L'Arabie saoudite se prépare à devenir le prochain temple de la mode

Dans le cadre de la Commission de la mode, l'un des onze organismes de ce type créés en 2020 par le ministère de la Culture, une pléthore d'initiatives visant à développer le secteur, tant au niveau public que privé, sont mis en œuvre. (Photo du Conseil saoudien du style)
Dans le cadre de la Commission de la mode, l'un des onze organismes de ce type créés en 2020 par le ministère de la Culture, une pléthore d'initiatives visant à développer le secteur, tant au niveau public que privé, sont mis en œuvre. (Photo du Conseil saoudien du style)
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Publié le Mardi 19 septembre 2023

L'Arabie saoudite se prépare à devenir le prochain temple de la mode

  • Le marché de la mode en Arabie saoudite est en plein essor, grâce à des acteurs publics et privés
  • « Le commerce de détail de la mode a toujours été un secteur attrayant, en particulier pour les femmes saoudiennes », a déclaré à Arab News Marriam Mossalli

RIYAD : Jusqu'à récemment, la capitale saoudienne de Riyad n'était guère considérée comme un haut lieu du circuit mondial de la mode. New York, Milan et Paris sont les piliers des semaines de la mode, les villes où se réunissent depuis longtemps les créateurs, établis ou en herbe, les acheteurs et les journalistes.

Mais les temps changent et les pays du Golfe deviennent rapidement de nouvelles plaques tournantes pour la filière, en particulier l'Arabie saoudite, où la demande en produits de mode au détail devrait augmenter de 48 % pour atteindre 32 milliards de dollars en 2025 (1 dollar américain = 0,94 euro) avec une croissance de 19 % dans le domaine du luxe.

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Les temps changent et les pays du Golfe deviennent rapidement de nouveaux centres pour le secteur, en particulier l'Arabie saoudite, où la demande en produits de mode devrait augmenter de 48 % pour atteindre 32 milliards de dollars en 2025, avec une croissance de 19 % dans le domaine du luxe.

 

La toute première semaine de la mode de Riyad, qui se déroule du 20 au 23 octobre, permettra aux créateurs saoudiens de défiler sous les feux de la rampe dans la capitale de leur pays. Il s'agit de l'une des nombreuses initiatives récentes de la Commission de la mode, après le lancement de l'exposition « Saudi 100 Brands » lors de la Semaine de la mode de Paris en juin.

« Le commerce de détail de la mode a toujours été un secteur attrayant, en particulier pour les femmes saoudiennes », a déclaré à Arab News Marriam Mossalli, rédactrice saoudienne spécialisée dans le style de vie, journaliste et fondatrice de l'agence de communication Niche Arabia. « De l'approvisionnement en tissus à la collaboration avec des tailleurs locaux, en passant par la vente au sein de leur communauté immédiate, la profession s'est parfaitement intégrée à notre écosystème local. »

Elle ajoute : « Aujourd'hui, cependant, l'attrait est mondial. Avec les médias sociaux et le commerce électronique, le potentiel de nombreux créateurs s'est accru de manière exponentielle, car il ne se limite pas à leur marché local. »

L'attention portée à l'industrie montre que le gouvernement croit au potentiel de croissance économique du secteur.

Cette évolution n'est pas le fruit du hasard. La mode a été identifiée comme une piste essentielle de diversification économique pour l'Arabie saoudite et constitue l'un des secteurs hors hydrocarbures en plein essor.

Sous l'égide de la Commission de la mode, l'un des onze organismes de ce type créés en 2020 par le ministère de la Culture, une pléthore d'initiatives visant à développer le secteur, tant au niveau public que privé, sont mises en œuvre.

Le rapport de mars 2023 de la commission, intitulé « The State of Fashion in the Kingdom of Saudi Arabia 2023 » (L'état de la mode au Royaume d'Arabie saoudite en 2023), fournit une analyse de la chaîne de valeur de la mode dans le Royaume.

Il révèle le plan de l'Arabie saoudite visant à réduire la dépendance aux importations étrangères et à mettre le pays sur la table en faisant appel aux talents locaux. Il souligne également le potentiel de croissance du secteur.

Burak Cakmak, directeur général de la Commission saoudienne de la mode, a déclaré dans le rapport : « Nous construisons les fondations de l'avenir de la mode en ce moment même, ici en Arabie saoudite ». 

