Interdiction de l'abaya à l'école: «Faire bloc» face à « une attaque politique», selon le gouvernement

Le ministre français de l'Education nationale, Gabriel Attal (Photo, AFP).
Le ministre français de l'Education nationale, Gabriel Attal (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Mardi 29 août 2023

Interdiction de l'abaya à l'école: «Faire bloc» face à « une attaque politique», selon le gouvernement

  • Il s'agit de «faire bloc» contre les atteintes à la laïcité, car l'école de la République est «testée», a dit le ministre français de l'Education nationale, Gabriel Attal
  • «Jusqu'où ira la police du vêtement ? La proposition est contraire aux principes fondateurs de la laïcité. Symptomatique du rejet obsessionnel des musulmans», s'est indignée Clémentine Autain

PARIS: L'interdiction de l'abaya à l'école en France répond au besoin de "faire bloc" face à "une attaque politique", ont déclaré lundi des membres du gouvernement français, pour justifier cette mesure annoncée la veille.

Il s'agit de "faire bloc" contre les atteintes à la laïcité, car l'école de la République est "testée", a dit le ministre français de l'Education nationale, Gabriel Attal, lors de sa conférence de presse de rentrée.

"C'est une attaque politique, c'est un signe politique", a estimé de son côté à la chaîne de télévision BFMTV le porte-parole du gouvernement, Olivier Véran, en dénonçant une forme de "prosélytisme" à travers le port de cette longue robe traditionnelle couvrant le corps féminin jusqu'aux chevilles, à l'exception du visage et des mains.

"Faire bloc, c’est être clair : l’abaya n’a pas sa place dans nos écoles", a poursuivi M. Attal, en promettant de former "aux enjeux de laïcité 300.000 personnels par an jusqu’en 2025" et l’ensemble des 14.000 personnels de direction d'ici fin 2023.

"Notre école est testée. Ces derniers mois, les atteintes à la laïcité se sont considérablement accrues, avec notamment le port de tenues religieuses comme les abayas ou les qamis (pour les hommes, NDLR) qui ont fait leur apparition – et se sont installés parfois – dans certains établissements", a fait valoir le ministre.

M. Attal a annoncé dimanche soir sur TF1 l'interdiction dans les établissements scolaires de l'abaya, cette longue robe portée par certaines élèves musulmanes, répondant ainsi à une revendication des chefs d'établissement qui réclamaient des consignes claires sur ce sujet controversé.

Selon une note des services de l'Etat, dont l'AFP a obtenu copie, les atteintes à la laïcité, bien plus nombreuses depuis l'assassinat en 2020 aux abords de son collège du professeur Samuel Paty, ont augmenté de 120% entre les années scolaires 2021/2022 et 2022/2023. Le port de signes et tenues, qui représente la majorité des atteintes, a quant à lui augmenté de plus de 150% tout au long de la dernière année scolaire.

"La fermeté de la réponse de l’école est mise à l’épreuve par ces nouveaux phénomènes, face aux coups de boutoir, face aux attaques, face aux tentatives de déstabilisation", a déclaré M. Attal.

"Nous devons faire bloc. Et nous allons faire bloc", a-t-il ajouté.

Pour Olivier Véran, l'abaya est «une attaque politique»

Le porte-parole du gouvernement Olivier Véran a qualifié lundi l'abaya d'"attaque politique" envers l'école laïque, au lendemain de l'annonce de l'interdiction du port de ce vêtement dans les établissements scolaires par le ministre de l’Éducation Gabriel Attal

"Évidemment que ça l'est", s'est prononcé sur BFMTV/RMC l'ancien ministre de la Santé à la question de savoir si l'abaya était un vêtement religieux. "Et je vais même plus loin, c'est une attaque politique, c'est un signe politique", a poursuivi Olivier Véran, qui dénonce une forme de "prosélytisme" à travers le port de ce vêtement.

"L'école, c'est laïque", a martelé le ministre. "On le dit de manière très calme, mais aussi très ferme: ce n'est pas le lieu pour ça".

L'annonce faite par Gabriel Attal dimanche au 20 heures de TF1 marque un virage par rapport à la position de son prédécesseur Pap Ndiaye, et a déclenché de nombreuses réactions politiques.

