Pauvreté: les associations circonspectes avant le nouveau plan du gouvernement

Cette photographie montre une vue générale de l'Assemblée nationale française lors d'une séance de questions au gouvernement à Paris le 18 juillet 2023 (AFP).
Cette photographie montre une vue générale de l'Assemblée nationale française lors d'une séance de questions au gouvernement à Paris le 18 juillet 2023 (AFP).
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Publié le Mercredi 13 septembre 2023

Pauvreté: les associations circonspectes avant le nouveau plan du gouvernement

  • A ce stade, seuls les grands axes du plan, qui prendra la suite de celui de 2018, ont officiellement été dévoilés
  • «Il s'agit de s'occuper des plus vulnérables: les enfants, les personnes en situation de handicap, les personnes âgées», soulignait en juillet la nouvelle ministre des Solidarités Aurore Bergé

PARIS: Des annonces surprises ou un catalogue de mesures déjà connues ? Refroidies par les reports successifs du plan pauvreté, les associations attendent avec circonspection sa présentation lundi par le gouvernement, dans un contexte d'inflation et d'une aide alimentaire à bout de souffle.

Annoncée pour janvier, reportée à mars, puis à l'été, la présentation du "pacte des solidarités", deuxième volet de la stratégie de lutte contre la pauvreté du gouvernement, aura lieu finalement lundi à Matignon, sauf coup de théâtre de dernière minute.

"La date est enfin fixée, maintenant l'enjeu c'est le contenu", souligne Noam Leandri, président du collectif Alerte qui rassemble 34 associations de lutte contre la pauvreté.

"En juin, on nous a dit que ce serait un pacte qui réunirait toutes les annonces faites de façon dispersée. Là j'espère que le gouvernement nous a entendus et qu'il sera enrichi avec de nouvelles mesures pour faire face à la situation sociale", ajoute-t-il, appelant notamment à une revalorisation des principaux minima sociaux.

A ce stade, seuls les grands axes du plan, qui prendra la suite de celui de 2018, ont officiellement été dévoilés : prévention de la pauvreté dès l'enfance, retour à l'emploi, lutte contre la grande exclusion et mesures pour que la transition écologique ne pèse pas trop sur les plus démunis.

D'autres volets sont également prévus pour lutter contre la stigmatisation des plus pauvres, adapter les politiques publiques à certains territoires ruraux ou aux outremers, ou simplifier les relations avec les associations.

"Il s'agit de s'occuper des plus vulnérables: les enfants, les personnes en situation de handicap, les personnes âgées", soulignait en juillet la nouvelle ministre des Solidarités Aurore Bergé.

Parmi les mesures déjà annoncées et qui pourraient figurer dans le pacte, la création d'un "pass colo" pour les enfants de CM2, l'ouverture des collèges en Rep et Rep+ de 8h à 18h pour "lutter contre l'inégalité scolaire" ou encore la création de 200 000 places de crèches d'ici à 2030.

Les "territoires zéro non recours", visant à détecter les usagers qui ne demandent pas de prestations sociales alors qu'ils y ont pourtant droit, pourraient également faire partie du pacte comme le second plan quinquennal "Logement d'abord" dont l'objectif est d'accompagner vers le logement des personnes sans domicile.

«Inquiétude immense»

Des mesures qui vont "dans le bon sens" mais qui restent "largement insuffisantes" au regard de la situation actuelle, estime Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé Pierre.

"Les enjeux sont énormes, je ne sais pas quelle va être l'ambition réelle du gouvernement mais j'espère qu'elle sera grande parce que l'inquiétude est immense", ajoute-t-il. Chaque jour, quelque 6 000 personnes à la rue appellent le 115 mais n'obtiennent pas de solution, dont 2 000 enfants: "on ne peut pas accepter ça", insiste-t-il.

