Saudi Aramco: L'infrastructure numérique, un facteur clé de la réduction de la pauvreté

Margarete Schramboeck, membre du conseil d'administration d'Aramco Digital (Photo, AN).
Margarete Schramboeck, membre du conseil d'administration d'Aramco Digital (Photo, AN).
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Publié le Vendredi 15 septembre 2023

Saudi Aramco: L'infrastructure numérique, un facteur clé de la réduction de la pauvreté

  • Au cours de son intervention, elle a fait remarquer que l'éducation numérique est essentielle, car l'Arabie saoudite fait un bond en avant dans le secteur technologique
  • Schramboeck a souligné que l'Arabie saoudite est actuellement sur la voie d'une transformation rapide et que de nombreuses femmes saoudiennes occupent divers emplois essentiels

RIYAD : Selon Margarete Schramboeck, membre du Conseil d'administration d'Aramco Digital, le renforcement de l'infrastructure numérique est essentiel pour réduire la pauvreté dans tous les coins du monde, en particulier dans les pays africains.

Dans une interview accordée à Arab News, Schramboeck – qui a auparavant occupé le poste de ministre fédérale autrichienne des Affaires numériques et économiques – a déclaré que l'Arabie saoudite avait progressé dans le domaine de l'infrastructure numérique au cours des dernières années avec le déploiement de la 5G et la mise en œuvre de technologies de pointe telles que l'intelligence artificielle.

«Aujourd'hui, il est question d'infrastructure numérique. C'est le facteur clé de succès pour les entreprises et les pays. Si nous adoptons une approche globale, nous constatons que c'est la base de l'ouverture de nouvelles entreprises, de l'apprentissage et de l'enseignement. Si vous regardez l'Afrique, cela signifie qu'une famille peut gagner sa vie. L'infrastructure numérique est donc un facteur clé de la réduction de la pauvreté dans le monde entier», a déclaré Schramboeck.

Au cours de son intervention, elle a fait remarquer que l'éducation numérique est essentielle, car l'Arabie saoudite fait un bond en avant dans le secteur technologique.

«L'éducation numérique est un facteur clé. C'est l'un des facteurs clés. Et ici, chaque investissement est rentabilisé 10 fois, voire 20 fois. Ce dont nous avons tous besoin, c'est d'amener nos jeunes à passer de la consommation à la création. Le monde numérique ne sert pas seulement à consommer des informations, mais aussi à être créatif dans ce monde. Et si nous y parvenons, nous aurons encore plus de succès», a-t-elle ajouté.

C'est en janvier 2023 que la Compagnie pétrolière saoudienne, Aramco, a lancé Aramco Digital afin d'accélérer la transformation numérique de l'entreprise.

Après le lancement de la société, le président-directeur général d’Aramco, Amin Nasser, a déclaré qu'Aramco Digital prévoyait d'investir 1,9 milliard de dollars (1 dollar américain = 0.94 euro) au cours des trois prochaines années, ce qui en fait le plus gros investissement du géant de l'énergie dans le numérique à ce jour.

Selon Schramboeck, il est nécessaire de renforcer l'infrastructure numérique en Arabie saoudite, car le pays est actuellement sur la voie de la diversification économique.

Elle a ajouté : «Le secteur numérique est essentiel, et il est présent dans chacun des autres secteurs. Il ne s'agit donc pas seulement d'un secteur en soi, mais d'un secteur qui permet à tous les secteurs de fonctionner, à l'énergie avec un réseau intelligent, à l'éducation et à d'autres secteurs comme l'automobile. Aujourd'hui, une voiture est un logiciel et une batterie, et bientôt, elle sera également construite en Arabie saoudite.

Margarete Schramboeck parle à Arab News (Photo, AN).

Transformation en cours

Schramboeck a signalé que des technologies telles que l'IA et l'internet des objets constitueront la base de notre avenir et que les progrès de ces technologies auront des répercussions directes sur tous les autres secteurs.

Elle a ajouté que le renforcement de l'infrastructure numérique aidera Aramco à accroître son efficacité et à réduire ses émissions de dioxyde de carbone.

