Pourquoi les Syriens de la ville de Suweida risquent-ils tout pour protester?

Une manifestation dans la ville de Sweida, dans le sud de la Syrie, le 1er septembre 2023 (Photo, Suwayda24 via AFP).
Une manifestation dans la ville de Sweida, dans le sud de la Syrie, le 1er septembre 2023 (Photo, Suwayda24 via AFP).
Des personnes brandissent des drapeaux druzes lors d'un rassemblement de protestation dans la ville méridionale de Sweida, en Syrie, le 15 septembre 2023 (Photo, Suwayda24 via AP).
Des personnes brandissent des drapeaux druzes lors d'un rassemblement de protestation dans la ville méridionale de Sweida, en Syrie, le 15 septembre 2023 (Photo, Suwayda24 via AP).
Des milliers de Syriens manifestent et brandissent des drapeaux druzes dans la ville de Suweida, dans le sud du pays, le 15 septembre 2023. (Photo, AP).
Des milliers de Syriens manifestent et brandissent des drapeaux druzes dans la ville de Suweida, dans le sud du pays, le 15 septembre 2023. (Photo, AP).
Une manifestation dans la ville de Sweida, dans le sud de la Syrie, le 1er septembre 2023 (Photo, AFP).
Une manifestation dans la ville de Sweida, dans le sud de la Syrie, le 1er septembre 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 17 septembre 2023

Pourquoi les Syriens de la ville de Suweida risquent-ils tout pour protester?

  • Face à l'explosion du déficit budgétaire, le gouvernement a pris des mesures d'austérité douloureuses et impopulaires
  • La plupart des Syriens vivant dans les zones contrôlées par le régime vivaient déjà sous le seuil de pauvreté avant les récentes réductions des subventions aux carburants

LONDRES: Les manifestations dans la ville syrienne de Suweida durent depuis plus d'un mois, les foules se rassemblent généralement sur la place centrale Al-Karama, appelant le gouvernement de Damas à mettre en œuvre des réformes économiques et politiques.

Ce vendredi, entre 3 500 et 4 000 personnes se sont rassemblées dans la ville méridionale. Il s'agit de la manifestation la plus importante depuis près d'un mois de manifestations contre le régime, qui se sont intensifiées alors que les Syriens subissent l'impact économique de la guerre.

Les manifestations à Suweida et dans la ville voisine de Deraa — où le soulèvement de 2011 a commencé — ont débuté après que le régime du président Bachar al-Assad a réduit les subventions aux carburants et augmenté les prix de l'essence de près de 250 % en août.

L’inflation galopante n'est qu'un des nombreux problèmes auxquels les Syriens doivent faire face au quotidien. Mais il ne s'agit pas d'un défi ordinaire, car on estime que 90% des citoyens syriens vivant dans les zones contrôlées par le gouvernement vivent aujourd'hui en dessous du seuil de pauvreté et que la moitié de la population est confrontée à l'insécurité alimentaire.

Outre les conditions économiques désastreuses et le niveau de vie médiocre, les Syriens sont également frustrés par l'absence persistante de droits fondamentaux.

«Il ne fait aucun doute que les récentes décisions économiques ont déclenché les protestations, mais la société est au bord de l'agitation car le problème va au-delà des simples besoins de subsistance», a déclaré à Arab News, Ayham Azzam, responsable du groupe Juzour, une organisation de la société civile basée à Suweida.

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Une manifestation dans la ville de Sweida, dans le sud de la Syrie, le 5 septembre 2023 (Photo, AFP).

Les manifestants ont des revendications plus profondes que les revendications économiques, qui incluent «les droits politiques, sociaux et civils, ainsi que les libertés publiques et la libération des détenus», a-t-il ajouté.

Ce vendredi, l’organe de presse Suwayda24 a publié des vidéos montrant des milliers d'hommes et de femmes scandant des slogans hostiles au régime et brandissant des drapeaux druzes. Bien que les manifestations restent limitées aux villes du sud, les observateurs ont signalé qu'elles reflétaient les sentiments politiques qui prévalent dans tout le pays.

