Afrique de l'Ouest et Sahel: pourquoi une recrudescence des coups d'État ?

L'Afrique semblait se diriger vers un régime civil doté d’institutions démocratiques et d’un système plus responsable et participatif. Après les récents coups d'État, ces acquis durement gagnés paraissent menacés. (AFP).
L'Afrique semblait se diriger vers un régime civil doté d’institutions démocratiques et d’un système plus responsable et participatif. Après les récents coups d'État, ces acquis durement gagnés paraissent menacés. (AFP).
Mohamed Toumba, l'un des soldats qui ont renversé le président nigérien Mohamed Bazoum, s'adresse aux partisans de la junte au pouvoir au Niger, à Niamey, le 6 août 2023. (Photo AP/fichier)
Mohamed Toumba, l'un des soldats qui ont renversé le président nigérien Mohamed Bazoum, s'adresse aux partisans de la junte au pouvoir au Niger, à Niamey, le 6 août 2023. (Photo AP/fichier)
Des partisans de la junte au pouvoir au Niger se rassemblent à Niamey le 3 août 2023, au début d'une manifestation qui appelle à lutter pour la liberté du pays et à s'opposer à l'ingérence étrangère. (Photo AP/fichier)
Des partisans de la junte au pouvoir au Niger se rassemblent à Niamey le 3 août 2023, au début d'une manifestation qui appelle à lutter pour la liberté du pays et à s'opposer à l'ingérence étrangère. (Photo AP/fichier)
Des partisans de la junte nigérienne participent à une manifestation devant une base de l'armée française à Niamey, au Niger, le 11 août 2023. (Reuters)
Des partisans de la junte nigérienne participent à une manifestation devant une base de l'armée française à Niamey, au Niger, le 11 août 2023. (Reuters)
Des partisans de la junte nigérienne participent à une manifestation devant une base de l'armée française à Niamey, au Niger, le 11 août 2023. (Reuters)
Des partisans de la junte nigérienne participent à une manifestation devant une base de l'armée française à Niamey, au Niger, le 11 août 2023. (Reuters)
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Publié le Vendredi 18 août 2023

Afrique de l'Ouest et Sahel: pourquoi une recrudescence des coups d'État ?

  • Le Niger, dernier pays de la région à connaître un coup d'État militaire, accuse un recul démocratique plus important
  • Les experts attribuent cette tendance aux griefs historiques, aux tensions ethniques, aux disparités économiques et aux influences extérieures

NAIROBI: Dans la vaste étendue semi-aride du Sahel de l'Afrique de l'Ouest, une série de coups d'État militaires a porté un coup dur à la stabilité politique et à la transformation démocratique de la région et a consacré une nouvelle ère d'incertitude et d'insécurité.

Le coup d'État du 26 juillet au Niger, le dernier en date dans la région, au cours duquel la garde présidentielle a chassé le président démocratiquement élu, Mohamed Bazoum, a été rapidement condamné par la communauté internationale, notamment par l'Union africaine et par la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest.

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Le président nigérien Mohamed Bazoum, que l'on voit ici s'adresser à la 77e session de l'Assemblée générale des nations unies, le 22 septembre 2022, est en détention depuis que des gardes présidentiels l'ont renversé, à la fin du mois dernier. (Reuters/photo fichier).

Des sanctions ont été prises à l'encontre de la nouvelle junte au pouvoir, dirigée par le général Abdourahamane Tchiani, mais les espoirs de voir revenir Bazoum au pouvoir s'amenuisent de jour en jour.

Le coup d'État a soulevé des questions sur la viabilité des transitions démocratiques en Afrique et sur la trajectoire des mouvements politiques dans la région.

La réalité, troublante, est que ces prises de pouvoir militaires ont fait dérailler les progrès démocratiques que de nombreuses nations africaines avaient laborieusement accomplis au cours de plusieurs décennies.

Avant cette récente vague de coups d'État, le continent semblait s'acheminer vers un régime civil doté d'institutions démocratiques et d'un système plus responsable et participatif. Ces acquis durement gagnés paraissent aujourd'hui menacés.

