Décarboner les usines, mission de l'intelligence artificielle ?

Des membres de l'ONG Greenpeace tiennent des banderoles sur lesquelles on peut lire "Les énergies fossiles : 86% des émissions de CO2" et "Le thermomètre grimpe, grâce à l'industrie des énergies fossiles" lors d'une manifestation contre l'exploitation des énergies fossiles, à La Défense, près de Paris, le 22 août 2023. (Photo Alain JOCARD / AFP)
Des membres de l'ONG Greenpeace tiennent des banderoles sur lesquelles on peut lire "Les énergies fossiles : 86% des émissions de CO2" et "Le thermomètre grimpe, grâce à l'industrie des énergies fossiles" lors d'une manifestation contre l'exploitation des énergies fossiles, à La Défense, près de Paris, le 22 août 2023. (Photo Alain JOCARD / AFP)
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Publié le Dimanche 03 septembre 2023

Décarboner les usines, mission de l'intelligence artificielle ?

  • Au-delà de ChatGPT, qui a fait les gros titres ces derniers mois, les applications de l'IA sont infiniment nombreuses, notamment pour apporter davantage de traçabilité, élément majeur de la décarbonation
  • «L'un de ses apports est sa capacité à reconstruire une partie des données, à les projeter pour fournir des estimations sur les émissions liées à un produit qui soient les moins fausses possibles», explique un expert

PARIS : Des capteurs malins pour réduire les besoins en énergie des machines, du béton moins polluant ou des outils pour traquer les émissions en CO2: loin de se cantonner à ChatGPT, l'intelligence artificielle (IA) peut-elle aussi aider à décarboner ?

C'est le pari de nombreuses entreprises. Dans les travées des conférences sur le changement climatique, il n'est plus rare de tomber sur des startups vantant leurs capacités à mesurer et réduire les émissions: l'américaine Watershed, l'allemande Carbme, ou encore la française Greenly, qui propose d'analyser les activités des entreprises pour les traduire et les quantifier en gaz à effet de serre.

Au-delà de ChatGPT, qui a fait les gros titres ces derniers mois, les applications de l'IA sont infiniment nombreuses, notamment pour apporter davantage de traçabilité, élément majeur de la décarbonation. Dans ce cadre, l'IA peut jouer un rôle majeur, estime Geoffroy Petit, spécialiste du sujet pour le cabinet BearingPoint.

«L'un de ses apports est sa capacité à reconstruire une partie des données, à les projeter pour fournir des estimations sur les émissions liées à un produit qui soient les moins fausses possibles», explique-t-il.

Car si les entreprises peuvent aisément savoir ce qu'elles émettent directement, c'est moins facile avec les émissions indirectes (dites de Scope 3), dont celles de leurs fournisseurs.

«Par exemple, l'IA pourrait permettre de dire aux entreprises: +Ce que vous faites pour décarboner votre flotte de véhicules, c'est bien, mais le sujet chez vous, c'est le modèle d'affaires qui repose sur l'entrée dans vos entrepôts de milliers de produits dont vous ne maîtrisez absolument pas le bilan carbone+», décrypte Léo Génin, consultant environnement pour I Care, chez BearingPoint.

Un point loin d'être négligeable: selon un rapport récent de CapGemini, les émissions indirectes représentaient l'an dernier 92% des émissions totales affichées par les entreprises européennes interrogées.

Mais l'IA peut être utilisée à d'autres fins, dont l'amélioration des procédés de fabrication au sein d'une usine. «On peut, grâce aux données que l'on récolte, dire quelles sont les raisons pour lesquelles on produit mal ou bien», décrit ainsi Paul Pinault, l'un des responsables de Braincube, entreprise française proposant des solutions numériques aux industriels. Cela permet notamment d'évaluer, via des millions de données, quels seront les processus industriels les moins énergivores.

