Polémique au Canada où Facebook coupe l'accès aux médias en pleine saison des feux

Une personne évacuée des Territoires du Nord-Ouest quitte le centre d'évacuation de l'Expo Center à Edmonton, Alberta, Canada, le 21 août 2023. (AFP).
Une personne évacuée des Territoires du Nord-Ouest quitte le centre d'évacuation de l'Expo Center à Edmonton, Alberta, Canada, le 21 août 2023. (AFP).
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Publié le Samedi 26 août 2023

Polémique au Canada où Facebook coupe l'accès aux médias en pleine saison des feux

  • Depuis le 1er août, Meta - propriétaire de Facebook et d'Instagram - bloque l'accès aux contenus d'actualité de médias sur ses plateformes, en riposte à une loi relative à l'information en ligne votée en juin par le gouvernement canadien
  • «C'était incroyablement difficile de trouver l'information, de savoir si l'évacuation avait été ordonnée ou pas», raconte Kelsey Worth, résidente de Yellowknife, principale ville des Territoires du Nord-Ouest

MONTREAL : "C'est dangereux": comme des milliers de Canadiens, Kelsey Worth a dû évacuer sa ville menacée par un gigantesque incendie de forêt. Une fuite rendue compliquée par l'impossibilité de trouver des informations fiables sur Facebook, qu'elle utilise habituellement pour s'informer.

Car depuis le 1er août, Meta - propriétaire de Facebook et d'Instagram - bloque l'accès aux contenus d'actualité de médias sur ses plateformes, en riposte à une loi relative à l'information en ligne votée en juin par le gouvernement canadien.

"C'était incroyablement difficile de trouver l'information, de savoir si l'évacuation avait été ordonnée ou pas", raconte à l'AFP Kelsey Worth, résidente de Yellowknife, principale ville des Territoires du Nord-Ouest.

"Et en situation d'urgence, le temps presse. Et personne n'arrive à départager le vrai du faux" sur les médias sociaux, s'insurge cette employée d'un concessionnaire, âgée de 35 ans.

La multinationale américaine et le gouvernement canadien sont engagés dans un véritable bras de fer depuis le vote de la loi C-18, inspirée d'un modèle australien datant de 2021.

La loi canadienne va obliger les géants du numérique à conclure des accords commerciaux équitables avec les médias locaux sur les contenus diffusés sur leurs plateformes, sous peine de devoir recourir à un arbitrage contraignant.

Mais avant même l'entrée en vigueur de la loi, Meta a choisi le blocage, arguant que "les médias d'information partagent volontairement du contenu sur Facebook et Instagram pour accroître leur lectorat".

Une décision «épouvantable»

Face à l'état d'urgence provoqué par les incendies - de loin la pire saison des feux que le Canada n'ait jamais connu - le Premier ministre Justin Trudeau a vertement critiqué Meta, accusant l'entreprise de faire passer ses profits avant la sécurité des citoyens.

"Ils préfèrent laisser les personnes en danger plutôt que de faire leur juste part pour appuyer la démocratie et le journalisme local", a-t-il déclaré cette semaine, parlant d'une décision "épouvantable", qui crée beaucoup de "frustrations".

Depuis 2008, plus de 450 médias d'information canadiens ont fermé leurs portes, d'après le ministère du Patrimoine.

La nouvelle législation pourrait permettre aux médias canadiens de recevoir environ 330 millions de dollars canadiens (226 millions d'euros) par an, selon un rapport parlementaire publié en octobre 2022.

"Meta pourrait lever temporairement son blocage dans le but de préserver des vies humaines et ne subirait aucune pénalité financière car la législation n'est pas encore entrée en vigueur", explique à l'AFP Ollie Williams, directeur de la station de radio nordique Cabin Radio, qualifiant ce blocage de "stupide et dangereux".

Contourner le blocage

Lui et son homologue Nicolas Servel, directeur de Radio Taïga, ont noté que beaucoup d'internautes ont fait preuve de "malice" pour contourner le blocage.

Ils ont "trouvé d'autres moyens de partager" ces informations vérifiées, explique M. Servel, notamment en faisant des captures d'écran des sites d'information et en les relayant ensuite sur leurs profils personnels.

Résultat: Cabin Radio par exemple a vu son trafic en provenance de Facebook "baisser en continu", ce qui est "une bonne chose", selon Ollie Williams, car le nombre de visiteurs directs sur le site n'a lui "fait qu'augmenter".

Le diffuseur public CBC/Radio-Canada a lui interpellé la direction de Meta cette semaine, évoquant une "question de vie ou de mort".