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Les combattants du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert, que l'on voit sur cette photo publiée en août 1971, ont entamé une rébellion armée depuis 1956 pour l'indépendance de la République de Guinée-Bissau, une colonie portugaise. (Xinhua/AFP)

Après une baisse du nombre de coups d'État en Afrique depuis 2000, le Mali est devenu une exception avec la prise du pouvoir par les militaires en 2020.

Cependant, l'année 2021 a connu une augmentation significative de prises de pouvoir militaires, avec des coups d'État ou des tentatives au Tchad, en Guinée, au Soudan et au Niger. En 2022, cinq tentatives de coup d'État ont eu lieu, dont deux ont été couronnées de succès au Burkina Faso.

Les implications de ces événements dépassent les frontières des pays concernés. Elles provoquent une onde de choc sur l'ensemble du continent et suscitent des inquiétudes quant à la fragilité de la gouvernance démocratique en Afrique face à plusieurs menaces existentielles.

La communauté internationale s’attend désormais, avec un sentiment mélangé de consternation et d'appréhension, à ce que les interventions militaires deviennent plus fréquentes, ce qui met en doute la stabilité à long terme de nombreuses nations africaines.

Alors que les pays voisins et les institutions régionales doivent affronter les conséquences de ces coups d'État, il est essentiel de comprendre les défis singuliers qui attendent les nations africaines, en particulier celles de la région du Sahel.

Les experts estiment qu'il est important de s'attaquer aux causes profondes de l'instabilité politique, telles que les disparités socio-économiques, les menaces sécuritaires et l'héritage historique. Ils considèrent en outre que la coopération régionale et internationale doit jouer un rôle essentiel dans le soutien au rétablissement de la gouvernance démocratique et dans la prévention d’interventions militaires.

«Les récents coups d'État observés en Afrique sont orchestrés par des militaires opportunistes qui exploitent les vulnérabilités d’institutions faibles ainsi que les conditions de vie très précaires de leurs nations», explique à Arab News Gbenga Erin, un analyste de la Cédéao qui vit au Nigeria.

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Depuis que les pays d'Afrique de l'Ouest ont accédé à l'indépendance, le sous-développement économique et les griefs attribués par certains à la domination coloniale ont contribué à des coups d'État militaires successifs. (Fichier AFP).

Sur l'ensemble du continent, il existe un large consensus sur le fait que la démocratie offre la structure de gouvernance la plus favorable et qu'elle mérite d'être sauvegardée, ajoute-t-il.

Néanmoins, les problèmes persistants du terrorisme, de la corruption, de la médiocrité des infrastructures et de divers obstacles socio-économiques ont pour conséquence qu'une grande partie de la population africaine a essentiellement connu des degrés variés de privation.

Ces problèmes ont toujours servi de prétexte aux auteurs de coups d'État.

Les tendances démographiques ne font qu'amplifier ces défis. Le Niger est le pays dont la population croît le plus rapidement au monde – à un rythme supérieur à 3% par an.

La région du Sahel, où se déroulent ces incidents, compte actuellement environ 354 millions d'habitants, et la population de certains de ces pays devrait doubler, au minimum, d'ici à 2050.

D'ici là, l'Afrique comptera 40% de la population mondiale des jeunes âgés de 15 à 24 ans, ce qui entraînera dans les écoles et les universités une augmentation de la taille des classes qui dépassera la formation des enseignants.

Par conséquent, les jeunes entrent sur le marché du travail à un rythme bien supérieur à celui de la croissance des emplois disponibles.

Infographie tirée du document de discussion du groupe de la Banque mondiale, août 2016.

Les analystes estiment que l'incapacité des gouvernements régionaux à répondre aux attentes fondamentales de leurs populations telles que l'emploi, la sécurité physique, l'éducation et les soins de santé a contribué à la récente vague de coups d'État militaires.

«Les populations locales de ces pays attendent souvent beaucoup de l'amélioration de la gouvernance, du développement économique et de la sécurité», confie à Arab News Ovigwe Eguegu, analyste politique qui vit au Nigeria.