La demande de produits de mode au détail devant augmenter de 48 % pour atteindre 32 milliards de dollars d'ici à 2025, l'industrie saoudienne de la mode est bien partie pour connaître une expansion significative.

En 2021, l'industrie de la mode saoudienne a dépensé 7,3 milliards de dollars en produits importés, ce qui prouve l'impact économique potentiel des capacités nationales.

Le rapport met en évidence le développement rapide du secteur, son alignement stratégique sur la Vision 2030 du pays et la manière dont les jeunes Saoudiens placent le pays sur la scène mondiale de la mode grâce à de nouvelles créations et au lancement de nouveaux produits.

Le rapport indique que l'écosystème de la mode contribue, selon les estimations, à 1,8 % de la main-d'œuvre saoudienne totale, employant 230 000 personnes. Le secteur compte 52 % de femmes dans la main-d'œuvre saoudienne du secteur de la mode et 66 % de saoudiens dans les principaux emplois de la mode. Cette main-d'œuvre se compose de 90 000 emplois dans le secteur de la mode et de 140 000 emplois connexes.

En outre, les ventes au détail dans le Royaume devraient atteindre 32 milliards de dollars en 2025, soit une croissance de 30 % par rapport aux 24 milliards de dollars de 2021. La mode de luxe est un moteur important de la croissance, le marché augmentant de 19 % en 2021 en raison du rapatriement des dépenses dû aux restrictions de voyage, de l'autonomisation accrue des femmes et de l'essor continu du commerce électronique.

Le marché de la mode dans le Royaume se développe également grâce à des acteurs extérieurs qui sont prêts à faire des affaires en Arabie saoudite.

Il s'agit notamment du groupe Chalhoub, basé à Dubaï, grande puissance du luxe et de la mode, qui fait de plus en plus d'affaires dans le Royaume.

Jasmina Banda, responsable de la stratégie du groupe Chalhoub, explique que l'entreprise est présente dans le Royaume depuis plus de 30 ans et qu'elle exploite actuellement plus de 250 magasins répartis sur l'ensemble du territoire.

Elle compte également plus de 4 000 personnes, six entrepôts et construit actuellement un centre de traitement des commandes à la pointe de la technologie à Riyad. Elle dispose de bureaux spécialisés dans tout le Royaume, y compris des académies de vente au détail.  « Pour Chalhoub, le Royaume reste notre deuxième marché le plus important », a précisé Banda à Arab News. « Dans le domaine du luxe, l'Arabie saoudite est globalement le deuxième marché, même si cela varie selon les catégories. »

« Par exemple, dans le domaine de la beauté de luxe, l'Arabie saoudite est un solide numéro deux, en concurrence avec les Émirats arabes unis, tandis que dans le domaine de la mode haut de gamme, elle arrive en quatrième position, après les Émirats arabes unis, le Koweït et le Qatar, étant donné qu'il s'agit d'une catégorie largement achetée à l'étranger.

Elle ajoute : « Au cours des dernières années, le marché saoudien de la mode a connu une forte croissance, en particulier pendant les années Covid-19, lorsque les frontières étaient fermées.

« Depuis la réouverture, nous continuons à observer une délocalisation accrue des dépenses de luxe à l'étranger et nous nous attendons à des transformations majeures dans nos catégories de vente au détail dans les années à venir, avec l'inauguration de nouveaux centres commerciaux - il y a actuellement plus de cinq destinations de luxe à des stades de construction différents dans le Royaume. »

Les femmes saoudiennes sont depuis longtemps connues pour être de grandes acheteuses de mode de luxe, a indiqué Mme Banda, ajoutant que les habitants du Royaume sont réputés pour suivre les tendances sur les médias sociaux et avoir beaucoup voyagé.

« Les changements sociodémographiques en Arabie saoudite, qui découlent de l'autonomisation des femmes et de l'augmentation de la participation au marché du travail, ainsi que les changements d'habitudes liés aux loisirs (cinémas, restaurants, concerts, etc.) sont en train de faire évoluer la situation », a-t-elle dit.

Mme Banda a également expliqué qu'en matière de marketing pour les consommateurs saoudiens, les achats et le merchandising sont adaptés aux préférences des consommateurs en termes de silhouette, de palette de couleurs et de taille.

