L'Allemagne mise sur des réductions d'impôts pour relancer son économie déclinante

Le chancelier allemand Olaf Scholz, lors d'un point-presse au château de Meseberg, près de Berlin (Photo, AFP)
Le chancelier allemand Olaf Scholz, lors d'un point-presse au château de Meseberg, près de Berlin (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 29 août 2023

L'Allemagne mise sur des réductions d'impôts pour relancer son économie déclinante

  • L'ancienne locomotive de l'UE devrait être le seul grand pays industriel à connaître une récession en 2023, selon le FMI
  • Les principales nouveautés se trouvent dans un paquet d'aides fiscales lourd de plus de 7 milliards d'euros par an jusqu'en 2028, contre environ 5,7 milliards prévus à un stade antérieur

MESEBERG, ALLEMAGNE: Le chancelier Olaf Scholz a annoncé mardi un vaste plan de relance de l'activité économique allemande, plus épais que prévu notamment au plan fiscal, mais qui peine à convaincre les milieux économiques.

La crainte d'un déclin économique domine la rentrée dans la première économie européenne et a mis le gouvernement d'Olaf Scholz sous pression.

L'ancienne locomotive de l'UE devrait être le seul grand pays industriel à connaître une récession en 2023, selon le FMI.

"Il est donc très important que, dans cette situation, nous lancions une offensive du gouvernement fédéral pour stimuler la croissance de notre pays", a souligné le chancelier lors d'un point-presse au château de Meseberg, près de Berlin, où le gouvernement de coalition est réuni pour un séminaire de deux jours.

Il faut "garantir que les entreprises prennent leurs décisions (...) en ce qui concerne les investissements et les opportunités de croissance pour notre pays", a-t-il ajouté.

Son gouvernement de coalition, qui rassemble un attelage hétéroclite entre sociaux-démocrates, verts et libéraux, s'est mis d'accord sur un programme de relance en 10 points, devant être formellement adopté mercredi en conseil des ministres.

Les principales nouveautés se trouvent dans un paquet d'aides fiscales lourd de plus de 7 milliards d'euros par an jusqu'en 2028, contre environ 5,7 milliards prévus à un stade antérieur.

Le bouquet d'allégements fiscaux concerne en particulier les petites et moyennes entreprises, sous la forme d'amortissements accélérés et de primes à l'investissement.

Il comprend aussi un dispositif d'amortissement dégressif pour le logement résidentiel, de 6% par an, censé aidé la construction qui souffre de l'environnement des taux d'intérêt élevés.

Un effondrement total du secteur de la construction mettrait en danger les capacités dont le pays a un besoin urgent et exacerberait les problèmes sociaux sur le marché du logement, selon un document détaillant le plan du gouvernement.

Une autre mesure phare va permettre aux entreprises de mieux compenser les pertes passées par des bénéfices ultérieurs. Elles devraient désormais pouvoir compenser "80% des pertes sur quatre ans", contre 60% habituellement, a expliqué le ministre des Finances libéral Christian Lindner au même point-presse.

En outre, les incitations fiscales à la recherche et au développement doivent être améliorées.

Prix d'énergie subventionnés 

L'accès des jeunes entreprises aux marchés de capitaux va par ailleurs être facilité via des mesures coûtant un milliard d'euros.

Il s'agit encore de soutenir la modernisation de l'économie en ciblant la protection du climat dans les secteurs du bâtiment et des transports, via un fonds de 211 milliards d'euros déjà annoncé auparavant.

Le plan du gouvernement vise aussi à alléger le fardeau bureaucratique entourant des autorisations de construire, en recourant à l'intelligence artificielle.

Berlin compte par ailleurs sur une adoption rapide d'un projet de loi sur l'immigration qualifiée, censé régler les pénuries de main d'oeuvre, et qui doit encore être voté au Parlement.

L'industrie a été frappée au cœur suite à l'envolée des prix d'énergie dans le sillage de la guerre russe en Ukraine.

La coalition veut enfin garantir aux entreprises une fourniture d'énergie à un prix abordable, avec des prix subventionnés mais qui n'ont pas vocation à s'installer dans la durée.

 Accueil froid 

Les milieux économiques n'ont pas été enthousiasmés par ce catalogue de mesures.