«En revanche, lorsque ces attentes ne sont pas satisfaites, le gouvernement en place peut susciter de la frustration, ce qui conduit certains à soutenir les interventions militaires qui promettent un changement.»

Alex de Waal, chercheur britannique spécialisé dans la politique des élites africaines, a fait valoir dans un article récent pour The New York Times que la réponse des pays développés était loin d'être adéquate.

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Un marchand ambulant attend des clients à Niamey, au Niger, le 14 août 2023. (Photo AP)

Selon lui, de nombreux pays d'Europe et du Moyen-Orient se sont plutôt concentrés sur la dissuasion des migrants de quitter l'Afrique plutôt que sur la création d'emplois qui les encourageraient à rester.

L'évaluation des progrès démocratiques en Afrique révèle un tableau contrasté de réussites et d'échecs. Malgré certaines avancées, le continent fait souvent un pas en avant et deux pas en arrière.

Des élections régulières coexistent avec des reculs démocratiques, l'institutionnalisation des partis politiques avec une corruption endémique, les libertés politiques avec des contraintes et des inégalités.

«Un grand nombre de ces gouvernements n'assurent pas les prétendus bénéfices de la démocratie tels que la sécurité, la prospérité économique, la protection des vies et des biens», indique à Arab News le Nigérian Christopher Ogunmodede, expert en affaires étrangères.

«Il ne suffit pas de faire la morale aux gens en leur expliquant pourquoi la démocratie est parfaite, etc. Les gens estiment volontiers qu'ils devraient avoir un gouvernement civil […], mais ils sont aussi convaincus que si les gouvernements civils ne fonctionnent pas, ils devraient être démis de leurs fonctions très rapidement.»

Pour Fidel Amakye Owusu, analyste ghanéen spécialiste des relations internationales et de la sécurité, les démocraties africaines doivent se réformer si elles veulent réussir.

«Les pays africains ont un besoin urgent de réformes pour renforcer la confiance et la légitimité des élections, alors que la corruption demeure un problème critique». Toutefois, seuls les gouvernements démocratiques sont en mesure d'améliorer la situation sur le terrain et de lutter contre l'extrémisme, précise-t-il à Arab News.

Cet homme se trouve devant un magasin situé dans la banlieue de Niamey, au Niger, le 14 août 2023. Les prises de pouvoir au Sahel sont liées à l'incapacité de nombreux gouvernements de la région d’assurer les prétendus bénéfices de la démocratie tels que la sécurité, la prospérité économique et la protection des vies et des biens. (AF/fichier)

Dans le même temps, les conditions dans lesquelles l'opposition politique peut demander des comptes aux partis au pouvoir n'ont pas toujours été propices au maintien de l'ordre politique démocratique, ce dont les acteurs armés peuvent tirer parti.

Par exemple, avant le coup d'État au Niger, la participation démocratique était relativement restreinte, explique M. Ogunmodede. Ce dernier évoque le cas du mouvement M26, qui était composé de plusieurs groupes de la société civile.

En 2022, le M26 a été empêché d'organiser une manifestation contre l'opération Barkhane, une mission française de contre-insurrection dans la région du Sahel, ce qui l'a contraint à se limiter à une campagne sur les médias sociaux.

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Des partisans de la junte nigérienne participent à une manifestation devant une base de l'armée française à Niamey, au Niger, le 11 août 2023. Les restrictions imposées aux groupes de la société civile nigérienne les auraient incités à soutenir le complot des militaires qui visait à renverser le gouvernement démocratiquement élu du pays. (Reuters/Mahamadou Hamidou).

Les analystes estiment que les réseaux sociaux ont permis la diffusion de fausses informations et de désinformations au sujet de la situation sécuritaire, sapant ainsi la confiance dans les institutions démocratiques de la région.

Alors que les commentateurs des médias sociaux affirment que la situation sécuritaire ne s'améliore pas, les experts considèrent que les opérations de lutte contre l'extrémisme menées par le Niger sont globalement plus efficaces que celles des autres pays de la région.