- «Impact environnemental» -

Des industriels se sont lancés, comme le français Suez avec son logiciel Aquadvanced, pour aider à la gestion des réseaux d'eau. L'allemand Siemens a lui mis au point un logiciel de mesure des émissions tout au long de la chaîne de valeur. Et les Gafam sont de la partie: l'américain Meta a collaboré avec l'université de l'Illinois l'an dernier, pour concevoir un algorithme afin de créer des bétons plus frugaux en émissions.

Au-delà de la décarbonation des procédés et des produits, l'IA peut aussi aider aux processus de décision des entreprises. Par exemple, une société devrait-elle plutôt démolir un bâtiment et le reconstruire avec des matériaux plus verts, ou au contraire réutiliser une partie du site et reconstruire l'autre partie avec des matériaux recyclés ?

L'avenir de la planète passe-t-il pour autant par l'intelligence artificielle ? Ce serait occulter le fait que le numérique représente 3 à 4% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde, selon un rapport de l'Agence de la transition écologique (Ademe) et de l'Arcep, autorité de régulation des télécoms. En d'autres termes, la solution potentielle fait aussi partie du problème.

«La question du retour sur investissement, du point de vue environnemental, de ces infrastructures numériques au regard des bénéfices et des promesses induites reste quelque chose de peu vérifié à l'heure actuelle», souligne Léo Génin.

Et encore faut-il que les entreprises veuillent mettre en place ces outils, avec des coûts potentiels additionnels à court terme.

Les spécialistes soulignent néanmoins un changement des mentalités, bien que lent. «Précédemment, les entreprises nous contactaient en disant: +J'ai un problème de qualité à résoudre dans mon usine+. Aujourd'hui, elles disent: +J'ai un problème de qualité et je veux aussi mesurer mon impact environnemental+», témoigne Paul Pinault.

Le plus incitatif serait encore de faire rimer environnement et économies. «Quand on couple aspect financier et aspect climatique, les entreprises prennent des décisions beaucoup plus rapidement», atteste ainsi Geoffroy Petit.


Le secteur privé, moteur du rapprochement économique entre la France et l’Arabie saoudite

En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a multiplié les rencontres avec le MEDEF, les chambres de commerce et plusieurs représentants du secteur privé français. (Fournie)
En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a multiplié les rencontres avec le MEDEF, les chambres de commerce et plusieurs représentants du secteur privé français. (Fournie)
  • Dans un entretien accordé à Arab News en français, Sultan Almusallam souligne la dynamique des relations économiques franco-saoudiennes, avec 12 milliards de dollars d’échanges en 2025
  • À Vision Golfe, la Fédération des chambres saoudiennes veut accélérer les partenariats avec les entreprises françaises en facilitant les investissements et le commerce, dans le cadre des objectifs de Vision 2030

PARIS: À l’occasion de sa première participation à Vision Golfe, le secrétaire général de la Fédération des chambres saoudiennes, Sultan Almusallam, a réaffirmé, dans un entretien accordé à Arab News en français, la volonté du Royaume de renforcer ses liens économiques avec la France. Selon lui, les priorités françaises en matière d’expertise, d’innovation et de développement « s’inscrivent pleinement dans les objectifs de la Vision 2030 du Royaume et au-delà », créant des opportunités de coopération dans des secteurs stratégiques.

Cette dynamique se traduit déjà par des résultats concrets. « La croissance soutenue des échanges commerciaux entre les deux pays au cours des cinq dernières années est un indicateur positif. Sur un an, les échanges ont progressé de 7,8 %, atteignant 12 milliards de dollars en 2025 », souligne Sultan Almusallam. Dans le même temps, les investissements français en Arabie saoudite ont presque triplé en cinq ans, passant de 7 à 19 milliards de riyals saoudiens.

Aujourd’hui, 500 entreprises françaises sont implantées en Arabie saoudite, dont 30 ont choisi Riyad comme siège régional, un chiffre appelé à progresser.

Pour le secrétaire général, cette croissance repose sur la complémentarité des savoir-faire. « L’expertise française est en phase avec les ambitions saoudiennes », explique-t-il, citant notamment les secteurs du MICE (Meetings, Incentives, Conferences and Exhibitions), de la culture, du tourisme et de l’économie créative.

