Trois mois après les émeutes, les maires réclament en urgence «un cap» pour la politique de la ville

Des policiers municipaux se tiennent devant un commissariat portant l'inscription « Justice pour Nahel », dans la ville de Lisieux, dans le nord de la France, le 6 juillet 2023 (Photo de LOU BENOIST / AFP).
Des policiers municipaux se tiennent devant un commissariat portant l'inscription « Justice pour Nahel », dans la ville de Lisieux, dans le nord de la France, le 6 juillet 2023 (Photo de LOU BENOIST / AFP).
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Publié le Vendredi 22 septembre 2023

Trois mois après les émeutes, les maires réclament en urgence «un cap» pour la politique de la ville

  • Il y a dix jours, la secrétaire d'Etat à la Ville Sabrina Agresti-Roubache a annoncé une hausse de 40 millions d'euros du budget de son ministère pour 2024, à 640 millions d'euros
  • De premières annonces devraient tomber le 9 octobre, à l'occasion d'un Comité interministériel des villes présidé par Elisabeth Borne

ANGERS: En première ligne lors des émeutes qui ont suivi la mort de Nahel il y a trois mois, les maires des grandes villes et métropoles attendent toujours un cap ambitieux pour l'avenir de la politique de la ville, ainsi que plus d'équité territoriale.

Si les émeutes n'ont pas seulement touché les quartiers prioritaires (dits QPV), de grandes villes, mais aussi les villes moyennes ou les quartiers peu défavorisés, les centres-villes et quartiers pauvres des grandes agglomérations se sont aussi largement embrasés.

Trois mois plus tard, leurs élus, rassemblés dans l'association France urbaine, réunie en congrès à Angers, appellent à ce que les prochains contrats de ville, qui encadrent la politique de la ville jusqu'en 2030, "ne changent pas de manière révolutionnaire" et soient ambitieux.

"Le pire serait de considérer que le fait d'abonder ces contrats pour faciliter des actions dans les quartiers populaires ne sert à rien, et qu'il vaudrait mieux renforcer la répression plutôt que tout ce travail de prévention et d'accompagnement", souligne Francis Guiteau, adjoint à la rénovation urbaine à Angers.

Car pour l'élu angevin, il ne faut "pas confondre les émeutes et la réalité de la vie des quartiers populaires, avec des acteurs qui se mobilisent depuis des années pour que les gens retrouvent de l'espoir".

Il y a dix jours, la secrétaire d'Etat à la Ville Sabrina Agresti-Roubache a annoncé une hausse de 40 millions d'euros du budget de son ministère pour 2024, à 640 millions d'euros.

Un signal positif qui reste une goutte d'eau pour les maires. "On dit souvent qu'il y a beaucoup d'argent mis dans la politique de la ville mais la vérité c'est que c'est 1% du budget de l'Etat", rappelle Johanna Rolland, maire PS de Nantes et présidente de France urbaine, pour qui "la question de l'ambition est majeure".

De premières annonces devraient tomber le 9 octobre, à l'occasion d'un Comité interministériel des villes présidé par Elisabeth Borne.

La Première ministre avait plaidé début septembre pour une réponse "globale" incluant à la fois des questions de sécurité et "de respect de l'autorité, d'intégration, d'éducation, de lutte contre la précarité et de mixité sociale".

«Du droit commun»

"Il faut assumer une politique de sécurité pour tous les citoyens", reconnaît également Johanna Rolland, qui demande par ailleurs un plan "national et européen" pour lutter contre le trafic de drogue. Mais la maire de Nantes ne cautionne pas la tutelle du ministère de l'Intérieur sur le secrétariat d'Etat à la Ville. "L'ordre sans la justice, ça ne fonctionne pas", répète-t-elle.

Parmi les sujets de consensus, les élus des grandes villes réclament qu'un travail soit fait sur le lien entre police et population.

"Il faut repositionner la doctrine policière. Nous avons aujourd'hui une police d'intervention et non plus une police du lien. Il faut recréer du lien avec les jeunes, les commerçants, les habitants", souligne Michel Bisson (PS), président de l'agglomération Grand Paris Sud.

Les maires souhaitent aussi lutter contre les poches de pauvreté dans les quartiers qui ne sont pas classés comme prioritaires (QPV). "Si on veut taper juste, il faut que l'on puisse poser notre travail sur une analyse des besoins sociaux, économiques, environnementaux", estime le maire centriste d'Arras Frédéric Leturque.

Comme beaucoup, l'élu nordiste entend continuer à travailler à la fois "sur le dur, refaire les murs, les toits, rénover", et sur "le +soft+, c'est-à-dire s'occuper des familles, accompagner les enfants pour refaire de l'humain".

A ce sujet, le maire EELV de Grenoble Eric Piolle souhaite que 10% du budget de l'Agence nationale de la rénovation urbaine (Anru), instrument-clé de la politique de la ville, soit consacré au développement social des quartiers.

L'égalité d'accès aux services publics revient aussi souvent dans les revendications.

