Anniversaire des attentats du 11-Septembre: Biden appelle à «l'unité nationale»

Un drapeau américain est visible devant le One World Trade Center à l'occasion du 22ème anniversaire de l'attaque terroriste sur le World Trade Center, à New York, le 11 septembre 2023. (Photo Bryan R. Smith / AFP)
Un drapeau américain est visible devant le One World Trade Center à l'occasion du 22ème anniversaire de l'attaque terroriste sur le World Trade Center, à New York, le 11 septembre 2023. (Photo Bryan R. Smith / AFP)
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Publié le Mardi 12 septembre 2023

Anniversaire des attentats du 11-Septembre: Biden appelle à «l'unité nationale»

  • Joe Biden a honoré la mémoire des près de 3.000 morts dans les attaques des commandos d'Al-Qaïda
  • A New York, Joe Biden était représenté par sa vice-présidente Kamala Harris

NEW YORK: Le président des Etats-Unis Joe Biden a lancé lundi un appel à "l'unité nationale", dans un pays politiquement à couteaux tirés, à l'occasion du 22e anniversaire des attentats jihadistes du 11-Septembr.

Joe Biden a honoré la mémoire des près de 3.000 morts dans les attaques des commandos d'Al-Qaïda, qui avaient précipité en ce funeste 11 septembre 2001 quatre avions sur New York, sur le Pentagone près de Washington, et en Pennsylvanie.

"Nous ne devons jamais perdre notre sens de l'unité nationale, faisons-en la cause commune de notre époque", a exhorté le président américain devant un immense drapeau américain lors d'une escale sur une base militaire en Alaska, de retour d'une tournée en Inde et au Vietnam.

Il a martelé que "le terrorisme, y compris la violence politique et idéologique, sont à l'opposé de tout ce qui fait de nous une nation".

Le dirigeant démocrate de 80 ans n'a pas directement cité son rival républicain Donald Trump, qu'il pourrait de nouveau affronter en 2024 et qui a été inculpé de "complot à l'encontre de l'Etat américain" en lien avec ses tentatives d'inverser le résultat de la présidentielle de novembre 2020 et l'assaut du Capitole par ses partisans le 6 janvier 2021.

Tours effondrées 

A New York, Joe Biden était représenté par sa vice-présidente Kamala Harris, aux côtés de l'actuel et d'anciens maires de la mégapole, au milieu de la foule près de l'imposant musée-mémorial sur la pointe sud de Manhattan: ils ont observé plusieurs minutes de silence, marquant les moments précis où quatre avions piratés par des commandos islamistes s'étaient écrasés, et où les deux tours du World Trade Center (WTC) s'étaient effondrées dans un déluge d'acier et de poussière.

Comme chaque année, les noms des 2.753 personnes mortes dans les tours jumelles ont été lus toute la matinée par des membres de leurs familles, dont des jeunes qui n'étaient pas nés il y a 22 ans.

"J'aurais vraiment souhaité te connaître. Tu manques à chacun d'entre nous dans la famille. Nous n'oublierons jamais", a ainsi soufflé le petit-fils du pompier Allan Tarasiewicz, tué, parmi 342 autres soldats du feu, en intervenant dans les tours du WTC.

Les hommages, avec une émotion toujours intacte, ont été rythmés par le tintement de cloches.

Au Pentagone, à quelques encablures de la capitale fédérale Washington, où des pirates avaient précipité un avion de ligne sur une partie du bâtiment du ministère de la Défense, la marine a fait retentir une sirène pour honorer les 184 personnes tuées.

De même en Pennsylvanie, des sirènes ont sonné pour le crash d'un quatrième avion qui a tué 40 passagers et membres d'équipage.

«Nation en guerre»

"Le 11-Septembre a fait de l'Amérique une nation en guerre et des centaines de milliers de personnes se sont mobilisées pour servir en uniforme notre pays", a lancé le ministre de la Défense Lloyd Austin, en allusion aux guerres d'Afghanistan et d'Irak lancées en octobre 2001 et mars 2003 par le président d'alors, George W. Bush.