Applaudie à droite et à l'extrême droite, la mesure est accueillie plus fraîchement à gauche, où certains dénoncent un dévoiement de la laïcité, voire une décision "islamophobe".

"Passer autant de temps sur les abayas, c'est disproportionné", a fustigé le Snes-FSU, principal syndicat du secondaire (collèges et lycées).

"Ce n'est pas le problème principal de la rentrée. C'est les effectifs dans les classes, c'est des profs qui manquent", a martelé sa secrétaire générale, Sophie Vénétitay. "On sait que le gouvernement cherche des appuis aussi à droite, donc on n'est pas dupes de la manoeuvre politique qui est derrière".

"Jusqu'où ira la police du vêtement ? La proposition de @Gabriel_attal est anticonstitutionnelle. Contraire aux principes fondateurs de la laïcité. Symptomatique du rejet obsessionnel des musulmans", s'est par exemple indignée la députée La France Insoumise Clémentine Autain sur X (ex-Twitter).

D'autres personnalités de gauche, comme le maire de Montpellier Michaël Delafosse ou le chef de file du Parti communiste Fabien Roussel ont en revanche approuvé l'interdiction, justement au nom de la laïcité.

En novembre dernier, la question du port de l'abaya avait déjà fait l'objet d'une circulaire de l’Éducation nationale. Dans ce texte, les abayas sont considérées - comme les bandanas et jupes longues, également cités - comme des tenues pouvant être interdites si elles sont "portées de manière à manifester ostensiblement une appartenance religieuse".

Fruit de la loi de 1905 sur la séparation de l'Eglise catholique et de l'Etat, la conception française de la laïcité cantonne la religion à la sphère privée.


La France convoque le chargé d’affaires iranien après une « action d’intimidation » contre son personnel diplomatique

La France a convoqué, mardi, le chargé d’affaires de la République islamique d’Iran à Paris à la suite de ce que le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères qualifie d’« action d’intimidation extrêmement grave » visant deux agents de l’ambassade de France en Iran le 19 juillet. (AFP)
La France a convoqué, mardi, le chargé d’affaires de la République islamique d’Iran à Paris à la suite de ce que le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères qualifie d’« action d’intimidation extrêmement grave » visant deux agents de l’ambassade de France en Iran le 19 juillet. (AFP)
Short Url
  • Le diplomate iranien a été reçu par le secrétaire général du ministère, qui lui a fait part de « la condamnation la plus ferme » de Paris à l’égard de cette agression, décrite comme « préméditée et délibérée»
  • La diplomatie française estime que cet incident constitue « une violation flagrante du droit international et des conventions de Vienne »

PARIS: La France a convoqué, mardi, le chargé d’affaires de la République islamique d’Iran à Paris à la suite de ce que le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères qualifie d’« action d’intimidation extrêmement grave » visant deux agents de l’ambassade de France en Iran le 19 juillet.

Selon un communiqué du Quai d’Orsay, cette convocation est intervenue à la demande du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot. Le diplomate iranien a été reçu par le secrétaire général du ministère, qui lui a fait part de « la condamnation la plus ferme » de Paris à l’égard de cette agression, décrite comme « préméditée et délibérée».

La diplomatie française estime que cet incident constitue « une violation flagrante du droit international et des conventions de Vienne », qui garantissent la protection du personnel diplomatique et encadrent les relations entre les États.

Le Quai d’Orsay a également averti que cet « incident gravissime et inadmissible » ne resterait « pas sans conséquence », rappelant que le ministre Jean-Noël Barrot avait déjà évoqué cette affaire avec son homologue iranien la veille.

La France demande aux autorités iraniennes d’établir les circonstances de cet incident, d’en identifier et sanctionner les responsables, et de garantir la sécurité de ses représentations diplomatiques ainsi que de son personnel, conformément aux obligations internationales de l’Iran.