«Bien que les manifestations publiques à grande échelle restent relativement rares, on observe un changement notable dans la volonté de la population syrienne d'exprimer ouvertement et hardiment ses critiques à l'égard de son gouvernement et de ses dirigeants», a indiqué Camille Otrakji, analyste syro-canadien, à Arab News.

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Une photo diffusée par le site d'information Suwayda 24 montre des manifestants dans la ville de Sweida, dans le sud de la Syrie, le 25 août 2023.  (Photo, Suwayda 24/AFP)

En août, la livre syrienne est tombée à un niveau record de 15 500 livres pour un dollar sur le marché noir, selon les médias d'État. Le taux officiel de la banque d'État est de 10 800 livres pour un dollar.

Le gouvernement a doublé les salaires du secteur public, portant le salaire mensuel minimum à 185 940 livres, soit l'équivalent d'environ 22 dollars américains (1 dollar américain = 0,94 euro), mais cela n'a guère atténué les privations subies par les habitants des zones contrôlées par le gouvernement, qui ont dû se serrer la ceinture.

«En supprimant les subventions, le gouvernement poursuit son retrait du soutien aux ménages pauvres et nécessiteux et continue de transférer le fardeau économique sur la société civile, les expatriés et les organisations humanitaires», a déclaré à Arab News, Mohammed al-Asadi, économiste au centre syrien de recherche politique, basé en Allemagne.

En bref

  • Des manifestations ont éclaté dans la ville de Suweida après que le gouvernement a réduit les subventions aux carburants.
  • La situation économique est jugée pire aujourd'hui qu'au plus fort de la guerre civile qui a débuté en 2011.

Selon les chiffres de l'ONU, environ 70% de la population syrienne a besoin d'aide et les organisations caritatives locales ont du mal à répondre à la demande croissante.

Lors d'une récente visite à Damas, Geir Pedersen, l'envoyé spécial des Nations unies pour la Syrie, a averti que la situation dans le pays est «devenue pire qu'elle ne l'était, économiquement, au plus fort du conflit».

S'exprimant dans la capitale syrienne à l'issue d'une réunion avec Faysal Mekdad, le ministre des Affaires étrangères du pays, Pedersen a ajouté: «Nous ne pouvons accepter que les fonds alloués à la Syrie diminuent alors que les besoins humanitaires augmentent.» 

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«Quand les gens ont faim, ils mangent leurs chefs, ils ne mangent pas de pierres», crie une pancarte en arabe lors d'une manifestation contre les conditions de vie désastreuses dans la ville de Sweida, dans le sud de la Syrie, le 23 août 2023 (Photo de Suwayda 24 via AFP /Archives).

«Pour la Syrie, si l'on ne s'attaque pas aux conséquences politiques de cette crise, la crise économique profonde et les souffrances humanitaires se poursuivront sans aucun doute», a-t-il ajouté.

Huda al-Ahmad, 50 ans, seule soutien de famille, a perdu son emploi il y a plusieurs mois. Elle a précisé que sa famille souffre depuis plus d'un an, depuis que l'organisation caritative Al-Mabarrat, basée à Damas, a cessé de fournir des denrées alimentaires de base à son quartier.

«Le café était autrefois une nécessité quotidienne pour tous les ménages de Damas. Aujourd'hui, c'est un luxe», a-t-elle déclaré à Arab News. «Nous n'y réfléchissions jamais à deux fois avant de l'acheter, mais aujourd'hui, nous ne pouvons plus nous permettre d'en acheter une once (28 grammes) par mois. Il en coûterait 5 000 livres syriennes pour préparer trois tasses de café.»

Par ailleurs, le trajet quotidien vers Damas depuis Sitt Zaynab, dans le Rif Dimachq, où vit Al-Ahmad, coûte au moins 4 000 livres syriennes.

«Ma fille et moi sommes malades depuis près d'une semaine, ne pouvant même pas nous payer du paracétamol», a-t-elle révélé. «Nous n'avons pas acheté de fruits, de viande ou de dessert depuis près d'un an, à moins de renoncer au riz et au blé pendant deux mois.»

