Pourquoi les Syriens de la ville de Suweida risquent-ils tout pour protester?

Une manifestation dans la ville de Sweida, dans le sud de la Syrie, le 1er septembre 2023 (Photo, Suwayda24 via AFP).
Une manifestation dans la ville de Sweida, dans le sud de la Syrie, le 1er septembre 2023 (Photo, Suwayda24 via AFP).
Des personnes brandissent des drapeaux druzes lors d'un rassemblement de protestation dans la ville méridionale de Sweida, en Syrie, le 15 septembre 2023 (Photo, Suwayda24 via AP).
Des personnes brandissent des drapeaux druzes lors d'un rassemblement de protestation dans la ville méridionale de Sweida, en Syrie, le 15 septembre 2023 (Photo, Suwayda24 via AP).
Des milliers de Syriens manifestent et brandissent des drapeaux druzes dans la ville de Suweida, dans le sud du pays, le 15 septembre 2023. (Photo, AP).
Des milliers de Syriens manifestent et brandissent des drapeaux druzes dans la ville de Suweida, dans le sud du pays, le 15 septembre 2023. (Photo, AP).
Une manifestation dans la ville de Sweida, dans le sud de la Syrie, le 1er septembre 2023 (Photo, AFP).
Une manifestation dans la ville de Sweida, dans le sud de la Syrie, le 1er septembre 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 17 septembre 2023

Pourquoi les Syriens de la ville de Suweida risquent-ils tout pour protester?

  • Face à l'explosion du déficit budgétaire, le gouvernement a pris des mesures d'austérité douloureuses et impopulaires
  • La plupart des Syriens vivant dans les zones contrôlées par le régime vivaient déjà sous le seuil de pauvreté avant les récentes réductions des subventions aux carburants

LONDRES: Les manifestations dans la ville syrienne de Suweida durent depuis plus d'un mois, les foules se rassemblent généralement sur la place centrale Al-Karama, appelant le gouvernement de Damas à mettre en œuvre des réformes économiques et politiques.

Ce vendredi, entre 3 500 et 4 000 personnes se sont rassemblées dans la ville méridionale. Il s'agit de la manifestation la plus importante depuis près d'un mois de manifestations contre le régime, qui se sont intensifiées alors que les Syriens subissent l'impact économique de la guerre.

Les manifestations à Suweida et dans la ville voisine de Deraa — où le soulèvement de 2011 a commencé — ont débuté après que le régime du président Bachar al-Assad a réduit les subventions aux carburants et augmenté les prix de l'essence de près de 250 % en août.

L’inflation galopante n'est qu'un des nombreux problèmes auxquels les Syriens doivent faire face au quotidien. Mais il ne s'agit pas d'un défi ordinaire, car on estime que 90% des citoyens syriens vivant dans les zones contrôlées par le gouvernement vivent aujourd'hui en dessous du seuil de pauvreté et que la moitié de la population est confrontée à l'insécurité alimentaire.

Outre les conditions économiques désastreuses et le niveau de vie médiocre, les Syriens sont également frustrés par l'absence persistante de droits fondamentaux.

«Il ne fait aucun doute que les récentes décisions économiques ont déclenché les protestations, mais la société est au bord de l'agitation car le problème va au-delà des simples besoins de subsistance», a déclaré à Arab News, Ayham Azzam, responsable du groupe Juzour, une organisation de la société civile basée à Suweida.

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Une manifestation dans la ville de Sweida, dans le sud de la Syrie, le 5 septembre 2023 (Photo, AFP).

Les manifestants ont des revendications plus profondes que les revendications économiques, qui incluent «les droits politiques, sociaux et civils, ainsi que les libertés publiques et la libération des détenus», a-t-il ajouté.

Ce vendredi, l’organe de presse Suwayda24 a publié des vidéos montrant des milliers d'hommes et de femmes scandant des slogans hostiles au régime et brandissant des drapeaux druzes. Bien que les manifestations restent limitées aux villes du sud, les observateurs ont signalé qu'elles reflétaient les sentiments politiques qui prévalent dans tout le pays.

«Bien que les manifestations publiques à grande échelle restent relativement rares, on observe un changement notable dans la volonté de la population syrienne d'exprimer ouvertement et hardiment ses critiques à l'égard de son gouvernement et de ses dirigeants», a indiqué Camille Otrakji, analyste syro-canadien, à Arab News.

