Nouvelle attaque de drones russes sur le Danube, un acte «injustifé» selon la Roumanie

Cette photo diffusée par les services d'urgence ukrainiens le 2 août 2023 montre une vue d'un bâtiment endommagé dans un port ukrainien sur le Danube après une attaque de drone nocturne dans la région d'Odessa, dans le cadre de l'invasion russe de l'Ukraine. (AFP)
Cette photo diffusée par les services d'urgence ukrainiens le 2 août 2023 montre une vue d'un bâtiment endommagé dans un port ukrainien sur le Danube après une attaque de drone nocturne dans la région d'Odessa, dans le cadre de l'invasion russe de l'Ukraine. (AFP)
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Publié le Dimanche 03 septembre 2023

Nouvelle attaque de drones russes sur le Danube, un acte «injustifé» selon la Roumanie

  • Selon le procureur, les forces ukrainiennes ont réussi à abattre 22 des 25 drones impliqués
  • L'armée russe a de son côté dit avoir effectué un raid à l'aide de ces engins sans pilote contre le port de Reni, situé dans la région d'Odessa

KIEV: Des drones russes ont frappé dans la nuit de samedi à dimanche des sites industriels sur le Danube, dans la région du sud-ouest de l'Ukraine frontalière de la Roumanie, un pays membre de l'Otan, qui a dénoncé une attaque "injustifiée".

Depuis la suspension en juillet de l'accord qui permettait à l'Ukraine d'exporter ses céréales via la mer Noire, la Russie multiplie les bombardements dans cette partie du territoire ukrainien où se trouvent des ports et autres infrastructures capitales pour ce commerce.

"L'ennemi a attaqué les infrastructures industrielles civiles de la région du Danube", a annoncé le bureau du procureur général de l'Ukraine. "L'attaque a fait deux blessés, qui ont été hospitalisés", a-t-il ajouté.

Selon le procureur, les forces ukrainiennes ont toutefois réussi à abattre 22 des 25 drones impliqués.

L'armée russe a de son côté dit avoir effectué un raid à l'aide de ces engins sans pilote contre le port de Reni, situé dans la région d'Odessa.

"Cette nuit, les forces aériennes russes ont mené une frappe groupée avec des drones sur des dépôts de carburant utilisés pour ravitailler les équipements militaires de l'armée ukrainienne dans le port de Reni", a déclaré le ministère russe de la Défense, assurant que l'objectif visé avait été "atteint" et toutes les cibles touchées.

Colère de la Roumanie et de la Moldavie 

La Roumanie et la Moldavie se sont élevées contre cette nouvelle attaque qui s'est produite à proximité immédiate de leurs frontières avec l'Ukraine.

Dans un communiqué, le ministère roumain de la Défense a "réaffirmé avec la plus grande fermeté que ces attaques contre des cibles et des infrastructures civiles en Ukraine étaient injustifiées et en profonde contradiction avec les règles du droit humanitaire international".

"A aucun moment", les attaques russes "n'ont généré de menaces militaires directes pour le territoire national ou les eaux territoriales de la Roumanie", a-t-il toutefois précisé, sachant que si un pays membre de l'Otan était visé, cela pourrait provoquer un emballement du conflit.

La Moldavie, qui n'appartient pas à l'Alliance Atlantique, a pour sa part dénoncé une opération russe "brutale".

"La Russie doit être tenue pour responsable de chaque élément d'infrastructures détruit", a estimé la présidente moldave Maia Sandu, qui souhaite ardemment une entrée de son pays dans l'Union européenne.

De son côté, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré dimanche s'être entretenu avec son homologue français Emmanuel Macron des "moyens d'assurer le fonctionnement" du couloir établi par Kiev en mer Noire afin d'assurer la sécurité de la navigation après le retrait de Moscou de l'accord sur les exportations de céréales et de "renforcer la sécurité de la région d'Odessa".