Les analystes estiment que les politiques susceptibles de stimuler l'activité économique, de réduire l'évasion fiscale, de lutter contre la corruption et de diminuer les dépenses militaires sont irréalisables car elles nécessiteraient une volonté politique, un engagement de la société civile dans le processus de prise de décision et des institutions représentatives.

«Ces conditions sont impossibles à remplir dans le cadre des structures socio-économiques et politiques existantes», a déclaré Al-Asadi.

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Les manifestations dans la province de Sweida, cœur de la minorité druze du pays, ont commencé après que le gouvernement syrien a mis fin aux subventions sur le carburant en août, portant un coup dur aux Syriens qui souffrent de la guerre et d'une crise économique paralysante (Photo, AFP).

Au contraire, a-t-il ajouté, les politiques actuelles vont «creuser le fossé de la pauvreté, car des dizaines de milliers de ménages syriens pauvres devraient tomber bien en dessous du seuil de pauvreté global et tomber dans l'extrême pauvreté. La suppression des subventions est le moyen le plus simple et le plus rapide de réduire le déficit budgétaire».

Malgré la dégradation rapide du niveau de vie, des organisations non gouvernementales et la municipalité de Damas ont récemment collaboré pour redonner vie à l'un des espaces publics de la capitale.

Des photos de la place Sabaa Bahrat rénovée, à proximité de la banque centrale, sont récemment devenues virales sur les médias sociaux, ce qui a incité les critiques à dire qu'il était déplaisant de dépenser de l'argent pour l'embellissement urbain alors que tant de personnes dans le pays subissaient des coupures d'électricité et des pénuries de nourriture et de carburant.

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Sur cette photo prise lors d'une manifestation à Sweida le 21 août 2023, on peut lire sur une pancarte en arabe: «Bachar al-Assad n'a remporté la victoire que sur son peuple, pour le bien d’Israël.» (Photo, SUWAYDA24 via AFP)

«Le rond-point de Sabaa Bahrat ne fournira pas de pain», a déclaré Al-Hussain al-Nayef, président de l'Alliance nationale des médias syriens, dans un message publié sur Facebook. «Qu'avons-nous à gagner de cette réalisation culturelle alors que les citoyens appauvris attendent un véritable changement — un changement qui réponde à leurs préoccupations et à leur bonheur perdu ?»

La rénovation a été entièrement financée par des donateurs privés, selon des rapports datant de janvier, qui citaient Mohammed Eyad al-Chamaa, président du conseil du gouvernorat de Damas, rejetant les affirmations selon lesquelles les travaux de rénovation avaient coûté environ 5 milliards de livres syriennes.

De nombreux commentateurs des médias sociaux locaux ont déclaré que les fonds auraient dû être utilisés pour aider à nourrir les pauvres et pour installer des solutions d'énergie solaire afin d'éclairer les rues de Damas, qui, comme la majeure partie du pays, souffre régulièrement de coupures de courant.

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Cette photo prise le 17 juin 2020 montre une vue du rond-point de la place Sabaa Bahrat devant la Banque centrale de Syrie à Damas (Photo, AFP).

«Le PIB et le budget annuel de la Syrie ont considérablement diminué par rapport à leur niveau d'avant le printemps arabe», a souligné Otrakji, analyste syro-canadien. «Le gouvernement syrien fonctionne actuellement avec des ressources financières très limitées, une situation qui est loin d'être viable à long terme.»

«Dans cette situation financière précaire, la Syrie est prête à chercher de l'aide, soit auprès des États arabes qui le souhaitent, soit en renforçant sa dépendance à l'égard de l'Iran», a-t-il expliqué.

Otrakji a déploré le fait qu'«au-delà de la divergence flagrante des attentes concernant l'insaisissable solution politique en Syrie, le pays est devenu un terrain fertile pour les conflits régionaux et internationaux».

Il a ajouté: «Malheureusement, aucun de ces conflits ne semble sur le point d'être résolu, ce qui fait de la Syrie un champ de bataille où s'affrontent des intérêts divergents.»