Si une loi pour "booster" la croissance est importante pour "améliorer les conditions-cadres pour les investissements", les mesures "ne sont toujours pas en mesure de remédier à la faible croissance de l'Allemagne", a déclaré Veronika Grimm, membre du comité des sages économiques, au quotidien économique Handelsblatt.

Pour rendre l'énergie moins chère, nerf de la guerre économique, "il faut augmenter l’offre et non subventionner les prix" de sources d'énergie instables, a estimé Uwe Fröhlich, co-président du directoire de la banque coopérative DZ Bank, auprès de l'AFP.


Engie revoit à la hausse ses perspectives 2026 grâce à l’électrification et les infrastructures

Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
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  • Engie relève ses objectifs 2026, porté par l’électrification, les renouvelables et l’acquisition de UK Power Networks
  • Le groupe affiche un bénéfice net semestriel en hausse de 13,7 % à 3,3 milliards d’euros

PARIS: Engie a revu à la hausse ses perspectives pour l’année 2026 après un premier semestre au cours duquel l'énergéticien a été porté par l’accélération de l’électrification et l’acquisition du distributeur britannique d’électricité UK Power Networks.

"Partout où nous opérons, l'électrification s'accélère, les besoins en infrastructure, en flexibilité, en solution bas carbone continuent de croître", a déclaré Catherine MacGregor, la directrice générale lors d’une conférence téléphonique vendredi. "Et tous les métiers d'Engie sont au coeur de ces transformations".

"Qu'il s'agisse des renouvelables, des batteries, des réseaux électriques, des infrastructures locales ou encore des offres dédiées aux +data centers+, nous accélérons nos investissements dans les activités qui répondent justement aux évolutions structurelles du système énergétique", a-t-elle ajouté.

Sur les six premiers mois de l'année, le bénéfice net a progressé de 13,7% à 3,3 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires en revanche a reculé de 3,6% à 36,7 milliards d’euros.

Le groupe a bénéficié de sa dynamique opérationnelle lors de ces six mois et estime que son plan de performance en cours a contribué pour 304 millions d’euros à l'amélioration des résultats.

Il a également été porté par l’activité gaz soutenue par des conditions de marché favorables.

Côté perspectives, Engie a revu à la hausse son objectif de résultat net récurrent pour 2026 à un niveau compris entre 4,9 et 5,5 milliards d’euros (contre une fourchette de 4,6 à 5,2 milliards d’euros annoncée précédemment). Au premier semestre, cet indicateur qui exclut les activités exceptionnelles, s'est établi à 3 milliards d'euros.

L’Ebit (résultat opérationnel ajusté) hors nucléaire est quant à lui attendu dans une fourchette indicative de 9,2 à 10,2 milliards d’euros (contre 8,7 à 9,7 milliards d’euros auparavant).

"Nos activités de génération et nos infrastructures gazières jouent un rôle déterminant dans la sécurité du système et la maîtrise de son coût", a souligné Catherine MacGregor.

"C'est bien la cohérence stratégique associée à la solidité de nos modèles intégrés et à notre capacité d'exécution qui nous permet d'aborder la suite de l'année avec confiance et de relever notre +guidance+", a-t-elle conclu.


Saint-Gobain: bénéfice et ventes en recul au premier semestre mais des signes de croissance retrouvés

Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance. (AFP)
Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance. (AFP)
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  • Sur le semestre, le chiffre d'affaires est en repli de 1,1% à 23,6 milliards d'euros mais les ventes se sont améliorées dans la plupart des zones géographiques, à l'exception des Amériques, selon un communiqué du groupe français
  • En Europe du Nord, le chiffre d'affaires est en hausse de 0,2% sur le semestre. Sur la zone Europe du Sud, Moyen-Orient et Afrique, la croissance est de 2,1% et +2% en Asie-Pacifique

PARIS: Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance.

Sur le semestre, le chiffre d'affaires est en repli de 1,1% à 23,6 milliards d'euros mais les ventes se sont améliorées dans la plupart des zones géographiques, à l'exception des Amériques, selon un communiqué du groupe français.

"Après un premier trimestre marqué par l'impact de conditions climatiques défavorables dans l'hémisphère nord, le chiffre d'affaires à données comparables renoue avec la croissance au deuxième trimestre dans toutes les régions, y compris en volumes: en Europe grâce au marché de la construction neuve, en Amérique avec une normalisation des conditions climatiques en Amérique du Nord, et en Asie-Pacifique qui poursuit sa forte croissance", décrypte Saint-Gobain, qui emploie plus de 162.000 personnes dans 81 pays.

