Innovation: Paris plus grand pôle scientifique d'Europe, Tokyo leader mondial, selon l'ONU

Le Junior ministre français de la Transition numérique et des Télécommunications Jean-Noël Barrot, la Première ministre française Elisabeth Borne et le ministre français de l'Éducation et de la Jeunesse Pap Ndiaye regardent un robot "Buddy" lors d'une visite au salon Vivatech des startups et de l'innovation technologique, au parc des expositions de la Porte de Versailles, à Paris, le 16 juin 2023. (AFP).
Le Junior ministre français de la Transition numérique et des Télécommunications Jean-Noël Barrot, la Première ministre française Elisabeth Borne et le ministre français de l'Éducation et de la Jeunesse Pap Ndiaye regardent un robot "Buddy" lors d'une visite au salon Vivatech des startups et de l'innovation technologique, au parc des expositions de la Porte de Versailles, à Paris, le 16 juin 2023. (AFP).
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Publié le Mercredi 20 septembre 2023

Innovation: Paris plus grand pôle scientifique d'Europe, Tokyo leader mondial, selon l'ONU

  • D'après l'édition 2023 de cet indice publié par l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI, une des agences de l'ONU), Paris est la seule ville européenne présente parmi les 15 plus grands centres d'innovation au monde
  • Par ailleurs, les pôles de Cambridge (Royaume-Uni) et de San Jose-San Francisco sont "ceux dont l'activité scientifique et technologique est la plus intense

GENEVE: Paris se classe plus grand pôle scientifique et technologique d'Europe, tandis que Tokyo grimpe sur la première marche mondiale, selon l'indice mondial de l'innovation publié par l'ONU mercredi.

D'après l'édition 2023 de cet indice publié par l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI, une des agences de l'ONU), Paris est la seule ville européenne présente parmi les 15 plus grands centres d'innovation au monde. Elle se classe à la 12e place devant Londres (20e) et Munich (22e).

Ce rapport, qui sera publié en intégralité le 27 septembre, établit chaque année un classement évaluant la capacité en matière d’innovation de pays du monde entier, selon un communiqué de l'OMPI.

D'après celui-ci, les cinq plus grands pôles scientifiques et technologiques au monde sont désormais tous situés en Asie de l'Est: Tokyo-Yokohama (Japon) occupe donc la première place mondiale, suivie de Shenzhen-Hong Kong-Guangzhou (Chine/Hong Kong) à la deuxième place, Séoul (Corée du Sud, 3e place), Pékin (4e place) et Shanghai-Suzhou (Chine, 5e place).

Première ville occidentale du classement, San Jose-San Francisco (États-Unis) arrive ensuite. Osaka (Japon) est située à la 7e place, suivie par Boston-Cambridge (Etats-Unis) à la 8e place, devant San Diego (9e) et New York (10e) aux Etats-Unis.

Par ailleurs, les pôles de Cambridge (Royaume-Uni) et de San Jose-San Francisco sont "ceux dont l'activité scientifique et technologique est la plus intense, proportionnellement à la densité de population", souligne l'OMPI. Ils sont suivis d'Oxford (Royaume-Uni), Eindhoven (Pays-Bas) et Boston-Cambridge.

Cette année, l’indice mondial de l’innovation recense 24 pôles scientifiques et technologiques en Chine parmi les 100 premiers, faisant de ce pays celui qui en compte le plus grand nombre.

Les États-Unis recèlent, eux, 21 pôles parmi les 100 premiers, l'Allemagne neuf, et le Japon, le Canada, l’Inde et la République de Corée quatre chacun.

De son côté la France en compte trois, à égalité avec le Royaume-Uni et l'Australie.

"En réunissant la science, les entreprises et les entrepreneurs, ces villes ou régions édifient un écosystème qui transpose les idées scientifiques de manière tangible sur le terrain", commente le directeur général de l’OMPI Daren Tang, cité dans le communiqué.

Les pôles scientifiques et technologiques situés dans des pays à revenu intermédiaire autres que la Chine ont également connu une forte croissance sur le plan de la production scientifique et technologique, notamment l'Inde qui compte quatre pôles scientifiques et technologiques de pointe, note par ailleurs l'OMPI.