"Je vous prie de faire le choix humanitaire qui s'impose et de lever immédiatement le blocage (...) pour les communautés menacées par les feux", écrivait mardi la PDG Catherine Tait.

A cela, Meta - qui n'a pas répondu aux demandes d'entretien de l'AFP - a opposé une fin de non-recevoir, précisant avoir activé en réponse aux feux la fonction "contrôle de sécurité" sur Facebook, permettant à ses usagers de signaler à leurs proches être en lieu sûr.

Selon Patrick White, professeur de journalisme à l'Université du Québec à Montréal (UQAM), cette attitude de Meta s'apparente à celle d'un "mauvais citoyen".

"C'est un enjeu de sécurité publique et de sécurité nationale", explique-t-il, se disant néanmoins "optimiste" pour un éventuel règlement entre le gouvernement canadien et les géants du web.


Israël: les militants d'une nouvelle flottille en détention après leur interception en mer

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  • Dans la nuit de mardi à mercredi, le ministère israélien des Affaires étrangères a indiqué que les 430 membres de la flottille avaient été transférés à bord de navires israéliens et faisaient route vers Israël
  • Une organisation de défense des droits humains, Adalah, a indiqué mercredi que certains d'entre eux étaient arrivés au port d'Ashdod où ils étaient détenus

ASHDOD: Les autorités israéliennes ont entamé mercredi le transfert et le placement en détention à Ashdod, dans le sud d'Israël, de centaines de militants propalestiniens arrêtés à bord d'une flottille à destination de Gaza, selon une ONG.

Les forces israéliennes avaient intercepté lundi au large de Chypre des bateaux participant à une nouvelle "flottille pour Gaza".

Dans la nuit de mardi à mercredi, le ministère israélien des Affaires étrangères a indiqué que les 430 membres de la flottille avaient été transférés à bord de navires israéliens et faisaient route vers Israël.

Une organisation de défense des droits humains, Adalah, a indiqué mercredi que certains d'entre eux étaient arrivés au port d'Ashdod où ils étaient détenus.

"Ayant mis le cap sur Gaza pour y apporter de l'aide humanitaire et contester le blocus illégal, ces participants civils ont été enlevés de force dans les eaux internationales et conduits en territoire israélien entièrement contre leur volonté" a déclaré Adalah.

Une cinquante de navires avaient quitté la Turquie la semaine dernière avec pour objectif une nouvelle tentative de briser le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza, ravagée par deux ans de guerre.

Un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères a déclaré dans la nuit de mardi à mercredi que les 430 militants pourraient rencontrer leurs représentants consulaires.

"Cette flottille s'est une fois de plus révélée n'être rien de plus qu'un coup de communication au service du Hamas", a ajouté le porte-parole, en référence au mouvement islamiste palestinien qui a mené l'attaque sans précédent contre Israël en octobre 2023, déclenchant la guerre à Gaza.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait dénoncé plus tôt "un plan malveillant destiné à briser le blocus (...) imposé aux terroristes du Hamas".

Neuf ressortissants indonésiens, membres de la flottille, "ont été signalés comme ayant été arrêtés par Israël", a déclaré une porte-parole du ministère indonésien des Affaires étrangères, citant des informations datées de mercredi.

L'Indonésie a appelé Israël à libérer immédiatement tous les navires et membres d'équipage. Le journal indonésien Republika avait indiqué plus tôt que deux de ses journalistes figuraient parmi les personnes interpellées.

La Turquie et l'Espagne ont condamné l'interception. Les organisateurs ont indiqué que la flottille comptait également 15 citoyens irlandais, dont Margaret Connolly, la sœur de la présidente Catherine Connolly.

Israël contrôle tous les points d'entrée vers la bande de Gaza, sous blocus israélien depuis 2007.

Pendant la guerre à Gaza, où une trêve fragile est en vigueur depuis octobre 2025, le territoire a connu de graves pénuries de nourriture, de médicaments et d'autres biens essentiels, Israël ayant parfois complètement interrompu les livraisons d'aide humanitaire.

Une précédente flottille avait été interceptée en avril dans les eaux internationales au large de la Grèce et la plupart des militants expulsés vers l'Europe. Deux d'entre eux ont été amenés en Israël, détenus pendant plusieurs jours puis expulsés.

