Afrique de l'Ouest et Sahel: pourquoi une recrudescence des coups d'État ?

L'Afrique semblait se diriger vers un régime civil doté d’institutions démocratiques et d’un système plus responsable et participatif. Après les récents coups d'État, ces acquis durement gagnés paraissent menacés. (AFP).
L'Afrique semblait se diriger vers un régime civil doté d’institutions démocratiques et d’un système plus responsable et participatif. Après les récents coups d'État, ces acquis durement gagnés paraissent menacés. (AFP).
Mohamed Toumba, l'un des soldats qui ont renversé le président nigérien Mohamed Bazoum, s'adresse aux partisans de la junte au pouvoir au Niger, à Niamey, le 6 août 2023. (Photo AP/fichier)
Mohamed Toumba, l'un des soldats qui ont renversé le président nigérien Mohamed Bazoum, s'adresse aux partisans de la junte au pouvoir au Niger, à Niamey, le 6 août 2023. (Photo AP/fichier)
Des partisans de la junte au pouvoir au Niger se rassemblent à Niamey le 3 août 2023, au début d'une manifestation qui appelle à lutter pour la liberté du pays et à s'opposer à l'ingérence étrangère. (Photo AP/fichier)
Des partisans de la junte au pouvoir au Niger se rassemblent à Niamey le 3 août 2023, au début d'une manifestation qui appelle à lutter pour la liberté du pays et à s'opposer à l'ingérence étrangère. (Photo AP/fichier)
Des partisans de la junte nigérienne participent à une manifestation devant une base de l'armée française à Niamey, au Niger, le 11 août 2023. (Reuters)
Des partisans de la junte nigérienne participent à une manifestation devant une base de l'armée française à Niamey, au Niger, le 11 août 2023. (Reuters)
Des partisans de la junte nigérienne participent à une manifestation devant une base de l'armée française à Niamey, au Niger, le 11 août 2023. (Reuters)
Des partisans de la junte nigérienne participent à une manifestation devant une base de l'armée française à Niamey, au Niger, le 11 août 2023. (Reuters)
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Publié le Vendredi 18 août 2023

Afrique de l'Ouest et Sahel: pourquoi une recrudescence des coups d'État ?

  • Le Niger, dernier pays de la région à connaître un coup d'État militaire, accuse un recul démocratique plus important
  • Les experts attribuent cette tendance aux griefs historiques, aux tensions ethniques, aux disparités économiques et aux influences extérieures

NAIROBI: Dans la vaste étendue semi-aride du Sahel de l'Afrique de l'Ouest, une série de coups d'État militaires a porté un coup dur à la stabilité politique et à la transformation démocratique de la région et a consacré une nouvelle ère d'incertitude et d'insécurité.

Le coup d'État du 26 juillet au Niger, le dernier en date dans la région, au cours duquel la garde présidentielle a chassé le président démocratiquement élu, Mohamed Bazoum, a été rapidement condamné par la communauté internationale, notamment par l'Union africaine et par la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest.

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Le président nigérien Mohamed Bazoum, que l'on voit ici s'adresser à la 77e session de l'Assemblée générale des nations unies, le 22 septembre 2022, est en détention depuis que des gardes présidentiels l'ont renversé, à la fin du mois dernier. (Reuters/photo fichier).

Des sanctions ont été prises à l'encontre de la nouvelle junte au pouvoir, dirigée par le général Abdourahamane Tchiani, mais les espoirs de voir revenir Bazoum au pouvoir s'amenuisent de jour en jour.

Le coup d'État a soulevé des questions sur la viabilité des transitions démocratiques en Afrique et sur la trajectoire des mouvements politiques dans la région.

La réalité, troublante, est que ces prises de pouvoir militaires ont fait dérailler les progrès démocratiques que de nombreuses nations africaines avaient laborieusement accomplis au cours de plusieurs décennies.

Avant cette récente vague de coups d'État, le continent semblait s'acheminer vers un régime civil doté d'institutions démocratiques et d'un système plus responsable et participatif. Ces acquis durement gagnés paraissent aujourd'hui menacés.

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Les combattants du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert, que l'on voit sur cette photo publiée en août 1971, ont entamé une rébellion armée depuis 1956 pour l'indépendance de la République de Guinée-Bissau, une colonie portugaise. (Xinhua/AFP)

Après une baisse du nombre de coups d'État en Afrique depuis 2000, le Mali est devenu une exception avec la prise du pouvoir par les militaires en 2020.