La sonde lunaire d'une entreprise américaine a probablement atterri sur le côté

La première vue de la Terre prise lors de la mission IM-1 le 16 février 2024 (Photo, AFP).
La première vue de la Terre prise lors de la mission IM-1 le 16 février 2024 (Photo, AFP).
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  • La sonde Odysseus d'Intuitive Machines s'est posée sur la Lune à 23H23 GMT jeudi, au terme d'une descente finale pleine de rebondissements, après une défaillance de son système de navigation et une communication compliquée juste après l'atterrissage
  • Cette sonde est le premier appareil américain a avoir atterri sur la Lune depuis plus de 50 ans

WASHINGTON: L'entreprise américaine Intuitive Machines, la première société privée à avoir réussi à alunir, a annoncé vendredi que sa sonde était probablement allongée sur un côté sur la surface de la Lune, et non à la verticale comme annoncé la veille.

La sonde Odysseus d'Intuitive Machines s'est posée sur la Lune à 23H23 GMT jeudi, au terme d'une descente finale pleine de rebondissements, après une défaillance de son système de navigation et une communication compliquée juste après l'atterrissage.

"Nous pensons" qu'Odysseus s'est "pris le pied sur la surface et que l'alunisseur s'est renversé", a expliqué lors d'une conférence de presse Steve Altemus, PDG et co-fondateur d'Intuitive Machines.

A l'aide d'une maquette de l'alunisseur, il a montré l'appareil sur un côté, mais avec sa partie supérieure probablement appuyée sur "une roche", lui permettant d'être partiellement "surélevée", selon les analyses de cette jeune société, fondée en 2013 et basée à Houston, au Texas.

La société avait déclaré jeudi soir que l'appareil avait atterri "debout", mais ces données étaient erronées, a-t-il ajouté.

L'alunisseur peut malgré tout produire de l'énergie grâce à ses panneaux solaires et donc fonctionner, a-t-il dit, précisant que des photos étaient attendues "ce week-end", qui devraient confirmer la position d'Odysseus.

Cette sonde est le premier appareil américain a avoir atterri sur la Lune depuis plus de 50 ans.

L'appareil transporte notamment des instruments scientifiques de la Nasa, qui souhaite explorer le pôle sud de la Lune avant d'y envoyer ses astronautes dans le cadre de ses missions Artémis.

Outre les images prises par Odysseus lui-même, un petit engin équipé de caméras et appelé EagleCam, développé par l'université d'aéronautique Embry-Riddle, devait être éjecté de l'alunisseur au dernier moment pour capturer de l'extérieur l'atterrissage.

Malheureusement, à cause des complications rencontrées durant cette phase, le déploiement d'EagleCam a été reporté, a déclaré l'université vendredi. Celui-ci est désormais prévu durant la mission au sol, ce qui permettrait malgré tout d'obtenir une vue externe de l'alunisseur.

Solution de secours

Intuitive Machines a d'ores et déjà reçu des félicitations du monde entier, y compris de sociétés concurrentes ayant elles-mêmes tenté la manoeuvre récemment, sans succès: la start-up japonaise ispace, qui s'était écrasée sur la Lune l'année dernière, et l'américaine Astrobotic, qui n'était pas parvenue à atteindre l'astre en janvier.

L'alunissage marque également une réussite pour la Nasa, qui avait passé un contrat à 118 millions de dollars avec Intuitive Machines pour qu'elle transporte six instruments scientifiques lors de cette mission, nommée IM-1.

L'un d'entre eux a d'ailleurs vraisemblablement sauvé le voyage. Le système de navigation de l'alunisseur n'ayant pas fonctionné comme prévu, l'entreprise a dû improviser.

Durant un tour de Lune supplémentaire ajouté juste avant la descente tant redoutée, des employés ont programmé in extremis un système de lasers de la Nasa pour qu'il guide l'alunisseur.

Ce système, qui a pour but d'améliorer la précision des atterrissages, devait être activé pour la première fois dans l'espace durant cette mission, lors d'un test. Mais il a finalement été utilisé avec succès comme système de navigation principal.

Odysseus doit désormais fonctionner durant sept jours environ, avant que la nuit ne s'installe sur le pôle sud lunaire.

Economie lunaire

Cette mission est la première pour Intuitive Machines, mais la deuxième du nouveau programme de livraisons lunaires de la Nasa, nommé CLPS. Une première mission, celle d'Astrobotic, avait échoué le mois dernier.

Au lieu d'envoyer des instruments scientifiques sur la Lune à l'aide de véhicules lui appartenant, l'agence spatiale américaine a décidé de commander ce service à des entreprises privées.