 


Négociations Etats-Unis-Iran: nouvelle visite d'un ministre pakistanais à Téhéran

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  • Le ministre de l'Intérieur du Pakistan, pays médiateur entre les Etats-Unis et l'Iran, s'est rendu à Téhéran pour la deuxième fois en moins d'une semaine
  • "Mohsen Naqvi est venu à Téhéran pour rencontrer des responsables de la République islamique d'Iran"

TEHERAN: Le ministre de l'Intérieur du Pakistan, pays médiateur entre les Etats-Unis et l'Iran, s'est rendu à Téhéran pour la deuxième fois en moins d'une semaine, a rapporté mercredi l'agence officielle Irna, en pleine impasse dans les négociations de paix.

"Mohsen Naqvi est venu à Téhéran pour rencontrer des responsables de la République islamique d'Iran", a précisé l'agence, citant "des sources diplomatiques à Islamabad".

 

 


L'armée iranienne prévient qu'elle «ouvrira de nouveaux fronts» en cas de nouvelle attaque américaine

Donald Trump a annoncé lundi avoir renoncé à une attaque contre l'Iran prévue mardi, cela en réponse à une demande de dirigeants de pays du Golfe, et a affirmé que des "négociations sérieuses" avaient lieu. (AFP)
Donald Trump a annoncé lundi avoir renoncé à une attaque contre l'Iran prévue mardi, cela en réponse à une demande de dirigeants de pays du Golfe, et a affirmé que des "négociations sérieuses" avaient lieu. (AFP)
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  • Téhéran continue de contrôler le détroit d'Ormuz, stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures, tandis que l'armée américaine poursuit le blocus des ports iraniens
  • La quasi-paralysie du détroit a secoué l'économie mondiale, faisant flamber les cours du pétrole

TEHERAN: L'armée iranienne a averti mardi dans un communiqué qu'elle "ouvrira de nouveaux fronts" si les Etats-Unis reprennent leurs attaques contre l'Iran, interrompues depuis l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 8 avril.

"Si l'ennemi commet la bêtise de tomber à nouveau dans le piège des sionistes et de commettre une nouvelle agression contre notre Iran bien-aimé, nous ouvrirons de nouveaux fronts contre lui", a déclaré le porte-parole de l'armée Mohammad Akraminia, cité par l'agence de presse iranienne Isna.

Lundi, le président américain Donald Trump avait annoncé avoir annulé au dernier moment une nouvelle attaque contre l'Iran qui aurait dû avoir lieu mardi selon lui, tout en assurant qu'il existait de "très bonnes chances" de parvenir à un accord avec Téhéran.

Il n'avait jamais parlé de ce projet d'attaque avant ce lundi et un message sur sa plateforme Truth Social dans lequel il a expliqué avoir renoncé à une nouvelle offensive à la demande des dirigeants du Qatar, d'Arabie saoudite et des Emirats arabes unis, qui, selon lui, jugent possible la conclusion d'un accord.

Depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu le 8 avril, après quasiment 40 jours de frappes, des tractations sont en cours pour tenter de trouver un accord mais les positions des deux parties restent très éloignées, notamment sur le volet nucléaire.

Une seule session de discussions entre représentants américains et iraniens a eu lieu, le 11 avril à Islamabad, se soldant par un échec.

Lundi matin, la diplomatie iranienne avait déclaré avoir répondu à une nouvelle proposition des Etats-Unis visant à sortir de l'impasse diplomatique et à mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient.

Elle a réitéré ses exigences, réclamant en particulier le déblocage des avoirs iraniens gelés à l'étranger et la levée des sanctions internationales asphyxiant son économie.

Lundi, M. Trump avait estimé devant la presse qu'il avait "de très bonnes chances" de s'entendre avec l'Iran, disant observer une évolution "très positive" des tractations avec Téhéran, mais sans fournir aucun détail sur leur contenu.

Il avait toutefois assuré que les Etats-Unis se tenaient prêts à lancer une "attaque totale et à grande échelle contre l'Iran à tout moment, si un accord acceptable n'était pas trouvé" avec Téhéran.

Le chef du commandement des forces armées iraniennes, Ali Abdollahi, avait répondu en mettant en garde "les Etats-Unis et leurs alliés" contre toute nouvelle "erreur stratégique et de calcul".

L'accord en question doit assurer que l'Iran ne se dote pas de l'arme nucléaire, a écrit Donald Trump sur son réseau.

Des médias iraniens avaient déjà dénoncé les "conditions excessives" imposées par les Etats-Unis dans leur dernière offre.

Selon l'agence Fars, Washington exige que l'Iran ne maintienne qu'un seul site nucléaire en activité et transfère son stock d'uranium hautement enrichi aux Etats-Unis.

Washington a également refusé de débloquer "ne serait-ce que 25%" des avoirs ou de verser des compensations pour les dommages subis par l'Iran pendant la guerre, selon la même source.