«La vie est finie ici»: un village marocain réduit à néant par le séisme

Des survivants du tremblement de terre meurtrier de magnitude 6,8 du 8 septembre se rassemblent sous une tente dans le village de Tikht près d'Adassil, dans le centre du Maroc, le 10 septembre 2023 (Photo, Fethi Belaid, AFP).
Des survivants du tremblement de terre meurtrier de magnitude 6,8 du 8 septembre se rassemblent sous une tente dans le village de Tikht près d'Adassil, dans le centre du Maroc, le 10 septembre 2023 (Photo, Fethi Belaid, AFP).
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Publié le Mercredi 13 septembre 2023

«La vie est finie ici»: un village marocain réduit à néant par le séisme

  • Le village de Tikht, qui abritait autrefois au moins 100 familles, est un enchevêtrement de bois, de débris de maçonnerie, d'assiettes cassées, de chaussures et de tapis aux motifs complexes
  • Des dizaines d'habitants, de proches en deuil et des soldats étaient rassemblés dimanche dans les ruines

TIKHT: Pour les sauveteurs, il n'a pas été facile d'extraire le corps de la jeune femme des décombres de son village, pulvérisé lors du tremblement de terre le plus meurtrier qu'ait connu le Maroc en plus de 60 ans.

Son fiancé de 25 ans, Omar Aït Mbarek, assistait aux fouilles dimanche, les yeux rouges et pleins de larmes, entouré de quelques habitants, à quelques kilomètres seulement de l'épicentre du séisme dans les montagnes de l'Atlas.

Il était au téléphone avec la jeune femme lorsque les secousses ont commencé vendredi soir, et il a entendu des ustensiles de cuisine s'écraser sur le sol avant que la ligne ne soit coupée. Il a su qu'elle était partie.

"Que voulez-vous que je dise ? Je suis meurtri", a-t-il déclaré à l'AFP après que Mina Aït Bihi, qui devait devenir son épouse dans quelques semaines, a été emmenée dans des couvertures jusqu'à un cimetière de fortune où reposaient déjà 68 autres personnes.

Les hommes qui ont soigneusement enlevé à la main la terre qui la recouvrait ont également trouvé son téléphone et l'ont remis au jeune homme.

Tout autour de lui, le village de Tikht, qui abritait autrefois au moins 100 familles, est un enchevêtrement de bois, de débris de maçonnerie, d'assiettes cassées, de chaussures et de tapis aux motifs complexes.

"La vie est finie ici", a asséné Mohssin Aksoum, 33 ans, dont une partie de la famille vit dans ce petit village. "Le village est mort."

Construction traditionnelle 

Comme plusieurs villages durement touchés, c'était une petite localité avec beaucoup de bâtiments construits de façon traditionnelle en utilisant un mélange de pierre, de bois et de mortier de boue.

Des dizaines d'habitants, de proches en deuil et des soldats étaient rassemblés dimanche dans les ruines.

Plusieurs ont assuré ne se rappeler aucun autre tremblement de terre dans la région.

"Ce n'est pas une chose à laquelle les gens d'ici pensaient lorsqu'ils construisaient leurs maisons", a expliqué Abdelrahman Edjal, un étudiant de 23 ans, qui a perdu la plupart de sa famille dans la catastrophe.

Mais la qualité des matériaux de construction ne sont pas la première préoccupation de l'étudiant assis sur un rocher parmi les décombres, sous un ciel d'un bleu vif et entouré de montagnes.

Il était sorti se promener après le dîner lorsque les secousses ont commencé et il a vu des gens tenter de s'échapper de leurs maisons qui s'effondraient. Il a sorti son propre père des ruines de la maison familiale, mais ses blessures étaient trop graves. Il a succombé aux côtés de son fils.

La vie quotidienne était déjà dure dans la région, à environ deux heures de route de Marrakech et des emplois offerts par son secteur touristique.

«Moins que rien»

Aksoum, originaire du village mais qui vit à Rabat, se désole que le séisme a emporté le peu que les gens possédaient.

En désignant son nez, il explique que l'odeur ambiante vient du bétail, seule richesse de nombre d'habitants, enseveli sous les décombres et qui commence à pourrir.

"Maintenant, les gens ont moins que rien". Pendant qu'il parlait, deux jeunes hommes aux vêtements tachés de la poussière blanche des ruines étaient assis sur des rochers et pleuraient, sans dire un mot.

Des tentes jaunes, servant d'abris d'urgence, étaient visibles sur la route menant à la ville.

Des membres de la protection civile transportaient des lits de camp depuis un camion militaire vers les tentes.

Des ONG étaient également présentes dans la région, évaluant les besoins autres que logement, nourriture et eau, des habitants restés dans des villages comme Tikht.