"La politique de la ville est venue non pas compléter, non pas enrichir, mais remplacer tout ce qui relève du droit commun, que ce soit l'éducation, la culture, l'action sociale dans les quartiers, tout ça ce n'est pas de la politique de la ville, c'est du droit commun", rappelle le maire EELV de Lyon Grégory Doucet.


Macron reçu par l'empereur à la fin de sa visite au Japon

Le président français Emmanuel Macron (2e à gauche) et la première dame Brigitte Macron (à gauche) sont accueillis par l'empereur Naruhito (2e à droite) et l'impératrice Masako au Palais impérial de Tokyo, le 2 avril 2026. (Photo : Ludovic MARIN / POOL / AFP)
Le président français Emmanuel Macron (2e à gauche) et la première dame Brigitte Macron (à gauche) sont accueillis par l'empereur Naruhito (2e à droite) et l'impératrice Masako au Palais impérial de Tokyo, le 2 avril 2026. (Photo : Ludovic MARIN / POOL / AFP)
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  • Après un déjeuner offert par le couple impérial, le chef de l'Etat doit s'envoler pour la Corée du Sud, où il doit rencontrer le président Lee Jae Myung
  • Jeudi matin, Emmanuel Macron avait retrouvé la Première ministre japonaise Sanae Takaichi pour le deuxième jour consécutif, lors d'une visite auprès de la société Astroscale, spécialisée dans la lutte contre les débris dans l'espace

TOKYO: Emmanuel Macron a été reçu jeudi à Tokyo par l'empereur du Japon Naruhito, au dernier jour de sa visite dans l'archipel nippon pour renforcer les liens diplomatiques et économiques avec la France.

Le président français, accompagné par son épouse Brigitte Macron, a été accueilli par le souverain et l'impératrice Masako au palais impérial, une bâtisse épurée dans un parc arboré au coeur de la capitale japonaise, a constaté un journaliste de l'AFP.

Après un déjeuner offert par le couple impérial, le chef de l'Etat doit s'envoler pour la Corée du Sud, où il doit rencontrer le président Lee Jae Myung.

Jeudi matin, Emmanuel Macron avait retrouvé la Première ministre japonaise Sanae Takaichi pour le deuxième jour consécutif, lors d'une visite auprès de la société Astroscale, spécialisée dans la lutte contre les débris dans l'espace. Astrocale a une filiale en France et un partenariat avec le français Exotrail.

"C'est une parfaite illustration de ce qu'est la coopération spatiale entre le Japon et la France", a-t-il dit, alors que l'espace est l'un des secteurs pour lesquels il a appelé la veille au renforcement des partenariats bilatéraux.

"Comment oeuvrer à une mission d'intérêt général pour un espace durable", avec "le désorbitage et la destruction des débris spatiaux qui aujourd'hui sont une vraie problématique", est une question qui était "au coeur du G7 porté par le Japon" et sera "au coeur aussi du G7 que la France préside cette année", a-t-il ajouté.

 

 


Hommage de l'IMA à Leïla Shahid

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  • La diplomate palestinienne Leïla Shahid s’était éteinte le 18 février 2026
  • L’Institut du monde arabe lui avait rendu hommage lors d’une soirée exceptionnelle organisée le mardi 31 mars à Paris, également diffusée en direct

PARIS: La diplomate palestinienne Leïla Shahid s’était éteinte le 18 février 2026. L’Institut du monde arabe lui avait rendu hommage lors d’une soirée exceptionnelle organisée le mardi 31 mars à Paris, également diffusée en direct.

Famille, amis, artistes et compagnons de route s’étaient réunis pour saluer la mémoire de cette figure majeure de la cause palestinienne. Tous avaient évoqué son parcours, son engagement constant en faveur de la Palestine, ainsi que sa curiosité intellectuelle et son attachement profond à la culture.

Plusieurs personnalités avaient pris part à cet hommage, parmi lesquelles Mohamed Berrada, Elias Sanbar, Karim Kattan, Wissam Joubran, Dominique Eddé, Farouk Mardam Bey, Brigitte Curmi et Majed Bamya.

 


Macron se rendra au Vatican les 9 et 10 avril pour rencontrer Léon XIV

Le président français Emmanuel Macron s'exprime lors d'une conférence de presse avec la Première ministre japonaise Sanae Takaichi au palais d'Akasaka à Tokyo, le 1er avril 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron s'exprime lors d'une conférence de presse avec la Première ministre japonaise Sanae Takaichi au palais d'Akasaka à Tokyo, le 1er avril 2026. (AFP)
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  • Les discussions porteront sur les défis liés à l’actualité internationale, en présence de Brigitte Macron

PARIS: Emmanuel Macron se rendra les 9 et 10 avril au Vatican où il rencontrera pour la première fois le pape Léon XIV, a annoncé mercredi la présidence française.

Le chef de l'Etat, accompagné de son épouse Brigitte, abordera notamment "les défis soulevés par l'actualité internationale", a souligné la présidence française.