«La réduction des émissions de CO2 est un objectif clé et Aramco fait beaucoup dans ce domaine. L'entreprise a réalisé de nombreux investissements. Elle collabore avec des startups pour apporter de nouvelles idées», a révélé Schramboeck.

Elle poursuit : «Grâce à la puissance de l'entreprise et au budget alloué à Aramco Digital, nous pouvons aider les industries à se transformer. De cette manière, nous pouvons réduire les émissions de CO2, améliorer les processus et développer des emplois de cols bleus à cols blancs.

Schramboeck a mentionné que l'adoption généralisée des technologies numériques dans le secteur de l'énergie favorisera l'entrée des femmes dans ce milieu, car il n'est pas nécessaire de suivre un entraînement physique intensif et les opérations peuvent être effectuées à partir d'un centre de contrôle à distance.

«Vous pouvez discuter avec vos amis et avoir une communauté. Ainsi, on ne reste pas seul sur la grue dans la chaleur, ce qui est un travail classique d'ouvrier, très dur et physique. Il s'agit d'un nouveau type de travail, que beaucoup de Saoudiens et de femmes peuvent exercer», a-t-elle indiqué.

Schramboeck a souligné que l'Arabie saoudite est actuellement sur la voie d'une transformation rapide et que de nombreuses femmes saoudiennes occupent divers emplois essentiels.

«Ce que j'ai vu en Arabie saoudite, c'est une grande transformation en cours. Je suis très impressionnée par le nombre de femmes saoudiennes qui occupent différentes fonctions, dans le journalisme ou la technologie. J'ai entendu dire que 58% des ingénieurs saoudiens étaient des femmes. J'ai été très impressionnée parce que cela demeure encore un problème en Europe et que vous avez plus de femmes dans la technologie que nous», a-t-elle précisé.

Elle a ajouté que les partenariats public-privé sont essentiels pour propulser le développement économique et l'innovation.

«Ce (partenariat public-privé) est essentiel. Lorsque j'étais en Autriche, nous avions créé une plate-forme pour l'apprentissage numérique. Il s'agissait d'une plate-forme destinée à la fois aux gouvernements et aux entreprises. C'est aussi ce que je constate ici dans le cadre de la Vision 2030 : il s'agit d'un objectif commun, et les entreprises privées et le secteur public travaillent en harmonie», a souligné Schramboeck.

Elle a conclu : «Le rôle du secteur public est toujours d’être un peu en avance, d’être un innovateur. Cette forme de coopération, qui a fait ses preuves tant en Arabie saoudite qu'en Europe, recèle un grand potentiel.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Suez remporte à Oman un des plus gros contrats de son histoire, dans la gestion de l'eau

Le géant des services à l'environnement Suez a remporté un contrat de gestion de l'eau de deux milliards d'euros sur 15 ans à Oman. (AFP)
Le géant des services à l'environnement Suez a remporté un contrat de gestion de l'eau de deux milliards d'euros sur 15 ans à Oman. (AFP)
  • Le géant des services à l'environnement Suez a remporté un contrat de gestion de l'eau de deux milliards d'euros sur 15 ans à Oman
  • Ce contrat, qui couvre la gestion et la maintenance des services d'eau potable et d'assainissement de la capitale Mascate et des gouvernorats de Sharqiyah Nord et Sharqiyah Sud, figure "dans le top 3 de l'histoire de Suez"

PARIS: Le géant des services à l'environnement Suez a remporté un contrat de gestion de l'eau de deux milliards d'euros sur 15 ans à Oman, un des plus importants de son histoire, a-t-il annoncé lundi.

Ce contrat, qui couvre la gestion et la maintenance des services d'eau potable et d'assainissement de la capitale Mascate et des gouvernorats de Sharqiyah Nord et Sharqiyah Sud, figure "dans le top 3 de l'histoire de Suez", a déclaré le directeur général du groupe, Xavier Girre, lors d'un entretien à l'AFP.

