design et la performance, présente une exposition intitulée « Journeys in Land Art, Towards Wadi AlFann, AlUla » lors de la 60e Exposition internationale d’art de La Biennale di Venezia.

L’exposition met en vedette les cinq premiers artistes commandés pour Wadi AlFann : Manal Al-Dowayan, Agnes Denes, Michael Heizer, Ahmed Mater et James Turrell.

Le 19 avril, Wadi AlFann Publications lance également des livres de Al-Dowayan et de l’artiste américain Mark Dion intitulés « Oasis of Stories » et « The Desert Field Guide ».

Le duo animera une table ronde pour approfondir leurs livres, explorer comment la participation est fondamentale pour leur pratique ainsi que de fournir des idées sur le désert.

Wadi AlFann, AlUla. (Fournie)
Wadi AlFann, AlUla. (Fournie)

Pendant ce temps, une série de rendus, de dessins, de maquettes et d’interviews, y compris des dessins recueillis par Al-Dowayan - l’artiste représentant l’Arabie saoudite à la Biennale di Venezia 2024 - à travers ses ateliers participatifs avec des communautés à travers AlUla, Ils sont exposés lors de l’événement à Venise.

Une série d’études de Mater révélant les plans de l’artiste pour sa commission Wadi AlFann intitulée « Ashab Al-Lal » sont également exposées.

L’installation, inspirée par les penseurs scientifiques et philosophiques de l’âge d’or islamique, vise à explorer l’espace mythique entre imagination subjective et réalité objective.

Nora Al-Dabal, directrice exécutive des arts et des industries créatives à la Commission royale pour AlUla, a déclaré dans un communiqué : « Nous sommes ravis de présenter Wadi AlFann à Venise, lors de la 60e Exposition internationale d’art de la Biennale di Venezia, à travers la vitrine Wadi AlFann. »

Elle a ajouté : « Cela donne un aperçu du voyage vers la nouvelle destination mondiale du land art d’AlUla. Les initiatives artistiques visionnaires comme Wadi AlFann jouent un rôle crucial dans la stratégie de développement d’AlUla, et nous ne pouvons pas attendre que vous le voyiez en personne. »

Des visites guidées seront disponibles à la biennale du 18 au 20 avril et du 25 au 27 avril.

Wadi AlFann apportera des œuvres d’art fascinantes du monde entier à AlUla, la région désertique du nord-ouest de l’Arabie saoudite imprégnée de milliers d’années de patrimoine naturel, historique et culturel.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com