« Les saisons particulièrement importantes, comme le Ramadan, font l'objet de collections capsules dédiées et de campagnes de marketing et d'activations spécifiques. Il est important d'apporter aux clients des marques globales, sur mesure », a-t-elle ajouté.

Toutes les grandes marques de mode de luxe de Chalhoub sont déjà présentes en Arabie saoudite.

Banda note que dans le secteur du luxe, l'Arabie saoudite représente 9 % du marché mondial, en raison de la délocalisation des dépenses. Les Saoudiens sont souvent la première nationalité à faire du shopping à Dubaï, et de plus en plus au Qatar. Dans le secteur de la beauté de luxe, l'Arabie saoudite représente toutefois un tiers du marché du Conseil de coopération du Golfe.

« En revanche, pour certaines des plus grandes marques de montres et de bijoux, l'Arabie saoudite est le premier marché de la région en termes de taille. La stabilité du marché varie vraiment en fonction de la catégorie », a-t-elle déclaré, avant d'ajouter : « Toutefois, les consommateurs saoudiens sont également des clients fréquents des grandes marques de luxe en Europe, auparavant au Royaume-Uni et en France, et maintenant principalement en France - depuis que le Royaume-Uni a cessé d'être exonéré de taxes. »

Les dépenses saoudiennes en matière de mode connaîtront probablement une croissance « exponentielle », souligne-t-elle, « une fois que le pays aura pleinement concrétisé ses ambitions touristiques ».

Le rapport de la commission de la mode indique que les principales opportunités de croissance économique se trouvent désormais dans le secteur naissant national de la mode.

Rajaa Moumena, qui siège au conseil d'administration de l'association de la mode qui travaille directement avec la commission, estime que l'industrie locale n'en est qu'à ses balbutiements.

Elle a déclaré : « Elle en est actuellement à la phase de sensibilisation et de mise en place de la législation appropriée pour créer un environnement propice à la création d'entreprises. »

« Cela implique d'aborder plusieurs aspects tels que les licences, les permis et les réglementations qui régissent l'industrie. »

L'un des principaux objectifs de Vision 2030, souligne Moumena, est de promouvoir la production locale et de réduire la dépendance à l'égard des importations. Cela inclut la production de tous les types de vêtements, du prêt-à-porter à la haute couture. En encourageant la production locale, l'Arabie saoudite vise à créer des opportunités d'emploi, à stimuler la croissance économique et à conserver les revenus dans le pays.

Elle a insisté sur le fait que l'éducation est essentielle à la croissance du secteur national.

« À mesure que la filière évolue et adopte de nouveaux concepts, il est essentiel que les enseignements en suivent le rythme. Cela signifie qu'il faut mettre à jour les programmes, proposer des cours spécialisés et fournir aux étudiants les compétences pratiques nécessaires à ce domaine. Cela permettra d'ouvrir les portes à de nombreux emplois pour lesquels cette branche d'activité a besoin de personnes qualifiées », a souligné Mme Moumena.

En encourageant la jeunesse saoudienne à faire preuve de créativité et de sens des affaires, Riyad pourrait bientôt figurer en permanence sur le calendrier mondial de la mode.

 

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


Le savoir-faire français à l’international : Gulfood 2026, tremplin pour l’export

L’édition 2026 de Gulfood a facilité le dialogue direct entre acteurs français et partenaires du Moyen-Orient, accélérant le développement de franchises et d’exportations. (Photo: Arab News en français)
L’édition 2026 de Gulfood a facilité le dialogue direct entre acteurs français et partenaires du Moyen-Orient, accélérant le développement de franchises et d’exportations. (Photo: Arab News en français)
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  • Gulfood 2026 confirme la puissance du savoir-faire français à l’international, avec 110 entreprises françaises mobilisées à Dubaï
  • De la restauration rapide premium à l’artisanat sucré, en passant par la fusion culinaire franco-émiratie, la France séduit le Moyen-Orient par la qualité, l’innovation et l’adaptabilité

DUBAÏ: Du 26 au 30 janvier 2026, Dubaï a une nouvelle fois confirmé son statut de carrefour mondial de l’alimentation à l’occasion de GULFOOD 2026, salon international du sourcing et de l’innovation Food & Beverage. Réparti entre Dubai Expo City et le Dubai World Trade Center, l’événement a rassemblé des milliers de professionnels venus échanger et développer des opportunités commerciales au sein de l’industrie.

