Deux Palestiniens tués dans un raid israélien en Cisjordanie

L'armée israélienne a affirmé avoir mené des activités de "contre-terrorisme" à Tulkarem, en Cisjordanie occupée par Israël, le 24 septembre 2023. (Reuters)
L'armée israélienne a affirmé avoir mené des activités de "contre-terrorisme" à Tulkarem, en Cisjordanie occupée par Israël, le 24 septembre 2023. (Reuters)
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Publié le Dimanche 24 septembre 2023

Deux Palestiniens tués dans un raid israélien en Cisjordanie

  • «Deux Palestiniens ont été tués par des balles réelles israéliennes (de l'occupation)» dans la ville de Tulkarem, a indiqué le ministère palestinien de la Santé
  • Un soldat a été «légèrement blessé par des fragments de balle» lors d'affrontements dans le camp de réfugiés de Nour Chams, situé près de cette ville

RAMALLAH, Territoires Palestiniens : Deux Palestiniens ont été tués lors d'un raid mené par l'armée israélienne dimanche avant l'aube à Tulkarem en Cisjordanie occupée, selon le ministère palestinien de la Santé, tandis que l'armée israélienne a annoncé avoir lancé de nouvelles frappes de drone à Gaza.

L'armée israélienne a confirmé qu'elle menait des opérations de «lutte contre le terrorisme» dans le territoire occupé.

Depuis le début de l'année, les violences liées au conflit se sont multipliées, la Cisjordanie ayant été le théâtre d'attaques palestiniennes répétées contre des Israéliens ainsi que de violences récurrentes de colons juifs à l'encontre de Palestiniens.

Depuis le début de l'année, la Cisjordanie est le théâtre d'attaques palestiniennes répétées contre des Israéliens et de violences récurrentes de colons juifs à l'encontre de Palestiniens. Israël mène régulièrement des opérations militaires dans ce territoire qu'il occupe depuis 1967.

Ces derniers jours, les violences se sont étendues à la bande de Gaza, opposant manifestants palestiniens et forces israéliennes de part et d'autre de la barrière de séparation entre Israël et ce territoire palestinien, soumis à un blocus israélien depuis que le mouvement islamiste Hamas y a pris le pouvoir en 2007.

En Cisjordanie occupée, "deux Palestiniens ont été tués par des balles réelles israéliennes" dans le camp de réfugiés de Nour Chams, près de la ville de Tulkarem, a indiqué le ministère de la Santé palestinien.

Les victimes ont été identifiées comme Ossaid Abou Ali, 22 ans, et Abdel Rahmane Abou Daghash, 32 ans. Le Hamas a affirmé qu'Ossaid Abou Ali était l'un de ses combattants.

L'armée israélienne a indiqué de son côté avoir mené des opérations de "lutte contre le terrorisme" dans le camp, démantelé un "centre de commandement opérationnel" et découvert un grand nombre d'engins explosifs.

Durant l'opération, "des suspects ont ouvert le feu et lancé des engins explosifs sur les forces qui ont riposté par des tirs réels", a ajouté l'armée, précisant qu'un soldat a été "légèrement blessé".

«Snipers»
Ibrahim al-Nimer, un habitant du camp, a déclaré à l'AFP que l'armée était "entrée dans le camp après 2H00 du matin" et avait "démoli (...) certaines maisons".

Plusieurs véhicules militaires sont entrés dans le camp pendant la nuit, selon un autre habitant, Omar Sabhan.

"Ca faisait peur. Il y avait des snipers  (...) et ils tiraient sur tout ce qui bougeait", a-t-il ajouté.

Dimanche, une foule a assisté aux funérailles des deux Palestiniens dans le camp de réfugiés.

Un journaliste de l'AFP s'étant rendu dans le camp peu après le raid a vu le toit et les murs d'un bâtiment complètement effondrés.

Trois factions palestiniennes – le Hamas, le Jihad islamique et le Front populaire de libération de la Palestine – ont appelé à "renforcer la résistance, en particulier la résistance armée" contre "l'agression sioniste croissante".

Dans un autre incident nocturne, l'armée a arrêté "huit suspects recherchés" à l'université de Birzeit, en Cisjordanie, affirmant que le groupe avait "prévu de commettre une attaque terroriste".

Au moins 241 Palestiniens, 32 Israéliens, une Ukrainienne et un Italien ont été tués depuis le début de l'année dans des violences liées au conflit israélo-palestinien, selon un décompte de l'AFP établi à partir de sources officielles.

Violences à Gaza
Ces statistiques incluent, côté palestinien, des combattants et des civils parmi lesquels des mineurs, et côté israélien, en majorité des civils parmi lesquels des mineurs, et trois membres de la minorité arabe.

