La presse libanaise pleure la disparition du rédacteur en chef Talal Salman

Talal Salman était connu pour ses entretiens avec la majorité des présidents arabes (Photo, AFP).
Talal Salman était connu pour ses entretiens avec la majorité des présidents arabes (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 27 août 2023

La presse libanaise pleure la disparition du rédacteur en chef Talal Salman

  • Talal Salman a fondé en 1974 le quotidien As-Safir, devenu l'un des principaux journaux du Liban
  • Parmi ses articles les plus influents figurent ses éditoriaux où il défend la cause palestinienne et la question de l'arabité

BEYROUTH: La presse libanaise a fait ses adieux à l'ancien éditeur et rédacteur en chef du journal As-Safir, Talal Salman, suite à son décès dans sa ville natale de Shmustar, dans la vallée de la Bekaa, à l'âge de 85 ans.

Talal Salman, journaliste libanais, a fondé le quotidien As-Safir en 1974.

Le journal avait pour slogan «Le journal du Liban dans le monde arabe et du monde arabe au Liban».

Le projet de Salman a été lancé après des années d'expérience dans le journalisme. Au fil des décennies, il est devenu une figure médiatique de renommée mondiale dans les affaires arabes et libanaises, ayant une influence sur l'opinion publique.

Il était connu pour ses entretiens approfondis avec la majorité des présidents, des dirigeants et des responsables arabes.

Parmi ses articles les plus influents figurent ses éditoriaux où il défend la cause palestinienne et la question de l'arabité.

Alors que le pays s'embourbait dans la guerre civile, As-Safir est devenu l'un des principaux journaux du Liban en s'opposant au quotidien bien établi An-Nahar.

Il a continué à paraître quotidiennement malgré le siège israélien de Beyrouth en 1982.

As-Safir était la voix de la gauche libanaise et du mouvement national palestinien. Il a contribué à préserver une identité nationale laïque dans un contexte confessionnel, et a également dû faire face à la présence syrienne au Liban.

En 1984, Salman a été victime d'une tentative manquée d'assassinat, tandis que d'autres incidents ont donné lieu à des tentatives d'explosion de son domicile et à des attentats à la bombe contre les presses d'imprimerie de son journal.

Salman est resté rédacteur en chef du journal jusqu'à sa fermeture fin 2016, face aux médias alternatifs et aux changements dans la diffusion de l'information.

Parmi les nombreuses récompenses qu'il a reçues, citons le prix international Posuvalyuk pour ses reportages sur les événements au Moyen-Orient et le titre de personnalité médiatique de l'année 2009 décerné par le Forum des médias arabes.

Il a également reçu un doctorat honorifique de l'Université libanaise en 2010 en reconnaissance de son rôle unique dans le journalisme, les médias et la littérature journalistique.

L'ancien Premier ministre Fouad Siniora a déclaré que Salman «était une référence unique et respectée dans la presse libanaise et arabe, et qu'il était un exemple de courage pour porter la bannière arabe progressiste».

«Lorsqu'il s'est rendu compte que les circonstances ne permettaient plus de continuer à publier As-Safir au même niveau, il a eu le courage de prendre l'amère décision de fermer le journal qui lui tenait le plus à cœur», a-t-il ajouté.

Dans sa notice nécrologique, le Syndicat de la presse écrit: «Il a été trahi par la vieillesse, mais pas par sa plume, ni par sa quête de vérité. Pendant plus de 60 ans, il a été une personne libre et un défenseur de la liberté et de la libération jusqu'à la dernière goutte d'encre et de sang.»

Joseph al-Qusaifi, président du Syndicat des rédacteurs de presse libanais confie: «Talal Salman a réussi à créer une école de journalisme qui s'est distinguée par son leadership.»

«Il a mobilisé au sein de ses locaux et de ses bureaux des journalistes créatifs, des spécialistes et des reporters reconnus pour leur expérience, leur professionnalisme et leur capacité à franchir les barrières fermées et à fournir des informations exactes, si bien que son journal est devenu l'une des références fiables pour la recherche d'informations exactes.»