Beatrice Bianchi, experte du Sahel auprès de la Fondation Med-Or, un groupe de réflexion italien, qualifie les réseaux sociaux de «vecteurs de désinformation» dans les pays du Sahel. «Cela a augmenté les tensions, en particulier chez les jeunes, et cela a radicalisé les gens», explique-t-elle à Arab News.

Après avoir assisté au coup d'État dans la capitale Niamey, Mme Bianchi estime que les manifestations de soutien à la junte ne peuvent être considérées comme représentatives de la majorité de la population.

«La junte a violemment écrasé les manifestants anti-coup d'État puis elle a appelé d'autres personnes à venir les soutenir. Il ne s'agissait pas de manifestations spontanées au départ», indique-t-elle.

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Les forces de sécurité nigériennes lancent des gaz lacrymogènes pour disperser des manifestants en faveur de la junte qui s’étaient rassemblés devant l'ambassade de France à Niamey, le 30 juillet 2023. (Reuters).

Par ailleurs, jouer la carte de l'anticolonialisme peut être un outil politique très efficace, souligne M. Eguegu, car «l'héritage du colonialisme continue de ponctuer les discours dans tous ces pays».

«La lutte pour la décolonisation, associée aux inquiétudes relatives à l'influence étrangère, est un facteur important dans le paysage politique, tandis que la présence d'installations militaires étrangères destinées à combattre les extrémistes, les intérêts géopolitiques et les stratégies de sécurité régionale ajoute à la complexité de la situation», estime M. Eguegu.

Malgré les turbulences politiques observées en Afrique de l'Ouest, M. Owusu, l'expert ghanéen, insiste sur le fait que «le destin de l'Afrique est lié à celui de ses démocraties» et que «les peuples du continent méritent des dirigeants qui accordent la priorité à leur bien-être, promeuvent une gouvernance responsable et défendent les principes de la démocratie».

Par conséquent, la résurgence des coups d'État militaires nous rappelle de manière brutale que ces idéaux ne sont pas encore pleinement réalisés et qu’un effort commun est nécessaire pour protéger et nourrir les aspirations démocratiques des nations africaines.

C’est à cette condition que nous pourrons garantir que l'avenir du continent sera fait de progrès, de prospérité et d'une véritable représentation démocratique.

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


Les négociations entre l'Iran et les Etats-Unis vont démarrer en Suisse

Le vice-président américain JD Vance est arrivé en Suisse dimanche, atterrissant à la base aérienne d’Emmen à 5 h 59 (03 h 59 GMT), selon son porte-parole. (AFP)
Le vice-président américain JD Vance est arrivé en Suisse dimanche, atterrissant à la base aérienne d’Emmen à 5 h 59 (03 h 59 GMT), selon son porte-parole. (AFP)
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  • Les négociations américano-iraniennes s’ouvrent en Suisse dans un contexte tendu, marqué par la poursuite des violences au Liban et des divergences sur l’application du protocole d’accord, notamment sur le nucléaire et un cessez-le-feu
  • L’escalade régionale s’intensifie avec la fermeture annoncée du détroit d’Ormuz par l’Iran, tandis que les États-Unis appellent à la retenue et poursuivent les discussions diplomatiques

BURGENSTOCK: Les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran pour trouver une paix durable au Moyen-Orient doivent débuter dimanche matin dans un hôtel de luxe des Alpes suisses, quatre jours après la signature d'un protocole d'accord, déjà malmené, pour mettre fin aux hostilités.

Ces pourparlers, centrés sur le programme nucléaire iranien, sont prévus pour une durée renouvelable de 60 jours. Avant même qu'ils ne commencent, les écueils se sont accumulés, avec la poursuite des combats au Liban malgré une clause de l'accord-cadre prévoyant la fin des hostilités sur tous les fronts, et l'annonce par Téhéran d'une nouvelle fermeture du détroit d'Ormuz en représailles.

Sur le front libanais, des frappes israéliennes ont fait au moins 30 morts samedi dans l'est et le sud du Liban, avant une accalmie constatée par un correspondant de l'AFP en fin de journée, lorsque l'armée israélienne a reçu l'ordre de cesser les affrontements avec le Hezbollah pro-iranien.