Cependant, l'année 2021 a connu une augmentation significative de prises de pouvoir militaires, avec des coups d'État ou des tentatives au Tchad, en Guinée, au Soudan et au Niger. En 2022, cinq tentatives de coup d'État ont eu lieu, dont deux ont été couronnées de succès au Burkina Faso.

Les implications de ces événements dépassent les frontières des pays concernés. Elles provoquent une onde de choc sur l'ensemble du continent et suscitent des inquiétudes quant à la fragilité de la gouvernance démocratique en Afrique face à plusieurs menaces existentielles.

La communauté internationale s’attend désormais, avec un sentiment mélangé de consternation et d'appréhension, à ce que les interventions militaires deviennent plus fréquentes, ce qui met en doute la stabilité à long terme de nombreuses nations africaines.

Alors que les pays voisins et les institutions régionales doivent affronter les conséquences de ces coups d'État, il est essentiel de comprendre les défis singuliers qui attendent les nations africaines, en particulier celles de la région du Sahel.

Les experts estiment qu'il est important de s'attaquer aux causes profondes de l'instabilité politique, telles que les disparités socio-économiques, les menaces sécuritaires et l'héritage historique. Ils considèrent en outre que la coopération régionale et internationale doit jouer un rôle essentiel dans le soutien au rétablissement de la gouvernance démocratique et dans la prévention d’interventions militaires.

«Les récents coups d'État observés en Afrique sont orchestrés par des militaires opportunistes qui exploitent les vulnérabilités d’institutions faibles ainsi que les conditions de vie très précaires de leurs nations», explique à Arab News Gbenga Erin, un analyste de la Cédéao qui vit au Nigeria.

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Depuis que les pays d'Afrique de l'Ouest ont accédé à l'indépendance, le sous-développement économique et les griefs attribués par certains à la domination coloniale ont contribué à des coups d'État militaires successifs. (Fichier AFP).

Sur l'ensemble du continent, il existe un large consensus sur le fait que la démocratie offre la structure de gouvernance la plus favorable et qu'elle mérite d'être sauvegardée, ajoute-t-il.

Néanmoins, les problèmes persistants du terrorisme, de la corruption, de la médiocrité des infrastructures et de divers obstacles socio-économiques ont pour conséquence qu'une grande partie de la population africaine a essentiellement connu des degrés variés de privation.

Ces problèmes ont toujours servi de prétexte aux auteurs de coups d'État.

Les tendances démographiques ne font qu'amplifier ces défis. Le Niger est le pays dont la population croît le plus rapidement au monde – à un rythme supérieur à 3% par an.

La région du Sahel, où se déroulent ces incidents, compte actuellement environ 354 millions d'habitants, et la population de certains de ces pays devrait doubler, au minimum, d'ici à 2050.

D'ici là, l'Afrique comptera 40% de la population mondiale des jeunes âgés de 15 à 24 ans, ce qui entraînera dans les écoles et les universités une augmentation de la taille des classes qui dépassera la formation des enseignants.

Par conséquent, les jeunes entrent sur le marché du travail à un rythme bien supérieur à celui de la croissance des emplois disponibles.

Infographie tirée du document de discussion du groupe de la Banque mondiale, août 2016.

Les analystes estiment que l'incapacité des gouvernements régionaux à répondre aux attentes fondamentales de leurs populations telles que l'emploi, la sécurité physique, l'éducation et les soins de santé a contribué à la récente vague de coups d'État militaires.

«Les populations locales de ces pays attendent souvent beaucoup de l'amélioration de la gouvernance, du développement économique et de la sécurité», confie à Arab News Ovigwe Eguegu, analyste politique qui vit au Nigeria.

«En revanche, lorsque ces attentes ne sont pas satisfaites, le gouvernement en place peut susciter de la frustration, ce qui conduit certains à soutenir les interventions militaires qui promettent un changement.»

Alex de Waal, chercheur britannique spécialisé dans la politique des élites africaines, a fait valoir dans un article récent pour The New York Times que la réponse des pays développés était loin d'être adéquate.