Pour remédier réellement à la situation, la Fondation Abbé Pierre demande, entre autres, une hausse de 10% des aides au logement (APL), une revalorisation du revenu de solidarité active (RSA) et un triplement du "chèque énergie" accordé par le gouvernement aux plus modestes.

Depuis le premier plan de lutte contre la pauvreté de 2018, qui avait été doté de 8 milliards d'euros, "des choses importantes" ont certes été mises en œuvre, relève Pascal Brice, le président de la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS).

Mais la pauvreté, elle, "n'a pas baissé, elle s'enracine" et requiert des mesures fortes, comme la fin des fermetures de places en hébergement d'urgence ou la régularisation des travailleurs sans papiers dans les secteurs en tension.

Or pour l'heure, les signaux envoyés, tels que la possible baisse des contrats aidés ou la possible réforme de l'aide médicale d'État (AME), "ne laissent pas présager d'annonces ambitieuses", complète Tarek Daher, délégué général d'Emmaüs France, qui aborde "avec beaucoup d'attentes mais beaucoup de prudence" la rencontre de lundi.

La pauvreté touche quelque 9,2 millions de personnes, soit près de 15% de la population française selon l'Insee, et plus d'une personne sur 10 rogne sur le chauffage, l'alimentation, divers produits et services.


En France, les canicules à répétition s'invitent dans la recherche de logement

Un piéton passe devant la tour Eiffel et l’herbe desséchée du Champ-de-Mars à Paris, le 15 juillet 2026. (AFP)
Un piéton passe devant la tour Eiffel et l’herbe desséchée du Champ-de-Mars à Paris, le 15 juillet 2026. (AFP)
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  • La chaleur devient un critère immobilier à part entière : exposition, étage, volets, ventilation, extérieur, arbres et climatisation pèsent davantage dans les choix
  • Face à des canicules plus fréquentes, les acheteurs se projettent sur le confort d’été à long terme et questionnent désormais l’habitabilité réelle des logements

PARIS: Climatisation, volets, arbres: les Français commencent à intégrer les fortes températures dans leurs critères de recherche de nouveau logement, conséquence des vagues de chaleur qui se succèdent et ne sont plus considérées comme des phénomènes isolés.

Exemple de cette évolution des comportements: Christian Tokoto, agent immobilier chez Guy Hoquet, a en vente "un appartement magnifique, avec de grandes vitres" en plein centre de Paris. Malgré "beaucoup de visites, les clients nous disent +trop chaud+, parce qu'il n'est pas traversant. Et donc, pour l'instant, il est toujours sur le marché !"

En France comme dans une grande partie de l'Europe, peu de régions échappent cet été à des températures qui dépassent régulièrement 35 voire 40°C, alors que les logements sont peu adaptés aux canicules et très rarement climatisés.

C'est le cas notamment des immeubles dits haussmanniens emblématiques de Paris, construits au XIXe siècle avec des toits en zinc ravissants sur les cartes postales mais qui chauffent fortement sous l'effet de la chaleur et du soleil.

"Au dernier étage d'un immeuble haussmannien la chaleur à l'intérieur devient vraiment insupportable", observe auprès de l'AFP Joseph Denke, agent immobilier chez FredéLion à Paris.

Il constate une évolution des critères depuis quelques mois, notamment une baisse de la demande pour l'exposition sud synonyme de soleil.

- Horizon "10-15 ans" -

La chaleur ressentie lors de la visite d'un studio de 14 m2 fait d'ailleurs douter un de ses clients, Camille Couturier, 30 ans. "Etre sous les toits c'est quelque chose qui peut être inquiétant, qui pourrait être un point négatif à l'appartement", relève-t-il à côté de la fenêtre ouverte du logement non-traversant.

En achetant un appartement, il se projette "au moins à 10-15 ans" et s'inquiète donc de savoir s'il pourra "utiliser cet appartement de manière vivable" ou "devoir fuir comme tout le monde parce qu'il fait trop chaud".