Cette édition a marqué une présence française forte, avec 110 entreprises tricolores mobilisées sous l’impulsion de Business France, organisateur du pavillon national. Une ambition claire : réunir les acteurs français, émiratis et régionaux, faciliter l’accès aux marchés du Moyen-Orient et nourrir un dialogue durable dans une région à la scène gastronomique en pleine effervescence.

La restauration française à la conquête du Moyen-Orient

Parmi les acteurs présents, le groupe Delineo illustre la dynamique d’expansion de la restauration rapide premium française. « Il existe une vraie appétence au Moyen-Orient pour une restauration rapide, mais de qualité, portée par l’art de vivre à la française », explique Nicolas Richard, responsable du développement international du groupe.

Avec ses trois enseignes – La Croissanterie, Maison Pradier et Roberta Caffè – Delineo exploite près de 300 points de vente, dont une soixantaine à l’international. Déjà implanté en Afrique, en Europe de l’Est et en Arabie saoudite, le groupe voit en Gulfood un accélérateur stratégique pour identifier un master franchisé capable de déployer ses concepts dans l’ensemble de la zone Moyen-Orient. Standardisation des produits emblématiques, adaptation des recettes aux goûts locaux et accompagnement à 360° des partenaires sont au cœur du modèle.

L’artisanat sucré français séduit les marchés du Golfe

La Maison de Florentins, artisan depuis 1965, participait pour la première fois à Gulfood. Reprise il y a cinq ans par Emma Ducarouge et son mari Yann, l’entreprise est spécialisée dans le florentin, décliné aujourd’hui en huit parfums, ainsi qu’en une gamme de florentines à base de macaron.

Déjà présente en Arabie saoudite, la marque vise une clientèle large – grande distribution, boutiques spécialisées, hôtellerie – malgré les contraintes logistiques liées au chocolat. « La qualité artisanale française reste un argument fort, même sur des marchés très concurrentiels », souligne la dirigeante.

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La Maison de Florentins, artisan depuis 1965. (Photo: Arab News en français)

Le goût de la Bretagne à l’export

Autre facette du pavillon français : le patrimoine régional. Régals de Bretagne, entreprise familiale spécialisée dans les spécialités bretonnes, faisait le déplacement pour explorer de nouveaux horizons. « Notre objectif est d’aller sur les marchés du grand export, notamment les Émirats et le Moyen-Orient, que nous connaissons encore peu », confie Marie-Aude Honoré, directrice des ventes.

Kouign-amann, gâteaux bretons, biscuits feuilletés ou crêpes : tous les produits sont fabriqués en France, avec une grande capacité d’adaptation. Recettes sans alcool, parfums spécifiques comme la datte ou le miel, flexibilité sur les volumes… autant d’atouts pour séduire des marchés exigeants en quête d’authenticité et de premium.

Le miel français, entre gourmandise et bien-être

Même logique pour Les Abeilles de Malescot, jeune entreprise familiale du Lot-et-Garonne spécialisée dans les préparations à base de miel français. « Gulfood était l’occasion idéale de rencontrer des distributeurs locaux et de tester l’appétence du marché », souligne Clara Charle, cofondatrice.

Miels aromatisés à la fleur d’oranger, à la rose, confiseries artisanales, préparations bien-être : la marque mise sur des produits naturels, transformés sur un seul site, sans intermédiaires. L’objectif à terme : intégrer les rayons des supermarchés de la région et co-construire, avec des partenaires locaux, des recettes adaptées aux goûts du Golfe.

Quand la gastronomie devient un terrain de fusion culturelle

Au-delà des produits, Gulfood 2026 a aussi été un espace d’échange culinaire. Huit expériences gastronomiques ont rythmé le pavillon France, réunissant chefs français et émiratis, dont Christophe Prud’homme, Ahmed Darweesh et Inès Chatti.

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Le chef Christophe Prud’homme lors d’une session culinaire au pavillon France à Gulfood 2026. (Photo: Arab News en français)

Chef émirati influent, Ahmed Darweesh incarne cette nouvelle génération qui revisite la cuisine traditionnelle à travers les médias. « L’idée de mêler cuisine émiratie et techniques françaises m’a tout de suite séduit. C’est nouveau, et le public adore voir ces échanges culturels en direct », explique-t-il.

