Au Pakistan, les chrétiens prient au milieu des décombres après les accusations de blasphème

 Des chrétiens crient des slogans en tenant la sainte croix lors d'une manifestation à Islamabad, le 20 août 2023, pour condamner les attaques contre les églises au Pakistan. (AFP)
Des chrétiens crient des slogans en tenant la sainte croix lors d'une manifestation à Islamabad, le 20 août 2023, pour condamner les attaques contre les églises au Pakistan. (AFP)
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Publié le Dimanche 20 août 2023

Au Pakistan, les chrétiens prient au milieu des décombres après les accusations de blasphème

  • Mercredi plus de 80 maisons et 19 églises de un quartier, situé dans la banlieue de la ville de Faisalabad (est), ont été saccagées lorsque la nouvelle d'une profanation du Coran par une famille chrétienne s'est répandue
  • Des centaines de personnes de confession musulmane, armées de bâtons et de pierres, avaient déferlé dans les ruelles après que des religieux ont appelé à se rassembler pour manifester leur colère

JARANWALA: Assis sur des chaises au milieu des décombres, les chrétiens de Jaranwala, dans la province pakistanaise du Punjab, ont assisté dimanche à leur premier office depuis la destruction de leur quartier par des musulmans à la suite d'accusations de blasphèmes du Coran.

Mercredi plus de 80 maisons et 19 églises de ce quartier, situé dans la banlieue de la ville de Faisalabad (est), ont été saccagées lorsque la nouvelle d'une profanation du Coran par une famille chrétienne s'est répandue.

Des centaines de personnes de confession musulmane, armées de bâtons et de pierres, avaient déferlé dans les ruelles après que des religieux ont appelé à se rassembler pour manifester leur colère.

Des centaines de chrétiens avaient alors fui leurs habitations de peur des représailles. Quatre jours plus tard nombre d'entre eux n'avaient encore pu rentrer chez eux au vu des dégâts causés.

Mais pour la messe dominicale, environ 200 d'entre eux avaient pris place sur des chaises installées dans une ruelle étroite à côté de l'église principale de l'Armée du salut.

"Nous avions l'habitude de venir ici sans crainte, mais aujourd'hui nous avons besoin de la police", a déploré Nosheen Farman, une femme au foyer de 29 ans.

"Nous n'avons pas amené nos enfants" à l'église, a souligné Nosheen qui ne peut pas retourner dans sa maison incendiée.

«Est-ce notre pays ?»

Tandis que des dizaines de membres du personnel de sécurité surveillaient la zone, une choriste s'est mise à chanter aux côtés d'un joueur de tabla (instrument de musique de percussion) devant les fidèles venus des villes environnantes pour apporter leur soutien à la communauté de Jaranwala.

"Après l'incident récent, nous avons beaucoup de doutes quant à notre sécurité. Nous nous demandons si nous sommes en sécurité ou non", a témoigné Sara Ejaz, une enseignante de 32 ans.

"Est-ce notre pays ou pas ?", s'est interrogée la jeune femme non loin de l'église dont les fenêtres noircies et les plafonds fissurés n'ont pas permis aux fidèles de s'y rassembler pour la messe.

Le blasphème est un sujet inflammable au Pakistan, pays profondément conservateur et à majorité musulmane. Des allégations non-prouvées d'offense à l'islam peuvent entraîner assassinats et lynchages.

Les chrétiens, qui représentent environ 2% de la population, occupent l'un des échelons les plus bas de la société pakistanaise et sont fréquemment la cible de ces accusations.

La plupart des habitants du quartier sont des employés aux maigres salaires qui occupent des maisons exiguës où jusqu'à 18 personnes peuvent s'entasser.

Après les saccages certains ont trouvé refuge dans une école publique ou chez des parents, le temps que la reconstruction promise par le gouvernement local soit terminée.

"Ces bâtiments et ces maisons seront restaurés, mais il sera difficile pour les filles et les enfants de sortir de ce traumatisme. Ils se souviendront toujours de la terreur à laquelle ils ont été confrontés en fuyant leur propre maison", a commenté Samson Salamat, 44 ans.

Plus de 125 personnes ont été arrêtées en lien avec les actes de vandalisme et 12 autres font l'objet d'une enquête pour avoir utilisé les haut-parleurs d'une mosquée pour appeler la population de confession musulmane à manifester.

Deux frères chrétiens ont également été interpellés dans cette affaire. Des pages déchirées du Coran sur lesquelles avaient été griffonnées de mots offensant l'islam, avaient été collées sur les murs d'une mosquée du quartier aux premières heures de la matinée mercredi.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.