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Une photo diffusée par le site d'information Suwayda 24 montre des manifestants dans la ville de Sweida, dans le sud de la Syrie, le 25 août 2023.  (Photo, Suwayda 24/AFP)

En août, la livre syrienne est tombée à un niveau record de 15 500 livres pour un dollar sur le marché noir, selon les médias d'État. Le taux officiel de la banque d'État est de 10 800 livres pour un dollar.

Le gouvernement a doublé les salaires du secteur public, portant le salaire mensuel minimum à 185 940 livres, soit l'équivalent d'environ 22 dollars américains (1 dollar américain = 0,94 euro), mais cela n'a guère atténué les privations subies par les habitants des zones contrôlées par le gouvernement, qui ont dû se serrer la ceinture.

«En supprimant les subventions, le gouvernement poursuit son retrait du soutien aux ménages pauvres et nécessiteux et continue de transférer le fardeau économique sur la société civile, les expatriés et les organisations humanitaires», a déclaré à Arab News, Mohammed al-Asadi, économiste au centre syrien de recherche politique, basé en Allemagne.

En bref

  • Des manifestations ont éclaté dans la ville de Suweida après que le gouvernement a réduit les subventions aux carburants.
  • La situation économique est jugée pire aujourd'hui qu'au plus fort de la guerre civile qui a débuté en 2011.

Selon les chiffres de l'ONU, environ 70% de la population syrienne a besoin d'aide et les organisations caritatives locales ont du mal à répondre à la demande croissante.

Lors d'une récente visite à Damas, Geir Pedersen, l'envoyé spécial des Nations unies pour la Syrie, a averti que la situation dans le pays est «devenue pire qu'elle ne l'était, économiquement, au plus fort du conflit».

S'exprimant dans la capitale syrienne à l'issue d'une réunion avec Faysal Mekdad, le ministre des Affaires étrangères du pays, Pedersen a ajouté: «Nous ne pouvons accepter que les fonds alloués à la Syrie diminuent alors que les besoins humanitaires augmentent.» 

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«Quand les gens ont faim, ils mangent leurs chefs, ils ne mangent pas de pierres», crie une pancarte en arabe lors d'une manifestation contre les conditions de vie désastreuses dans la ville de Sweida, dans le sud de la Syrie, le 23 août 2023 (Photo de Suwayda 24 via AFP /Archives).

«Pour la Syrie, si l'on ne s'attaque pas aux conséquences politiques de cette crise, la crise économique profonde et les souffrances humanitaires se poursuivront sans aucun doute», a-t-il ajouté.

Huda al-Ahmad, 50 ans, seule soutien de famille, a perdu son emploi il y a plusieurs mois. Elle a précisé que sa famille souffre depuis plus d'un an, depuis que l'organisation caritative Al-Mabarrat, basée à Damas, a cessé de fournir des denrées alimentaires de base à son quartier.

«Le café était autrefois une nécessité quotidienne pour tous les ménages de Damas. Aujourd'hui, c'est un luxe», a-t-elle déclaré à Arab News. «Nous n'y réfléchissions jamais à deux fois avant de l'acheter, mais aujourd'hui, nous ne pouvons plus nous permettre d'en acheter une once (28 grammes) par mois. Il en coûterait 5 000 livres syriennes pour préparer trois tasses de café.»

Par ailleurs, le trajet quotidien vers Damas depuis Sitt Zaynab, dans le Rif Dimachq, où vit Al-Ahmad, coûte au moins 4 000 livres syriennes.

«Ma fille et moi sommes malades depuis près d'une semaine, ne pouvant même pas nous payer du paracétamol», a-t-elle révélé. «Nous n'avons pas acheté de fruits, de viande ou de dessert depuis près d'un an, à moins de renoncer au riz et au blé pendant deux mois.»

Les analystes estiment que les politiques susceptibles de stimuler l'activité économique, de réduire l'évasion fiscale, de lutter contre la corruption et de diminuer les dépenses militaires sont irréalisables car elles nécessiteraient une volonté politique, un engagement de la société civile dans le processus de prise de décision et des institutions représentatives.

«Ces conditions sont impossibles à remplir dans le cadre des structures socio-économiques et politiques existantes», a déclaré Al-Asadi.

