Au Maroc, reprendre l'école sous tente et vouloir «oublier la tragédie»

Des élèves suivent des cours sous une tente dans une école de fortune du village d'Asni, frappé par le tremblement de terre, dans la province d'al-Haouz, dans les montagnes du Haut Atlas, au centre du Maroc, le 18 septembre 2023. (Photo, AFP)
Des élèves suivent des cours sous une tente dans une école de fortune du village d'Asni, frappé par le tremblement de terre, dans la province d'al-Haouz, dans les montagnes du Haut Atlas, au centre du Maroc, le 18 septembre 2023. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 19 septembre 2023

Au Maroc, reprendre l'école sous tente et vouloir «oublier la tragédie»

  • Au total, 530 écoles et 55 internats ont été endommagés par le tremblement de terre du 8 septembre, qui a fait près de 3.000 morts, selon un bilan officiel
  • Le violent séisme a profondément marqué les élèves

ASNI: A l'aube, Brahim El Berd a marché des heures depuis son village reculé pour accompagner son fils au collège temporaire érigé dans des tentes caïdales typiquement marocaines, dans la petite ville d'Asni au sud de Marrakech, plus d'une semaine après le séisme.

Cet homme de 45 ans et son fils Abdessamad, 13 ans, ont parcouru 14 km depuis Tinghar, "en esquivant les chiens errants", munis d'une simple lampe torche.

"Je fais tous ces efforts pour lui. Je n'ai pas envie qu'il décroche de l'école mais c'est dur, je ne sais pas s'il va tenir ce rythme", s'inquiète M. Berd, rencontré à l'entrée d'un terrain vague d'Asni.

Là, le ministère de l'Education a monté 32 tentes pour accueillir les 2.800 collégiens et lycéens du secteur.

"J'espère que les autorités vont penser à mettre en place des bus, car les enfants des villages éloignés sont nombreux, sinon on ne va pas s'en sortir", dit-il à l'AFP.

Tout comme Abdessamad, Samira Aït Achichaou, 15 ans, a pris la route aux aurores avec son père, en auto-stop, depuis le village d'Ousserterk, à plus de 50 km à l'est d'Asni.

La collégienne était pensionnaire d'un internat de la région, partiellement détruit par le séisme.

Au total, 530 écoles et 55 internats ont été endommagés par le tremblement de terre du 8 septembre, qui a fait près de 3.000 morts, selon un bilan officiel. Les cours ont été suspendus dans une quarantaine de communes des provinces d'Al-Haouz, de Chichaoua et de Taroudant, durement touchées.

Une situation affectant un million d'élèves inscrits et jugée "préoccupante" par l'Unesco.

"C'est dur mais je suis contente de reprendre le chemin de l'école", lance timidement la jeune Samira.

Si les leçons n'ont pas repris à proprement parler lundi, pour "des considérations d'organisation", explique Abdellah Zahid, un enseignant de français, les élèves ont afflué.

"Dans un premier temps, nous nous focalisons sur l'écoute de nos élèves et leur accompagnement psychologique", explique le professeur de 32 ans à l'AFP: "On est mobilisés pour reprendre les cours en revoyant nos plannings et réussir cette année scolaire qui s'annonce difficile".

«Jour spécial»
Le violent séisme a profondément marqué les élèves.

"Je ne me sens pas très bien mais le fait d'être de retour au lycée, même sous une tente, entourée de mes amies, est un soulagement. Je n'aime plus rester seule car je ne fais que penser au séisme", confie Khadija Aït Ali, 17 ans, qui rêve de "devenir enseignante dans la région d'Al-Haouz".

Amina Aït Abdellah, elle, "ne se sent pas prête à reprendre les cours".

"Je n'ai toujours pas assimilé le drame qu'on a vécu. Je n'arrête pas de penser à la maison qu'on a perdue", déplore la lycéenne de 16 ans, venue du village de Ouirgane, à 14 km au sud- ouest d'Asni.

"Je ne supporte pas les tentes non plus, qui me renvoient au séisme et à ses malheurs", confesse-t-elle, entourée de plusieurs de ses amies qui acquiescent.

Cette détresse est suivie de près par Hasna Lahdadi, mère du collégien Yahia.