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Sur cette photo prise lors d'une manifestation à Sweida le 21 août 2023, on peut lire sur une pancarte en arabe: «Bachar al-Assad n'a remporté la victoire que sur son peuple, pour le bien d’Israël.» (Photo, SUWAYDA24 via AFP)

Azzam, du groupe de la société civile Juzour, est convaincu que le régime syrien est incapable de relancer l'économie moribonde sans progrès sur le front politique.

«Le pays est en ruine — économiquement, socialement, culturellement et intellectuellement», a-t-il prévenu. «Il en résulte un besoin pressant d'un nouvel accord social qui marque une phase importante dans laquelle la Syrie est pour tous les citoyens et fait partie intégrante de la communauté mondiale.»

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Cette photo publiée par l'agence de presse officielle arabe syrienne le 4 mai 2023 montre le président iranien, Ebrahim Raisi, (au centre) participant à un forum d'affaires à Damas. (Photo, SANA via AFP)

«Compte tenu des circonstances, toutes les tentatives d'amélioration de la situation économique sont vouées à l'échec. Et même si elles réussissent, il s'agira d'un succès temporaire et non durable», a-t-il conclu.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Israël tourne une page avec le retour de son dernier otage à Gaza

L'armée a indiqué qu'à "l'issue de la procédure d'identification", elle avait "informé la famille de l'otage Ran Gvili , (...) que leur proche avait été formellement identifié et rapatrié pour être inhumé". (Reuters)
L'armée a indiqué qu'à "l'issue de la procédure d'identification", elle avait "informé la famille de l'otage Ran Gvili , (...) que leur proche avait été formellement identifié et rapatrié pour être inhumé". (Reuters)
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  • Cet épilogue devrait permettre l'avancée du plan de Donald Trump pour mettre fin à la guerre dans le territoire palestinien, et notamment la réouverture du poste-frontière de Rafah avec l'Egypte, seule porte de sortie de la bande de Gaza
  • "Nous sommes au seuil de la prochaine phase" du plan américain, a affirmé le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Mais "la prochaine phase, ce n'est pas la reconstruction", elle consiste "à désarmer le Hamas et à démilitariser" Gaza

JERUSALEM: "Nous pouvons enfin dire: il n'y a plus d'otages à Gaza": Israël a rapatrié lundi le corps de Ran Gvili, le dernier d'entre eux, marquant la fin du long combat des familles dans une société traumatisée par l'attaque du 7-Octobre.

Cet épilogue devrait permettre l'avancée du plan de Donald Trump pour mettre fin à la guerre dans le territoire palestinien, et notamment la réouverture du poste-frontière de Rafah avec l'Egypte, seule porte de sortie de la bande de Gaza sans passer par Israël.

"Nous sommes au seuil de la prochaine phase" du plan américain, a affirmé le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Mais "la prochaine phase, ce n'est pas la reconstruction", elle consiste "à désarmer le Hamas et à démilitariser" Gaza, a-t-il ajouté.

L'armée avait auparavant indiqué qu'à "l'issue de la procédure d'identification", elle avait "informé la famille de l'otage Ran Gvili , (...) que leur proche avait été formellement identifié et rapatrié pour être inhumé".

M. Netanyahu a salué "une réussite extraordinaire pour l'Etat d'Israël". "Nous les avons tous ramenés, jusqu'au tout dernier captif", a-t-il dit au Parlement.

Le gouvernement "a accompli sa mission morale", s'est-il prévalu, l'armée se félicitant d'avoir tenu sa promesse de "ne jamais abandonner personne".

"C'est une période qui touche à sa fin", réagit à Tel-Aviv Orna Cheled, une habitante de 70 ans, qui se dit "très émue".

"Mais je ne sens pas que la situation est résolue, que c'est vraiment la fin (...) au final, nous voulons juste vivre en paix", ajoute-t-elle.

"Ça ressemble à une forme de clôture. C'est très émouvant", témoigne aussi Rebecca Geller, 46 ans, une ancienne employée du Forum des familles, la principale association israélienne de proches de captifs.

"TRAVAIL EXTRAORDINAIRE! (...) Félicitations à ma formidable équipe de champions!!!", a écrit pour sa part Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Dans le même temps, neuf prisonniers palestiniens ont été libérés par Israël et hospitalisés à Gaza, selon l'hôpital des Martyrs d'Al-Aqsa, à Deir el-Balah (centre).