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Les manifestations dans la province de Sweida, cœur de la minorité druze du pays, ont commencé après que le gouvernement syrien a mis fin aux subventions sur le carburant en août, portant un coup dur aux Syriens qui souffrent de la guerre et d'une crise économique paralysante (Photo, AFP).

Au contraire, a-t-il ajouté, les politiques actuelles vont «creuser le fossé de la pauvreté, car des dizaines de milliers de ménages syriens pauvres devraient tomber bien en dessous du seuil de pauvreté global et tomber dans l'extrême pauvreté. La suppression des subventions est le moyen le plus simple et le plus rapide de réduire le déficit budgétaire».

Malgré la dégradation rapide du niveau de vie, des organisations non gouvernementales et la municipalité de Damas ont récemment collaboré pour redonner vie à l'un des espaces publics de la capitale.

Des photos de la place Sabaa Bahrat rénovée, à proximité de la banque centrale, sont récemment devenues virales sur les médias sociaux, ce qui a incité les critiques à dire qu'il était déplaisant de dépenser de l'argent pour l'embellissement urbain alors que tant de personnes dans le pays subissaient des coupures d'électricité et des pénuries de nourriture et de carburant.

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Sur cette photo prise lors d'une manifestation à Sweida le 21 août 2023, on peut lire sur une pancarte en arabe: «Bachar al-Assad n'a remporté la victoire que sur son peuple, pour le bien d’Israël.» (Photo, SUWAYDA24 via AFP)

«Le rond-point de Sabaa Bahrat ne fournira pas de pain», a déclaré Al-Hussain al-Nayef, président de l'Alliance nationale des médias syriens, dans un message publié sur Facebook. «Qu'avons-nous à gagner de cette réalisation culturelle alors que les citoyens appauvris attendent un véritable changement — un changement qui réponde à leurs préoccupations et à leur bonheur perdu ?»

La rénovation a été entièrement financée par des donateurs privés, selon des rapports datant de janvier, qui citaient Mohammed Eyad al-Chamaa, président du conseil du gouvernorat de Damas, rejetant les affirmations selon lesquelles les travaux de rénovation avaient coûté environ 5 milliards de livres syriennes.

De nombreux commentateurs des médias sociaux locaux ont déclaré que les fonds auraient dû être utilisés pour aider à nourrir les pauvres et pour installer des solutions d'énergie solaire afin d'éclairer les rues de Damas, qui, comme la majeure partie du pays, souffre régulièrement de coupures de courant.

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Cette photo prise le 17 juin 2020 montre une vue du rond-point de la place Sabaa Bahrat devant la Banque centrale de Syrie à Damas (Photo, AFP).

«Le PIB et le budget annuel de la Syrie ont considérablement diminué par rapport à leur niveau d'avant le printemps arabe», a souligné Otrakji, analyste syro-canadien. «Le gouvernement syrien fonctionne actuellement avec des ressources financières très limitées, une situation qui est loin d'être viable à long terme.»

«Dans cette situation financière précaire, la Syrie est prête à chercher de l'aide, soit auprès des États arabes qui le souhaitent, soit en renforçant sa dépendance à l'égard de l'Iran», a-t-il expliqué.

Otrakji a déploré le fait qu'«au-delà de la divergence flagrante des attentes concernant l'insaisissable solution politique en Syrie, le pays est devenu un terrain fertile pour les conflits régionaux et internationaux».

Il a ajouté: «Malheureusement, aucun de ces conflits ne semble sur le point d'être résolu, ce qui fait de la Syrie un champ de bataille où s'affrontent des intérêts divergents.»

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Sur cette photo prise lors d'une manifestation à Sweida le 21 août 2023, on peut lire sur une pancarte en arabe: «Bachar al-Assad n'a remporté la victoire que sur son peuple, pour le bien d’Israël.» (Photo, SUWAYDA24 via AFP)

Azzam, du groupe de la société civile Juzour, est convaincu que le régime syrien est incapable de relancer l'économie moribonde sans progrès sur le front politique.

«Le pays est en ruine — économiquement, socialement, culturellement et intellectuellement», a-t-il prévenu. «Il en résulte un besoin pressant d'un nouvel accord social qui marque une phase importante dans laquelle la Syrie est pour tous les citoyens et fait partie intégrante de la communauté mondiale.»