Les prochains grands événements internationaux organisés en Arabie saoudite, notamment l’Expo 2030 et la Coupe du monde de football, ouvrent selon lui de nouvelles perspectives de coopération. Il cite le groupe hôtelier Accor, fortement implanté dans le Royaume et engagé dans le recrutement de talents saoudiens, comme « un modèle à reproduire dans d’autres secteurs ».

Dans son entretien avec Arab News en français, Sultan Almusallam insiste également sur le rôle de la coopération culturelle dans le développement des relations économiques. Les initiatives telles qu’Afalula, ainsi que l’inscription de huit sites saoudiens au patrimoine mondial de l’UNESCO au cours des dix dernières années, contribuent selon lui à renforcer les liens entre les deux pays.

« Les relations d’affaires ne peuvent se construire que sur la confiance, et la confiance se construit à travers les relations entre les peuples », affirme-t-il. Il souligne également la présence d’environ 16 000 expatriés français en Arabie saoudite, qui contribue à renforcer cet écosystème de coopération.

Le responsable saoudien estime par ailleurs que l’image du Royaume évolue rapidement. « Nous avons encore des efforts à faire pour faire connaître au public français la beauté de l’Arabie saoudite », confie-t-il, ajoutant que « la majorité des personnes qui découvrent le Royaume sont surprises par l’accueil qui leur est réservé ». Selon lui, le développement du tourisme, de la culture et des grands événements favorise les échanges humains, lesquels stimulent ensuite les relations d’affaires.

Au-delà des chiffres, Sultan Almusallam affirme que la mission de la Fédération est d’accompagner davantage les entreprises françaises. En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a rencontré le MEDEF, les chambres de commerce ainsi que plusieurs représentants du secteur privé français afin d’identifier les obstacles au commerce et à l’investissement.

« Nous sommes ici pour écouter. Aucun environnement d’investissement n’est parfait. Nous voulons comprendre les barrières auxquelles les entreprises françaises sont confrontées et trouver des solutions », explique-t-il.

Cette ambition s’inscrit dans la stratégie 2026-2030 récemment lancée par la Fédération des chambres saoudiennes, en cohérence avec la troisième phase de Vision 2030. « Le secteur privé doit conduire cette nouvelle étape de la transformation économique », souligne Sultan Almusallam.

Aujourd’hui, celui-ci représente 52 % du PIB saoudien, une part qui devrait atteindre 65 % d’ici 2030. « Nous sommes sur la bonne voie. La question est désormais de savoir comment accélérer le rythme », conclut-il.


Plan d'économies à La Provence (CMA Média), avec de possibles départs

Les détails du plan d'économies, qui concerne le quotidien La Provence, la société de distribution et la régie publicitaire, doivent être arrêtés pour la fin d'année, relève le responsable. (AFP)
Les détails du plan d'économies, qui concerne le quotidien La Provence, la société de distribution et la régie publicitaire, doivent être arrêtés pour la fin d'année, relève le responsable. (AFP)
  • Détenu par l'armateur CMA CGM, du milliardaire Rodolphe Saadé, CMA Media cible 20 millions d'euros d'économies
  • Contacté par l'AFP, Jean-Louis Pelé, directeur général du groupe La Provence évoque "entre 20 et 30 postes susceptibles d'être revisités" dans le cadre d'un dispositif de GEPP (Gestion des emplois et des parcours professionnels)

MARSEILLE: CMA Média prévoit un plan d'économies au quotidien La Provence, pouvant comporter de 20 à 30 départs y compris à la rédaction, a-t-on appris mardi de sources concordantes au sein du journal marseillais, le groupe cherchant déjà à vendre les antennes locales de BFMTV.

Détenu par l'armateur CMA CGM, du milliardaire Rodolphe Saadé, CMA Media cible 20 millions d'euros d'économies, avec notamment un plan de départs volontaires au sein de RMC BFM. L'annonce d'une mise en vente des neuf chaînes locales de BFM avait provoqué une grève largement suivie.

