Burkina: 53 morts dans une nouvelle attaque contre l'armée et ses supplétifs

Des soldats du Burkina Faso tiennent un point de contrôle sur la route menant au centre de conférence Ouaga 2000 le 4 octobre 2022 à Ouagadougou (Photo d'illustration, AFP).
Des soldats du Burkina Faso tiennent un point de contrôle sur la route menant au centre de conférence Ouaga 2000 le 4 octobre 2022 à Ouagadougou (Photo d'illustration, AFP).
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Publié le Mercredi 06 septembre 2023

Burkina: 53 morts dans une nouvelle attaque contre l'armée et ses supplétifs

  • Le Burkina Faso, théâtre de deux coups d'Etat militaires en 2022, est pris depuis 2015 dans une spirale de violences djihadistes qui ont fait depuis sept ans plus de 16.000 morts - civils et militaires - selon l'ONG Acled
  • L'unité attaquée était déployée à Koumbri, dans la province du Yatenga, pour «permettre la réinstallation» de populations «qui ont quitté la zone depuis plus de deux ans», chassées par les jihadistes

OUAGADOUGOU: Dix-sept militaires et trente-six supplétifs de l'armée du Burkina Faso ont été tués dans une nouvelle attaque de djihadistes présumés dans la région du Nord, a annoncé mardi l'état-major de l'armée burkinabè qui voulait y réinstaller des civils chassés par la violence.

"Cinquante-trois combattants", précisément "dix-sept militaires et trente-six VDP (Volontaires pour la défense de la patrie, supplétifs civils de l'armée) ont perdu la vie" lundi, indique l'état-major dans un communiqué.

L'unité attaquée était déployée à Koumbri, dans la province du Yatenga, pour "permettre la réinstallation" de populations "qui ont quitté la zone depuis plus de deux ans", chassées par les djihadistes, explique-t-il.

L'état-major de l'armée, qui a pris le pouvoir lors de coups d'Etat en 2022, "enregistre aussi une trentaine de blessés qui ont été évacués et pris en charge".

Il précise que "des opérations de riposte" ont permis de "neutraliser plusieurs assaillants", de "détruire leur matériel de combat" et affirme que des "opérations sont toujours en cours dans la zone".

"Tout est mis en oeuvre pour mettre hors d'état de nuire les éléments terroristes" qui sont "en fuite", ajoute-t-il.

Cette nouvelle attaque a été condamnée mardi soir par la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao) dont le Burkina Faso a été suspendu après les coups d'Etat de 2022.

La Cedeao dit dans un communiqué avoir appris "avec stupeur" la mort des soldats et VDP, "condamne les attaques terroristes et exprime sa solidarité avec le peuple burkinabè".

Les violences de groupes armés liés à Al-Qaïda et à l'Etat islamique, qui minent le pays depuis 2015, ont entraîné le déplacement de plus de deux millions de personnes à l'intérieur du pays.

En sept ans, ces fréquentes violences ont également fait plus de 16.000 morts - civils et militaires - selon l'ONG Acled qui répertorie les victimes de conflits.

Les groupes djihadistes sont également actifs dans deux pays voisins du Burkina -- le Mali et le Niger également dirigés par des militaires, auteurs de deux coups d'Etat depuis 2020 pour le premier et le 26 juillet pour le second.

Coopération avec Moscou, Téhéran

Les attaques attribuées par l'armée à des "groupes armés terroristes" se sont multipliées au cours des derniers mois au Burkina.

Vendredi, quatre supplétifs civils de l'armée et un policier ont été tués lors d'une attaque dans le Centre-nord. En août, ce sont cinq policiers burkinabè et une vingtaine de personnes qui avaient été tuées dans le Centre-est dans deux attaques.

Le 26 juin, 71 hommes - 31 soldats et 40 supplétifs civils de l'armée - avaient été tués dans trois attaques, dont les deux plus meurtrières avaient eu lieu dans la province du Centre-nord.

Début septembre, l'état-major indiquait que "différentes actions" menées entre le 7 août et le 1er septembre dans l'ouest du pays avaient permis de "neutraliser plus de 65 terroristes".

Le capitaine Ibrahim Traoré, président de transition issu d'un coup d'Etat, avait déploré en juillet "des attaques de plus en plus récurrentes contre les civils", estimant que les djihadistes qui contrôlent environ 40% du territoire, faisaient preuve de "lâcheté".

Au pouvoir depuis près d'un an après un coup d'Etat en septembre 2022 - le deuxième en huit mois -, M. Traoré avait notamment justifié son coup de force par l'augmentation des violences des groupes armés.

Depuis qu'il a exigé le départ des forces françaises de son sol en janvier, le Burkina Faso cherche de nouveaux partenaires, notamment en matière de défense.

Une délégation russe, conduite par le vice-ministre de la Défense, Yunus-Bek Yevkurov, a échangé avec le président burkinabè la semaine dernière, sur des questions de développement et de coopération militaire.

La ministre des Affaires étrangères burkinabè, Olivia Rouamba, avait manifesté lundi le souhait de son pays de "renforcer la coopération bilatérale" avec l'Iran, lors d'un entretien à Téhéran avec le président Ebrahim Raïssi.


L'UE appelle Israël à cesser son « escalade militaire» au Liban

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  • Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays
  • "Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne"

BRUXELLES: Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays, où les autorités israéliennes envisagent d'établir dans le sud une zone sous contrôle militaire, a affirmé lundi un porte-parole de l'Union européenne.

"Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne", a affirmé ce porte-parole, Anouar El Anouni.

