France : Plan de soutien à la filière hydrogène de quatre milliards d'euros

La ministre française de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher (à droite), s'entretient avec Frédéric Hartmann, directeur du site Borealis, lors de sa visite à l'entreprise Borealis à Ottmarsheim, dans l'est de la France, le 31 août 2023 (Photo, AFP).
La ministre française de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher (à droite), s'entretient avec Frédéric Hartmann, directeur du site Borealis, lors de sa visite à l'entreprise Borealis à Ottmarsheim, dans l'est de la France, le 31 août 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 01 septembre 2023

France : Plan de soutien à la filière hydrogène de quatre milliards d'euros

  • La ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, a annoncé jeudi en Alsace un dispositif de soutien à la filière hydrogène
  • En 2020, le gouvernement français avait lancé un vaste plan de soutien à la filière hydrogène portant au total sur 9 milliards d'euros

ASPACH-MICHELBACH: La ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, a annoncé jeudi en Alsace un dispositif de soutien à la filière hydrogène, à hauteur de quatre milliards d'euros.

Ce dispositif "vise à accompagner les industriels pour acheter les électrolyseurs et pour produire de l'hydrogène décarboné à un coût compétitif, puisque nous compenserons une partie du coût entre le prix de l'hydrogène sans carbone et le prix de l'hydrogène fabriqué à partir d'énergies fossiles", a déclaré la ministre à l'issue d'une visite de l'usine d'électrolyseurs John Cockerill d'Aspach-Michelbach (Haut-Rhin).

"Cet hydrogène sera utilisé dans différents processus industriels lourds, pour ne plus utiliser des énergies fossiles, que ce soit pour produire de l'acier, de l'aluminium ou des engrais", a-t-elle complété.

L'usine John Cockerill d'Aspach-Michelbach "illustre notre politique de réindustrialisation et de décarbonation", a vanté la ministre, puisque "c'est un site lauréat des dispositifs d'accompagnement industriels pour la décarbonation que nous avons lancés depuis 2020".

En 2020, le gouvernement français avait lancé un vaste plan de soutien à la filière hydrogène portant au total sur 9 milliards d'euros, d'où est issue l'enveloppe de 4 milliards annoncée jeudi.

L'usine John Cockerill d'Aspach-Michelbach avait obtenu près de 100 millions d'euros de subventions.

"C'est un soutien déterminant, rien de tout ceci n'existerait sans la puissance publique et sans le soutien de l'Etat et des collectivités locales", a assuré Raphael Tilot, directeur général de John Cockerill Hydrogen.

"L'annonce (du plan de 4 milliards d'euros) est très positive, c'est un dispositif qui est lisible, les critères sont tout à fait compréhensibles par les industriels donc nous voyons cela d'un très bon oeil", a-t-il complété. "L'Europe avance en parallèle à ce qui se passe ailleurs dans le monde, où cela va parfois encore plus vite, quand on voit ce qui se passe en Europe du Nord ou en Chine. Donc il faut que la France et l'Europe continuent, si possible encore plus vite".

«Giga-factory»

L'usine doit entrer en production en fin d'année et vise, à l'issue d'une phase de montée en puissance de trois ans, une production annuelle d'électrolyseurs pour une puissance équivalente à 1 000 mégawatts, soit 1 gigawatt, faisant d'elle une "giga-factory". L'usine embauchera à terme près de 300 employés, environ un tiers des recrutements ont déjà eu lieu.

L'enveloppe de 4 milliards d'euros sera elle utilisée pour lancer des appels d'offre tous les ans pendant les quatre ans à venir afin de développer des producteurs d'hydrogène décarboné utilisateurs d'électrolyseurs, a précisé le cabinet de la ministre.

Un décret doit paraître prochainement pour fixer les modalités des subventions qui seront accordées aux industriels désireux de décarboner leur production grâce à l'hydrogène (en remplacement du gaz par exemple), aussi bien pour couvrir une partie de l'achat de l'électrolyseur que pour soutenir dans la durée les coûts d'exploitation de ces installations "puisqu'aujourd'hui la production d'hydrogène décarboné coûte plus cher que celle d'hydrogène fossile".

"Nous sommes agnostiques sur la nature de l'électricité qui rentrera dans l'électrolyseur, à condition qu'elle soit bas-carbone, elle peut être d'origine nucléaire ou renouvelable, ce sont les porteurs de projet qui décideront" a ajouté le cabinet.