Le secrétaire d'Etat Antony Blinken s'est engagé également à ce que son ministère "n'oublie jamais ce jour tragique" tout comme "le 11 septembre 2012 à Benghazi, en Libye", une attaque islamiste contre le consulat américain qui tua l'ambassadeur J. Christopher Stevens et un fonctionnaire, Sean Smith.

"La mémoire de ceux qui ont péri le 11-Septembre nous rappelle pourquoi nous devons continuer à combattre ceux qui commettent des actes de terrorisme", a martelé dans un communiqué le chef de la diplomatie américaine.

Les attentats du 11-Septembre, les plus meurtriers de l'Histoire, ont fait au total 2.977 morts (dont 2.753 au WTC) et près de 6.300 blessés selon un bilan officiel.

Une femme et un homme tués dans les tours jumelles ont pu être identifiés grâce à l'ADN, a annoncé vendredi la médecine légale de New York, ce qui porte à 1.649 le nombre personnes identifiées mortes dans les tours.

En outre, des milliers d'autres sont mortes de maladie des années après, certains de cancers provoqués par les fumées toxiques de l'effondrement des tours jumelles.


Les Etats-Unis suppriment un statut de protection pour les exilés yéménites

La secrétaire américaine à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, a déclaré que le Yémen ne remplissait plus les conditions légales pour bénéficier du statut de protection temporaire. (Reuters)
La secrétaire américaine à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, a déclaré que le Yémen ne remplissait plus les conditions légales pour bénéficier du statut de protection temporaire. (Reuters)
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  • Les États‑Unis ont annoncé la fin du statut de protection temporaire (TPS) pour les ressortissants yéménites, accordé depuis 2015 en raison du conflit armé, avec une mise en œuvre prévue dans 60 jours selon le Département de la Sécurité intérieure
  • Cette décision reflète une politique plus large du gouvernement américain visant à réduire les protections humanitaires pour les migrants

WASHINGTON: Le gouvernement américain a annoncé vendredi mettre fin au statut de protection accordé aux exilés originaires du Yémen, qui était en vigueur depuis dix ans.

La ministre de la Sécurité intérieure, Kristi Noem, a affirmé que le statut de protection temporaire (TPS), initialement accordé aux ressortissants de ce pays en septembre 2015 en raison du conflit armé qui y sévit, prendrait fin dans 60 jours.

Le TPS permet à un petit nombre de personnes de vivre et de travailler aux États-Unis si elles sont considérées comme étant en danger en cas de retour dans leur pays d'origine, en raison d'une guerre, d'une catastrophe naturelle ou d'autres circonstances exceptionnelles.

Environ 1.400 Yéménites bénéficient de ce statut aux Etats-Unis.

L'administration Trump a déjà supprimé les protections TPS de nombreux Etats, comme le Venezuela, Haïti ou le Népal, dans le cadre de sa politique drastique visant à réduire l'immigration.

Le Yémen est un des pays les plus pauvres du monde et fait face à une guerre civile depuis 2014.

"Après avoir examiné la situation dans le pays et consulté les agences gouvernementales américaines compétentes, j'ai déterminé que le Yémen ne remplissait plus les conditions légales pour bénéficier du statut de protection temporaire", a déclaré Mme Noem dans un communiqué.

"Permettre aux bénéficiaires du TPS yéménites de rester temporairement aux États-Unis est contraire à notre intérêt national", a ajouté la ministre.

Les bénéficiaires du TPS yéménite qui n'ont aucune autre base légale pour rester aux États-Unis ont 60 jours pour quitter le territoire américain, sous peine d'être arrêtés, précise le communiqué, promettant un billet d'avion gratuit et une "prime de départ" de 2.600 dollars à ceux qui partiront de leur plein gré.