Cette stratégie doit lui permettre de faire le voyage plus souvent et pour moins cher. Mais aussi de stimuler le développement d'une économie lunaire, capable de soutenir une présence humaine durable sur la Lune -- l'un des buts du programme Artémis de la Nasa.

L'action d'Intuitive Machines était en hausse d'environ 20% à la Bourse de New York en milieu de journée vendredi.

Au total, quatre missions lunaires américaines supplémentaires sont officiellement prévues cette année dans le cadre du programme CLPS, dont deux autres d'Intuitive Machines.


En Grèce, des seniors en quête d'habitat partagé face à la précarité

Une femme vérifie le plan d'un appartement qu'elle envisage d'habiter avec un colocataire à Athènes le 14 février 2024, dans le cadre de ce que l'on appelle le "logement solidaire". (AFP).
Une femme vérifie le plan d'un appartement qu'elle envisage d'habiter avec un colocataire à Athènes le 14 février 2024, dans le cadre de ce que l'on appelle le "logement solidaire". (AFP).
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  • Depuis que la Grèce a tourné la page des années de crise financière, les loyers ont augmenté de plus de 20% à Athènes, selon la Banque de Grèce
  • Dans un pays à la population vieillissante, l'idée d'habitat partagé entre personnes âgées gagne du terrain face au recul de l'Etat providence, l'augmentation des loyers et la cherté de la vie

ATHENES: Dans un café athénien, Malamo, Thalia, Maria et Tonia se penchent sur les plans d'un immeuble appelé à être rénové pour devenir une "habitation solidaire" pour seniors, une première en Grèce face à la précarité grandissante des personnes âgées.

Dans un pays à la population vieillissante, l'idée d'habitat partagé entre personnes âgées gagne du terrain face au recul de l'Etat providence, l'augmentation des loyers et la cherté de la vie.

"Les prestations sociales diminuent, les retraites restent basses et les prix des logements s'envolent ce qui accroît le sentiment" de précarité, explique à l'AFP Malamo Stergiou, ancienne employée du privé aujourd'hui en retraite.

Depuis que la Grèce a tourné la page des années de crise financière, les loyers ont augmenté de plus de 20% à Athènes, selon la Banque de Grèce.

Pour Malamo Stergiou tout est parti il y a deux ans du groupe Facebook baptisé "Kinotites sygatikikis" (communautés de cohabitation) qu'elle a fondé "pour les seniors et les non seniors".

Rapidement ce groupe dont la vocation est de promouvoir l'habitat partagé entre seniors, a atteint 8.000 abonnés.

En septembre dernier, Malamo Stergiou fonde l'ONG Nama pour financer la rénovation d'un immeuble de quatre étages à Athènes, proposé par son propriétaire pour un loyer modéré.

La bâtiment qui date de 1938 comprendra "15 appartements indépendants et des espaces communs pour la vie sociale des locataires", détaille-elle.

La rénovation va commencer "dès que possible", ajoute-t-elle et les habitants ne payeront qu'un loyer modéré.

Comme la majorité des adeptes du projet, Malamo Stergiou vit seule. Sa fille unique travaille à l'étranger.

« Ecroulement démographique »

Le départ de nombreux jeunes partis pour de meilleurs salaires à l'étranger pendant la crise a frappé de plein fouet la famille traditionnelle grecque : de nombreuses personnes âgées se sont retrouvées seules sans le soutien de leurs enfants.

"Ce qui manque c'est la solidarité face aux problèmes quotidiens, financiers ou émotionnels", résume Thalia Novaki, fonctionnaire retraitée.

Depuis plus d'un an, un autre groupe Facebook avec le même but a vu le jour à Thessalonique, la deuxième ville de Grèce.

"J'ai peur de la solitude, je ne suis pas propriétaire et l'idée de cohabiter me réjouit", confie Olympia Manoussoyannaki, professeure du secondaire, proche de l'âge de la retraite.

Des membres du collectif ont visité des structures en Allemagne et au Danemark pour s'informer sur "les outils nécessaires pour y arriver", relève Filippos Polatsidis, 48 ans, employé, l'un des fondateurs du collectif.

Avec 22,7% de sa population âgée de 65 ans et plus en 2021, la Grèce figure en quatrième position sur la liste des 27 pays de l'UE ayant le plus grand nombre de personnes âgées après l'Italie (23,8%), le Portugal (23,7%) et le Finlande (23,1%), selon Eurostat.