 

 


Air France reprend ses vols directs entre Riyad et Paris

 Air France a annoncé la reprise de ses vols directs entre Riyad et Paris, rétablissant une liaison stratégique entre le Royaume d'Arabie saoudite et la France après une suspension temporaire liée à la situation régionale. (AFP)
Air France a annoncé la reprise de ses vols directs entre Riyad et Paris, rétablissant une liaison stratégique entre le Royaume d'Arabie saoudite et la France après une suspension temporaire liée à la situation régionale. (AFP)
  • « L'Arabie saoudite est un marché d'une importance stratégique pour Air France, et nous sommes heureux de reprendre nos vols directs entre Riyad et Paris »
  • « Nous sommes de nouveau en mesure d'offrir à nos clients des solutions de voyage fluides, aussi bien pour les déplacements professionnels que pour les voyages de loisirs, tout en leur garantissant le niveau de service et l'hospitalité française »

RIYAD: Air France a annoncé la reprise de ses vols directs entre Riyad et Paris, rétablissant une liaison stratégique entre le Royaume d'Arabie saoudite et la France après une suspension temporaire liée à la situation régionale.

À compter de cette reprise, la compagnie française retrouvera son programme initial de trois vols hebdomadaires entre l'aéroport international King Khalid de Riyad et l'aéroport Paris-Charles de Gaulle, conformément à son programme de la saison estivale 2026.

Cette reprise intervient dans un contexte de renforcement des échanges économiques, touristiques et culturels entre les deux pays. Elle marque également la volonté d'Air France de consolider sa présence sur le marché saoudien, considéré comme l'un des plus stratégiques de la région.

« L'Arabie saoudite est un marché d'une importance stratégique pour Air France, et nous sommes heureux de reprendre nos vols directs entre Riyad et Paris », a déclaré Raza Syed, Country Manager Arabie saoudite et Égypte d'Air France-KLM.

Il a souligné que cette reprise reflète l'engagement à long terme du groupe envers le Royaume et permettra aux voyageurs de bénéficier à nouveau de l'ensemble du réseau international d'Air France-KLM grâce aux correspondances proposées depuis Paris. « Nous sommes de nouveau en mesure d'offrir à nos clients des solutions de voyage fluides, aussi bien pour les déplacements professionnels que pour les voyages de loisirs, tout en leur garantissant le niveau de service et l'hospitalité française qui font la réputation d'Air France », a-t-il ajouté.

Dans le cadre de cette reprise, Flying Blue, le programme de fidélité d'Air France et de KLM, lance une offre promotionnelle destinée aux voyageurs au départ du Royaume. Les passagers réservant leurs billets entre le 29 juin et le 13 juillet 2026 pourront cumuler trois fois plus de Miles, pour des voyages effectués jusqu'au 31 décembre 2026.

Horaires des vols

La liaison Riyad-Paris (AF685) sera assurée les mardis, jeudis et dimanches, avec un départ de Riyad à 8h45 et une arrivée à Paris à 14h25.

Le vol retour Paris-Riyad (AF684) opérera les lundis, mercredis et samedis, avec un départ de Paris à 23h20 et une arrivée à Riyad à 6h35 le lendemain.

Fondée en 1933, Air France emploie plus de 40 000 collaborateurs et, avec KLM et Transavia, fait partie du groupe Air France-KLM. Le groupe dessert plus de 300 destinations dans le monde grâce à une flotte de plus de 500 appareils et poursuit ses investissements dans la modernisation de sa flotte ainsi que dans la réduction de son empreinte environnementale.


La dette française dépasse les 3.500 milliards d'euros, en pleine préparation du budget 2027

La dette colossale de la France a dépassé la barre des 3.500 milliards d'euros au premier trimestre, en plein débat sur le budget 2027 et la maîtrise des finances publiques. (AFP)
La dette colossale de la France a dépassé la barre des 3.500 milliards d'euros au premier trimestre, en plein débat sur le budget 2027 et la maîtrise des finances publiques. (AFP)
  • La situation de la dette française est "assez délicate", estime Mathieu Plane, économiste de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), "parce qu'on n'est pas du tout dans une zone de stabilité ou de décrue"
  • "Depuis 2007, en points de PIB, la dette a quasiment doublé", car elle ne pesait alors que 65,5% du PIB

PARIS: La dette colossale de la France a dépassé la barre des 3.500 milliards d'euros au premier trimestre, en plein débat sur le budget 2027 et la maîtrise des finances publiques.