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 

 


« Libye, patrimoine révélé » : l’IMA  célèbre 50 ans de coopération  archéologique  

Fouilles terrestres et sous-marines, recherches sur les premiers  peuplements néolithiques, étude des villes antiques et des sites  islamiques : l’exposition restitue la diversité chronologique et  géographique du patrimoine libyen. (AFP)
Fouilles terrestres et sous-marines, recherches sur les premiers  peuplements néolithiques, étude des villes antiques et des sites  islamiques : l’exposition restitue la diversité chronologique et  géographique du patrimoine libyen. (AFP)
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  • Depuis la fin des années 1960, la MAFL explore l’ensemble  du territoire libyen
  • Ses travaux ont profondément renouvelé les connaissances sur l’histoire du pays, révélant des occupations humaines continues, des échanges méditerranéens anciens et des paysages façonnés par les sociétés du passé

PARIS: Le musée de l’Institut du monde arabe présente  Libye, patrimoine révélé, une exposition consacrée au  travail scientifique mené depuis près de cinquante ans  par la Mission archéologique française en Libye (MAFL),  en étroite collaboration avec les autorités libyennes. 

À travers une sélection de photographies, films et documents  scientifiques, l’exposition donne à voir la richesse exceptionnelle  du patrimoine libyen, de la préhistoire à l’époque médiévale, tout  en mettant en lumière les enjeux contemporains de recherche, de  préservation et de restauration dans un contexte particulièrement  fragile. 

Un demi-siècle de recherches archéologiques en  Libye 

Depuis la fin des années 1960, la MAFL explore l’ensemble  du territoire libyen. Ses travaux ont profondément renouvelé les connaissances sur l’histoire du pays, révélant des occupations humaines continues, des échanges méditerranéens anciens et des paysages façonnés par les sociétés du passé. 

L’exposition documente ce travail scientifique de terrain et rend  visibles des missions souvent menées dans des contextes  géographiques et politiques complexes.
Du Sahara à la Méditerranée : des sites majeurs Le parcours présente plusieurs zones emblématiques étudiées par les équipes franco-libyennes : le Sahara du Măsak et  ses milliers de vestiges préhistoriques, les fortifications romaines  de Bu Njem, les grandes cités antiques comme Leptis Magna,  ou encore Apollonia, dont une partie est aujourd’hui engloutie. 

Fouilles terrestres et sous-marines, recherches sur les premiers  peuplements néolithiques, étude des villes antiques et des sites  islamiques : l’exposition restitue la diversité chronologique et  géographique du patrimoine libyen. 

Préserver un patrimoine menacé 

Depuis 2011, le patrimoine archéologique libyen fait face à une  intensification du pillage et du trafic illicite. L’exposition revient  sur les actions menées par la MAFL aux côtés des autorités et des  forces de l’ordre internationales pour identifier les œuvres dispersées,  documenter les sites menacés et favoriser leur restitution. 

Libye, patrimoine révélé met en lumière l’archéologie comme outil de  connaissance, de coopération internationale et de sauvegarde d’un  patrimoine universel encore largement méconnu.

 


Louvre: le nouveau président du musée confirme le projet de grands travaux

Des visiteurs font la queue pour entrer au musée du Musée du Louvre à Paris, le 9 août 2023. (AFP)
Des visiteurs font la queue pour entrer au musée du Musée du Louvre à Paris, le 9 août 2023. (AFP)
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  • Le nouveau président du Musée du Louvre, Christophe Leribault, confirme le vaste plan de rénovation « Louvre Nouvelle Renaissance », estimé à plus d’un milliard d’euros et jugé indispensable
  • Après le cambriolage d’octobre, le projet inclut un renforcement de la sécurité, la réorganisation des espaces et la création d’une nouvelle présentation pour la Joconde

PARIS: Le nouveau président du Louvre, Christophe Leribault, arrivé dans le sillage du spectaculaire vol survenu en octobre dans ce musée, a confirmé mardi le vaste plan de rénovation de l'établissement annoncé en 2025 par Emmanuel Macron, jugeant par ailleurs son coût "incompressible".

Evalué à plus d'un milliard d'euros, le plan "Louvre Nouvelle Renaissance", qui prévoit notamment la rénovation du bâtiment existant et l'aménagement d'un nouvel espace pour la Joconde, a été mis entre parenthèses depuis le cambriolage du 19 octobre.

"C'est un projet capital et nécessaire pour le Louvre. On ne peut pas continuer d'accueillir 9 millions de visiteurs par la Pyramide. Et il faut impérativement revoir les infrastructures, refaire les couvertures et les installations techniques dans le périmètre de la Cour carrée", a déclaré Christophe Leribault au journal Le Monde.