En Europe du Nord, le chiffre d'affaires est en hausse de 0,2% sur le semestre. Sur la zone Europe du Sud, Moyen-Orient et Afrique, la croissance est de 2,1% et +2% en Asie-Pacifique.

C'est la zone Amériques qui tire le chiffre d'affaires vers le bas avec -7,2% sur le semestre. En ne prenant en compte que le deuxième trimestre, les ventes sont restées stables (+0,4%).

En 2025, la zone représentait plus du quart du chiffre d'affaires global de Saint-Gobain.

L'Ebitda (excédent brut d'exploitation), un indicateur de rentabilité, atteint 3,6 milliards d'euros "affecté par l'effet de change", mais "bénéficiant du retour à la croissance au deuxième trimestre", explique Saint-Gobain.

L'entreprise a confirmé ses perspectives de croissance, malgré "un environnement macroéconomique contrasté et géopolitiquement incertain", selon Benoît Bazin, PDG du groupe, lors d'un point presse.

Saint-Gobain anticipe une croissance de ses ventes au deuxième semestre 2026 dans toutes les zones, "contrastées par pays" en Europe, "dans un contexte incertain" dans les Amériques et "tirée par l'Inde et l'Asie du sud-est" pour la zone Asie-Pacifique.


Veolia renforce sa performance opérationnelle et relève ses objectifs pour 2026

Laboratoire et contrôle des déchets réceptionnés site Veolia Courrières. (Photo by Mathieu Dréan / Veolia)
Laboratoire et contrôle des déchets réceptionnés site Veolia Courrières. (Photo by Mathieu Dréan / Veolia)
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  • Veolia confirme une dynamique de croissance solide, avec des résultats financiers en hausse et une meilleure performance opérationnelle
  • Le groupe relève ses ambitions 2026, soutenu par ses activités internationales et ses marchés d’avenir

DUBAI: Veolia a signé un premier semestre 2026 solide, porté par une amélioration de sa rentabilité et une croissance de ses principaux indicateurs financiers. Fort de ces résultats, le groupe relève ses objectifs pour l'ensemble de l'année et confirme la trajectoire de son plan stratégique GreenUp.

Le chiffre d'affaires atteint 22,2 milliards d'euros, en hausse de 1,5 %, tandis que l'EBITDA progresse de 5 % pour s'établir à 3,55 milliards d'euros. La marge d'EBITDA s'améliore de 70 points de base, reflet des efforts continus du groupe en matière d'efficacité opérationnelle. Le résultat net courant part du groupe s'élève à 837 millions d'euros, en progression de 10,4 %, dépassant le rythme de croissance initialement attendu.

Cette performance repose sur la bonne tenue des activités Eau et Énergie, sur une croissance soutenue à l'international, notamment dans les Amériques et en Asie, ainsi que sur des gains d'efficacité de 195 millions d'euros réalisés au premier semestre. Veolia continue de bénéficier d'une forte demande pour ses services liés à la gestion de l'eau, de l'énergie et des déchets, tout en maintenant une discipline stricte sur ses coûts et ses investissements.

Le groupe poursuit également sa transformation avec la finalisation de l'acquisition de Clean Earth, qui renforce sa position sur le marché américain du traitement des déchets dangereux. Cette opération s'inscrit dans la stratégie de développement international de Veolia et devrait contribuer à sa croissance à partir de 2027.

Parallèlement, Veolia accélère son développement sur les marchés liés aux centres de données, à la microélectronique et aux solutions numériques. Le groupe vise un milliard d'euros de chiffre d'affaires annuel sur ces activités d'ici 2030 et entend accroître le rôle de l'intelligence artificielle dans l'amélioration de son efficacité opérationnelle.

Au vu de ces performances, Veolia relève son objectif de croissance du résultat net courant pour 2026 à un minimum de 8 %, contre une prévision précédente plus prudente, et confirme l'ensemble des ambitions de son plan GreenUp. Ces résultats illustrent la capacité du groupe à conjuguer croissance, amélioration de la rentabilité et investissements dans ses relais de développement.