La dette publique a augmenté à 3.536,1 milliards d'euros, pour s'établir à 117,5% du produit intérieur brut (PIB), a annoncé jeudi l'Institut national de la statistique (Insee).

Cela représente une augmentation de 75,6 milliards d'euros par rapport à fin 2025, où elle était de 3.460,5 milliards d'euros, soit 115,7% du PIB. Elle avait alors baissé sur un trimestre mais continué à grimper par rapport à fin 2024, où elle était de 3.306,1 milliards et pesait 112,6% du PIB.

La situation de la dette française est "assez délicate", estime Mathieu Plane, économiste de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), "parce qu'on n'est pas du tout dans une zone de stabilité ou de décrue".

"Depuis 2007, en points de PIB, la dette a quasiment doublé", car elle ne pesait alors que 65,5% du PIB, ajoute-t-il. "On a depuis 20 ans des chocs macroéconomiques qui font que les dettes publiques ont beaucoup augmenté", mais "depuis quelques années la France décroche de la moyenne européenne".

Entre 2019 et 2025, la France a connu "la plus forte progression, après celle de la Finlande," de sa dette en points de PIB, relève le spécialiste des finances publiques François Ecalle.

"Ce qui l'explique, c'est le niveau du déficit", et "la plupart des gouvernements en sont responsables depuis 50 ans", estime-t-il.

Premier poste de l'Etat 

Deuxième économie de la zone euro derrière l'Allemagne, la France en est l'un des cancres budgétaires. Elle affiche le deuxième déficit le plus élevé, à 5,1% du PIB en 2025, derrière la Belgique (5,2%). Un niveau trop important pour lui permettre de stabiliser sa dette, la troisième plus élevée (par rapport au PIB) après celles de la Grèce et de l'Italie.

"Notre position relative, par rapport aux autres pays, s'est nettement dégradée", renchérit Bruno Cavalier, économiste chez Oddo BHF.

Dans le budget, le poste consacré au remboursement de la dette est devenu le premier de l'Etat, devant celui de l'Education (hors pensions), rappelait récemment le ministre français de l'Economie Roland Lescure lors d'un colloque à la Cour des comptes, évoquant un "coût de la dette record".

Le service de la dette de l'Etat devrait ainsi atteindre 64 milliards d'euros en 2026, et "pourrait augmenter jusqu'à 100 milliards dans les années qui viennent", avait-il ajouté.

"Notre charge d'intérêts de la dette va mécaniquement augmenter" car "le renouvellement de la dette va nous coûter plus cher qu'avant", souligne Mathieu Plane. "C'est très important d'être crédibles pour garantir un financement bon marché" des investisseurs.

Le gouvernement français veut afficher une trajectoire vertueuse: il s'est fixé comme objectif un déficit à 5% en 2026, avec une dette à 118,4% du PIB, avant de ramener son déficit sous 3% en 2029, avec une dette stabilisée à 118% du PIB.

Comité d'alerte 

Mais la tâche s'annonce ardue. Selon une étude réalisée par quatre économistes de l'Institut des politiques macroéconomiques et internationales (i-MIP), il existerait un peu plus d'une chance sur deux (55%) de rater la cible des 118% du PIB en 2029.

Le redressement des finances publiques est d'autant plus complexe que le gouvernement, en quête d'un budget pour 2027 - dont il doit présenter les grandes lignes mi-juillet -, a promis d'éviter les hausses d'impôts.

Pour faire le point sur la situation, il réunira prochainement un Comité d'alerte des finances publiques. Ce Comité devrait être l'occasion d'annoncer de nouvelles coupes budgétaires pour compenser le coût de la guerre au Moyen-Orient, après déjà 6 milliards d'euros d'économies présentées en avril.

Dans un contexte économique difficile, le gouvernement devrait aussi abaisser ses prévisions de croissance pour 2026, actuellement de 0,9%. La Banque de France a revu à la baisse les siennes à 0,5% du PIB (contre 0,9% avant). L'Insee, elle, table sur 0,7%.

Face à une équation budgétaire complexe, le ministre des Comptes publiques David Amiel a aussi missionné quatre économistes pour réfléchir à des scénarios de redressement des finances publiques dès 2027. Ils devraient rendre leurs conclusions début juillet.