Regain de tensions en Europe autour des céréales ukrainiennes

 Le clocher de la Cathédrale Sainte-Sophie (en haut à gauche) derrière les Portes Lach (C) surmontées d'une sculpture de l'Archange Michel, qui est le symbole de la ville, à la Place de l'Indépendance à Kiev le 18 septembre 2023, en pleine invasion russe de l'Ukraine (Photo, Genya SAVILOV/ AFP)
Le clocher de la Cathédrale Sainte-Sophie (en haut à gauche) derrière les Portes Lach (C) surmontées d'une sculpture de l'Archange Michel, qui est le symbole de la ville, à la Place de l'Indépendance à Kiev le 18 septembre 2023, en pleine invasion russe de l'Ukraine (Photo, Genya SAVILOV/ AFP)
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Publié le Mardi 19 septembre 2023

Regain de tensions en Europe autour des céréales ukrainiennes

  • Ces pays ont fait face à un afflux de grains à la suite de la levée des droits de douane de l'UE en mai 2022
  • La Hongrie a aussitôt riposté, annonçant une extension des restrictions à 24 produits au lieu de quatre, suivie de la Pologne

KIEV: L'annonce par Bruxelles de la fin de l'interdiction imposée par cinq États de l'UE sur l'importation de céréales ukrainiennes a enflammé les esprits, provoquant des embargos unilatéraux auxquels Kiev a répliqué lundi en annonçant porter plainte devant l'OMC contre trois pays européens.

Interdictions: où et pourquoi?

Depuis le lancement de l'offensive russe qui entrave l'accès à la mer Noire, les pays voisins de Kiev sont devenus incontournables pour le transit de blé, maïs, colza et tournesol ukrainiens vers l'Afrique et le Moyen-Orient.

Ces pays ont fait face à un afflux de grains à la suite de la levée des droits de douane de l'UE en mai 2022, mais une partie est restée bloquée sur leur sol en raison de leurs tarifs avantageux et de problèmes logistiques.

Devant la saturation des silos et l'effondrement des prix locaux, plusieurs des pays concernés avaient donc au printemps décrété un embargo unilatéral. Bruxelles avait ensuite formellement approuvé les restrictions, à titre temporaire et sous réserve de maintenir le passage des céréales vers d'autres destinations.

Mais l'accord a expiré vendredi et la Commission a décidé de ne pas le renouveler, évoquant "la disparition des distorsions" et l'amélioration des conditions d'acheminement. Kiev a promis en échange des mesures pour mieux contrôler ses flux d'exportation.

La Hongrie a aussitôt riposté, annonçant une extension des restrictions à 24 produits au lieu de quatre, suivie de la Pologne où le gouvernement de droite populiste en fait "une question fondamentale" à un mois d'élections parlementaires.

Idem pour la Slovaquie, qui a décrété un embargo jusqu'à la fin de l'année, tandis que la Roumanie s'est dite prête à faire de même pour une durée d'un mois si elle n'obtenait pas les garanties nécessaires de Kiev.

Leur maître-mot est de "protéger les agriculteurs".

Riposte de Kiev

En représailles, l'Ukraine a annoncé lundi une plainte devant l'Organisation mondiale du commerce (OMC) contre les trois pays ayant prolongé l'embargo : Pologne, Slovaquie et Hongrie.

"C'est pour nous crucial d'établir que des États membres ne peuvent pas interdire à titre individuel l'importation de biens ukrainiens", a expliqué la ministre de l’Économie Ioulia Svyrydenko.

Les exportateurs ukrainiens "continuent de subir d'importantes pertes" liées à ces interdictions, a-t-elle argumenté, espérant trouver un compromis avant une action en justice devant l'OMC, qui prendrait "très longtemps".

L'esprit ne semble pas à la concorde: dès lundi soir, Varsovie a annoncé maintenir l'embargo malgré la saisine de l'OMC.

"Nous maintenons notre position, nous pensons qu'elle est juste", a déclaré le porte-parole du gouvernement polonais. La plainte "ne nous impressionne pas", a-t-il ajouté.

Le monde divisé rappelé à ses promesses d'améliorer le sort de l'humanité

Les pays en développement ont réclamé lundi des réformes du système mondial pour que leurs populations les plus vulnérables, frappées de plein fouet par une avalanche de crises, aient une chance de vivre, un jour, l'avenir meilleur qui leur a été promis.