Alors que l'Europe occidentale a connu son début d'été le plus chaud enregistré selon l'observatoire européen du changement climatique, un logement sur deux en France serait une bouilloire thermique, surnom donné aux habitations qui se réchauffent très vite, estime le cabinet Pouget Consultants et Ignes.

Pour Sophie Bourg, directrice marketing de la plateforme d'annonces leboncoin immobilier, les canicules ne sont plus perçues par les Français "comme des épiphénomènes" mais "sont vraiment intégrées comme étant structurelles dans les choix résidentiels". "La fraîcheur, le confort d'été sont devenus un critère immobilier à part entière", assure-t-elle.

Un tiers des répondants à un sondage mené en ligne par la société en juin disaient ne pas exclure de déménager si les canicules s'intensifient.

- "Plus un tabou" -

Exposition, étage, piscine, volets, possibilité de faire des courants d'air, espaces extérieurs, terrasse ombragée et même présence d'arbres dans le quartier font désormais partie des critères et discussions que les professionnels de l'immobilier interrogés par l'AFP voient émerger.

Quant à la climatisation, sa possible généralisation a fait l'objet d'intenses débats politiques en France en début d'été, car elle est vue par certains comme un simple remède à l'inaction face au changement climatique et provoque des rejets de chaleur à l'extérieur.

Mais lors des recherches de logement, "ce n'est plus du tout un tabou", tranche Yann Jéhanno, président du réseau immobilier Laforêt.

"Les acquéreurs ne regardent plus seulement le logement, mais plutôt son habitabilité. Ils ne vont plus se contenter seulement du diagnostic de performance énergétique, mais interroger les agents immobiliers avec des questions très concrètes sur la température pendant la dernière vague de chaleur, s'il est possible d'aérer la nuit, si on dort bien dans les chambres", détaille-t-il.


Présidentielle: Bayrou souhaite une grande primaire entre "tous ceux qui rejettent les extrêmes"

Le maire sortant de Pau et candidat centriste du MoDem à sa réélection, François Bayrou, s’apprête à voter lors du premier tour des élections municipales françaises de 2026 à Pau, dans le sud-ouest de la France, le 15 mars 2026. (Photo : AFP)
Le maire sortant de Pau et candidat centriste du MoDem à sa réélection, François Bayrou, s’apprête à voter lors du premier tour des élections municipales françaises de 2026 à Pau, dans le sud-ouest de la France, le 15 mars 2026. (Photo : AFP)
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  • François Bayrou appelle à une grande primaire des forces démocrates et réformistes, de la social-démocratie aux gaullistes, pour désigner un candidat commun d’ici fin janvier ou début février 2027
  • Il estime qu’en l’absence d’un rassemblement, le risque d’un second tour opposant l’extrême droite à l’extrême gauche serait maximal et invite les candidats potentiels à clarifier leurs intentions dès la rentrée

PARIS: Face au "risque" d'un second tour Mélenchon-Le Pen en 2027, l'ex-Premier ministre centriste François Bayrou plaide, dans un entretien dimanche au Figaro, pour une grande primaire de "tous ceux qui rejettent les extrêmes", afin de désigner un candidat unique d'ici février.

Pour François Bayrou, "le risque maximum, c'est un deuxième tour entre l'extrême droite et l'extrême gauche" et cette "catastrophe" se produira "si nous ne portons pas au deuxième tour un candidat capable de rassembler tous les démocrates réformistes".

Or, selon le patron du MoDem, soutien d'Emmanuel Macron en 2017 et 2022, aucun des prétendants déclarés au sein de cet espace politique n'est aujourd'hui en mesure de fédérer aussi largement.

Pas même Edouard Philippe, pourtant le mieux placé dans les sondages: "Il défend sa position, c'est légitime. Mais qui porte le profond renouvellement attendu?", regrette M. Bayrou.

Lui-même trois fois candidat à l'Elysée, l'ex-maire de Pau considère donc que "tous ceux qui rejettent les extrêmes doivent accepter d'organiser une compétition entre les candidats potentiels (...) du Parti socialiste, dans sa version sociale-démocrate, jusqu'aux gaullistes".