Contacté par l'AFP, Jean-Louis Pelé, directeur général du groupe La Provence évoque "entre 20 et 30 postes susceptibles d'être revisités" dans le cadre d'un dispositif de GEPP (Gestion des emplois et des parcours professionnels), existant depuis 2023, confirmant une information du média d'investigation La Lettre.

Cherchant à "réaliser entre 1,5 et deux millions d'économies", la direction explore plusieurs pistes. "On va tout repeigner, contrats de prestations, coûts de papier, déplacements...", dit-il.

Les détails du plan d'économies, qui concerne le quotidien La Provence, la société de distribution et la régie publicitaire, doivent être arrêtés pour la fin d'année, relève le responsable.

"Tout ça se fait dans le cadre de notre stratégie de retour à l'information de proximité, mais dans une contrainte économique forte", poursuit M. Pelé. Car malgré un "redressement de la diffusion, notamment avec les municipales" en mars, le groupe a connu "un décrochage publicitaire."

Le syndicat SNJ La Provence évoque également "de nouveaux départs" dans le cadre de la GEPP. "Si tout reste à définir, entre 20 et 30 personnes pourraient être cette fois-ci ciblées" dont du personnel de la rédaction, selon un communiqué du SNJ consulté par l'AFP.

"La cartographie n'est pas faite, ça ne se fera pas avant la rentrée. Donc pour l'instant, c'est un peu prématuré", indique sous couvert d'anonymat un membre du CSE, rappelant que l'entreprise compte près de 300 salariés, pour moitié des journalistes.

D'après le SNJ, "l'enchaînement des GEPP, qui sont à l'origine des outils pour transformer les entreprises, ne saurait être à lui seul une stratégie". Dénonçant "un plan social déguisé", le syndicat souligne "qu'une personne partie grâce à cet outil ne peut pas être remplacée."

Via CMA Media, CMA CGM détient la chaîne télé d'information continue BFMTV, la radio RMC, les chaînes télé RMC Découverte, RMC Story et RMC Life, les journaux La Tribune/La Tribune Dimanche, La Provence et Corse Matin, ainsi que le média vidéo en ligne Brut.


La compagnie aérienne SAS va acheter jusqu’à 40 Airbus A330 pour plus de 10 milliards de dollars

Guillaume Faury, PDG d'Airbus, prononce un discours devant les employés de la nouvelle chaîne d'assemblage de l'Airbus A320 lors de son inauguration sur le site d'Airbus à Cornebarrieu, dans le sud-ouest de la France, le 15 juin 2026. (Photo : Lionel BONAVENTURE / AFP)
Guillaume Faury, PDG d'Airbus, prononce un discours devant les employés de la nouvelle chaîne d'assemblage de l'Airbus A320 lors de son inauguration sur le site d'Airbus à Cornebarrieu, dans le sud-ouest de la France, le 15 juin 2026. (Photo : Lionel BONAVENTURE / AFP)
  • La compagnie aérienne scandinave SAS a annoncé mardi qu'elle allait acquérir jusqu'à 40 nouveaux Airbus A330
  • "Cet investissement porte sur un maximum de 40 avions gros-porteurs Airbus, combinant de nouveaux Airbus A330-900neo et des Airbus A330-300 commandés pour soutenir la croissance à court terme"

COPENHAGUE: La compagnie aérienne scandinave SAS a annoncé mardi qu'elle allait acquérir jusqu'à 40 nouveaux Airbus A330, la plus importante commande d'avions de son histoire, pour un montant total de plus de 10 milliards de dollars.

"Cet investissement porte sur un maximum de 40 avions gros-porteurs Airbus, combinant de nouveaux Airbus A330-900neo et des Airbus A330-300 commandés pour soutenir la croissance à court terme" en attendant les A330-900neo, a indiqué dans un communiqué SAS, dont Air France-KLM doit devenir le principal actionnaire d'ici la fin de l'année.