Cette conversation téléphonique est intervenue à la veille d'un sommet en Russie entre Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan, le chef de l'Etat turc, qui souhaite relancer l'accord sur les céréales.

M. Erdogan doit en effet rencontrer le président russe lundi à Sotchi, une station balnéaire située dans le sud-ouest de la Russie, sur la mer Noire.

Cette semaine, l'Ukraine a déclaré que quatre cargos supplémentaires avaient emprunté son couloir maritime, mis en place de façon provisoire le mois dernier.

Percée annoncée 

Chargé de la contre-offensive dans le sud de l'Ukraine, le général Oleksandr Tarnavskiy a quant à lui assuré que l'armée ukrainienne y avait réalisé une importante percée.

"Nous sommes à présent entre les première et deuxième lignes de défense" russes, a-t-il dit dans un entretien publié ce week-end par le quotidien britannique The Guardian.

Quelques jours auparavant, Kiev avait revendiqué une victoire symbolique avec la reprise du village de Robotyne, dans la partie méridionale de l'Ukraine.

"Nous sommes maintenant en train de finir de détruire les unités ennemies chargées de protéger les troupes russes quand elles se retirent derrière leur deuxième ligne de défense", a assuré le général Tarnavskiy, dont les soldats avaient libéré l'an dernier la ville de Kherson, également dans le sud.

Revenant sur le scepticisme entourant la contre-offensive de Kiev, dont certains dénoncent la lenteur, cet officier a expliqué que l'armée ukrainienne avait été retardée parce qu'elle avait "passé plus de temps que prévu à déminer les territoires" occupés par les Russes.

Il s'est toutefois montré confiant pour l'avenir. "L'ennemi puise dans ses réserves, pas seulement en Ukraine mais aussi en Russie. Tôt ou tard, les Russes seront à court de leurs meilleurs soldats. Cela nous donnera une opportunité de les attaquer davantage et plus vite", a-t-il ajouté. "Tout est à venir".


Des missiles Patriot redéployés en Crète face aux menaces iraniennes

Une policière grecque monte la garde devant un lance-missiles Patriot déployé près du site olympique de slalom en canoë-kayak, lors d'une opération baptisée « Clean up-Locked down » à Athènes, le 29 juillet 2004. Cette opération se poursuivra sur l'ensemble des sites olympiques à seulement 15 jours du début des Jeux olympiques d'été d'Athènes. PHOTO AFP / FAYEZ NURELDINE (Photo de Fayez Nureldine / AFP)
Une policière grecque monte la garde devant un lance-missiles Patriot déployé près du site olympique de slalom en canoë-kayak, lors d'une opération baptisée « Clean up-Locked down » à Athènes, le 29 juillet 2004. Cette opération se poursuivra sur l'ensemble des sites olympiques à seulement 15 jours du début des Jeux olympiques d'été d'Athènes. PHOTO AFP / FAYEZ NURELDINE (Photo de Fayez Nureldine / AFP)
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  • Ce redéploiement a débuté dimanche matin avec le départ du groupe du port de Karpathos par barge, ont annoncé plusieurs médias grecs, images à l'appui, montrant les batteries de missiles, montés sur camion, sur le port et attendant d'embarquer
  • Ces batteries de Patriot seront transportées vers la Crète, sur le site militaire de Souda qui abrite la plus grande base militaire américaine et de l'Otan en Méditerranée orientale

ATHENES: Une batterie de missiles Patriot était en cours de transfert lundi de l'île de Karpathos, à l'extrême est de la Grèce, jusqu'en Crète, en raison de menaces iraniennes visant des bases américaines en Europe, a rapporté la presse grecque.

Ce redéploiement a débuté dimanche matin avec le départ du groupe du port de Karpathos par barge, ont annoncé plusieurs médias grecs, images à l'appui, montrant les batteries de missiles, montés sur camion, sur le port et attendant d'embarquer.