"J'essaie de faire mon maximum pour qu'il extériorise ses angoisses. Il a très peur des répliques, on a perdu notre maison qui s'est gravement fissurée", explique cette mère qui a tenu à accompagner son fils pour "ce jour d'école spécial".

Elle a essayé de le convaincre de déménager à Marrakech pour poursuivre ses études mais il refuse.

"Je veux rester aux côtés de mes amis, je suis content de les retrouver aujourd'hui", confie le garçon de onze ans à l'AFP.

L'école devient une échappatoire pour ces enfants qui ont parfois tout perdu dans le séisme.

Jamal Aït Hmane, 43 ans, a accompagné une de ses filles de 13 ans depuis la bourgade de Tamgounsi, à une centaine de km au sud-ouest d'Asni.

"Je veux qu'elles continuent leur scolarité, ça leur permettra d'oublier la tragédie du tremblement de terre", espère-t-il.


Liban: une frappe israélienne sur la Békaa fait un mort et deux blessés

Un membre de la défense civile inspecte des véhicules détruits ainsi que des gravats et débris après un bombardement israélien sur le village de Shmistar, au centre de la vallée orientale de la Békaa au Liban, le 8 avril 2026. (ARCHIVES/AFP)
Un membre de la défense civile inspecte des véhicules détruits ainsi que des gravats et débris après un bombardement israélien sur le village de Shmistar, au centre de la vallée orientale de la Békaa au Liban, le 8 avril 2026. (ARCHIVES/AFP)
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  • Une frappe de drone israélienne dans l’ouest de la Békaa (Liban) a fait 1 mort et 2 blessés, malgré un cessez-le-feu fragile en cours entre Israël et le Hezbollah
  • Les tensions persistent avec des échanges de tirs : roquettes et drones du Hezbollah en riposte, frappes israéliennes en retour, sur fond d’escalade régionale récente

BEYROUTH: Une frappe israélienne dans l'ouest de la région de la Békaa (est du Liban) a fait un mort et deux blessés mercredi, ont rapporté des médias d'Etat libanais, malgré la trêve en vigueur entre Israël et le Hezbollah pro-iranien.

"Une personne a été tuée et deux autres blessées à la suite d'une attaque menée par un drone ennemi à l'aube, à la périphérie d'Al-Jabour, dans l'ouest de la Békaa", a rapporté mercredi l'Agence nationale d'information (Ani).

L'agence fait en outre état de tirs d'artillerie israéliens et de démolitions dans les villes du sud actuellement occupées par Israël.

Le mouvement libanais Hezbollah avait dit mardi que ses combattants avaient tiré des roquettes et envoyé des drones d'attaque contre un site militaire israélien "en représailles aux flagrantes" violations du cessez-le-feu, invoquant notamment "les attaques contre des civils et la destruction de maisons et villages".

L'armée israélienne avait indiqué mardi que le Hezbollah avait "tiré plusieurs roquettes" en direction de soldats stationnés dans le sud du Liban et que l'armée avait frappé le lance-roquettes en retour.

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale déclenchée par le 28 février par l'attaque américano-israélienne sur l'Iran, en tirant le 2 mars des roquettes sur Israël.

Depuis, Israël a pris le contrôle d'une bande de territoire libanais d'une profondeur d'une dizaine de kilomètres courant le long de la frontière israélo-libanaise.

Un fragile cessez-le-feu de 10 jours est entré en vigueur vendredi entre Israël et le Hezbollah pro-iranien.


Le prince héritier saoudien discute de l'évolution de la situation au Liban avec le président

Le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman. (Fichier/SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman. (Fichier/SPA)
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  • M. Aoun a exprimé sa reconnaissance au prince héritier pour le soutien saoudien au Liban et l'assistance continue du Royaume en toutes circonstances
  • Le prince héritier a affirmé le soutien du Royaume au Liban dans le maintien de sa souveraineté et de ses efforts pour préserver ses ressources, son intégrité territoriale et son unité

RIYADH : Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a reçu un appel téléphonique du président libanais Joseph Aoun, a rapporté mardi l'Agence de presse saoudienne.

Au cours de cet appel, ils ont discuté des derniers développements au Liban et dans la région, ainsi que des efforts déployés pour parvenir à la sécurité et à la stabilité.