Saudia clarifie la vente d’anciens avions Boeing dans un contexte de rapports sur des sanctions

Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
  • Saudia affirme que des Boeing 777-200 ont été vendus légalement à une société étrangère
  • La compagnie dit n’avoir aucun lien avec les appareils depuis la vente de juin 2023

RIYAD : Le transporteur national saoudien Saudia a clarifié samedi des informations circulant dans les médias et sur les réseaux sociaux concernant le transfert d’avions Boeing 777-200 qu’il possédait auparavant à une compagnie aérienne faisant l’objet de sanctions internationales.

Dans un communiqué publié sur la plateforme sociale X, la compagnie a indiqué que les appareils avaient été vendus le 7 juin 2023 à une société enregistrée en dehors de l’Arabie saoudite, et que la transaction avait été réalisée conformément à toutes les procédures commerciales et juridiques applicables.

« Depuis la finalisation de la vente, Saudia n’a plus aucun lien opérationnel ou commercial avec ces avions », a déclaré la compagnie, sans identifier l’acheteur ni fournir davantage de détails.

Cette déclaration intervient après des rapports et publications en ligne ayant lié d’anciens appareils de Saudia à un transporteur sanctionné, poussant la compagnie à prendre publiquement ses distances avec toute utilisation ultérieure de ces avions.

Saudia, anciennement connue sous le nom de Saudi Arabian Airlines, a été fondée en septembre 1945 et est la plus ancienne compagnie aérienne du Royaume. Selon son site internet, elle exploite actuellement une flotte d’environ 149 avions de passagers.

Sa flotte comprend 95 avions Airbus des familles A320, A321 et A330, ainsi que 54 appareils Boeing incluant les séries 777 et 787 Dreamliner. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


France: la production industrielle recule de 0,1% en mai

Un des moteurs de l'économie française, la production industrielle de la France a légèrement reculé en mai, de 0,1% sur un mois, pénalisée par la production manufacturière dont la baisse est nettement plus marquée (-1%), a indiqué l'Insee vendredi. (AFP)
Un des moteurs de l'économie française, la production industrielle de la France a légèrement reculé en mai, de 0,1% sur un mois, pénalisée par la production manufacturière dont la baisse est nettement plus marquée (-1%), a indiqué l'Insee vendredi. (AFP)
  • "Le moteur de l'économie française commence à perdre de sa vigueur", a souligné Charlotte de Montpellier, économiste chez ING, dans une note
  • En revanche, la production des industries extractives, énergie, eau a rebondi (+3,2%)

PARIS: Un des moteurs de l'économie française, la production industrielle de la France a légèrement reculé en mai, de 0,1% sur un mois, pénalisée par la production manufacturière dont la baisse est nettement plus marquée (-1%), a indiqué l'Insee vendredi.

En avril, la production industrielle avait augmenté de 0,3% et la production manufacturière de 0,6%, après révision à la hausse.

Dans l'industrie manufacturière, la production est en repli dans tous les principaux secteurs, a précisé l'Institut national de la statistique et des études économiques: les matériels de transport (-2,8%) dont l'automobile (-4,7%), les biens d'équipement électriques, électroniques et informatiques (-2,3%), la cokéfaction et le raffinage (-9,0%), les "autres produits industriels comme la métallurgie, chimie et pharmacie (-0,4%) ainsi que les industries agro-alimentaires (-0,3%).

"Le moteur de l'économie française commence à perdre de sa vigueur", a souligné Charlotte de Montpellier, économiste chez ING, dans une note.

En revanche, la production des industries extractives, énergie, eau a rebondi (+3,2%). "La hausse qui concerne à la fois l'électricité et le gaz est due à une augmentation de la consommation liée aux températures fraîches en milieu de mois, puis à l'épisode caniculaire en fin de mois", a expliqué l'Insee.

Sur les trois derniers mois (mars à mai), par rapport à la même période en 2025, la production a augmenté de 2,4% dans l'industrie et de 2,2% dans l'industrie manufacturière.

Dans la construction, la production a progressé de 1,2% en mai sur un mois, mais elle s'inscrit en baisse de 2,3% sur les trois mois allant de mars à mai par rapport aux mêmes trois mois de l'an dernier.

Dans les prochains mois, "certains facteurs temporaires qui avaient bénéficié à l'industrie française, notamment la mise à l'arrêt de la production chez certains concurrents asiatiques, vont progressivement s'estomper avec l'apaisement de la situation au Moyen-Orient", a analysé Charlotte de Montpellier.

"D'autres facteurs continueront toutefois de soutenir l'activité, notamment la forte demande dans l'aéronautique et la hausse des dépenses de défense, qui bénéficie largement aux 5% de l'industrie française orientés vers l'armement", a-t-elle ajouté.