 

 


Trump a renvoyé une proposition d'accord plus stricte à l'Iran 

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  • D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran
  • Selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens

WASHINGTON: Donald Trump a renvoyé une nouvelle proposition d'accord plus stricte à l'Iran pour mettre fin à la guerre, alors qu'une entente semblait se rapprocher ces derniers jours, affirment samedi des médias américain.

D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran.

Le média américain n'est pas en mesure de préciser les changements apportés par le républicain. Mais selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens.

M. Trump a maintes fois répété qu'il était exclu que Téhéran se dote de l'arme atomique, et exige que son stock d'uranium hautement enrichi soit détruit.

La question du nucléaire est l'un des principaux points de friction dans les négociations pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive israélo-américaine contre la République islamique.

Parmi les autres priorités du président figurent la réouverture et le déminage du détroit d'Ormuz par l'Iran, qui en bloquant cette voie d'eau perturbe gravement les approvisionnements en carburant et l'économie mondiale en général.

Les modifications apportées par Donald Trump pourraient encore prolonger les négociations. Des sources américaines ont indiqué à l'AFP que le président n'avait pas décidé de signer la proposition sur son bureau vendredi, après une réunion de crise à la Maison Blanche.

Dans la soirée, un responsable de la présidence avait affirmé que Donald Trump ne signerait un accord "que s'il est bon pour l'Amérique et que ses lignes rouges sont satisfaites".


Les Etats-Unis et l'Iran s'attaquent mutuellement malgré le cessez-le-feu

Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent. (AFP)
Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent. (AFP)
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  • Les informations de médias américains pendant le week-end faisant état de nouvelles exigences américaines envers Téhéran ont refroidi les espoirs d'accord imminent, alimentés par Donald Trump lui-même
  • Et tandis que sur le front libanais Israël a intensifié son offensive, l'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine

TEHERAN: Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent.

Les informations de médias américains pendant le week-end faisant état de nouvelles exigences américaines envers Téhéran ont refroidi les espoirs d'accord imminent, alimentés par Donald Trump lui-même.

Et tandis que sur le front libanais Israël a intensifié son offensive, l'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine.

Ces bombardements ont visé des systèmes de radar et de contrôle de drones dans la ville de Goruk et l'île de Qeshm dans le détroit d'Ormuz, a précisé le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dimanche soir sur X.

Ces opérations ont été menées "en réponse à des actions agressives de l'Iran, dont la destruction d'un drone américain MQ-1 qui opérait au-dessus des eaux internationales", a ajouté la même source.

Les Gardiens de la Révolution iraniens, peu après, ont affirmé avoir attaqué une base utilisée par l'armée américaine pour des frappes contre son territoire.

La localisation de cette base n'a pas été précisée dans le communiqué des Gardiens diffusé par les médias d'Etat.

L'armée du Koweït a annoncé de son côté faire face à une attaque de drones et missiles.

Washington et Téhéran s'étaient déjà accusés mutuellement jeudi de violer le cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril, après des frappes américaines sur le sud de l'Iran suivies d'une attaque contre le Koweït.

Plus de fermeté 

La guerre a été déclenchée le 28 février par une offensive israélo-américaine, alors que Téhéran et Washington avaient repris des négociations sur le nucléaire. Le conflit, qui a fait des milliers de morts, ébranle l'économie mondiale en faisant grimper les prix du pétrole.

Alors que les deux pays semblaient ces derniers jours se rapprocher d'un accord, le New York Times a rapporté samedi, sans plus de détails, que le président américain avait durci sa proposition et envoyé une nouvelle version d'un possible protocole d'accord à Téhéran.

Selon le site américain Axios, M. Trump, dont la priorité déclarée est de mettre fin au programme nucléaire iranien et de rétablir le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, souhaite plus de fermeté des négociateurs de Washington.

La chaîne CBS a rapporté dimanche soir que la nouvelle proposition américaine prévoit une prolongation du cessez-le-feu de 60 jours avec des clauses prévoyant la réouverture d'Ormuz et un cadre pour une reprise des négociations sur le nucléaire.

"Nous n'approuverons aucun accord tant que nous n'aurons pas la certitude que les droits du peuple iranien ont été pleinement garantis", a averti dimanche le principal négociateur iranien, le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf.

L'Iran, qui revendique son droit à mener un programme nucléaire civil, a toujours démenti vouloir se doter de l'arme atomique, malgré les soupçons en ce sens des Etats-Unis et de nombreux pays.

Il souhaite aborder ce dossier dans un second temps en cas d'accord avec Washington et exige une levée immédiate des sanctions le frappant.

Site stratégique 

Donald Trump a insisté dimanche sur Truth Social que le projet d'accord "stipule très clairement que l'Iran n'aura pas d'arme nucléaire", et ce "en des termes très fermes".

Téhéran insiste aussi pour que tout accord inclue la fin des hostilités au Liban, où Israël veut "éliminer" le Hezbollah pro-iranien.

Mais sur ce front, l'armée israélienne continue à avancer dans le sud du pays où elle a mené de nouvelles frappes, et le Hezbollah poursuit ses attaques notamment dans le nord israélien, malgré la trêve en vigueur depuis le 17 avril, mais non respectée.

L'armée israélienne s'est emparée dimanche de la forteresse médiévale de Beaufort, un site stratégique où elle avait établi une base pendant les deux décennies de l'occupation israélienne, achevée en 2000.

Pour les Etats-Unis, c'est au Hezbollah de cesser les tirs en premier, en contrepartie de quoi Israël "s'abstiendrait de toute escalade à Beyrouth", selon un plan rapporté par un responsable américain à la suite d'entretiens menés dimanche par le chef de la diplomatie Marco Rubio avec le président libanais Joseph Aoun et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

La France a demandé une réunion d'urgence au Conseil de sécurité, qui se tiendra lundi, selon des sources diplomatiques à l'AFP.