Iran: Trump évoque désormais un renversement du pouvoir

Le président Donald Trump avant d’embarquer à bord de l’Air Force One après une visite de la base de l’armée américaine de Fort Bragg, vendredi. (AFP)
Le président Donald Trump avant d’embarquer à bord de l’Air Force One après une visite de la base de l’armée américaine de Fort Bragg, vendredi. (AFP)
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  • Le président américain Donald Trump a évoqué un possible renversement du régime iranien tout en envoyant un deuxième porte-avions dans le Golfe, sur fond de négociations difficiles avec Téhéran
  • Les manifestations en Iran, réprimées début janvier, ont fait des milliers de morts et plus de 53.000 arrestations ; Reza Pahlavi appelle à de nouvelles mobilisations internationales et à l’intérieur du pays pour faire pression sur le régime

WASHINGTON: Donald Trump a évoqué ouvertement vendredi un renversement du pouvoir en Iran, sur fond de difficile dialogue entre Washington et Téhéran sur les capacités nucléaires et balistiques de la République islamique.

Le président américain, qui oscille entre promesses d'une issue négociée et menaces militaires, avait peu auparavant confirmé l'envoi "très bientôt" d'un deuxième porte-avions américain dans la région.

"Il semble que ce serait la meilleure chose qui puisse arriver", a dit le président américain à des journalistes qui l'interrogeaient sur éventualité d'un "changement de régime".

"Depuis 47 ans, ils parlent et parlent et parlent. Et pendant ce temps nous avons perdu beaucoup de vies", a ajouté le dirigeant républicain, en quittant la base militaire de Fort Bragg (Caroline du Nord, sud-est).

Reza Pahlavi, le fils exilé du dernier chah d'Iran, a lui appelé les Iraniens à de nouvelles actions de protestation, après la vague de mobilisation réprimée dans le sang début janvier, parallèlement à des rassemblements prévus samedi à l'étranger.

Le président américain avait brandi la menace d'une intervention militaire en Iran face à la répression des manifestations qui, selon des ONG de défense des droits humains, a fait des milliers de morts.

Il a ensuite continué de menacer Téhéran pour pousser à un accord, notamment sur le dossier nucléaire.

- "Traumatisantes" -

Des négociations entre les deux pays ennemis ont repris le 6 février à Oman mais leur poursuite demeure incertaine tant les positions restent éloignées.

Washington, encouragé par Israël, veut également limiter le programme de missiles balistiques de l'Iran et mettre fin au soutien à des groupes armées dans la région.

L'Iran de son côté ne veut parler que du programme nucléaire et insiste pour conserver des capacités de raffinage d'uranium.

Faute d'accord, Donald Trump a menacé jeudi le pays de conséquences "traumatisantes", en rappelant le bombardement par les Etats-Unis de sites nucléaires iraniens lors d'une guerre de 12 jours déclenchée par Israël en juin.

A l'époque, le président américain avait déjà évoqué en termes confus un possible changement du pouvoir en Iran mais avait ensuite rejeté cette idée, jugeant que cela apporterait du "chaos".

Après l'envoi en janvier dans la région du Golfe du porte-avions USS Abraham Lincoln et de ses navires d'escorte, un deuxième porte-avions, le Gerald Ford, doit donc les rejoindre, à une date qui reste incertaine.

Les cibles que Washington pourrait viser dans le cas d'une intervention ne sont pas claires non plus.

Le secrétaire général de l'Agence internationale de l'énergie atomique, Rafael Grossi, a lui indiqué vendredi qu'un accord entre l'AIEA et Téhéran sur les inspections du programme nucléaire était "possible", mais "terriblement difficile".

- Répression -

L'Iran avait refusé en novembre que l'AIEA inspecte ses différents sites bombardés en juin.

Dans le même temps, Reza Pahlavi, qui vit aux Etats-Unis et n'a pas remis les pieds dans son pays natal depuis la Révolution islamique de 1979, a appelé à manifester samedi à Munich, Toronto et Los Angeles pour réclamer une action internationale contre l'Iran.

Dans un message publié sur X, le fils exilé du dernier chah a exhorté en outre les Iraniens de l'intérieur à s'associer à ces manifestations en scandant, samedi et dimanche, des slogans depuis leurs fenêtres et leurs toits.