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Cette photo publiée par l'agence de presse officielle arabe syrienne le 4 mai 2023 montre le président iranien, Ebrahim Raisi, (au centre) participant à un forum d'affaires à Damas. (Photo, SANA via AFP)

«Compte tenu des circonstances, toutes les tentatives d'amélioration de la situation économique sont vouées à l'échec. Et même si elles réussissent, il s'agira d'un succès temporaire et non durable», a-t-il conclu.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


La prix Nobel Narges Mohammadi libérée sous caution et soignée à Téhéran, selon ses soutiens

Narges Mohammadi, prix Nobel de la paix 2023 emprisonnée en Iran depuis décembre, et dont la santé s'était gravement détériorée, a été libérée sous caution et transférée dimanche à Téhéran "pour être soignée par sa propre équipe médicale". (AP)
Narges Mohammadi, prix Nobel de la paix 2023 emprisonnée en Iran depuis décembre, et dont la santé s'était gravement détériorée, a été libérée sous caution et transférée dimanche à Téhéran "pour être soignée par sa propre équipe médicale". (AP)
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  • Elle a été arrêtée le 12 décembre dernier à Mashhad (est) pour avoir à nouveau, lors d'une cérémonie funéraire, critiqué les autorités religieuses iraniennes, et depuis son emprisonnement à Zandjan (nord), son état de santé s'est gravement détérioré
  • Les autorités iraniennes l'ont finalement libérée et elle a été transférée à Téhéran pour recevoir un traitement médical, a annoncé sa fondation dimanche

PARIS: Narges Mohammadi, prix Nobel de la paix 2023 emprisonnée en Iran depuis décembre, et dont la santé s'était gravement détériorée, a été libérée sous caution et transférée dimanche à Téhéran "pour être soignée par sa propre équipe médicale".

Militante des droits humains âgé de 54 ans, Mme Mohammadi se bat depuis plus de vingt ans contre la peine de mort et le port obligatoire du voile pour les femmes, en critiquant régulièrement le régime qui gouverne l'Iran depuis la révolution islamique de 1979.

Elle a été arrêtée le 12 décembre dernier à Mashhad (est) pour avoir à nouveau, lors d'une cérémonie funéraire, critiqué les autorités religieuses iraniennes, et depuis son emprisonnement à Zandjan (nord), son état de santé s'est gravement détérioré.

Les autorités iraniennes l'ont finalement libérée et elle a été transférée à Téhéran pour recevoir un traitement médical, a annoncé sa fondation dimanche.

Mme Mohammadi "a bénéficié d'une suspension de peine contre une caution importante", a-t-elle ajouté dans un communiqué, sans en dévoiler le montant.

La prix Nobel a été transférée en ambulance vers un hôpital de Téhéran "pour être soignée par sa propre équipe médicale", a encore précisé la fondation.

Son avocat iranien, Mostafa Nili, a confirmé sur X qu'elle avait été transférée à Téhéran dimanche matin "à la suite d'une ordonnance suspendant son exécution de peine pour raisons médicales".

"La vie de Narges Mohammadi ne tient qu'à un fil", a déclaré son époux, Taghi Rahmani, qui réside à Paris, dans un communiqué.

"Bien qu'elle soit actuellement hospitalisée suite à une grave défaillance de son état de santé, un transfert temporaire est insuffisant. Narges ne doit en aucun cas être renvoyée dans les conditions qui ont altéré sa santé", a-t-il ajouté.

"Le monde est témoin" 

Sa fondation a déclaré qu'elle avait besoin de soins spécialisés et qu'il fallait "s'assurer qu'elle ne retourne jamais en prison pour purger les 18 années restantes de sa peine".

Narges Mohammadi a subi deux crises cardiaques présumées en prison, le 24 mars puis le 1er mai. Après la dernière, elle a été transportée d'urgence à l'hôpital de Zandjan pour y être soignée.

Son comité de soutien à Paris a alors assuré qu'elle risquait de mourir. Elle a perdu 20 kg en prison, a des difficultés à s'exprimer et est devenue "méconnaissable" par rapport à son état avant sa dernière arrestation, a affirmé mardi son avocate parisienne, Chirinne Ardakani.