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Un marchand ambulant attend des clients à Niamey, au Niger, le 14 août 2023. (Photo AP)

Selon lui, de nombreux pays d'Europe et du Moyen-Orient se sont plutôt concentrés sur la dissuasion des migrants de quitter l'Afrique plutôt que sur la création d'emplois qui les encourageraient à rester.

L'évaluation des progrès démocratiques en Afrique révèle un tableau contrasté de réussites et d'échecs. Malgré certaines avancées, le continent fait souvent un pas en avant et deux pas en arrière.

Des élections régulières coexistent avec des reculs démocratiques, l'institutionnalisation des partis politiques avec une corruption endémique, les libertés politiques avec des contraintes et des inégalités.

«Un grand nombre de ces gouvernements n'assurent pas les prétendus bénéfices de la démocratie tels que la sécurité, la prospérité économique, la protection des vies et des biens», indique à Arab News le Nigérian Christopher Ogunmodede, expert en affaires étrangères.

«Il ne suffit pas de faire la morale aux gens en leur expliquant pourquoi la démocratie est parfaite, etc. Les gens estiment volontiers qu'ils devraient avoir un gouvernement civil […], mais ils sont aussi convaincus que si les gouvernements civils ne fonctionnent pas, ils devraient être démis de leurs fonctions très rapidement.»

Pour Fidel Amakye Owusu, analyste ghanéen spécialiste des relations internationales et de la sécurité, les démocraties africaines doivent se réformer si elles veulent réussir.

«Les pays africains ont un besoin urgent de réformes pour renforcer la confiance et la légitimité des élections, alors que la corruption demeure un problème critique». Toutefois, seuls les gouvernements démocratiques sont en mesure d'améliorer la situation sur le terrain et de lutter contre l'extrémisme, précise-t-il à Arab News.

Cet homme se trouve devant un magasin situé dans la banlieue de Niamey, au Niger, le 14 août 2023. Les prises de pouvoir au Sahel sont liées à l'incapacité de nombreux gouvernements de la région d’assurer les prétendus bénéfices de la démocratie tels que la sécurité, la prospérité économique et la protection des vies et des biens. (AF/fichier)

Dans le même temps, les conditions dans lesquelles l'opposition politique peut demander des comptes aux partis au pouvoir n'ont pas toujours été propices au maintien de l'ordre politique démocratique, ce dont les acteurs armés peuvent tirer parti.

Par exemple, avant le coup d'État au Niger, la participation démocratique était relativement restreinte, explique M. Ogunmodede. Ce dernier évoque le cas du mouvement M26, qui était composé de plusieurs groupes de la société civile.

En 2022, le M26 a été empêché d'organiser une manifestation contre l'opération Barkhane, une mission française de contre-insurrection dans la région du Sahel, ce qui l'a contraint à se limiter à une campagne sur les médias sociaux.

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Des partisans de la junte nigérienne participent à une manifestation devant une base de l'armée française à Niamey, au Niger, le 11 août 2023. Les restrictions imposées aux groupes de la société civile nigérienne les auraient incités à soutenir le complot des militaires qui visait à renverser le gouvernement démocratiquement élu du pays. (Reuters/Mahamadou Hamidou).

Les analystes estiment que les réseaux sociaux ont permis la diffusion de fausses informations et de désinformations au sujet de la situation sécuritaire, sapant ainsi la confiance dans les institutions démocratiques de la région.

Alors que les commentateurs des médias sociaux affirment que la situation sécuritaire ne s'améliore pas, les experts considèrent que les opérations de lutte contre l'extrémisme menées par le Niger sont globalement plus efficaces que celles des autres pays de la région.

Beatrice Bianchi, experte du Sahel auprès de la Fondation Med-Or, un groupe de réflexion italien, qualifie les réseaux sociaux de «vecteurs de désinformation» dans les pays du Sahel. «Cela a augmenté les tensions, en particulier chez les jeunes, et cela a radicalisé les gens», explique-t-elle à Arab News.

Après avoir assisté au coup d'État dans la capitale Niamey, Mme Bianchi estime que les manifestations de soutien à la junte ne peuvent être considérées comme représentatives de la majorité de la population.

«La junte a violemment écrasé les manifestants anti-coup d'État puis elle a appelé d'autres personnes à venir les soutenir. Il ne s'agissait pas de manifestations spontanées au départ», indique-t-elle.