Dans un contexte de tensions géopolitiques sans précédent depuis des décennies, ce sommet sur le développement, qui ouvre la semaine de haut niveau de l'Assemblée générale des Nations unies à New York, risque d'être rapidement éclipsé par la présence du président ukrainien Volodymyr Zelensky, arrivé lundi après-midi à New York.

Le sort des 17 Objectifs de développement durable (ODD) adoptés par les Etats membres de l'ONU en 2015 pour construire un avenir meilleur et plus durable d'ici 2030 est pourtant capital pour "plus de la moitié du monde" laissée pour compte, y compris les pays qui subissent les conséquences de la guerre en Ukraine.

Ces objectifs "portent les espoirs, les rêves, les droits et les attentes de personnes du monde entier", a insisté le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres. "L'heure est venue de prouver que vous êtes à leur écoute".

A mi-parcours, seulement 15% de ces ODD sont en bonne voie, beaucoup stagnent et d'autres régressent.

Comme l'espoir que plus un seul des huit milliards d'humains ne souffre de la faim. "Dans notre monde d'abondance, la faim est une tache choquante sur l'humanité", a insisté Antonio Guterres.

Le commissaire européen à l'Agriculture Janusz Wojciechowski s'est dit "surpris que Kiev s'engage dans cette voie" étant donné "les efforts considérables fournis par les Etats membres" et le fait que ses volumes d'exportation via l'UE ont nettement augmenté ces derniers mois malgré les restrictions.

"Je reste optimiste qu'on puisse résoudre ces différends via un dialogue à l'amiable, même si cette plainte complique la situation", a-t-il déclaré, estimant qu'"une rupture de l'unité de l'UE" ne profiterait pas à l'Ukraine.

L'exception bulgare 

La Bulgarie fait bande à part sous l'impulsion de son gouvernement pro-européen et au nom de "la solidarité avec l'Ukraine".

Elle se distingue de ses voisins car elle compte de grands producteurs d'huile de tournesol qui se plaignaient d'une grave pénurie de graines et de prix élevés.

Les puissants producteurs de céréales, eux, sont remontés: ils ont bloqué lundi des ponts et carrefours dans tout le pays.

La Roumanie, principale porte de sortie 

Depuis l'abandon en juillet par la Russie de l'accord qui avait permis à l'Ukraine d'exporter directement par la mer Noire des dizaines de millions de tonnes de céréales, les corridors terrestres et fluviaux traversant l'Europe sont montés en puissance.

La Pologne les achemine par la route jusqu'à la mer Baltique. Mais c'est via la Roumanie que sont transportées les plus grosses quantités.

Au cœur du dispositif, le port roumain de Constanta en mer Noire, d'où les produits arrivent en train, par la route ou en bateau après un périple sur le Danube, qui marque la frontière avec l'Ukraine.

Cette route se trouve dans le viseur de Moscou, qui a multiplié ces derniers semaines les bombardements contre les ports fluviaux de Reni et Izmaïl.

Devant les goulets d'étranglement, Kiev et Bucarest ont signé en août un accord pour tenter de désengorger le trafic.

A terme, la Roumanie devrait voir transiter sur son territoire 60% des exportations totales de céréales ukrainiennes.

Si la Russie continue à dominer le marché mondial, les agriculteurs ukrainiens résistent, avec une production évaluée à 20,5 millions de tonnes de blé pour 2023-24, contre 33 millions en 2021-22, avant l'invasion russe, selon le cabinet spécialisé Agritel.


Washington menace l'Iran d'un isolement «jamais vu», loin des promesses d'accord sur Ormuz

Une photo d'archive non datée, diffusée le 11 novembre 2020 par KNPC, une filiale de la Kuwait Petroleum Corporation, montre l'unité de distillation du brut de la raffinerie de Mina Abdullah, située dans le quartier de Fahaheel, à environ 35 kilomètres au sud de Koweït City. (AFP)
Une photo d'archive non datée, diffusée le 11 novembre 2020 par KNPC, une filiale de la Kuwait Petroleum Corporation, montre l'unité de distillation du brut de la raffinerie de Mina Abdullah, située dans le quartier de Fahaheel, à environ 35 kilomètres au sud de Koweït City. (AFP)
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  • Le ton a changé en quelques jours: le 4 août, le même Scott Bessent évoquait un accord possible avec Téhéran "aujourd'hui ou demain" pour rouvrir ce passage stratégique du commerce mondial d'hydrocarbures
  • Ces propos rassurants avaient fait grimper Wall Street et chuter les cours du pétrole

WASHINGTON: Le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent a menacé jeudi l'Iran d'un isolement économique "comme le monde n'en a jamais vu", nouveau signe d'un durcissement de Washington, qui promettait pourtant début août un accord imminent pour rouvrir le détroit d'Ormuz.