Ces batteries de Patriot seront transportées vers la Crète, sur le site militaire de Souda qui abrite la plus grande base militaire américaine et de l'Otan en Méditerranée orientale.

Toujours selon la presse, ce redéploiement fait suite à des informations selon lesquelles l'Iran envisagerait des attaques contre des cibles militaires américaines en Europe si le président Donald Trump intensifiait le conflit dans le détroit d'Ormuz.

Le ministère de la Défense grec n'a pas communiqué sur le sujet.

Selon un article du Financial Times (FT) publié la semaine dernière, citant des sources au sein du régime iranien, l'Iran ne se contentera plus de limiter sa riposte au Moyen-Orient et envisage de frapper des cibles américaines en Europe en cas de nouvelle escalade militaire américaine.

Selon ces deux sources, les forces iraniennes ont évalué la possibilité de frapper des installations américaines dans les Balkans et autour de la Méditerranée. Sont notamment évoquées la Bulgarie, où la base aérienne de Bezmer a autorisé son usage pour le ravitaillement d'appareils américains, entre juillet et octobre 2026, et Chypre, où une base britannique avait déjà été visée par un drone en mars.

La Grèce compte de plusieurs bases américaines, à Alexandroupoli – dans le nord du pays – et en Crète, à Souda.

Depuis la publication du FT, le ministère de la Défense nationale et l'état-major "étaient en état d'alerte", selon le quotidien de référence I Kathimerini.

Ce journal explique que la décision de déployer une batterie de Patriot en Crète a été fortement influencée par l'évaluation des capacités de l'arsenal iranien qui, selon les informations transmises à Athènes par les alliés, dispose encore d'un nombre suffisant de missiles balistiques d'une portée supérieure à 2 000 kilomètres, susceptibles de cibler des bases et des infrastructures en Europe du Sud-Est.

Les missiles Patriot avaient été transférés sur l'île de Karpathos,  au voisinage de la Turquie, en mars.

En mars dernier, après une attaque de drones menée par le Hezbollah libanais contre la base anglaise d'Akrotiri à Chypre, la Grèce avait envoyé des F-16 et une frégate équipée d'un système de neutralisation de drones dans l'île.

Une autre batterie de Patriot grecque est par ailleurs déployée en Arabie Saoudite depuis septembre 2021, qui est déjà entrée en action à plusieurs reprises contre des missiles et drones iraniens visant le royaume.


Trump publie une carte du détroit d'Ormuz en "territoire américain"

Le président américain Donald Trump a déclaré mardi qu’aucune négociation entre les États-Unis et l’Iran n’était en cours ni prévue, mais que le détroit d’Ormuz était ouvert. (Archives/Reuters)
Le président américain Donald Trump a déclaré mardi qu’aucune négociation entre les États-Unis et l’Iran n’était en cours ni prévue, mais que le détroit d’Ormuz était ouvert. (Archives/Reuters)
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  • Donald Trump a relancé l’idée controversée de faire du détroit d’Ormuz un « territoire américain », en publiant une carte sur Truth Social
  • Cette déclaration intervient alors que les négociations entre Washington et Téhéran sont dans l’impasse et que la réouverture de ce passage stratégique reste conditionnée à des exigences jugées incompatibles

WASHINGTON: Donald Trump a publié mardi sur son réseau Truth Social une carte montrant le détroit d'Ormuz et le décrivant comme un "nouveau territoire américain", reprenant ainsi une idée déjà exprimée ces derniers jours.

Le président avait pour la première fois parlé de "territoire américain" à propos de cette artère commerciale stratégique la semaine dernière, pendant un meeting et sur un ton qui laissait penser à une plaisanterie.

Le républicain est revenu à la charge lundi pendant un échange avec des journalistes dans le Bureau Ovale, en estimant que ce serait une "très bonne idée".

