Syrie: combats intermittents dans l'Est après un couvre-feu

Les autorités kurdes ont imposé vendredi un couvre-feu dans des secteurs de la province de Deir Ezzor dans l'est de la Syrie (Photo, AFP).
Les autorités kurdes ont imposé vendredi un couvre-feu dans des secteurs de la province de Deir Ezzor dans l'est de la Syrie (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 02 septembre 2023

Syrie: combats intermittents dans l'Est après un couvre-feu

  • Les combats ont commencé lundi après l'arrestation par les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes, d'Ahmad al-Khabil, chef du Conseil militaire de la province de Deir Ezzor, un groupe local arabe armé pourtant affilié aux FDS
  • Son arrestation avait déclenché des combats dans des secteurs sous contrôle kurde de cette province, entre les FDS et les combattants locaux, faisant 54 morts, dont six civils, d'après un dernier bilan de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH)

BEYROUTH: Des affrontements intermittents se sont poursuivis samedi entre des combattants locaux et les forces kurdes dans l'Est de la Syrie, au premier jour d'un couvre-feu de 48 heures, décrété après des combats meurtriers, selon une ONG.

Les combats ont commencé lundi après l'arrestation par les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes, d'Ahmad al-Khabil, chef du Conseil militaire de la province de Deir Ezzor, un groupe local arabe armé pourtant affilié aux FDS.

Son arrestation avait déclenché des combats dans des secteurs sous contrôle kurde de cette province, entre les FDS et les combattants locaux, faisant 54 morts, dont six civils, d'après un dernier bilan de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Des affrontements se poursuivent "par intermittence dans trois villages", a déclaré à l'AFP le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, notant que "l'intensité des combats avait diminué du fait du couvre-feu" imposé par les autorités kurdes à partir de samedi à 05H00 (02H00 GMT).

Dans un communiqué samedi, les FDS ont dénoncé "une propagande" visant à "semer la discorde et briser l'unité des FDS et de la population locale" arabe.

Selon elles, "il s'agit surtout d'affrontements contre des éléments du régime" et des hommes impliqués dans des trafics aux cotés d'Ahmad al-Khabil, a déclaré à l'AFP leur porte-parole, Farhad Chami.

Selon les FDS, Ahmad al-Khabil a été arrêté notamment pour ses liens présumés avec le régime syrien, trafic de drogue et sa "mauvaise gestion ayant permis une hausse des activités des cellules du groupe djihadiste Etat islamique" (EI).

La partie de la province de Deir Ezzor à grande majorité arabe, située à l'est de l'Euphrate est contrôlée par les FDS, tandis que les forces du président Bachar al-Assad, et combattants affiliés à l’Iran sont stationnés sur la rive ouest.

Les autorités kurdes gèrent les régions sous leur contrôle dans cette province par l'intermédiaire de conseils civils et militaires locaux, afin d'éviter de mécontenter les tribus arabes locales.

Les tensions ont été aggravées lorsque des combattants prorégime, soutenus par l'Iran, avaient profité des affrontements pour se rendre dans deux villages contrôlés par les Kurdes, selon l'OSDH.

Soutenues par les Etats-Unis, les FDS, qui contrôle de vastes territoires du nord-est syrien ont été le fer de lance de l'offensive qui a défait l'EI en Syrie en 2019.


Liban: 13 morts dans des frappes israéliennes sur le sud

Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
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  • Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, dont des civils (femmes et enfants), malgré un cessez-le-feu en vigueur
  • Depuis la reprise des hostilités le 2 mars entre Israël et le Hezbollah, plus de 2 600 personnes ont été tuées, dont des secouristes, suscitant de vives critiques humanitaires

BEYROUTH: Des frappes israéliennes sur le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, a rapporté le ministère libanais de la Santé dans un nouveau bilan.

Selon un communiqué du ministère, huit personnes, parmi lesquelles un enfant et deux femmes, ont été tuées et 21 autres blessées, dont deux enfants et une femme, dans des frappes sur le village d'Habboush, que l'armée israélienne avait appelé à évacuer malgré un cessez-le-feu.

L'agence de presse officielle libanaise (ANI) a rapporté "une série de frappes intenses (...) un peu moins d'une heure après l'avertissement" israélien.

A Habboush, un photographe de l'AFP a vu des volutes de fumée s'élever à la suite des bombardements.

Une autre frappe sur le village de Zrariyé, dans la région de Saïda, a par ailleurs fait quatre morts, dont deux femmes, et quatre blessés dont un enfant et une femme, a précisé le ministère dans la soirée.

Selon la même source, une femme a été tuée et sept personnes ont été blessées dans le district de la ville côtière de Tyr.

L'ANI avait auparavant fait état d'autres frappes et de tirs d'artillerie sur d'autres localités du Sud en dépit du cessez-le-feu entre le Hezbollah pro-iranien et Israël en vigueur depuis le 17 avril.

- Secouristes tués -

Jeudi, 17 personnes avaient été tuées dans des frappes sur le Sud, où l'armée israélienne a établi une zone de 10 km de profondeur à partir de la frontière, interdite d'accès à la presse et à la population, et effectue des opérations de démolition.

Des destructions ont ainsi été rapportées à Shamaa mais également à Yaroun, où un monastère, une école privée, des maisons, des commerces et des routes ont été démolies, selon l'agence ANI.

Israël affirme vouloir protéger sa région nord du Hezbollah, qui continue de revendiquer des attaques contre des positions israéliennes au Liban et, plus rarement, contre le territoire israélien.

L'armée israélienne a indiqué dans la nuit de vendredi à samedi avoir intercepté quatre "cibles aériennes" qui se dirigeaient vers le nord d'Israël, sans préciser leur provenance.

En vertu de l'accord de cessez-le-feu, Israël se réserve "le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours", une clause que le Hezbollah conteste.

Selon le ministère libanais de la Santé, plus de 2.600 personnes ont été tuées depuis la reprise des hostilités entre le Hezbollah et Israël, le 2 mars, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

D'après cette source, 103 secouristes font partie des morts.

"Qu'une personne qui tente de sauver des vies, d'apaiser la souffrance humaine, puisse être ciblée (...) c'est une chose que je trouve absolument inacceptable", a affirmé à des journalistes près de Beyrouth le secrétaire général adjoint de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FIRC), Xavier Castellanos.


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.