"Ce sera une combinaison d'un isolement économique comme le monde n'en a jamais vu et de la poursuite du blocus dans le détroit d'Ormuz, qui empêchera quoi que ce soit d'entrer ou de sortir des ports iraniens", a déclaré M. Bessent sur la chaîne conservatrice Newsmax, en promettant de nouvelles mesures, sans en préciser la nature: "Restez à l'écoute, d'autres annonces arrivent la semaine prochaine."

Le ton a changé en quelques jours: le 4 août, le même Scott Bessent évoquait un accord possible avec Téhéran "aujourd'hui ou demain" pour rouvrir ce passage stratégique du commerce mondial d'hydrocarbures. "Nous avons de très bonnes discussions", avait déclaré le même jour Donald Trump, assurant que l'Iran voulait passer un accord.

Ces propos rassurants avaient fait grimper Wall Street et chuter les cours du pétrole.

Cette nouvelle escalade verbale intervient alors que la guerre, déclenchée fin février par l'offensive américano-israélienne contre l'Iran, approche de son sixième mois: le protocole d'accord conclu en juin pour y mettre durablement fin a volé en éclats début juillet, avant que Donald Trump ne suspende les frappes à la fin du mois, en conditionnant cette pause à la conclusion rapide d'un accord.

Tout accord devait inclure l'ouverture "complète et totale" du détroit d'Ormuz et "la fin de la menace nucléaire iranienne", avait-il affirmé le 1er août.

Le président américain semble depuis privilégier une approche plus attentiste, fondée sur la pression économique.

"Actes de piraterie" 

Sur le terrain, le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant la guerre un cinquième du pétrole mondial, reste le point de friction le plus brûlant.

Les Emirats arabes unis ont dénoncé une attaque iranienne menée jeudi soir contre deux navires affiliés à la compagnie pétrolière publique ADNOC qui franchissaient le détroit. Abou Dhabi a condamné les "actes de piraterie" des Gardiens de la Révolution qui constituent "une menace directe" pour "la sécurité énergétique mondiale".

Les Emirats ont demandé à l'Iran de "rouvrir complètement et sans condition" ce passage.

Téhéran a de son côté fustigé jeudi les "mensonges" de Donald Trump, qui avait assuré la veille, sur son réseau Truth Social, que les Etats-Unis avaient un contrôle "total" du détroit.

Ormuz reste "sous la gestion et le contrôle total de la République islamique", a martelé Ebrahim Zolfaghari, porte-parole du commandement central Khatam al-Anbiya.

Dans les faits, le détroit est verrouillé par l'Iran depuis le début de la guerre, tandis que les Etats-Unis imposent un blocus aux ports iraniens. Téhéran exige des navires une autorisation et veut imposer à terme des frais de service, ce que Washington refuse.

Avant Scott Bessent, le vice-président JD Vance avait affiché jeudi sur Fox News la priorité donnée à l'arme économique: "l'objectif numéro un" des Etats-Unis est de "faire en sorte que le pétrole et l'essence restent bon marché pour les Américains", "l'objectif numéro deux" étant "d'assurer que l'Iran ne se dote jamais de l'arme nucléaire".

M. Bessent a, lui, présenté sa stratégie comme la combinaison de deux leviers, l'asphyxie financière et le blocus physique, citant Cuba et le Venezuela en comparaison: "Le Venezuela s'est immédiatement effondré quand nous avons imposé le blocus", s'est-il félicité.

Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a accusé jeudi les Etats-Unis de "mauvais calculs" liés à des défaillances du renseignement. "Un exemple: la guerre contre l'Iran. Maintenant, un mauvais calcul encore plus important sur le détroit d'Ormuz", a-t-il écrit sur X.