M. Aoun a remercié le prince héritier pour le soutien saoudien au Liban et l'assistance continue du Royaume en toutes circonstances.

Le prince héritier a affirmé le soutien du Royaume au Liban dans le maintien de sa souveraineté et de ses efforts pour préserver ses ressources, son intégrité territoriale et son unité.

Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Hezbollah, négocié par Washington, est entré en vigueur jeudi dernier, mais les forces israéliennes restent déployées dans une bande de terre libanaise de 5 à 10 km de profondeur tout au long de la frontière.

De nouveaux entretiens entre les ambassadeurs américains du Liban et d'Israël auront lieu jeudi à Washington, selon un responsable du département d'État américain, après les premiers entretiens directs entre les deux pays depuis des décennies, qui ont eu lieu le 14 avril.


Liban: premières funérailles collectives de combattants du Hezbollah dans le sud

Il s'agit des obsèques de 15 combattants et d'un civil dans le village de Qlaylé et de 29 autres combattants dans le village de Kfarsir, a détaillé le mouvement chiite pro-iranien dans un communiqué, sans préciser le nombre total de ses pertes dans les frappes israéliennes et les combats avec les troupes qui ont pénétré dans des secteurs du sud. (AFP)
Il s'agit des obsèques de 15 combattants et d'un civil dans le village de Qlaylé et de 29 autres combattants dans le village de Kfarsir, a détaillé le mouvement chiite pro-iranien dans un communiqué, sans préciser le nombre total de ses pertes dans les frappes israéliennes et les combats avec les troupes qui ont pénétré dans des secteurs du sud. (AFP)
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  • Trois combattants du groupe armé avaient eux été enterrés lundi dans trois localités de la Békaa, dans l'est du pays, selon la chaîne al-Manar affiliée au Hezbollah
  • Certains de ces combattants tués pendant la guerre avaient d'abord été inhumés temporairement hors du sud, un rite musulman chiite autorisé en cas de circonstances exceptionnelles

BEYROUTH: Le Hezbollah pro-iranien organise mardi des funérailles collectives de 44 combattants, les premières dans le sud du Liban depuis le début de sa guerre avec Israël le 2 mars, après l'entrée en vigueur d'une trêve vendredi.

Il s'agit des obsèques de 15 combattants et d'un civil dans le village de Qlaylé et de 29 autres combattants dans le village de Kfarsir, a détaillé le mouvement chiite pro-iranien dans un communiqué, sans préciser le nombre total de ses pertes dans les frappes israéliennes et les combats avec les troupes qui ont pénétré dans des secteurs du sud.

Un cortège funèbre doit traverser plusieurs villages avant l'inhumation, qui permettra, selon le Hezbollah, "le retour d'âmes bénies vers le sol du sud".

Dans la banlieue sud de Beyrouth, quatre combattants du Hezbollah avaient déjà été enterrés lundi, selon un photographe de l'AFP, en présence de dizaines de proches et partisans, y compris des femmes et des enfants, portant les portraits des défunts.

Trois combattants du groupe armé avaient eux été enterrés lundi dans trois localités de la Békaa, dans l'est du pays, selon la chaîne al-Manar affiliée au Hezbollah.

Certains de ces combattants tués pendant la guerre avaient d'abord été inhumés temporairement hors du sud, un rite musulman chiite autorisé en cas de circonstances exceptionnelles.

Les frappes israéliennes et les combats ont fait 2.387 morts et un million de déplacés dans le pays depuis début mars, d'après un bilan officiel, qui ne précise pas s'il s'agit de civils ou de combattants.

Ce bilan inclut au moins 274 femmes et 177 enfants, selon le ministère de la Santé libanais.

Un cessez-le-feu de 10 jours émaillé de nombreux incidents est entré en vigueur vendredi entre Israël et le Hezbollah, et de nouvelles discussions "directes" entre le Liban et Israël auront lieu jeudi à Washington, une dizaine de jours après une première session, a indiqué lundi à l'AFP un responsable de la diplomatie américaine.

Israël avait annoncé mi-avril avoir tué "plus de 1.700" combattants du Hezbollah, des chiffres que l'AFP n'a pas pu vérifier.