Cette fusion s’est incarnée dans une collaboration avec la cheffe pâtissière française Inès Chatti, fondatrice de Ines Chatti Pâtisserie, basée à Dubaï. Ensemble, ils ont imaginé des propositions gourmandes mêlant pâte à choux, cardamome, pistache, fleur d’oranger, safran et rose. « Ma pâtisserie est très florale, très gastronomique. J’aime tisser des ponts entre cultures, savoir-faire et univers, comme je le fais déjà avec des maisons de luxe », confie-t-elle.

À travers la diversité de ses entreprises, de ses chefs et de ses territoires, la France a affirmé à Gulfood 2026 une vision claire : innovation, qualité, adaptabilité et dialogue interculturel. Dans une région où la gastronomie est un marché stratégique, l’édition 2026 confirme que l’avenir de l’alimentation se construit collectivement — et résolument à l’international.


Alimentation durable: les principaux distributeurs français «à la traîne» 

Concernant la "transition protéinique", Carrefour, plus qu'avant et que ses concurrents, "met le paquet pour" vendre "plus de légumineuses" ou de "produits céréaliers complets", mais le groupe français "continue à avoir des pratiques (promotions, publicités, etc.) qui incitent à la consommation. (AFP)
Concernant la "transition protéinique", Carrefour, plus qu'avant et que ses concurrents, "met le paquet pour" vendre "plus de légumineuses" ou de "produits céréaliers complets", mais le groupe français "continue à avoir des pratiques (promotions, publicités, etc.) qui incitent à la consommation. (AFP)
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  • Du côté de la France, Carrefour est la seule "à avoir publié une feuille de route pour atteindre ses objectifs à court terme", tandis que "les plans climat de E.Leclerc et d'Intermarché ne sont pas encore concrets", estiment les auteurs de l'étude
  • Les Suisses Denner et Migros se classent respectivement 9e et 10e, devant le britannique Tesco (11e) et le suédois ICA (14e)

PARIS: Les principaux supermarchés français "sont à la traîne" sur le changement climatique et la transition vers une alimentation plus durable et végétale comparé à leurs homologues européens, Néerlandais en tête, selon un classement publié mardi par le centre de réflexion Questionmark.

Deux axes ont été retenus pour évaluer 27 enseignes: les actions engagées pour réduire les émissions de CO2 conformément à l'Accord de Paris sur le climat de 2015, et celles visant à rééquilibrer les ventes de protéines vers davantage d'aliments d'origine végétale plutôt qu'animale.

Aucune des trois françaises étudiées n'intègrent le Top 10: Carrefour se classe 12e et Intermarché 20e, tandis qu'E.Leclerc, premier distributeur de France en parts de marchés, arrive dernier (27e) selon l'étude du centre néerlandais Questionmark, soutenu par le Réseau Action Climat (RAC).

A l'inverse, les Pays-Bas s'illustrent en haut du tableau, avec la branche néerlandaise de Lidl (1e), puis les distributeurs Albert Heijn (3e) et Jumbo (4e), selon l'étude à laquelle ont également participé les associations Madre Brava, ProVeg International et WWF Pays-Bas.

Chez les bons élèves se trouvent aussi les enseignes de Lidl en Pologne (2e), Allemagne (5e) et Espagne (6e), suivies des supermarchés allemands Rewe (7e) et Aldi Süd (8e).

Les Suisses Denner et Migros se classent respectivement 9e et 10e, devant le britannique Tesco (11e) et le suédois ICA (14e).

Du côté de la France, Carrefour est la seule "à avoir publié une feuille de route pour atteindre ses objectifs à court terme", tandis que "les plans climat de E.Leclerc et d'Intermarché ne sont pas encore concrets", estiment les auteurs de l'étude.

"Les émissions totales de gaz à effet de serre de Carrefour France et Intermarché ont augmenté depuis qu'ils les publient", et "les progrès de E.Leclerc sont inconnus", seules les émissions de 2023 ayant été publiées, ajoutent-ils.

Concernant la "transition protéinique", Carrefour, plus qu'avant et que ses concurrents, "met le paquet pour" vendre "plus de légumineuses" ou de "produits céréaliers complets", mais le groupe français "continue à avoir des pratiques (promotions, publicités, etc.) qui incitent à la consommation, voire à la surconsommation de viande", a déclaré à l'AFP Benoît Granier, responsable alimentation du RAC.

