A Téhéran, l'inflation préoccupe plus que le voile

Une femme ajuste sa coiffure alors qu'elle traverse une foule devant le Grand Bazar de Téhéran, le 5 septembre 2023. (Photo ATTA KENARE / AFP)
Une femme ajuste sa coiffure alors qu'elle traverse une foule devant le Grand Bazar de Téhéran, le 5 septembre 2023. (Photo ATTA KENARE / AFP)
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Publié le Mardi 12 septembre 2023

A Téhéran, l'inflation préoccupe plus que le voile

  • Interrogée dans une rue de Téhéran, la femme au foyer de 41 ans reconnaît que les fins de mois sont difficiles à boucler alors que les prix ont augmenté de près de 50% au cours de l'année écoulée
  • Les autorités "devraient s'occuper des problèmes économiques. Ensuite, elles pourront se pencher sur les questions sociales", dit Raha

TEHERAN: "La situation économique est un sujet plus important que le voile", affirme Zahra qui, comme de nombreuses Iraniennes, se soucie surtout de l'inflation, un an après le début du vaste mouvement de contestation ayant secoué l'Iran.

Interrogée dans une rue de Téhéran, la femme au foyer de 41 ans reconnaît que les fins de mois sont difficiles à boucler alors que les prix ont augmenté de près de 50% au cours de l'année écoulée, bien plus que les salaires.

"La vie est dure pour les gens et ça devient chaque jour plus compliqué", témoigne aussi Raha, une comptable de 34 ans qui ne souhaite pas donner son nom de famille.

Dans un tel contexte, elle souhaite que le gouvernement "se focalise sur l'amélioration de la situation économique" plutôt que sur le port du voile qui "est un sujet secondaire et une question d'ordre personnel".

Le débat sur l'obligation du hijab est revenu en force après le choc provoqué par la mort, le 16 septembre 2022, de Mahsa Amini, une jeune femme de 22 ans arrêtée pour non-respect du strict code vestimentaire de la République islamique.

Ce décès avait déclenché l'un des plus forts mouvements de contestation depuis le début de la République islamique en 1979, se soldant par la mort de plusieurs centaines de personnes et l'arrestation de milliers d'autres.

Confrontées à la désobéissance de nombreuses femmes qui ne portent plus le voile en public, les autorités ont annoncé un renforcement des contrôles et des sanctions, que prévoit une nouvelle loi actuellement en discussion au Parlement.

"Ce projet de loi plaît à certains, mais pas à la population en général", avance Fatemeh, une ménagère de 43 ans, interrogée par l'AFP.

Les autorités "devraient s'occuper des problèmes économiques. Ensuite, elles pourront se pencher sur les questions sociales", dit Raha. "Si l'économie s'améliore, les gens seront plus enclins à respecter les lois du pays", estime-t-elle.

De même, Zahra indique n'avoir "aucun problème à porter le hijab". "Mais je serais plus heureuse si les conditions de vie étaient meilleures", confie-t-elle.

«Pire»

En début d'année, le président iranien, Ebrahim Raïssi, avait affirmé que sa priorité était "l'amélioration des moyens de subsistance de la population" et "le contrôle de l'inflation", qui s'est établie à 46,7% à la fin août.

Le président conservateur avait fait porter la responsabilité d'une partie des problèmes économiques sur "l'ennemi" qui "essaie d'imposer le désespoir au peuple". Il ciblait ainsi les Occidentaux, surtout les Etats-Unis, qui imposent de sévères sanctions économiques à l'Iran depuis 2018.

Un an après, la morosité persiste dans le Grand bazar, l'immense coeur commercial de Téhéran fréquenté par toutes les classes sociales même si les plus aisées lui préfèrent les "malls" des quartiers chics du nord de la ville.

Dans le dédale des allées du bazar, l'activité reste effervescente et les étals débordent de produits colorés, mais les marchands font grise mine.