Fin du "combat" 

Lors de l'attaque du Hamas du 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre dans la bande de Gaza, 251 personnes, dont 44 mortes, avaient été enlevées pour servir d'otages.

Sur les 207 otages pris vivants, 41 sont morts ou ont été tués en captivité.

Ran Gvili, un policier, était tombé au combat à 24 ans en défendant le kibboutz Aloumim.

Seule sa dépouille n'avait jusque-là pas été rendue à Israël dans le cadre de l'accord de cessez-le-feu entré en vigueur à Gaza sous pression américaine le 10 octobre.

"Avec le retour de (Ran) Gvili, un héros qui a donné sa vie pour défendre sa communauté, nous pouvons enfin dire: il n'y a plus d'otages à Gaza", a écrit le Forum des familles.

"Ce qui avait commencé dans un choc inimaginable est devenu l'un des combats civiques, moraux et humains les plus obstinés de l'Histoire", a-t-il ajouté, un combat désormais "terminé".

Les chaînes de télévision ont diffusé en boucle des images du cercueil de Ran Gvili, recouvert d'un drapeau israélien et entouré de soldats.

"Tu devrais voir les honneurs qu'on te rend ici. Toute la police est avec toi, toute l'armée (...) tout le peuple (...) Je suis fier de toi, mon fils", a lancé son père lors d'un hommage.

Dimanche, les forces israéliennes avaient lancé des fouilles dans un cimetière du nord de Gaza.

Le Hamas avait auparavant indiqué avoir donné aux médiateurs dans le conflit "tous les détails et informations" qu'il détenait sur l'emplacement du corps. Il a affirmé que sa découverte confirmait son "engagement" pour le cessez-le feu.

"Voyager est un rêve" 

Le retour de ce dernier otage ouvre la voie à la réouverture de Rafah, passage crucial pour l'acheminement de l'aide humanitaire.

Elle est réclamée de longue date par les Nations Unies et la communauté humanitaire, mais Israël a déjà précisé qu'elle serait "limitée" aux piétons et soumise à "un mécanisme complet d'inspection israélien".

Sur le terrain, alors que les deux parties s'accusent mutuellement de violer quotidiennement la trêve, la situation humanitaire reste dramatique pour les quelque 2,2 millions d'habitants palestiniens.

"Le monde ne se soucie pas de nous. Pour nous, voyager est un rêve de retour à la vie", témoigne Maha Youssef, 37 ans, déplacée à Gaza-ville par la guerre.

"Même si cela est financièrement difficile et probablement instable, mes enfants pourraient voir à quoi ressemble une vie normale et la vivre et au moins, ils pourraient aller à l'école", ajoute-t-elle.

La deuxième étape du plan Trump, endossé par le Conseil de sécurité de l'ONU en novembre, prévoit, outre le désarmement du Hamas, le retrait progressif de l'armée israélienne, qui contrôle encore plus de la moitié du territoire, et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.

Le secrétaire général de l'ONU a salué lundi le retour du corps de Ran Gvili, appelant à une "mise en oeuvre intégrale" de l'accord de cessez-le-feu après plus de deux ans de guerre.

 


Trois touristes français tués dans le naufrage d'un bateau au large d'Oman

Des habitants et des touristes font du bateau à moteur à Wadi Darbat (vallée de Darbat), près de Salalah, dans la province méridionale d'Oman, à Dhofar, le 21 juillet 2022. (AFP)
Des habitants et des touristes font du bateau à moteur à Wadi Darbat (vallée de Darbat), près de Salalah, dans la province méridionale d'Oman, à Dhofar, le 21 juillet 2022. (AFP)
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  • Trois touristes français ont été tués et deux autres blessés dans le naufrage d’un bateau transportant 25 personnes au large de Mascate, Oman
  • Une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances de l’accident, alors qu’Oman voit croître son tourisme, qui a atteint près de 4 millions de visiteurs en 2024

MASCATE: Trois touristes français ont été tués et deux autres blessés dans le naufrage d'un bateau au large d'Oman, a annoncé mardi la police du pays du Golfe.