Poutine en visite pour la première fois aux îles Kouriles, disputées avec le Japon

Le président russe Vladimir Poutine s'est rendu pour la première fois jeudi dans les îles Kouriles, en Extrême-Orient, une visite provoquant une vive protestation du Japon qui revendique également cet archipel. (AFP)
Le président russe Vladimir Poutine s'est rendu pour la première fois jeudi dans les îles Kouriles, en Extrême-Orient, une visite provoquant une vive protestation du Japon qui revendique également cet archipel. (AFP)
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  • Au lendemain d'une visite à Ioujno-Sakhalinsk, sur l'île de Sakhaline, mercredi où il a visité un hôpital, le président russe s'est rendu à Itouroup, l'une des îles de l'archipel des Kouriles, selon une vidéo publiée par Moscou
  • Selon les médias russes, il y a notamment visité une usine de transformation de poisson, où on lui a offert du caviar, et une école

MOSCOU: Le président russe Vladimir Poutine s'est rendu pour la première fois jeudi dans les îles Kouriles, en Extrême-Orient, une visite provoquant une vive protestation du Japon qui revendique également cet archipel.

Les relations russo-japonaises sont marquées par des tensions autour de ces îles, considérées par Tokyo comme occupées par l'Union soviétique depuis 1945.

Au lendemain d'une visite à Ioujno-Sakhalinsk, sur l'île de Sakhaline, mercredi où il a visité un hôpital, le président russe s'est rendu à Itouroup, l'une des îles de l'archipel des Kouriles, selon une vidéo publiée par Moscou.

Selon les médias russes, il y a notamment visité une usine de transformation de poisson, où on lui a offert du caviar, et une école.

A Sakhaline, Vladimir Poutine avait présidé une réunion "sur la garantie de la sécurité des frontières orientales de la Russie", selon l'agence de presse RIA Novosti.

Tokyo n'a pas tardé à réagir à ce déplacement par l'intermédiaire du ministre des Affaires étrangères Toshimitsu Motegi.

"Les Territoires du Nord constituent une partie inhérente du territoire du Japon, tant sur le plan historique qu'au regard du droit international, et le gouvernement du Japon proteste vigoureusement contre cette visite", a déclaré M. Motegi dans un communiqué, utilisant l'appellation japonaise de ces îles.

Après l'offensive russe en Ukraine en février 2022, le Japon avait durci le ton et considéré, pour la première fois depuis 2003, que les îles Kouriles, au nord de l'archipel, étaient "occupées illégalement" par la Russie. Depuis 2003, la diplomatie nippone évitait de parler d'occupation.

"Le Japon a identifié la Russie comme l'une des principales sources de menace. Je tiens à souligner que nous ne menaçons pas le Japon (...) Au contraire, c'est lui qui a des revendications territoriales contre notre pays", a déclaré M. Poutine mercredi.

La Russie et la Chine se sont récemment rapprochées, leurs marines et leurs forces aériennes menant des exercices conjoints dans des zones proches du Japon, ce qui conduit les avions japonais à décoller en alerte des centaines de fois par an.

De son côté, la Corée du Nord, qui a qualifié ce mois-ci le renforcement militaire du Japon de "transformation en État de guerre", a également envoyé des troupes et des obus d'artillerie pour soutenir l'effort de guerre russe en Ukraine.

Début août, le Japon a souligné à nouveau les risques croissants représentés par ces trois pays dans son dernier livre blanc de la défense.

Le New York Times a également rapporté en juillet que la Russie avait fait du Japon un "nid d'espions" et une source clé de technologies à double usage nécessaires à son effort de guerre en Ukraine.

L'Union soviétique avait pris possession de l'archipel volcanique stratégique des Kouriles situé au nord de l'île nippone d'Hokkaido dans les derniers jours de la Seconde Guerre mondiale et y maintient depuis lors une présence militaire.

En 2010, le président russe de l'époque, Dmitri Medvedev, était devenu le premier dirigeant russe à se rendre sur ce territoire, suscitant la colère de Tokyo. Il y est également retourné en 2019 en tant que Premier ministre.

L'Union soviétique n'avait déclaré la guerre au Japon que le 8 août 1945, après le largage de la bombe atomique sur Hiroshima et six jours avant la fin du conflit.