"Le bazar est bondé, mais beaucoup de gens viennent pour se distraire ou simplement demander les derniers prix", témoigne Mehdi, un commerçant.

"La situation est pire qu'il y a un an, et elle va encore s'aggraver", renchérit Mohsen, qui vend des vêtements pour hommes. "La priorité des gens est de payer leur logement, puis leur nourriture".

Un autre boutiquier, Mohammad, 41 ans, note que les acheteurs privilégient de plus en plus les produits "made in Iran" alors que les produits importés sont plus rares à cause des sanctions, et plus chers en raison de la chute de 66% du rial, la monnaie nationale, en un an.

"Aujourd'hui, la plupart des articles disponibles, comme les casseroles ou les couverts, sont de fabrication iranienne", se félicite ce vendeur de vaisselle.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.


Les principaux points de l'accord Iran-Etats-Unis

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
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  • Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban"
  • Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban"

TEHERAN: Voici les principaux points du protocole d'accord signé entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-orient, dont le contenu a été rendu public par Washington et Téhéran:

Cessation permanente des hostilités 

Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban".

Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban".

Accord final sous 60 jours 

L'Iran et les Etats-Unis "s'engagent à négocier et à conclure l'accord final dans un délai maximum de 60 jours, extensible d'un commun accord".

Levée du blocus naval américain 

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours.

Les Etats-Unis s'engagent en outre "à retirer leurs forces des abords de la République islamique d'Iran dans les 30 jours suivant l'accord final".

Réouverture du détroit d'Ormuz 

L'Iran s'engage à "assurer la sécurité du passage des navires commerciaux, sans frais pendant 60 jours uniquement, du golfe Persique vers la mer d'Oman, et inversement. Le trafic des navires commerciaux commencera immédiatement" et sera pleinement rétabli dans un délai de 30 jours, une fois le détroit d'Ormuz déminé.

Plan de 300 milliards de dollars pour l'Iran 

Les Etats-Unis et leurs partenaires régionaux élaboreront un plan "d'un montant d'au moins 300 milliards de dollars, destiné à la reconstruction et au développement économique" de l'Iran.

Levée des sanctions 

Les Etats-Unis "s'engagent à mettre fin à tous les types de sanctions" unilatérales et internationales contre l'Iran, selon un calendrier qui sera convenu dans l'accord final.

En attendant, les Etats-Unis "s'engagent à rendre pleinement disponibles et utilisables les fonds et avoirs de la République islamique d'Iran gelés ou soumis à des restrictions dès la mise en œuvre du présent protocole d'accord".

De façon immédiate et jusqu'à la levée des sanctions, le département du Trésor américain délivrera "des dérogations pour l'exportation de pétrole brut iranien, de produits pétroliers et dérivés, ainsi que pour tous les services associés, y compris les transactions bancaires, les assurances, le transport, etc".

Nucléaire 

L'Iran réaffirme qu'il "ne se procurera ni ne développera d'armes nucléaires".

Le sort de l'uranium enrichi accumulé par l'Iran sera réglé "selon un mécanisme qui sera convenu mutuellement (...) la méthodologie a minima consistant en une méthode de dilution sur place sous la supervision de l'AIEA" (Agence internationale de l'énergie atomique).

En attendant cet accord final, l'Iran "maintiendra le statu quo actuel de son programme nucléaire", et les Etats-Unis "n'imposeront aucune nouvelle sanction et ne déploieront pas de forces supplémentaires dans la région".

Signature 

Selon le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont la médiation a été cruciale, l'accord a été signé électroniquement et à distance jeudi, heure d'Islamabad, par les présidents iranien Massoud Pezeshkian et américain Donald Trump.

Une cérémonie de signature est confirmée vendredi en Suisse "pour commémorer cet événement marquant et donner le coup d'envoi des discussions techniques".

Résolution de l'ONU 

L'accord final sera entériné par une résolution contraignante du Conseil de sécurité de l'ONU.