Selon elle, "l'industrie française devrait continuer à surperformer le secteur des services", affecté notamment par la faible confiance des ménages, "mais avec un peu moins d’élan qu’en début d’année", avec des répercussions sur la croissance.


Transport maritime: CMA CGM inaugure le "Notre-Dame", plus grand porte-conteneurs français

L'ancien Premier ministre français et maire du Havre, Édouard Philippe, l'épouse du président français Brigitte Macron, le président-directeur général du groupe CMA CGM, Rodolphe Saadé, le ministre français des Transports Philippe Tabarot et Delphine Arnault, à la tête de Dior et vice-présidente exécutive de Louis Vuitton, participent à l'inauguration du porte-conteneurs « Notre-Dame » de CMA CGM, le plus grand porte-conteneurs sous pavillon français, au Havre, dans le nord-ouest de la France, le 2 juillet 2026. (AFP)
L'ancien Premier ministre français et maire du Havre, Édouard Philippe, l'épouse du président français Brigitte Macron, le président-directeur général du groupe CMA CGM, Rodolphe Saadé, le ministre français des Transports Philippe Tabarot et Delphine Arnault, à la tête de Dior et vice-présidente exécutive de Louis Vuitton, participent à l'inauguration du porte-conteneurs « Notre-Dame » de CMA CGM, le plus grand porte-conteneurs sous pavillon français, au Havre, dans le nord-ouest de la France, le 2 juillet 2026. (AFP)
  • CMA CGM a baptisé au Havre le "Notre-Dame", le plus grand porte-conteneurs sous pavillon français et premier d'une série de 10 navires géants, renforçant la souveraineté maritime française
  • Fonctionnant au GNL, ce navire de 400 mètres peut transporter 24.000 conteneurs et assurera les échanges commerciaux entre l'Asie et l'Europe

LE HAVRE: CMA CGM a baptisé jeudi au Havre (Seine-Maritime) le "Notre-Dame", plus gros porte-conteneurs sous pavillon français et le premier d'une série de dix navires géants commandés par l'armateur basé à Marseille.

Long de 400 mètres et plus haut que les tours de la cathédrale parisienne dont il porte le nom, le navire a été inauguré à la mi-journée devant plusieurs centaines de personnes, parmi lesquelles le maire du Havre Édouard Philippe et l'épouse du chef d'Etat Brigitte Macron.

"Je nomme ce navire CMA CGM Notre-Dame. Je souhaite bon vent à son équipage et à tous ceux qui navigueront à son bord", a lancé sa marraine Delphine Arnault, PDG de Christian Dior Couture, avant de briser la traditionnelle bouteille de champagne sur la coque.

Le choix du pavillon français vient d'un engagement pris par le PDG de CMA CGM, Rodolphe Saadé, devant Emmanuel Macron en novembre 2025.

Alors que les armateurs défendaient un avantage fiscal menacé, M. Saadé avait annoncé l'immatriculation sous pavillon français de ces nouveaux porte-conteneurs, présentés comme une contribution au renforcement de la souveraineté maritime française.

"Dans un monde où les routes maritimes sont de nouveau sous tension, notre mission n'a jamais été aussi essentielle", a déclaré jeudi le patron du troisième armateur mondial.

"À l'heure où la mer redevient un espace d'affirmation et de souveraineté (...), pour la France, dont la prospérité repose en grande partie sur les échanges internationaux, c'est un enjeu direct de compétitivité", a-t-il poursuivi.

Fleuron d'une nouvelle génération de porte-conteneurs géants, le "Notre-Dame" a été commandé pour transporter les marchandises produites par les usines asiatiques vers les consommateurs européens, et pour les produits agroalimentaires, cosmétiques et pharmaceutiques européens vers l'Asie.

Ce mastodonte des mers, le plus grand du monde à fonctionner grâce au gaz naturel liquéfié (GNL), sort du gigantesque chantier naval Yangzijiang Shipbuilding (YZJ) près de Shanghai, en Chine.

Il peut embarquer 24.000 conteneurs standards, soit l'équivalent de 20.000 camions ou 600 trains de fret, et son équipage est composé en moyenne d'une trentaine de personnes.

Le choix de son nom s'inscrit dans une tradition de séries thématiques adoptée par l'armateur. Pour cette nouvelle génération de porte-conteneurs, CMA CGM a choisi de mettre à l'honneur des symboles du patrimoine français.

Après le "Notre-Dame", le deuxième navire de la série, le "Panthéon", doit rejoindre la flotte en septembre.