Plusieurs habitants ont confié que, choqués par leurs pertes et l'ampleur des dégâts, ils ne savaient pas quoi faire.

Mais Omar Aït Mbarek s'est dit sûr d'une chose. "Je vais reconstruire ma maison", a-t-il dit, avec à la main le téléphone couvert de poussière de sa défunte fiancée, avant de s'éloigner dans les décombres.


L'Iran dit avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït

L'armée iranienne a affirmé vendredi avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït, en représailles à l'"agression" des Etats-Unis contre l'Iran. (AFP)
L'armée iranienne a affirmé vendredi avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït, en représailles à l'"agression" des Etats-Unis contre l'Iran. (AFP)
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  • Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat
  • L'armée iranienne a qualifié ces frappes de "réaction à la récente agression de notre pays par l'armée américaine terroriste et son attaque brutale contre une habitation sur l'île de Qeshm"

TEHERAN: L'armée iranienne a affirmé vendredi avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït, en représailles à l'"agression" des Etats-Unis contre l'Iran.

Dans un communiqué, l'armée a indiqué avoir visé "des abris d'avions de combat, des systèmes de communication par satellite et des installations de stockage d'équipement sur la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït".

Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat.

L'armée iranienne a qualifié ces frappes de "réaction à la récente agression de notre pays par l'armée américaine terroriste et son attaque brutale contre une habitation sur l'île de Qeshm".

Selon des médias iraniens jeudi, trois membres d'une même famille ont été tués dans des frappes contre cette île située dans le détroit d'Ormuz.

La revendication de l'armée iranienne intervient alors que selon le Pakistan, médiateur dans le conflit entre Washington et Téhéran, les belligérants négocient en vue d'une désescalade après une nouvelle série de bombardements réciproques mercredi et jeudi.

La diplomatie pakistanaise a affirmé faire "tout (son) possible pour ramener toutes les parties au protocole d'accord d'Islamabad" signé à la mi-juin et censé ouvrir la voie à des pourparlers de paix.

Ce processus a déraillé depuis début juillet avec une reprise des frappes menées par les Etats-Unis et l'Iran, Téhéran visant des bases américaines et des pays alliés de Washington au Moyen-Orient, dont le Koweït.


Trump annonce un accord sur le désarmement du Hamas à Gaza

Donald Trump a annoncé jeudi qu'un accord avait été conclu sur le désarmement du Hamas dans la bande de Gaza, un des points clés de la deuxième phase du plan de paix du président américain. (AFP)
Donald Trump a annoncé jeudi qu'un accord avait été conclu sur le désarmement du Hamas dans la bande de Gaza, un des points clés de la deuxième phase du plan de paix du président américain. (AFP)
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  • Des négociations se tiennent depuis des semaines en Egypte pour mettre en oeuvre la deuxième phase de l'accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, entré en vigueur en octobre dernier et visant à mettre fin définitivement à la guerre
  • Cette phase prévoit notamment le désarmement du Hamas, un retrait israélien progressif du territoire palestinien et le déploiement d'une force internationale de stabilisation

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé jeudi qu'un accord avait été conclu sur le désarmement du Hamas dans la bande de Gaza, un des points clés de la deuxième phase du plan de paix du président américain.

Des hauts responsables du mouvement islamiste palestinien ont confirmé à l'AFP qu'un accord avait été trouvé "concernant la question des armes" et "un retrait progressif" des forces israéliennes de Gaza.

Des négociations se tiennent depuis des semaines en Egypte pour mettre en oeuvre la deuxième phase de l'accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, entré en vigueur en octobre dernier et visant à mettre fin définitivement à la guerre.

Cette phase prévoit notamment le désarmement du Hamas, un retrait israélien progressif du territoire palestinien et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.

"Aujourd'hui, le Conseil de Paix", créé par Donald Trump pour la reconstruction de Gaza, "a conclu un accord historique pour le désarmement complet du Hamas et de tous les autres groupes armés à Gaza. Il s'agit d'une étape monumentale vers une paix et une sécurité durables", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

Il a également déclaré que les forces israéliennes se retireraient de Gaza "à mesure que le désarmement s'achève".

Le Hamas compte sur les médiateurs et le "Conseil de paix" pour obliger Israël à respecter les termes de l'accord, ont dit à l'AFP des responsables du mouvement.

"Grande convergence" 

La Force internationale de stabilisation, une structure naissante censée regrouper des troupes multinationales opérant sous l'égide du "Conseil de paix", collaborera ensuite "avec une nouvelle force de police palestinienne pour garantir la sécurité à Gaza", a ajouté le président américain.