Les noms des îles concernées sont similaires dans les deux pays : Kounachir, Habomai, Chikotan et Itouroup en russe ; en japonais, elles sont connues sous les noms de Kunashiri, Habomai, Shikotan et Etorofu.

Leur population, composée d'environ 20.000 citoyens russes, vit dans un climat rigoureux, mais les îles possèdent des gisements minéraux, notamment d'or et d'argent, ainsi que des zones de pêche riches.

Après l'occupation des îles en 1945, Moscou a expulsé leur population japonaise d'environ 17.000 personnes.

Par la suite, les îles ont acquis une importance stratégique, servant de bases aériennes et navales durant la Guerre froide, lorsque l'Union soviétique était confrontée aux Etats-Unis et à leur plus proche allié dans le Pacifique, le Japon.

 


Le renseignement américain sceptique face à la menace iranienne visant Trump en Turquie, selon le Washington Post

La Maison-Blanche avait donné l’impression que le président Donald Trump voyageait à bord d’Air Force One le 8 juillet, selon un précédent article publié par le Washington Post. (Photo d’archives AFP)
La Maison-Blanche avait donné l’impression que le président Donald Trump voyageait à bord d’Air Force One le 8 juillet, selon un précédent article publié par le Washington Post. (Photo d’archives AFP)
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  • Des analystes de la CIA auraient jugé peu convaincantes les informations israéliennes faisant état d’une menace d’assassinat iranienne contre Donald Trump en Turquie
  • Malgré ces réserves, les autorités américaines ont renforcé les mesures de sécurité et fait voyager Trump à bord d’un autre avion militaire avant son retour aux États-Unis

DUBAÏ : Des responsables du renseignement américain se sont montrés sceptiques face à une menace d’assassinat présumée de l’Iran contre le président Donald Trump lors de son déplacement en Turquie pour le sommet de l’OTAN, ce qui a conduit à la mise en place d’un plan secret visant à le faire quitter le pays à bord d’un autre avion militaire.

La menace d’assassinat avait été transmise par le gouvernement israélien à la CIA. Les analystes de l’agence n’ont pas jugé ces renseignements suffisamment convaincants et ont fait part de leur scepticisme à des responsables de l’administration Trump, a rapporté le Washington Post, citant des responsables américains actuels et anciens familiers du dossier.

Un autre responsable a qualifié les informations faisant état de menaces contre la vie de Trump de « provenant d’Israël, et non des États-Unis, et considérées comme peu fiables », a ajouté le Washington Post.

La Maison-Blanche avait donné l’impression que le président républicain voyageait à bord d’Air Force One le 8 juillet, selon un précédent article du Washington Post. Mais Trump a secrètement quitté cet appareil et a été transporté dans un véhicule de service aéroportuaire jusqu’à un troisième avion, un Air Force C-32A, qui l’a conduit, avec quelques proches collaborateurs, jusqu’au Royaume-Uni.

« Comme l’a déclaré le président, il a fait face à de nombreuses menaces contre sa vie, notamment en provenance d’Iran, et toutes les mesures nécessaires sont prises pour assurer sa sécurité », a déclaré un responsable américain dans un communiqué. Comme d’autres responsables cités dans cet article, il s’est exprimé sous couvert d’anonymat en raison de la sensibilité du dossier. « La mission principale des services secrets américains est de protéger le président, ce qu’ils ont fait. »

Des responsables du renseignement avaient exprimé des inquiétudes concernant une éventuelle attaque contre le président ou son avion, entraînant des mesures de précaution supplémentaires et la décision de ne pas utiliser, pour la première partie du trajet de retour de Trump depuis Ankara, le nouvel avion offert au président par le Qatar.

Après une brève visite à la base de Mildenhall, Trump est monté à bord du nouvel Air Force One pour poursuivre son voyage jusqu’à Washington.

Lors d’un échange avec les journalistes à bord de l’appareil, Trump a été directement interrogé sur l’existence de menaces crédibles de la part de l’Iran contre Air Force One.

« Eh bien, je suis constamment menacé. Je suis leur numéro un sur la liste, avant vous », a répondu Trump. Il a ajouté à l’intention des journalistes qui l’accompagnaient : « Mais si je pars, vous partez aussi. »

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com