Ce n'est pas la première fois que Donald Trump, confronté à un obstacle de politique étrangère, lance ainsi une suggestion surprenante ou menaçante d'annexion d'un territoire étranger.

Depuis son retour au pouvoir, il a menacé de faire du Canada le "51e" Etat américain, de s'emparer du Groenland et même évoqué une prise de contrôle de la bande de Gaza, sans passer à l'acte.

Sa suggestion concernant Ormuz intervient alors qu'une issue pacifique au conflit entre l'Iran et les Etats-Unis semble plus lointaine que jamais.

Il y a soixante jours, les deux belligérants avaient signé à grand bruit un protocole d'accord censé déboucher sur un règlement durable, mais qui n'a rien donné.

Washington et Téhéran posent des conditions a priori irréconciliables à la réouverture du détroit, passage névralgique pour le commerce mondial de pétrole.


Iran: le détroit d'Ormuz restera fermé tant que Washington n'aura pas satisfait les exigences de Téhéran

Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Qalibaf, a déclaré mardi que le stratégique détroit d’Ormuz ne sera pas rouvert tant que les États-Unis n’auront pas répondu aux exigences de Téhéran. (AFP)
Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Qalibaf, a déclaré mardi que le stratégique détroit d’Ormuz ne sera pas rouvert tant que les États-Unis n’auront pas répondu aux exigences de Téhéran. (AFP)
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  • Téhéran maintient la fermeture du détroit jusqu’au respect des engagements américains
  • Les négociations avancent, mais la méfiance et les tensions restent fortes

TEHERAN: Le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique au coeur du conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, restera fermé tant que Washington n'aura pas rempli ses engagements prévus par le protocole d'accord de juin, a annoncé mardi le négociateur en chef iranien Mohammad Bagher Ghalibaf.

Le détroit d'Ormuz "ne sera pas ouvert tant que les engagements américains stipulés dans le protocole d'accord (...) ne seront pas mis en oeuvre", a déclaré M. Ghalibaf, également chef du Parlement, dans un discours diffusé à la télévision d'Etat.

Il a cité parmi ces conditions "la levée du blocus naval (américain), le déblocage des avoirs (iraniens) gelés, la levée de l'embargo pétrolier" contre Téhéran, ainsi que "la fin des opérations militaires sur tous les fronts".

Après l'attaque américano-israélienne contre l'Iran le 28 février, Téhéran a riposté par des frappes sur les pays voisins alliés de Washington et verrouillé le détroit, voie de transit majeur des hydrocarbures, faisant s'envoler les cours du pétrole.

Les Etats-Unis ont imposé de leur côté un blocus aux ports iraniens.

Un cessez-le-feu a été conclu en avril suivi d'un protocole d'accord en juin en vue de négociations de paix, qui a ensuite volé en éclats après avoir brièvement permis une réouverture du détroit.

Si les hostilités ont récemment baissé en intensité, les efforts diplomatiques menés par les médiateurs marquent le pas.

L'émissaire américain et gendre de Donald Trump, Jared Kushner, a toutefois qualifié lundi de "très positives et animées" les tractations dans le but de conclure un accord entre l'Iran et les Etats-Unis.

S'il a admis sur Fox News qu'il n'y avait pas "beaucoup de confiance" entre les deux parties, il a précisé qu'elles "s'impliquaient très sérieusement".

"Le président Trump va se montrer très patient, il n'aime pas se précipiter pour conclure un accord. Il conclura le bon accord quand celui-ci sera prêt", a-t-il ajouté.

Dans le même temps, l'Iran et Oman mènent depuis plusieurs semaines des discussions pour trouver un accord sur le passage des navires dans le détroit d'Ormuz, situé entre leurs côtes, dont Téhéran revendique le contrôle.

"Si Oman se met en travers de notre chemin, on va leur bombarder la gueule", a déclaré lundi l'imprévisible  président américain, interrogé sur ces discussions par le journaliste de Fox News Trey Yingst.