Trump promet de bombarder l'Iran «bien plus durement» si le pays réplique aux dernières frappes américaines

Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
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  • "Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social
  • Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X

WASHINGTON: Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes".

"Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X.

"Aujourd'hui à 12h00 (16h00 GMT), les forces américaines ont commencé à frapper des cibles des Gardiens de la révolution en Iran", a indiqué le Centcom, disant répondre "à de récentes attaques des Gardiens de la révolution contre la navigation commerciale dans le détroit d'Ormuz et contre des militaires américains déployés dans la région."

La télévision d'Etat iranienne a fait état de plusieurs explosions entendues dans le sud du pays, près de Bandar Abbas et de l'île de Qeshm, à proximité du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le commerce de pétrole, où le trafic maritime a considérablement baissé après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient le 28 février.

Les Etats-Unis avaient mené dimanche des frappes, les premières en un mois, contre des lanceurs situés sur une île iranienne.

L'Iran avait riposté en attaquant au moyen de missiles et de drones des cibles américaines en Jordanie et aux Emirats arabes unis, tout en affirmant par la voix de son président Massoud Pezeshkian ne pas vouloir la poursuite de la guerre.

Le président américain Donald Trump avait promis de répondre à ces représailles, mais semble avoir écarté pour l'instant la reprise d'une opération militaire massive contre l'Iran.

Washington a par ailleurs promis une campagne d'"asphyxie" économique de l'Iran, dont les contours et les cibles restent à préciser.


Israël: l'épouse de Netanyahu s'en prend à un opposant, relayant une théorie du complot

Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre israélien, a laissé entendre qu'un chef de l'opposition avait eu connaissance du projet d'attaque du 7 octobre 2023, à quelques semaines des élections législatives qui s'annoncent particulièrement serrées. (AFP)
Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre israélien, a laissé entendre qu'un chef de l'opposition avait eu connaissance du projet d'attaque du 7 octobre 2023, à quelques semaines des élections législatives qui s'annoncent particulièrement serrées. (AFP)
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  • Lors d'une interview diffusée lundi soir sur la chaîne 14 proche du gouvernement, Mme Netanyahu s'en est prise à Yair Golan, un général de l'armée qui dirige le parti "les Démocrates", formation de gauche opposée à la coalition dirigée par son mari
  • M. Golan était "déjà habillé et prêt" à l'aube du 7 octobre 2023, "alors que d'autres ne savaient rien, y compris le Premier ministre", a-t-elle déclaré

JERUSALEM: Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre israélien, a laissé entendre qu'un chef de l'opposition avait eu connaissance du projet d'attaque du 7 octobre 2023, à quelques semaines des élections législatives qui s'annoncent particulièrement serrées.

Lors d'une interview diffusée lundi soir sur la chaîne 14 proche du gouvernement, Mme Netanyahu s'en est prise à Yair Golan, un général de l'armée qui dirige le parti "les Démocrates", formation de gauche opposée à la coalition dirigée par son mari.

M. Golan était "déjà habillé et prêt" à l'aube du 7 octobre 2023, "alors que d'autres ne savaient rien, y compris le Premier ministre", a-t-elle déclaré.

Ces propos ont suscité une levée de boucliers dans l'opposition. Le parti de M. Golan a vivement condamné sur son compte X des propos "vils et mensongers".

"La diffusion de théories du complot contre le général Yaïr Golan et la diffamation de son héroïsme le 7 octobre franchissent une ligne rouge qui frise la folie", a ajouté le mouvement.

Gadi Eizenkot, dirigeant du parti Yashar et principal opposant au Premier ministre, a également fustigé sur X "la théorie folle et mensongère du complot de trahison" propagée selon lui par l'entourage de M. Netanyahu pour "attiser la haine et perpétuer" son pouvoir.

Ces accusations font écho à des thèses complotistes récurrentes au sein d'une partie de la classe politique.

Selon un sondage réalisé pour la chaîne 13 en août, 40% des Israéliens et 63% des électeurs de la coalition actuelle estiment qu'une trahison interne a conduit au massacre du 7 octobre 2023.

L'attaque sans précédent du groupe armé palestinien Hamas contre Israël a fait 1.221 morts, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP. Le Hamas avait également enlevé 251 personnes, emmenées à Gaza.

L'offensive lancée en représailles par Israël dans la bande de Gaza a fait plus de 73.000 morts, selon le ministère de la Santé du territoire palestinien, placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

Un cessez-le-feu précaire est en vigueur depuis octobre 2025.