Dimanche soir, l'armée israélienne a annoncé avoir lancé sur la bande de Gaza de nouvelles frappes à l'aide d'un drone contre "deux positions militaires" du Hamas, après des violences à la frontière avec Israël.

Le ministère de la Santé à Gaza a indiqué que cinq Palestiniens avaient été blessés "par des balles israéliennes" lors d'une manifestation le long de la frontière.

Depuis le 13 septembre, des violences opposent presque quotidiennement manifestants palestiniens et forces israéliennes de part et d'autre de la frontière.

Des Palestiniens ont manifesté à plusieurs reprises à la frontière après qu'Israël a fermé le point de passage d'Erez entre Israël et la bande de Gaza, décision qu'une ONG israélienne a qualifiée de "punition collective" car elle affecte plusieurs milliers de travailleurs palestiniens.

Six Palestiniens ont été tués et près de 100 blessés lors de violences à la frontière depuis le 13 septembre, selon le ministère de la Santé du Hamas.


La dépouille du guide suprême Khamenei est arrivée sur le lieu de ses funérailles à Téhéran

  • Les autorités attendent entre 15 et 20 millions de participants rien qu'à Téhéran pour cet hommage national de trois jours
  • La dépouille de l'ayatollah Khamenei, enveloppé dans un drapeau aux couleurs de l'Iran, sera exposée jour et nuit jusqu'à lundi dans l'enceinte de la Grande Mosalla, un vaste complexe auquel l'AFP a obtenu un rare accès

TEHERAN: Le cercueil de l'ancien guide suprême iranien Ali Khamenei est arrivé vendredi dans le complexe religieux de Téhéran où se dérouleront des funérailles d'une ampleur inédite, quatre mois après sa mort dans une frappe israélo-américaine.

Les autorités attendent entre 15 et 20 millions de participants rien qu'à Téhéran pour cet hommage national de trois jours, qui commence samedi et se veut une démonstration de force après la guerre qui a tué de nombreux hauts dirigeants et des milliers de civils.

La dépouille de l'ayatollah Khamenei, enveloppé dans un drapeau aux couleurs de l'Iran, sera exposée jour et nuit jusqu'à lundi dans l'enceinte de la Grande Mosalla, un vaste complexe auquel l'AFP a obtenu un rare accès.

Ses murs sont couverts de grands portraits de celui qui a été guide suprême pendant plus de trois décennies, de drapeaux noirs en signe de deuil et de drapeaux rouges, symbole du martyre et de la vengeance.

Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, l'une des plus puissantes forces militaires du Moyen-Orient, est venu lui rendre hommage, selon des images diffusées par les médias iraniens. Discret depuis le début de la guerre, probablement pour éviter d'être assassiné comme son prédécesseur, il s'agit de sa première apparition publique.

"Les gens vont venir de tout l'Iran. Il y aura énormément de monde", souffle Hossein Moghadassi, un ouvrier de 43 ans s'affairant sur le site, alors que certains devraient commencer à patienter dès vendredi soir en attendant l'ouverture des portes à 06H00 samedi (02H30 GMT).

Affiches et slogans 

Ali Khamenei, le guide suprême à la plus grande longévité depuis l'avènement en 1979 de la République islamique, est mort à 86 ans sous les bombardements contre sa résidence le 28 février de ses deux ennemis jurés, les Etats-Unis et Israël.

Ses obsèques nationales, initialement prévues en mars mais reportées en raison de la guerre, s'annoncent comme les plus grandes de l'histoire en Iran.

En 1989, à la mort de son prédécesseur Rouhollah Khomeini, environ 10 millions de personnes avaient assisté à ses funérailles, selon les chiffres officiels. Des mouvements de foule avaient alors fait plus de dix morts.

Aux côtés du cercueil d'Ali Khamenei, sont exposés ceux de ses proches tués eux aussi au premier jour de la guerre, dont celui d'une de ses filles, d'un gendre, d'une belle-fille et d'une petite-fille.

Un cortège transportant la dépouille de l'ex-guide suprême défilera lundi dans les rues de Téhéran, où nombre d'affiches et de slogans rendent hommage au "martyr", avant de gagner mardi la ville sainte de Qom.

Sous haute surveillance 

La présence du fils d'Ali Khamenei, Mojtaba, qui lui a succédé début mars à la fonction de guide suprême, n'a pas été confirmée. Blessé lors des frappes qui ont tué son père, le dirigeant ne s'exprime que par des communiqués qui lui sont attribués et n'est pas apparu en public.

Côté dignitaires, des dirigeants et responsables d'une trentaine de pays, principalement voisins, sont attendus, dont l'ancien président russe Dmitri Medvedev et le Premier ministre pakistanais Shebaz Sharif. La Chine sera représentée par un haut responsable du Parlement, He Wei.