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Les forces de sécurité nigériennes lancent des gaz lacrymogènes pour disperser des manifestants en faveur de la junte qui s’étaient rassemblés devant l'ambassade de France à Niamey, le 30 juillet 2023. (Reuters).

Par ailleurs, jouer la carte de l'anticolonialisme peut être un outil politique très efficace, souligne M. Eguegu, car «l'héritage du colonialisme continue de ponctuer les discours dans tous ces pays».

«La lutte pour la décolonisation, associée aux inquiétudes relatives à l'influence étrangère, est un facteur important dans le paysage politique, tandis que la présence d'installations militaires étrangères destinées à combattre les extrémistes, les intérêts géopolitiques et les stratégies de sécurité régionale ajoute à la complexité de la situation», estime M. Eguegu.

Malgré les turbulences politiques observées en Afrique de l'Ouest, M. Owusu, l'expert ghanéen, insiste sur le fait que «le destin de l'Afrique est lié à celui de ses démocraties» et que «les peuples du continent méritent des dirigeants qui accordent la priorité à leur bien-être, promeuvent une gouvernance responsable et défendent les principes de la démocratie».

Par conséquent, la résurgence des coups d'État militaires nous rappelle de manière brutale que ces idéaux ne sont pas encore pleinement réalisés et qu’un effort commun est nécessaire pour protéger et nourrir les aspirations démocratiques des nations africaines.

C’est à cette condition que nous pourrons garantir que l'avenir du continent sera fait de progrès, de prospérité et d'une véritable représentation démocratique.

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


Andy Burnham inaugure son Downing Street "du Nord" à Manchester

Le Premier ministre britannique Andy Burnham (au centre) pose pour une photo avec la ministre d'État au Cabinet Office, Louise Haigh (à gauche), et le chancelier de l'Échiquier, John Healey (à droite), lors d'une visite pour l'inauguration officielle du No. 10 North à Manchester, dans le nord-ouest de l'Angleterre, le 24 juillet 2026. (AFP)
Le Premier ministre britannique Andy Burnham (au centre) pose pour une photo avec la ministre d'État au Cabinet Office, Louise Haigh (à gauche), et le chancelier de l'Échiquier, John Healey (à droite), lors d'une visite pour l'inauguration officielle du No. 10 North à Manchester, dans le nord-ouest de l'Angleterre, le 24 juillet 2026. (AFP)
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  • Andy Burnham inaugure un bureau gouvernemental à Manchester pour renforcer la décentralisation et rapprocher l'État des régions
  • Des experts estiment toutefois que cette initiative reste surtout symbolique, sans réel transfert de pouvoirs

LONDRES: Le Premier ministre britannique Andy Burnham a inauguré vendredi ses nouveaux bureaux situés à Manchester, où il travaillera au moins une fois par semaine, symbole de sa promesse aux contours encore flous d'accentuer la décentralisation en Angleterre.

Le travailliste de 56 ans, qui a pris ses fonctions lundi et a succédé à Keir Starmer, a promis de redonner du pouvoir et d'apporter "la croissance économique à chaque région" pendant son mandat.

Sa première mesure est la création de ce bureau baptisé "No. 10 North" ("N°10 du Nord") dans cette ville du nord-ouest de l'Angleterre, dont il était maire il y a encore quelques semaines. Une référence au 10, Downing Street à Londres, lieu de travail et résidence officielle du Premier ministre.

S'adressant au personnel de cette nouvelle entité, installée dans un immeuble du centre de Manchester, Andy Burnham a évoqué la création d'un "pôle Nord qui fera contrepoids au pôle Sud", et permettra de "donner le sentiment d'un pays plus équilibré".

Il prévoit de travailler au moins une fois par semaine dans les bâtiments du "No. 10 North", où l'agence britannique du cyber-renseignement GCHQ était déjà installée, et d'y être régulièrement rejoint par ses ministres, répétant qu'il ne s'agit pas d'une mesure "gadget".

"Ce n'est pas juste un nouveau bureau (...) c'est une façon différente de gouverner" le Royaume-Uni, a insisté le dirigeant travailliste, en présence notamment du ministre des Finances, John Healey.

Andy Burnham a présidé dans l'après-midi la première réunion du Conseil économique national, une instance créée en 2008 pour soutenir la relance après la crise financière, et qu'il a décidé de réactiver, rassemblant plusieurs ministres et les maires à la tête de grandes agglomérations ou régions d'Angleterre.

