Sénatoriales: la macronie compte ses pertes, la droite mesure son érosion

Les résultats des élections sénatoriales ont confirmé dimanche la stabilité de la Chambre haute, dominée par la droite (Photo d'illustration, AFP).
Les résultats des élections sénatoriales ont confirmé dimanche la stabilité de la Chambre haute, dominée par la droite (Photo d'illustration, AFP).
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Publié le Lundi 25 septembre 2023

Sénatoriales: la macronie compte ses pertes, la droite mesure son érosion

  • Sans surprise, le camp présidentiel a perdu des plumes dans cette élection indirecte et globalement assez stable
  • L'objectif des 100 sénateurs de gauche est approché et pourrait même être atteint selon le choix de quelques élus non-encartés

PARIS: Après les sénatoriales, l'heure des tractations: la macronie mesure ses pertes à la chambre haute tandis que la droite, majoritaire au Sénat, concède une certaine érosion en faveur des centristes. A gauche, un duel pour la présidence du groupe socialiste se profile.

. Le cas Backès à trancher, pertes à limiter

Sans surprise, le camp présidentiel a perdu des plumes dans cette élection indirecte et globalement assez stable. Un cas est particulièrement sensible pour le gouvernement, celui de la secrétaire d'Etat à la Citoyenneté Sonia Backès, battue en Nouvelle-Calédonie par un candidat indépendantiste.

De retour en métropole mardi, la ministre sera bientôt fixée sur son avenir, très incertain si l'on en croit la règle appliquée jusqu'ici pour les membres du gouvernement battus aux législatives, qui ont dû démissionner.

"Il n'y a pas de règle édictée concernant les ministres candidats aux sénatoriales", a balayé sur Sud Radio le ministre des Relations avec le Parlement Franck Riester. "Aucune décision n'est prise à ce stade", a-t-on appris de source gouvernementale.

En toile de fond, le groupe macroniste au Sénat (RDPI) a perdu certains de ses 24 membres (trois sortants battus), mais s'active en coulisses pour attirer des élus, comme Olivier Bitz (Orne), en passe de le rejoindre selon plusieurs sources parlementaires.

"On est en tractations", glisse le chef de file des sénateurs macronistes François Patriat, qui lorgne aussi du côté des outre-mer.

Le sénateur de la Côte-d'Or doit cependant constater que la majorité présidentielle au Sénat dépend encore plus du parti Horizons d'Edouard Philippe, dont les sénateurs siègent dans un autre groupe, celui des Indépendants, présidé par Claude Malhuret.

"On avait sept sénateurs Horizons avant le scrutin, on en aura au moins dix après", calcule M. Malhuret, qui pourrait diriger un groupe d'une petite vingtaine de membres à l'ouverture de la session, contre 14 auparavant.

. Rééquilibrage LR-centristes

Si la droite s'est empressée d'annoncer une "majorité sénatoriale confortée" avec une "stabilité" du groupe Les Républicains, les calculs de la nuit ont révélé une érosion notable de la première force du Sénat.

"Le groupe LR va perdre entre cinq et dix sièges", prédit un sénateur historique. Les dernières estimations internes atteignaient péniblement le chiffre de 139 membres, contre 145 avant l'élection, à condition de convaincre tous les incertains d'ici au mardi 3 octobre, date butoir pour la composition des groupes parlementaires.

"La majorité sénatoriale sera confortée mais surtout rééquilibrée", note Hervé Marseille, le chef de l'Union centriste (UC), alliée de la droite au Palais du Luxembourg. "Cela va permettre aux centristes d'exprimer des différences avec plus de force".

Le patron de l'UDI, candidat à sa succession à la tête du groupe centriste, est l'un des vainqueurs de ce scrutin, avec une progression probable de son groupe au-delà des 60 membres, contre 57 auparavant, en ratissant large (MoDem, UDI, divers droite...). "Mais le chemin du Sénat est pavé de tentations", rappelle le sénateur.

. Un duel Kanner-Kerrouche à gauche

L'objectif des 100 sénateurs de gauche (socialistes-écologistes-communistes) est approché et pourrait même être atteint selon le choix de quelques élus non-encartés. Selon leurs estimations, les écologistes auront au moins 16 sièges (+4) et les communistes 17 (+2).

Quant au groupe socialiste, qui a annoncé avoir sécurisé 65 sièges au minimum (+1), il doit gérer la question de sa présidence.

Deux candidats s'affrontent, dès mardi après-midi: le sénateur des Landes Eric Kerrouche, réputé proche du premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure, aimerait doubler le sortant Patrick Kanner, représentant de l'autre courant du PS, moins "Nupes-compatible".

"Le principal reproche que l'on me fait, c'est que le groupe n'est pas +nupéisé+. J'assume", assure M. Kanner à l'AFP, défendant le bilan "positif" des socialistes qui "ont crevé l'écran" au Sénat.

De l'autre côté, M. Kerrouche estime qu'il "y a une nécessité de changement de pratiques" au groupe socialiste. "On est un peu en sous-régime sur ce que l'on peut faire", regrette le candidat, qui pointe les "tensions et crispations" postérieures au dernier Congrès du PS.

Un temps pressenti comme postulant, le sénateur du Val-d'Oise Rachid Temal n'a finalement pas déposé de candidature.