Et avec un taux de fécondité à 1,43 enfant par femme en 2021, la Grèce reste en dessous de la moyenne de l'UE (1,53 en 2021), selon Eurostat.

Pour le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis, la Grèce subit un "écroulement démographique" et le vieillissement de la population constitue "un danger national".

Mesures « inclusives »

Pour y parer, le gouvernement a annoncé une hausse de la prime à la naissance, à 2.400 euros pour le premier enfant, 2.700 euros au deuxième et à 3.000 euros au troisième.

Mais des experts préviennent que les mesures ne doivent pas seulement viser à accroître les naissances.

"Il faut répondre aux besoins des familles" avec des infrastructures pour la garde des enfants et des aides aux parents et "à ceux des personnes âgées", estime Valia Aranitou, professeure de Sociologie à l'Université d'Athènes.

Le déclin démographique se manifeste surtout en province. Athènes et Thessalonique rassemblent à elles deux presque la moitié des 10,4 millions d'habitants du pays.

Petrokerassa, un village près de Thessalonique, qui a perdu plus de la moitié de sa population ces dernières décennies, ne compte plus que 137 habitants dont 80% de seniors.

"Nous sommes ici tous seuls avec nos problèmes. L'hiver si on appelle à l'aide, personne ne nous entend. On n'a même pas un magasin pour les produits nécessaires", déplore Thodoris Yannoudis, 62 ans, bûcheron.


La transformation de l’économie saoudienne crée des opportunités, selon un responsable du PIF

S'exprimant lors du forum Future Investment Initiative Priority à Miami, Jerry Todd a présenté les trois piliers de la transformation de l'économie saoudienne (Capture d'écran/FII Priority).
S'exprimant lors du forum Future Investment Initiative Priority à Miami, Jerry Todd a présenté les trois piliers de la transformation de l'économie saoudienne (Capture d'écran/FII Priority).
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  • Selon Jerry Todd, les changements économiques structurels en Arabie saoudite requièrent des ressources et des talents, des capitaux et des capacités d'exploitation au niveau mondial
  • Un ancien secrétaire au Trésor américain a souligné les opportunités d'investissement dans les énergies propres et la transformation énergétique dans le Moyen-Orient élargi

LONDRES: Il est important que les investisseurs comprennent les changements structurels à long terme de l'économie saoudienne qui sont en cours et les opportunités qu'ils offrent, a déclaré jeudi le chef de la division du développement national du Fonds d'investissement public saoudien.

S'exprimant lors du forum «Future Investment Initiative Priority» à Miami, Jerry Todd a déclaré que les trois piliers de cette transformation sont l'industrialisation de l'économie, le développement et l'expansion des secteurs de services, et le renforcement des capacités en matière d'énergie verte.

«La Vision 2030 est le plan directeur de cette transformation économique. Il s'agit d'un projet national, mais il nécessite des ressources, des talents, des capitaux et des capacités d'exploitation à l'échelle mondiale», a-t-il indiqué. «L'attraction de ces ressources en Arabie saoudite fait partie intégrante de ce plan.»

«La question de savoir ce qui va se passer ensuite dépend vraiment de la capacité des personnes présentes dans cette salle, et des personnes présentes dans des salles comme celle-ci, à apprendre davantage et à essayer de comprendre ce qui se passe en Arabie saoudite. Personnellement, je suis optimiste, je pense qu'il y a une prise de conscience croissante des opportunités qui sont créées», a ajouté Todd.

«Une autre chose qui est en train de changer est la capacité de l’économie nationale d’absorber les investissements à long terme, en grande partie grâce à la construction de l’industrie qui se déroule dans le cadre de la Vision 2030. Il s’agit de créer des occasions pour les gens de saisir des opportunités au niveau des actifs», a-t-il expliqué.

L'ancien secrétaire au Trésor américain Steven Mnuchin (Capture d'écran/FII Priority).

L'ancien secrétaire au Trésor américain Steven Mnuchin s'est fait l'écho de ce sentiment et a indiqué qu'il existait de nombreuses opportunités d'investissement dans la région du Moyen-Orient élargi en ce qui concerne l'énergie propre et la transformation énergétique.

Il a toutefois prévenu que pour que la région reste un pôle d'investissement attractif, il fallait s'attaquer à la menace que l'Iran fait peser sur la stabilité et la sécurité régionales, principalement en imposant des sanctions plus sévères et plus rigoureuses à l'encontre du régime de Téhéran.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com