Il a promis aux édiles que le gouvernement serait "entièrement mobilisé" derrière eux "car c'est sur le terrain que la croissance se concrétise".

Le nouveau chef de l'exécutif soutient que l'agglomération de Manchester, dont les performances économiques dépassent la moyenne nationale et où le maire est élu depuis 2017, constitue un modèle pour les autres régions d'Angleterre.

- Signal positif -

Les experts interrogés par l'AFP se montrent plus sceptiques et notent que la création d'une annexe du gouvernement central ne relève pas en soi d'une véritable politique de décentralisation.

"C'est ce qu'on appelle la +déconcentration+, très courante même dans des États très centralisés, et qui ne signifie pas en elle-même un transfert de pouvoir", explique Alan Trench, universitaire et conseiller en politiques publiques.

Le Royaume-Uni - composé de l'Angleterre, de l'Écosse, du pays de Galles et de l'Irlande du Nord - a connu à la fin des années 1990 d'importantes réformes constitutionnelles - baptisées "dévolution" - qui ont permis la création de parlements à Édimbourg, Cardiff et Belfast.

Andy Burnham, qui a rencontré jeudi les Premiers ministres indépendantistes écossais et gallois, s'est dit favorable à accentuer la décentralisation, sans donner davantage de détails, mais en excluant tout soutien à des référendums d'indépendance.

En Angleterre, malgré la création de mairies régionales et d'autres structures locales ces dix dernières années, le territoire reste l'un des plus centralisés d'Europe.

"Il n'existe aucun pouvoir législatif décentralisé en Angleterre", souligne Alan Trench.

Andy Burnham a lui-même été confronté aux limites du système : à Manchester, ses responsabilités étaient cantonnées à quelques domaines de compétence, comme les transports, en plus d'être partagées avec dix autres responsables locaux élus.

- Contrepoids au Trésor -

Désormais à la tête du gouvernement, il a demandé à plusieurs ministères, dont le puissant Trésor, de "transférer certaines fonctions stratégiques" au "No. 10 North".

Un signal "positif", indique Nicola McEwen, professeure à l'université de Glasgow. Pour réussir, avance-t-elle, cette structure devra être capable de "dialoguer avec les institutions décentralisées, de favoriser leur développement", mais également d'exercer une influence sur le pouvoir central à Londres, afin que celui-ci "s'adapte à cette vision" nouvelle.

L'idée n'est pas inédite, notent aussi ces experts: des fonctionnaires travaillent déjà dans des pôles administratifs délocalisés à Glasgow (Écosse), Sheffield (nord de l'Angleterre), ou à Darlington (nord-est).

Michael Keating, professeur de sciences politiques à l'université d'Aberdeen, en Ecosse, doute surtout de la capacité de cette structure à créer un véritable "contrepoids" au puissant ministère des Finances.

"Cela a déjà été tenté et le Trésor finit toujours par l'emporter. Il ne renoncera pas au contrôle des finances publiques", affirme-t-il à l'AFP.


Washington prévoit d'annoncer un accord sur le nucléaire avec Ryad 

L'administration du président Donald Trump a affirmé que cet arrangement permettrait au secteur nucléaire américain de bénéficier de l'apport de milliards de dollars. (AP)
L'administration du président Donald Trump a affirmé que cet arrangement permettrait au secteur nucléaire américain de bénéficier de l'apport de milliards de dollars. (AP)
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  • Le New York Times, citant deux responsables américains non identifiés, a rapporté mardi que le gouvernement avait l'intention de signer officiellement et d'annoncer l'accord avec Ryad mercredi
  • L'administration du président Donald Trump a affirmé que cet arrangement permettrait au secteur nucléaire américain de bénéficier de l'apport de milliards de dollars

WASHINGTON: Les Etats-Unis prévoient d'annoncer mercredi un accord avec l'Arabie saoudite qui doterait le royaume d'un programme nucléaire civil, selon des médias américains.

L'annonce interviendrait alors que les Etats-Unis ont repris leur guerre contre l'Iran, un rival de Ryad, qui avait notamment été déclenchée en raison de la crainte américaine que le programme nucléaire iranien ne vise à doter le pays de la bombe atomique.

Le New York Times, citant deux responsables américains non identifiés, a rapporté mardi que le gouvernement avait l'intention de signer officiellement et d'annoncer l'accord avec Ryad mercredi.