Un bateau transportant 25 touristes français, parmi lesquels le guide touristique et le capitaine, "a chaviré à 2,5 milles nautiques du port Sultan Qaboos" à Mascate, la capitale du sultanat, a indiqué la police omanaise dans un communiqué publié sur X.

"L'incident a entraîné la mort de trois touristes et des blessures légères pour deux autres", a-t-elle poursuivi en ajoutant qu'une enquête était en cours pour déterminer les circonstances de l'accident.

Longtemps en marge des grands circuits touristiques, Oman attire désormais un public croissant en quête de nature préservée et d'authenticité.

Le pays a accueilli près de 4 millions de touristes en 2024 et le gouvernement vise à tripler ce chiffre d'ici 2040 en misant sur un tourisme durable.


Soudan: l'armée affirme avoir rompu le siège d'une ville du Kordofan

L'armée soudanaise tente d'endiguer l'avancée fulgurante des forces paramilitaires RSF dans toute la région du Kordofan. (AFP/Archives)
L'armée soudanaise tente d'endiguer l'avancée fulgurante des forces paramilitaires RSF dans toute la région du Kordofan. (AFP/Archives)
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  • L’armée soudanaise annonce avoir brisé le siège de Dilling (Kordofan-Sud) imposé depuis plus d’un an et demi par les Forces de soutien rapide (FSR), sécurisant les approches nord et sud de la ville
  • La région reste instable et stratégique, avec des opérations paramilitaires soutenues par le SPLM-N, et des déplacements massifs de civils soulignant le risque de famine et d’exactions similaires à celles du Darfour

KHARTOUM: L'armée soudanaise a annoncé lundi avoir brisé le siège de la ville de Dilling dans le sud du Soudan, au Kordofan, imposé depuis plus d'un an et demi par les forces paramilitaires.

Les forces gouvernementales ont "réussi à ouvrir la route de Dilling après avoir mené une opération militaire couronnée de succès", a affirmé l'armée dans un communiqué, assurant avoir infligé "de lourdes pertes" aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR).

Dans son communiqué, l'armée explique que son avancée a permis de sécuriser les approches nord et sud de Dilling, ville de l'Etat du Kordofan-Sud sous son contrôle.

L'AFP n'a pas pu vérifier de manière indépendante ces affirmations. De leur coté, les FSR n'ont pas encore fait de commentaires.

Depuis la prise d'El-Facher, qui était le dernier bastion de l'armée dans la vaste région voisine du Darfour (ouest du pays), les paramilitaires ont recentré leurs opérations sur la région du Kordofan, zone stratégique qui fait la jonction entre les zones tenues par l'armée dans le nord, l'est et le centre, et le Darfour.

Les FSR y ont pris la ville de Heglig, où se trouve le plus grand champ pétrolifère du Soudan, et intensifié leur siège de Kadougli qui dure depuis plus d'un an et demi.

Une mission d'évaluation avec l'ONU a déjà confirmé la famine à Kadougli l'année dernière. La situation à Dilling pourrait bientôt être similaire, mais l'insécurité et le manque d'accès ont empêché toute remontée d'information.

L'offensive des paramilitaires au Kordofan, région fertile, riche en pétrole et en or, est appuyée par une faction du Mouvement populaire de libération du Soudan-Nord (SPLM-N), dirigée par Abdelaziz al-Hilu, qui contrôle de larges portions du Kordofan-Sud et certaines zones de l'Etat voisin du Nil Bleu.

Depuis avril 2023, le Soudan est plongé dans un conflit brutal entre l'armée et les FSR, qui a fait des dizaines de milliers de morts et quelque 11 millions de déplacés.

Les atrocités se sont multipliées après la prise d'El-Facher au Darfour par les FSR, des informations faisant état de massacres, de violences sexuelles, d'enlèvements et de pillages généralisés.

L'ONU a averti que des exactions similaires pourraient se propager au Kordofan. Selon les derniers chiffres de l'ONU, plus de 65.000 personnes ont fui cette région depuis octobre.