Selon le groupe basé aux Etats-Unis Human Rights Activists News Agency (HRANA), au moins 7.008 personnes, la plupart des manifestants, ont été tuées lors des protestations, début janvier, et plus de 53.000 personnes ont été arrêtées depuis.

Si quelques figures du courant réformateur ont été libérées, selon l'ONG Iran Human Rights (IHR) des centaines de personnes sont poursuivies pour des chefs d'accusation liés aux manifestations, qui pourraient aboutir à leur condamnation à mort.

Selon les autorités iraniennes, les manifestations ont fait plus de 3.000 morts, en grande majorité des membres des forces de sécurité ou des passants tués par des "terroristes", à la solde selon Téhéran d'Israël et des Etats-Unis.


Merz et Macron évoquent leur discussion sur la dissuasion nucléaire avant un discours français

Le Premier ministre britannique Keir Starmer, le chancelier allemand Friedrich Merz et le président français Emmanuel Macron posent pour une photo au début de la réunion E-3, lors de la Conférence de Munich sur la sécurité, le 13 février 2026 à Munich. (AFP)
Le Premier ministre britannique Keir Starmer, le chancelier allemand Friedrich Merz et le président français Emmanuel Macron posent pour une photo au début de la réunion E-3, lors de la Conférence de Munich sur la sécurité, le 13 février 2026 à Munich. (AFP)
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  • Le chancelier Friedrich Merz a confirmé des discussions avec Emmanuel Macron sur la dissuasion nucléaire européenne, alors que la France envisage d’articuler sa doctrine nationale avec des intérêts de sécurité communs à certains pays européens
  • Berlin insiste pour que toute évolution s’inscrive strictement dans le cadre de l’OTAN et refuse l’émergence de niveaux de protection nucléaire différenciés entre États européens

MUNICH: Le chancelier allemand Friedrich Merz a évoqué vendredi ses "discussions confidentielles" avec Emmanuel Macron sur "la dissuasion nucléaire européenne", le président français envisageant d'"articuler" la "doctrine nationale" française avec des "intérêts de sécurité communs" de certains pays européens.

La France est le seul pays de l'Union européenne, et le seul pays européen avec le Royaume-Uni, à disposer de l'arme nucléaire. Tous les autres pays sont protégés par la dissuasion élargie américaine dans le cadre l'alliance atlantique Otan.

Emmanuel Macron doit prononcer fin février un important et rare discours mettant à jour la doctrine nucléaire française, alors que plusieurs voix en Europe ont appelé à réfléchir à de nouvelles pistes pour protéger le Vieux continent.

Mais le chancelier allemand a estimé qu'il ne fallait pas que ces réflexions aboutissent à créer des différences de protection nucléaire entre Européens.

Toute dissuasion nucléaire européenne doit "s'inscrire strictement dans le cadre de notre participation nucléaire à l'Otan. Et nous ne laisserons pas apparaître en Europe des zones de sécurité différentes", a-t-il mis en garde.

Les Etats-Unis, qui ont assumé depuis des décennies la protection de l'Europe tandis que les pays du Vieux Continent réduisaient leurs dépenses de défense, exigent désormais de leurs alliés qu'ils se prennent en main. Dans le même temps, la Russie a envahi l'Ukraine, menant une guerre en Europe protégée par son propre arsenal nucléaire.

Interrogé sur le sujet à Munich, le président français a expliqué envisager d'"articuler" la "doctrine nationale, qui est garantie et contrôlée par la Constitution, avec des coopérations spéciales, des excercices communs, et des intérêts de sécurité communs avec certains pays-clés".

"C'est exactement ce que nous faisons pour la première fois de l'histoire avec l'Allemagne", a-t-il dit.

Selon lui, la dissuasion doit être "articulée dans une approche holistique de défense et sécurité". "C'est une manière de créer de la convergence dans notre approche statégique et culture stratégique entre l'Allemagne et la France", a-t-il ajouté.