L'avocate a évoqué à ce sujet le sort du dissident chinois et prix Nobel de la paix Liu Xiaobo, mort en détention médicale en 2017, et celui de l'opposant russe Alexeï Navalny, mort dans une prison russe en 2024.

Jeudi, les Etats-Unis avaient exhorté l'Iran à la libérer, pour "lui fournir les soins dont elle a besoin. Le monde est témoin", avait écrit sur les réseaux sociaux Riley Barnes, le secrétaire d'Etat adjoint américain chargé des droits humains.

Ces 25 dernières années, Mme Mohammadi a été à plusieurs reprises condamnée et emprisonnée pour son engagement contre la peine de mort et le code vestimentaire strict imposé aux Iraniennes.

Sa dernière arrestation remonte à avant le déclenchement d'un vaste mouvement de contestation contre le pouvoir, auquel celui-ci aurait répondu en faisant des milliers de morts.

En février, elle a été condamnée à six ans de prison de plus pour atteinte à la sécurité nationale et un an et demi pour propagande contre le système islamique de l'Iran. Elle avait alors mené une grève de la faim d'une semaine pour réclamer le droit de téléphoner.

Les deux jumeaux de Mme Mohammadi, Ali et Kiana Rahmani, qui vivent et étudient à Paris, n'ont pas vu leur mère depuis plus de dix ans et ont reçu le prix Nobel en son nom alors qu'elle était en prison.

 


Netanyahu: la guerre n'est «pas finie», il faut «retirer» l'uranium iranien

La guerre en Iran n'est "pas finie" car il faut encore "retirer d'Iran" les stocks d'uranium enrichi, a déclaré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à la chaîne américaine CBS, lors d'une interview diffusée dimanche. (AFP)
La guerre en Iran n'est "pas finie" car il faut encore "retirer d'Iran" les stocks d'uranium enrichi, a déclaré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à la chaîne américaine CBS, lors d'une interview diffusée dimanche. (AFP)
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  • M. Netanyahu a évalué à 3,8 milliards de dollars (3,2 milliards d'euros) l'aide que son pays reçoit chaque année de Washington et dit vouloir réduire ce montant "à zéro", au moment où des voix s'élèvent aux Etats-Unis pour dénoncer le soutien à Israël
  • "Je crois qu'il est temps que nous apprenions à nous passer de ce soutien militaire", a-t-il estimé. "Commençons dès maintenant et avançons sur 10 ans"

WASHINGTON: La guerre en Iran n'est "pas finie" car il faut encore "retirer d'Iran" les stocks d'uranium enrichi, a déclaré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à la chaîne américaine CBS, lors d'une interview diffusée dimanche.

La guerre "a permis d'accomplir beaucoup de choses, mais elle n'est pas finie, car il reste encore des matières nucléaires – de l'uranium enrichi – qui doivent être retirées d'Iran", a-t-il dit, ajoutant qu'il restait également "des sites d'enrichissement à démanteler".

Interrogé pour savoir comment il comptait "sortir" l'uranium d'Iran, il a déclaré: "On y va et on le sort."

"Ce que le président Trump m'a dit, c'est: +Je veux y aller." Et je pense que c'est physiquement possible. Ce n'est pas là le problème. Si on a un accord, qu'on y va et qu'on le sort, pourquoi pas? C'est la meilleure solution", a-t-il ajouté.

"On finira par le récupérer (...) on le surveille de près", a déclaré le président américain dans une interview séparée diffusée dimanche, enregistrée plus tôt dans la semaine.

"Si quelqu'un s'approche de l'endroit, on le saura, et on le fera sauter", a-t-il ajouté auprès de la journaliste indépendante Sharyl Attkisson.

441 kilos 

Le sort de l'uranium enrichi détenu par l'Iran est l'un des enjeux au coeur des discussions entre Téhéran et Washington en vue d'une paix durable.

Les dernières données publiques disponibles remontent à juste avant la guerre des Douze jours de juin 2025.

Selon les inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), l'Iran disposait alors de 441 kilos d'uranium enrichi à 60%, proche du seuil des 90% permettant de fabriquer la bombe nucléaire, de 180 kilos enrichis à 20% et de plus de 6 tonnes à 5%.

Le stock de 60% était réparti sur trois sites: Fordo, Natanz et Ispahan.