Dans ce contexte, le RAC "exhorte le gouvernement" français "à renforcer l'encadrement du secteur de la grande distribution et à publier enfin la Stratégie nationale pour l'alimentation, la nutrition et le climat (SNANC)", attendue depuis plus de deux ans.


Maisonnave: Le secteur culturel de l'Arabie Saoudite est un nouveau moteur économique entre Riyad et Paris

M. Maisonnave a déclaré à Al-Eqtisadiah, lors de la cérémonie d'ouverture de La Fabrique, que la coopération culturelle avec l'Arabie saoudite est un élément important pour l'attractivité de ce pays dans les décennies à venir. AL-EQTISADIAH.
M. Maisonnave a déclaré à Al-Eqtisadiah, lors de la cérémonie d'ouverture de La Fabrique, que la coopération culturelle avec l'Arabie saoudite est un élément important pour l'attractivité de ce pays dans les décennies à venir. AL-EQTISADIAH.
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  • La Fabrique est un espace dédié à la créativité artistique et aux échanges culturels, lancé dans le cadre d'un partenariat entre le Riyadh Art program et l'Institut français de Riyad
  • Du 22 janvier au 14 février, l'initiative fournira un espace de travail ouvert qui permettra aux artistes de développer et de travailler sur leurs idées dans un cadre collaboratif

RIYAD: La culture est devenue un pilier fondamental des relations bilatérales entre la France et l'Arabie saoudite, selon l'ambassadeur de France au Royaume, Patrick Maisonnave.

Maisonnave a souligné son lien avec les secteurs du divertissement et du tourisme, ce qui en fait un nouveau moteur de la coopération économique entre Riyad et Paris.

Il a déclaré à Al-Eqtisadiah, lors de la cérémonie d'ouverture de La Fabrique dans le quartier Jax de Diriyah, que la coopération culturelle avec l'Arabie saoudite est un élément important pour son attractivité dans les décennies à venir.

La Fabrique est un espace dédié à la créativité artistique et aux échanges culturels, lancé dans le cadre d'un partenariat entre le Riyadh Art program et l'Institut français de Riyad.

Du 22 janvier au 14 février, l'initiative fournira un espace de travail ouvert qui permettra aux artistes de développer et de travailler sur leurs idées dans un cadre collaboratif.

Lancement de La Fabrique, un espace dédié à la créativité artistique

L'ambassadeur a souligné que le processus de transformation du Royaume dans le cadre de la Vision 2030 a contribué à l'émergence d'une nouvelle génération de jeunes artistes et créateurs, ainsi qu'à un désir croissant de la société saoudienne de se connecter à la culture et de s'intéresser à ce qui se passe dans le monde.

Il a affirmé que la relation entre les deux pays est "profonde, voire culturelle par excellence", l'intérêt de la partie saoudienne pour la culture française allant de pair avec l'intérêt croissant du public français et des institutions culturelles qui se développent dans le Royaume.

Selon les dernières estimations, l'économie de la culture représente environ 2,3 % du produit intérieur brut de la France, soit plus de 90 milliards d'euros (106,4 milliards de dollars) de recettes annuelles, d'après les données du gouvernement. Le secteur emploie directement plus de 600 000 personnes, ce qui en fait l'un des secteurs les plus créateurs d'emplois dans les domaines de la création, de l'édition, du cinéma et des arts visuels.

L'Arabie saoudite bénéficie de l'expérience française dans le domaine culturel

M. Maisonnave a expliqué que la France possède des institutions culturelles bien établies, tandis que l'Arabie saoudite est en train de construire un secteur culturel solide, ce qui ouvre la voie à des opportunités de coopération.

Cette initiative s'inscrit dans le prolongement de la signature, il y a un an, de dix accords culturels majeurs entre des institutions françaises et saoudiennes, visant à renforcer la coopération et à transférer l'expertise et les connaissances françaises afin de contribuer au développement du système culturel dans le Royaume.

Il a ajouté que des expériences telles que La Fabrique permettent de rencontrer la nouvelle génération de créateurs saoudiens, qui ont exprimé leur intérêt pour la mise en relation avec des institutions et des artistes français à Paris et en France.

La Fabrique offre un espace pour de multiples pratiques artistiques contemporaines, y compris les arts de la performance, les arts numériques et interactifs, la photographie, la musique et le cinéma, tout en permettant au public d'assister aux étapes de la production d'œuvres artistiques et d'interagir avec le processus de création.