Les pourparlers débuteront dans le courant de la matinée, a annoncé la diplomatie suisse, précisant que la délégation américaine, dirigée par le vice-président américain JD Vance, et la délégation iranienne, menée par le président du Parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf, étaient arrivées à l'hôtel de luxe de Bürgenstock, surplombant le lac de Lucerne, site des discussions. Les pays médiateurs, le Pakistan et le Qatar, sont également sur place.

Arrivée samedi soir, la délégation iranienne compte aussi, selon la télévision d'Etat iranienne, le chef de la diplomatie Abbas Araghchi et le gouverneur de la Banque centrale Abdolnaser Hemmati.

Les discussions devraient durer "quelques jours", a affirmé JD Vance à la presse samedi soir, ajoutant qu'il ne pourrait rester en Suisse "qu'un jour ou deux".

"J'espère qu'on va faire des progrès sur la question nucléaire et sur la question du cessez-le-feu au Liban. Ce sont les deux points principaux sur lesquels je pense que nous allons nous concentrer", a-t-il déclaré.

L'émissaire Steve Witkoff et le gendre du président Donald Trump, Jared Kushner, se trouvent également en Suisse, selon JD Vance.

Les pourparlers sont censés mener à un accord final pour mettre un terme au conflit au Moyen-Orient, déclenché par des frappes israélo-américaines sur l'Iran le 28 février. Les hostilités ont causé des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban, et ébranlé l'économie mondiale.

- Protocole "en danger" -

Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a toutefois prévenu samedi les Etats-Unis que le protocole d'accord serait "en danger" si ses clauses n'étaient pas appliquées rapidement, en référence à la situation au Liban.

Le conseiller militaire du guide suprême iranien, Mohsen Rezaei, a lui appelé à la prudence face à tout "optimisme", affirmant sur X que "l'ennemi a montré qu'il ne tenait pas ses promesses".

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre au Moyen-Orient par des tirs de roquettes sur Israël pour venger la mort du guide suprême iranien, tué au début de la guerre.

Depuis, les opérations israéliennes au Liban ont fait 4.057 morts, selon le dernier bilan, samedi, du ministère libanais de la Santé.

L'armée israélienne a annoncé pour sa part qu'un de ses soldats avait été tué samedi dans le sud du Liban, portant à 36 le nombre de ses pertes depuis le début du conflit. Elle a précisé samedi que ses troupes ne mèneraient "pas de frappes proactives", mais qu'elles opéreraient "de manière défensive" au sein de la bande territoriale du sud du Liban occupée par Israël.

Avant son départ pour la Suisse, le vice-président américain a assuré que la situation "s'améliore" au Liban.

"Le gros problème, c'est que vous allez avoir quelqu'un qui va commencer à tirer et ensuite quelqu'un va répondre, et donc vous avez en quelque sorte ce problème de l'oeuf et de la poule où il faut réussir à arrêter les tirs suffisamment longtemps pour que le cessez-le-feu tienne, c'est ce qu'on essaie de faire", a-t-il dit.

- Ormuz fermé -

Après les nouveaux affrontements au Liban, le commandement central de l'armée iranienne a annoncé que "le détroit d'Ormuz serait fermé au trafic maritime", une "première mesure en réponse à la violation des engagements par l'ennemi". Il a menacé "d'autres mesures" si nécessaire "pour contraindre l'ennemi à respecter ses obligations".

La réouverture du détroit a constitué l'un des points clés du protocole d'accord américano-iranien. L'Iran avait verrouillé au début de la guerre cette voie maritime stratégique par laquelle transitaient auparavant quelque 20% des hydrocarbures mondiaux, provoquant une flambée des cours du pétrole.

Après l'annonce par l'Iran de sa nouvelle fermeture, le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a indiqué que ses forces demeuraient "vigilantes". Selon lui, 55 navires marchands ont franchi le détroit de manière sûre samedi.

Téhéran a également évoqué la possible mise en place de "frais" de service maritime pour les navires voulant y transiter. Le président américain Donald Trump a lui aussi menacé d'appliquer un péage dans le détroit en cas d'échec des discussions avec l'Iran.


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.