Une réunion des médiateurs, parmi lesquels figurent l'Egypte, les États-Unis, le Qatar et la Turquie, doit se dérouler "bientôt" au Caire, a rapporté tôt vendredi la chaîne Al-Qahera News, proche de l'État égyptien.

Selon un responsable du Hamas, les armes doivent être remises au Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG), une instance de technocrates palestiniens qui doit gérer, pendant la période de transition, la vie quotidienne à Gaza.

"Le Comité national sera la seule entité habilitée à détenir, stocker ou contrôler des armes à Gaza", a déclaré ce responsable à l'AFP.

Actuellement basé en Egypte, le NCAG est empêché par Israël d'accéder à la bande de Gaza, selon les médias égyptiens et palestiniens.

Transfert des responsabilités 

Israël, qui contrôle aujourd'hui plus de 60% de ce territoire, exigeait un désarmement complet du Hamas et des autres groupes palestiniens avant toute progression dans la feuille de route.

Le Hamas avait annoncé début juillet dissoudre le comité qui administrait les affaires civiles de la bande de Gaza depuis 2007, quand il avait pris le pouvoir dans le territoire côtier, et dit vouloir transférer ces responsabilités au NCAG.

Alors que le NCAG est présenté comme une structure temporaire, plusieurs responsables européens et arabes insistent sur la nécessité d'une perspective politique plus large impliquant les institutions palestiniennes existantes.

Israël, opposé à tout retour du Hamas au pouvoir, refuse aussi à ce stade une prise de contrôle directe de Gaza par l'Autorité palestinienne, basée à Ramallah.

L'Egypte joue depuis longtemps un rôle de médiateur entre les groupes armés palestiniens et Israël auquel Le Caire est lié par un traité de paix.

L'attaque sans précédent menée par le Hamas contre Israël le 7 octobre 2023 a déclenché une offensive israélienne dévastatrice dans la bande de Gaza, faisant plus de 73.300 morts, selon le ministère de la Santé du territoire palestinien, placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

Malgré le cessez-le-feu, les violences se poursuivent à Gaza où des frappes israéliennes ont fait jeudi au moins quatre morts, selon les autorités sanitaires locales.

Ce territoire surpeuplé reste plongé dans une profonde crise humanitaire.

 


Liban: l'armée israélienne procède à des explosions massives près du château de Beaufort

L'armée israélienne a utilisé 700 tonnes d'explosifs pour détruire ce qu'elle affirme être un réseau de tunnels. (Tsahal)
L'armée israélienne a utilisé 700 tonnes d'explosifs pour détruire ce qu'elle affirme être un réseau de tunnels. (Tsahal)
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  • L'armée israélienne affirme avoir détruit des tunnels du Hezbollah près de la forteresse de Beaufort, classée au patrimoine mondial en péril de l'Unesco, à l'aide de 700 tonnes d'explosifs
  • L'opération est présentée comme une réponse à une violation du cessez-le-feu imputée au Hezbollah

BEYROUTH: Les forces israéliennes ont procédé à des explosions massives dans la nuit près de la forteresse de Beaufort dans le sud du Liban, classée par l'Unesco, a rapporté un média officiel libanais vendredi, Israël affirmant détruire des tunnels du Hezbollah pro-iranien.

"Les forces israéliennes ont provoqué de très puissantes explosions vers minuit", notamment "dans le secteur de la forteresse de Beaufort", a annoncé l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Ce château fort datant de l'époque des Croisés, situé dans la zone du sud occupée par Israël, a été inscrit la semaine dernière sur la liste du patrimoine mondial en péril de l'Unesco.

Un correspondant de l'AFP dans un village proche a indiqué avoir entendu d'énormes explosions et vu la poussière recouvrir de larges zones boisées de la région.

Dans un communiqué commun, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Israël Katz ont annoncé que l'armée avait détruit "les tunnels terroristes dans la région de Beaufort", à l'aide de quelque 700 tonnes d'explosifs.

Ils ont affirmé que ces explosions étaient intervenues après la "violation flagrante du cessez-le-feu par le Hezbollah" mercredi.

L'armée israélienne a accusé mercredi le Hezbollah d'avoir violé le cessez-le-feu en lançant un drone explosif contre un véhicule militaire israélien dans le sud du pays.

Le Hezbollah n'a pas revendiqué d'attaque contre Israël depuis le 20 juin.

La formation chiite avait entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en attaquant Israël, en soutien à l'Iran.

Israël a riposté par une vaste campagne de bombardements et une offensive terrestre, et son armée continue d'occuper des zones du sud du Liban sur une dizaine de kilomètres à l'intérieur du territoire du pays voisin.