Refus d'obtempérer à Marseille: un policier blessé, quatre interpellations

Un policier a été gravement blessé dans la nuit de lundi à mardi à Marseille après avoir été percuté lors d'un refus d'obtempérer par un véhicule dont les quatre occupants ont été interpellés, a-t-on appris de sources policières. (AFP)
Un policier a été gravement blessé dans la nuit de lundi à mardi à Marseille après avoir été percuté lors d'un refus d'obtempérer par un véhicule dont les quatre occupants ont été interpellés, a-t-on appris de sources policières. (AFP)
Short Url
  • Le policier a été "violemment percuté" alors qu’il "tentait d’intercepter, à l’aide du système Diva (barrage au sol) un véhicule en fuite", a confirmé sur X le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez
  • Les quatre occupants du véhicule, - le chauffeur et trois passagers - ont été interpellés et placés en garde à vue, a-t-il précisé

MARSEILLE: Un policier a été gravement blessé dans la nuit de lundi à mardi à Marseille après avoir été percuté lors d'un refus d'obtempérer par un véhicule dont les quatre occupants ont été interpellés, a-t-on appris de sources policières.

Le policier a été "violemment percuté" alors qu’il "tentait d’intercepter, à l’aide du système Diva (barrage au sol) un véhicule en fuite", a confirmé sur X le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez. "Projeté sur une vingtaine de mètres", il est "sérieusement blessé" mais "ses jours ne sont plus en danger", a ajouté le ministre, qui dénonce "un acte criminel très grave".

Les quatre occupants du véhicule, - le chauffeur et trois passagers - ont été interpellés et placés en garde à vue, a-t-il précisé.

Selon deux sources policières, le véhicule était volé, et le conducteur n'avait pas de permis de conduire.

Selon un rapport du service statistique du ministère de l'Intérieur (SSMSI), les refus de contrôle routier ont nettement augmenté en 2025, une hausse de 9% par rapport à l'année précédente alimentée notamment par les refus d'obtempérer qui constituent la majeure partie des délits (28.100 refus d'obtempérer pour 2025).


La France décerne à l’ambassadeur saoudien Fahad Al-Ruwaily la Légion d’honneur

La République française a décerné à Son Excellence Fahad Al-Ruwaily, ambassadeur du Royaume d’Arabie saoudite en France et en Principauté de Monaco, les insignes de Commandeur de la Légion d’honneur, l’une des plus hautes distinctions françaises. (Photo X @Arabiesaoudite en France)
La République française a décerné à Son Excellence Fahad Al-Ruwaily, ambassadeur du Royaume d’Arabie saoudite en France et en Principauté de Monaco, les insignes de Commandeur de la Légion d’honneur, l’une des plus hautes distinctions françaises. (Photo X @Arabiesaoudite en France)
La République française a décerné à Son Excellence Fahad Al-Ruwaily, ambassadeur du Royaume d’Arabie saoudite en France et en Principauté de Monaco, les insignes de Commandeur de la Légion d’honneur, l’une des plus hautes distinctions françaises. (Photo X @Arabiesaoudite en France)
La République française a décerné à Son Excellence Fahad Al-Ruwaily, ambassadeur du Royaume d’Arabie saoudite en France et en Principauté de Monaco, les insignes de Commandeur de la Légion d’honneur, l’une des plus hautes distinctions françaises. (Photo X @Arabiesaoudite en France)
Short Url
  • Cette reconnaissance intervient alors que les deux pays poursuivent le développement de leur partenariat stratégique, marqué par un dialogue politique soutenu et une coopération croissante
  • Cette distinction récompense les efforts déployés par l’ambassadeur Al-Ruwaily pour renforcer les relations d’amitié et approfondir la coopération entre la France et l’Arabie saoudite dans divers domaines d’intérêt commun

PARIS:  La République française a décerné à Son Excellence Fahad Al-Ruwaily, ambassadeur du Royaume d’Arabie saoudite en France et en Principauté de Monaco, les insignes de Commandeur de la Légion d’honneur, l’une des plus hautes distinctions françaises.

Cette distinction récompense les efforts déployés par l’ambassadeur Al-Ruwaily pour renforcer les relations d’amitié et approfondir la coopération entre la France et l’Arabie saoudite dans divers domaines d’intérêt commun.

Cette reconnaissance intervient alors que les deux pays poursuivent le développement de leur partenariat stratégique, marqué par un dialogue politique soutenu et une coopération croissante dans les secteurs économique, culturel et diplomatique.