Depuis les frappes israélo-américaines de juin 2025 puis celles de cette année, le sort de ce stock reste incertain en l'absence d'inspections de l'AIEA: est-il enfoui comme l'affirme Téhéran? Une partie a-t-elle été déplacée, détruite?

"Si c'est l'Agence internationale de l'énergie atomique qui se charge (de récupérer l'uranium, NDLR), ça nous va aussi", a dit le ministre américain de l'Energie Chris Wright dans une autre interview à CBS dimanche.

"Comme un échafaudage"

Benjamin Netanyahu a dit espérer la fin du pouvoir iranien, qui signifierait la chute, "comme un échafaudage", des supplétifs de l'Iran au Yémen (Houthis), à Gaza (Hamas) et au Liban (Hezbollah).

"Est-ce possible? Oui. Est-ce certain? Non", a-t-il répondu.

"L'Iran continue à soutenir ces supplétifs, qui cherchent à produire des missiles balistiques. Nous les avons beaucoup réduits mais ils sont toujours là et il reste du travail à faire", a observé le chef du gouvernement israélien.

Alors que le président Trump se rend cette semaine en Chine, il a dit savoir que Pékin soutenait l'arsenal militaire de Téhéran.

"La Chine donne un certain soutien, en particulier des composants de fabrication de missiles", a-t-il déclaré, refusant d'en dire plus.

M. Netanyahu a évalué à 3,8 milliards de dollars (3,2 milliards d'euros) l'aide que son pays reçoit chaque année de Washington et dit vouloir réduire ce montant "à zéro", au moment où des voix s'élèvent aux Etats-Unis pour dénoncer le soutien à Israël.

"Je crois qu'il est temps que nous apprenions à nous passer de ce soutien militaire", a-t-il estimé. "Commençons dès maintenant et avançons sur 10 ans".

 


L'Arabie Saoudite remporte un siège au Comité exécutif de la Fédération internationale des journalistes

L’Arabie Saoudite entre pour la première fois au Comité exécutif de la FIJ, renforçant sa présence dans les instances médiatiques internationales. (SPA)
L’Arabie Saoudite entre pour la première fois au Comité exécutif de la FIJ, renforçant sa présence dans les instances médiatiques internationales. (SPA)
L’Arabie Saoudite entre pour la première fois au Comité exécutif de la FIJ, renforçant sa présence dans les instances médiatiques internationales. (SPA)
L’Arabie Saoudite entre pour la première fois au Comité exécutif de la FIJ, renforçant sa présence dans les instances médiatiques internationales. (SPA)
L’Arabie Saoudite entre pour la première fois au Comité exécutif de la FIJ, renforçant sa présence dans les instances médiatiques internationales. (SPA)
L’Arabie Saoudite entre pour la première fois au Comité exécutif de la FIJ, renforçant sa présence dans les instances médiatiques internationales. (SPA)
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  • L’Arabie Saoudite a obtenu pour la première fois un siège au Comité exécutif de la Fédération internationale des journalistes (FIJ), via l’élection d’Adhwan Al-Ahmari, président de l’Association des journalistes saoudiens
  • Cette élection, dans un contexte très compétitif (148 pays en lice pour seulement 16 sièges), reflète une reconnaissance internationale accrue de la position du Royaume dans le secteur des médias

PARIS: L'Arabie Saoudite a réalisé un nouvel exploit en remportant un siège au Comité exécutif de la Fédération internationale des journalistes (FIJ). Cette étape est une première du genre dans l'histoire de la présence du Royaume au sein de cette entité médiatique internationale, grâce à l'élection du président de l'Association des journalistes saoudiens, Adhwan Al-Ahmari, en tant que représentant du Royaume au sein du Comité.

Cette victoire intervient dans un contexte de forte compétition internationale au sein de la fédération, à laquelle ont participé plus de 148 pays pour les sièges proposés. Seuls 16 pays ont réussi à remporter l'adhésion au Comité exécutif, ce qui reflète l'ampleur de la confiance internationale dont jouit l'Arabie Saoudite et sa position croissante dans le secteur des médias et de la presse.

Cette réalisation renforce la présence saoudienne dans les institutions médiatiques internationales et ouvre la voie à une plus grande participation à la prise de décision concernant la profession de journaliste à l'échelle mondiale, tout en transmettant l'expérience médiatique saoudienne sur les plateformes internationales.