Une grande primaire où "chacun défend sa vision de l'avenir et un vote le plus ouvert possible a lieu fin janvier ou début février pour décider", ce qui laissera au lauréat "deux mois pleins de campagne", bien assez pour remporter un scrutin qui "se joue à la fin, parfois la dernière semaine", selon M. Bayrou.

Dans le cas contraire, faute d'une méthode pour départager les postulants, "si ça ne se fait pas par un accord large, parce que tout le monde est déraisonnable, ça se fera par effraction, par bousculade", prédit-il.

Quoi qu'il en soit, "tous ceux qui veulent se présenter doivent maintenant s'exprimer" d'ici septembre, car "la période des présentations, c'est la rentrée", avant "la décantation et la confrontation".

"Il faut sortir de l'ambiguïté générale (...) Il est temps d'y voir clair", insiste le leader centriste, qui énumère une liste de personnalités aux intentions plus ou moins claires, de Bernard Cazeneuve à Michel Barnier, en passant par Xavier Bertrand et Bruno Le Maire, jusqu'à François Baroin et Yaël Braun-Pivet.

Au passage, il vante les mérites de l'ex-commissaire européen Thierry Breton, "enraciné dans la grande famille démocrate et réformatrice" mais qui "n'a pas appartenu au pouvoir sortant" et qui dispose d'une "capacité à réunir très largement en raison de son expérience".


Risque de feux de forêt : la Gironde repasse en vigilance rouge

Une ligne pare-feu, une zone de rupture de la végétation, aménagée par des habitants près de Lège-Cap-Ferret, à l’ouest de Bordeaux, le 29 juillet 2026, lors des incendies de forêt en Gironde, dans le sud-ouest de la France. (AFP)
Une ligne pare-feu, une zone de rupture de la végétation, aménagée par des habitants près de Lège-Cap-Ferret, à l’ouest de Bordeaux, le 29 juillet 2026, lors des incendies de forêt en Gironde, dans le sud-ouest de la France. (AFP)
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  • La Gironde repasse en vigilance rouge face au risque de feux de forêt, avec des températures pouvant atteindre 38 °C et de nouvelles restrictions pour prévenir les incendieS
  • Le mégafeu de Saumos, désormais maîtrisé mais toujours sous surveillance, a ravagé 42 000 hectares, détruit 240 maisons et entraîné l’évacuation de plus de 220 000 personnes

BORDEAUX: La Gironde, où 42.000 hectares ont brûlé en raison d'un mégafeu "fixé" le 1er août, est repassée samedi midi en vigilance rouge pour les risques de feux de forêt, le quatrième niveau sur une échelle de cinq, a annoncé la préfecture.

La décision, prise "au regard de l'évolution météorologique défavorable", avec des pointes de chaleur avoisinant les 38°C dans le Sud-Ouest selon Météo-France, "entraîne le renforcement des mesures de prévention et de restriction", précise la préfecture dans un communiqué. Les manifestations festives, sportives et culturelles sont notamment interdites dans les "espaces exposés" des "communes à dominante forestière".

Dans l'ensemble du département, plusieurs activités susceptibles de provoquer des incendies sont interdites : utiliser un chalumeau pour débroussailler ou des lanternes volantes, brûler des déchets verts, tirer des feux d'artifice, sauf ceux d'initiative publique depuis une plage, en dehors des zones exposées et en direction du large.

L'incendie déclenché le 22 juillet à Saumos, à l'ouest de Bordeaux, a brûlé 42.000 hectares - une superficie correspondant à quatre fois celle de Paris -, détruit 240 maisons et contraint à l'évacuation de plus de 220.000 personnes. Ce mégafeu, le plus dévastateur depuis 1949, est considéré comme "maîtrisé" par les autorités, mais reste sous surveillance étroite.