Mali: Des djihadistes imposent un blocus à Tombouctou

Des djihadistes ont bloqué les routes menant à Tombouctou, dans le nord du Mali (Photo, AFP).
Des djihadistes ont bloqué les routes menant à Tombouctou, dans le nord du Mali (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 22 août 2023

Mali: Des djihadistes imposent un blocus à Tombouctou

  • Ces menaces coïncident avec le repositionnement sécuritaire en cours dans la région de Tombouctou
  • «Les camions qui viennent d'Algérie, de Mauritanie et de toute autre provenance» doivent cesser leur progression

DAKAR: Des djihadistes imposent depuis plusieurs jours un blocus à Tombouctou, dans le nord du Mali, où les prix des produits ont commencé à augmenter, ont indiqué lundi des acteurs locaux.

Des djihadistes "ont bloqué toutes les routes", a déclaré à l'AFP un élu s'exprimant sous le couvert de l'anonymat pour sa sécurité.

"Entre Tombouctou et le sud, rien ne passe" non plus par le fleuve Niger, qui coule au sud de la ville, a-t-il ajouté.

"Tout coûte cher à Tombouctou parce que les produits ne rentrent plus dans la ville. Les djihadistes ont bloqué les routes. C’est vraiment difficile", a corroboré un fonctionnaire de la mairie qui tait lui aussi son identité.

Cet embargo fait suite à des messages diffusés début août sur les réseaux sociaux et attribués à un commandant local du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), alliance djihadiste affiliée à Al-Qaïda.

"Nous déclarons la guerre dans la région de Tombouctou. Les camions qui viennent d'Algérie, de Mauritanie et de toute autre provenance" doivent cesser leur progression, disent ces messages. Les camions qui enfreindraient cet ordre seront "ciblés et incendiés", préviennent-ils.

Ces menaces coïncident avec le repositionnement sécuritaire en cours dans la région de Tombouctou, "la ville aux 333 saints" inscrite au patrimoine de l'humanité.

La mission de l'ONU (Minusma), poussée à partir du Mali par la junte désormais au pouvoir, vient de quitter deux camps proches de Tombouctou, Ber et Goundam, transférés aux autorités maliennes. Cette prise de contrôle par l'Etat malien a donné lieu à des combats avec les djihadistes et de vives tensions avec les ex-rebelles touareg.

Tombouctou, avec ses quelques dizaines de milliers d'habitants aux confins du Sahara, est l'une des grandes villes du nord tombées entre les mains de rebelles touareg, puis de salafistes après le déclenchement de l'insurrection de 2012. Les forces françaises et maliennes ont repris la ville en 2013.

Les ex-rebelles ont signé en 2015 avec l'Etat malien un accord de paix aujourd'hui mal en point. Les islamistes radicaux continuent, eux, à combattre l'Etat malien et la présence étrangère. Le djihadisme s'est propagé au centre du Mali et au Niger et au Burkina Faso voisins.

La mission de l'ONU conserve pour l'instant un camp à Tombouctou, mais tous les Casques bleus devront avoir quitté le Mali d'ici au 31 décembre.

«Intoxications»

Le contrôle du territoire est un enjeu majeur pour les militaires qui ont pris le pouvoir par la force en 2020 et ont fait de la souveraineté un de leurs mantras. De vastes étendues du Mali continuent à échapper à l'autorité de l'Etat.

Des djihadistes armés sont visibles à une quarantaine de kilomètres de Tombouctou et plus au sud vers la localité de Douentza où ils occupent par intermittence la route nationale qui mène vers Gao, autre grande ville du nord, rapportent des témoins.

De nombreux camions sont bloqués ou contraints de rebrousser chemin.

Quant au fleuve Niger, "la voie fluviale menant vers Gao est bloquée. Une pinasse (embarcation) qui a essayé de forcer le passage a essuyé des tirs et un passager est mort", a indiqué un élu.

"Le litre d’essence est passé de 845 francs CFA (plus d'un euro) à 1.250 FCFA (environ deux euros) en une semaine", a déclaré le gérant d'une station-service.

Les autorités sont restées relativement discrètes. Un responsable militaire demandant à rester anonyme a indiqué que l'armée organisait des escortes de convois pour approvisionner Tombouctou.

La télévision d'Etat a diffusé vendredi un reportage montrant un commandant régional, le colonel Mamadou S. Koné, effectuant une visite à Tombouctou, en proie, selon le reportage, à un "grand mouvement de certains commerçants qui ont abandonné le marché par peur".

L'officier a dénoncé "des intoxications sur les réseaux sociaux". Il a assuré aux populations "que les forces de défense et de sécurité sont là pour elles (...) et que rien de mal ne leur arrivera".


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.