Aucun dirigeant européen n'a été convié.

"Tous ceux qui assisteront aux funérailles se sont rangés du bon côté de l'histoire", a souligné cette semaine le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, dénonçant le soutien des Occidentaux à Israël et aux Etats-Unis dans leurs deux guerres contre la République islamique, en juin 2025 et cette année.

Ironie du calendrier, le début des obsèques coïncidera avec la fête nationale des Etats-Unis, qui célèbrent ce 4 juillet leurs 250 ans d'existence.

Ces funérailles se déroulent sous tension, dans un contexte de fragile cessez-le-feu entre Téhéran et Washington mais aussi six mois après d'importantes manifestations contre la vie chère et le pouvoir.

Téhéran est depuis vendredi comme une forteresse, avec des forces de sécurité en nombre et un immense périmètre inaccessible en voiture.

L'aéroport de Téhéran est partiellement fermé vendredi et le sera totalement lundi, décrété jour férié dans tout l'Iran. Les centres commerciaux ont baissé le rideau et les entreprises sont mises au repos forcé.

Ali Khamenei sera inhumé le 9 juillet dans la ville sainte de Machhad (nord-est de l'Iran), dont il était originaire. Chef religieux, son cercueil sera présenté mercredi en Irak voisin, où la communauté chiite est aussi majoritaire.

 


Syrie: explosion dans un café dans le centre de Damas

(X.com)
(X.com)
  • Une explosion a frappé un café du centre de Damas, près du Palais de justice, sans que l’origine soit encore confirmée
  • Les autorités syriennes enquêtent, tandis que des ambulances ont été déployées sur place

DAMAS: Une explosion s'est produite jeudi dans un café du centre de Damas, près du Palais de justice, a indiqué une source de sécurité syrienne à l'AFP après que la télévision d'Etat a rapporté une déflagration dans la capitale.

Un correspondant de l'AFP a vu des ambulances se diriger, sirènes hurlantes, vers le secteur, au milieu des embouteillages. L'agence officielle Sana a indiqué que les autorités tentaient de déterminer l'origine de l'explosion.


Liban: le chef de la diplomatie syrienne rencontre Berri

Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
  • Cette visite intervient alors que Damas a assuré ne pas vouloir s'impliquer au Liban, malgré les pressions des Etats-Unis en ce sens
  • Le président Donald Trump a répété à plusieurs reprises que la Syrie pourrait "s'occuper du Hezbollah" dans le pays voisin, critiquant la stratégie d'Israël dans sa guerre avec le mouvement armé et financé par Téhéran

BEYROUTH: Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien.

Cette visite intervient alors que Damas a assuré ne pas vouloir s'impliquer au Liban, malgré les pressions des Etats-Unis en ce sens.

Le président Donald Trump a répété à plusieurs reprises que la Syrie pourrait "s'occuper du Hezbollah" dans le pays voisin, critiquant la stratégie d'Israël dans sa guerre avec le mouvement armé et financé par Téhéran.

Mais le président syrien Ahmad al-Chareh, qui a pris le pouvoir en décembre 2024 après la chute de Bachar al-Assad, a assuré qu'il n'avait pas l'intention d'intervenir et de rouvrir les plaies du passé.

Le ministre syrien, dont c'est la deuxième visite au Liban, a été reçu par le président libanais Joseph Aoun dès son arrivée, avant de se rendre auprès de Nabih Berri, président du Parlement et allié du Hezbollah, ont indiqué les médias.

M. Chaibani avait effectué en octobre 2025 la première visite d'un haut responsable syrien depuis l'accession de la coalition islamiste au pouvoir à Damas, qui a permis d'ouvrir une nouvelle page dans les relations entre les deux pays.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam s'était pour sa part rendu en mai dernier en Syrie.

Les nouvelles autorités syriennes sont hostiles au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad, et ont annoncé l'arrestation ces derniers mois de cellules présumées affiliées au mouvement chiite, qui nie pour sa part toute présence en Syrie.

Depuis fin 2024, les routes d'approvisionnement du Hezbollah ont été coupées et plusieurs tentatives de contrebande d'armes à destination du Liban ont été déjouées selon Damas.

Sous le clan Assad, l'armée syrienne était intervenue au Liban pendant la guerre civile, en 1976, et Damas avait exercé pendant des décennies sa tutelle sur le pays voisin, où il était accusé de l'assassinat de nombreux responsables libanais.

La première visite de M. Chaibani avait permis de débloquer le dossier des prisonniers syriens au Liban, dont plus de 250 ont depuis été transférés en Syrie.

Environ 2.000 Syriens, soit près d'un tiers de la population carcérale du Liban, sont détenus dans les prisons surpeuplées du pays.