"Le coût est incompressible", a ajouté celui qui a succédé le 25 février à Laurence Des Cars, mise en difficulté par une série de rapports ayant pointé l'obsolescence des dispositifs de sûreté dans le plus grand musée du monde.

Il a toutefois concédé "envisager de réduire certains aménagements (...), mais cela restera marginal en matière d'économie".

Il a aussi indiqué chercher "330 millions d'euros" supplémentaires auprès des mécènes pour financer les travaux de rénovation.

Alors que le cambriolage a mis au jour des failles au sein de la sûreté du bâtiment, M. Leribault a souligné que "les grilles d'accès au domaine ont été restaurées" et qu'"un poste mobile de police est désormais actif près de la Pyramide".

Il a par ailleurs annoncé que la galerie Apollon, où s'est déroulé le vol des joyaux de la couronne de France, "rouvrira dans le courant du mois de juillet, sans vitrine au centre, telle qu'elle avait été conçue au XVIIe siècle, c'est-à-dire comme une galerie d'apparat".

"Les objets précieux qui s'y trouvaient seront exposés dans l'aile Richelieu" et les joyaux non dérobés, dont la couronne de l'impératrice Eugénie, retrouvée endommagée, "vont rester en lieu sûr, en attendant de disposer d'un espace sécurisé ailleurs dans le musée", a-t-il poursuivi.

La part des recettes de billetterie affectée à la politique d'acquisition d'oeuvres doit pour sa part passer de 20% à 12%, a-t-il indiqué, suivant une préconisation de la Cour des comptes.


Art Jameel présente une double exposition aux Émirats arabes unis et en Arabie saoudite

“Study of History III” (2017) de Subas Tamang (avec l'autorisation de l’artiste)
“Study of History III” (2017) de Subas Tamang (avec l'autorisation de l’artiste)
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  • Une exposition majeure reliant Djeddah et Dubaï, explorant l’impact des systèmes de navigation sur la vie contemporaine
  • Plus de 40 artistes internationaux interrogent cartographie, mobilité et infrastructures à travers des œuvres variées

DUBAÏ : Art Jameel s’apprête à présenter une exposition transrégionale s’étendant sur l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. Intitulée « Global Positioning System », cette exposition collective en deux volets ouvrira en mai à Hayy Jameel à Djeddah, parallèlement à une présentation au Jameel Arts Centre à Dubaï.

L’exposition, qui se tiendra à Djeddah du 20 mai au 17 octobre et à Dubaï du 9 mai au 4 octobre, réunit plus de 40 artistes issus de plus de 20 pays, explorant la manière dont les systèmes de navigation façonnent la vie contemporaine.

À travers une large diversité d’œuvres, l’exposition examine la cartographie, la mobilité et les infrastructures qui régissent les déplacements, tout en questionnant leurs limites et leurs défaillances.

Commissariée par Indranjan Banerjee et Lucas Morin, « Global Positioning System » rassemble des installations de grande envergure, des œuvres conceptuelles et des projets axés sur la recherche.

Nora Razian, directrice adjointe d’Art Jameel et responsable des expositions et des programmes, a déclaré :
« Pour la première fois, nous présentons une exposition qui se déploie sur nos deux sites à Dubaï et Djeddah.

« “Global Positioning System” interroge les outils et les systèmes que nous utilisons pour nous orienter, mettant en lumière les tensions entre représentation cartographique et réalités vécues.

« Cette exposition s’inscrit dans l’engagement d’Art Jameel à favoriser un dialogue transrégional, où mobilité et échanges sont essentiels pour soutenir l’interconnexion dans notre monde partagé. »

Le volet de Djeddah réunit une sélection variée d’artistes internationaux et régionaux, dont Bani Abidi, Mahmoud Alhaj, Mona Hatoum et Nalini Malani. Abidi, Ana Amorim et Cinthia Marcelle présenteront des œuvres dans les deux éditions, à Dubaï et à Djeddah.

À Dubaï, la présentation au Jameel Arts Centre comprend de nouvelles commandes d’artistes tels que Vishwa Shroff, Seher Naveed et Fatma Al-Ali, ainsi que des prêts internationaux, dont l’installation vidéo monumentale « Parallel I-IV (2012-2014) » du cinéaste Harun Farocki. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com