L'administration du président Donald Trump a affirmé que cet arrangement permettrait au secteur nucléaire américain de bénéficier de l'apport de milliards de dollars.

En effet, une clause de l'accord, qui serait valable pendant 30 ans, prévoit que des entreprises américaines construisent un complexe d'enrichissement d'uranium en Arabie saoudite, si une étude conjointe établit qu'il est justifié, a annoncé le Wall Street Journal.

Toutefois, des parlementaires américains républicains et démocrates, ainsi que des responsables israéliens, ont exprimé leur opposition à tout projet nucléaire civil en Arabie saoudite, craignant qu'il ne serve finalement à développer des armes nucléaires.

Interrogé à ce sujet mercredi à Manille, en marge d'une réunion de l'Asean, le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio s'est refusé à confirmer un tel accord, renvoyant toute éventuelle annonce à la Maison Blanche.

Pressé de questions par des journalistes et visiblement un peu dans l'embarras, il a cependant assuré que les Etats-Unis "ne conclueraient jamais d'accord avec un pays dans le monde qui conduirait à un risque de prolifération" nucléaire.

Tensions régionales 

L'accord devrait être soumis au Congrès américain dans les prochains jours, mais son approbation n'est pas nécessaire pour qu'il soit entériné.

L'Arabie saoudite insiste depuis longtemps sur son droit au nucléaire civil.

Ces dernières années, Washington a cherché à intégrer tout accord concernant le nucléaire dans une stratégie plus large, qui inclurait la normalisation des relations avec Israël et la signature d'un pacte de défense.

Washington a signé un accord nucléaire en 2009 avec un voisin de l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, qui n'enrichissent toutefois pas d'uranium.

 


Le ministre américain de la Défense estime à 37,5 milliards de dollars le coût de la guerre en Iran

Une Iranienne passe devant une immense fresque antiaméricaine et anti-israélienne représentant le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à Téhéran, le 19 juillet 2026. (AFP)
Une Iranienne passe devant une immense fresque antiaméricaine et anti-israélienne représentant le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à Téhéran, le 19 juillet 2026. (AFP)
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  • Le Pentagone estime à 37,5 milliards de dollars le coût de la guerre en Iran et demande 67 milliards supplémentaires
  • Des sénateurs contestent cette demande et réclament plus de transparence sur la stratégie américaine

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense a estimé mardi que la guerre en Iran a coûté jusqu'à présent 37,5 milliards de dollars aux Etats-Unis, une hausse de près de 30% par rapport au dernier chiffre de 29 milliards.

"L'estimation que nous avons à ce jour est de 37,5 milliards de dollars", a déclaré Pete Hegseth devant une commission du Sénat américain, en précisant que ce montant incluait certains coûts anticipés jusqu'à fin septembre.

Le ministre a également défendu la demande du gouvernement Trump d'une rallonge budgétaire de 67 milliards de dollars pour le Pentagone.

M. Hegseth, ainsi que le chef d'état-major de l'armée américaine, le général Dan Caine, ont affirmé que cette rallonge était "urgente" et "nécessaire".

Mais la sénatrice démocrate Jeanne Shaheen a contesté cette évaluation, affirmant que le ministre disposait encore de 75 milliards de dollars non dépensés.

"Pourquoi demandez-vous au peuple américain d'assumer le coût d'une guerre qu'il ne soutient pas, au lieu de solliciter une autorisation de transfert de fonds déjà votés mais non dépensés?", a-t-elle demandé.

Selon le ministre, cet argent a été "affecté" à d'autres projets du président Donald Trump comme le "Dôme d'or américain" ou encore d'autres investissements dans l'armement.

Les fonds demandés ne prennent par ailleurs pas en compte le coût de la reconstruction des bases militaires américaines au Moyen-Orient.

D'autres sénateurs ont exprimé leur frustration, réclamant plus de détails sur la stratégie de Donald Trump afin de remporter la guerre au Moyen-Orient.

"Nous avons besoin de réponses claires et d'un discours franc", a estimé le sénateur John Kennedy, un républicain, tout en interrogeant les responsables sur ce qui se passerait si les Etats-Unis quittaient le détroit d'Ormuz.

Pete Hegseth et Dan Caine n'ont pas précisé si l'Iran imposerait des droits de passage aux navires souhaitant emprunter le détroit.