Incendie dans le Cher: risque «écarté» concernant le site d'armement Seveso 

Cette photographie aérienne montre une zone brûlée alors qu'un incendie de forêt fait rage dans le département des Pyrénées-Orientales, dans le sud de la France, près de la commune de Montalba-le-Château, aux alentours de Perpignan, le 7 juillet 2026. Photo d'illustration. (AFP)
Cette photographie aérienne montre une zone brûlée alors qu'un incendie de forêt fait rage dans le département des Pyrénées-Orientales, dans le sud de la France, près de la commune de Montalba-le-Château, aux alentours de Perpignan, le 7 juillet 2026. Photo d'illustration. (AFP)
  • "Il y a eu des hélicoptères bombardiers qui ont permis de cesser son évolution", a précisé la préfecture
  • A 15h45, un feu s'est déclaré sur la commune de Morthomiers, située à une dizaine de km de Bourges et "s'est propagé sur 60 hectares de bois résineux"

RENNES:  Le feu de forêt qui s'est propagé sur un site d'armement KNDS, classé Seveso seuil haut, près de Bourges (Cher), ne menace plus directement les lieux sensibles de l'usine et le risque est ainsi "écarté", a indiqué mercredi soir la préfecture à l'AFP.

"L'incendie n'est pas tout à fait fixé sur le flanc avant droit, mais, par contre, le flanc gauche qui lui était vraiment un danger pour le site dans lequel il y avait les munitions, est fixé", a déclaré à l'AFP la préfecture du Cher, précisant que le confinement de la centaine d'habitants dans la proche commune de Morthomiers était "levé".

"Il y a eu des hélicoptères bombardiers qui ont permis de cesser son évolution", a précisé la préfecture.

A 15h45, un feu s'est déclaré sur la commune de Morthomiers, située à une dizaine de km de Bourges et "s'est propagé sur 60 hectares de bois résineux".

L'incendie a ensuite gagné le site d'armement de KNDS d'une superficie d'environ 170 hectares, d'après la préfecture.

Le plan communal de sauvegarde a été mis en oeuvre et le centre opérationnel départemental a également été activé en préfecture.

Les 500 personnes qui travaillent régulièrement sur ce site d’armement avaient toutes été évacuées et une équipe interne de lutte contre les incendies avait été déployée, a indiqué à l'AFP une porte-parole de KNDS.

Environ 70 personnes de la commune de Morthomiers avaient elles été confinées dans la salle des fêtes du village, qui compte environ 850 habitants, d'après le maire M. Guillaume Porcher.


L'incendie dans la Drôme toujours très actif, météo «défavorable»

Un pompier dans la Drôme, photo d'archives. (AFP)
Un pompier dans la Drôme, photo d'archives. (AFP)
  • L'incendie, qui a éclaté le 2 juillet, n'est "toujours pas fixé", selon l'officier, "il reste très actif sur tous les flancs"
  • Les flammes sont loin de toute zone habitée mais, dès lundi, les 250 habitants de deux villages --Barsac et Montmaur-en-Diois-- avaient été évacués par précaution, puis plus de 450 enfants de deux colonies de vacances mardi

DIE: Plus de 430 pompiers tentaient toujours mercredi de ralentir un important incendie qui brûle depuis six jours la forêt d'une zone montagneuse inhabitée du sud de la Drôme, attisé par la chaleur, la sécheresse et des vents forts.

Le feu progresse peu avec une surface parcourue qui reste autour de 2.500 hectares, selon un bilan établi en milieu d'après-midi, mais "les conditions météorologiques défavorables complexifient encore nos manoeuvres et confirment nos inquiétudes", a expliqué sur place le lieutenant-colonel des pompiers Nicolas Héritier.

Les moyens aériens sur cette zone très escarpée et difficile d'accès au sol, sur la commune de Die, se limitaient vendredi à un hélicoptère lourd bombardier d'eau et un autre de reconnaissance, les deux Canadair attendus depuis plusieurs jours ayant été "priorisés" sur d'autres incendies dans le sud du pays où des habitations sont menacées.

L'effectif des pompiers va toutefois monter à 430 personnels en soirée avec des effectifs venant du Gard et du Vaucluse et sera renforcé, jeudi, avec 120 militaires de l'armée de terre spécialisés dans la lutte au sol contre les feux de forêts, a précisé le lieutenant-colonel Héritier.

L'incendie, qui a éclaté le 2 juillet, n'est "toujours pas fixé", selon l'officier, "il reste très actif sur tous les flancs".

Les flammes sont loin de toute zone habitée mais, dès lundi, les 250 habitants de deux villages --Barsac et Montmaur-en-Diois-- avaient été évacués par précaution, puis plus de 450 enfants de deux colonies de vacances mardi.

Mercredi, les habitants d'autres villages ont été appelés à se tenir prêts à quitter les lieux mais, en fin d'après-midi, la préfecture de la Drôme a indiqué qu'"aucune évacuation n'était nécessaire dans le secteur".

Habitant de Die, Yvan Bringard, 56 ans, voit les flammes depuis sa maison, sans se sentir en danger. "Les pompiers sont sereins, rassurés, et ça nous rassure aussi", a expliqué à l'AFP le retraité qui a accueilli pour la nuit plusieurs soldats du feu chez lui.

Des températures élevées, "jusqu'à 35°C", ainsi que "du vent du Nord de 20 km/h avec des rafales de 45", couplées à une sécheresse persistante et un terrain extrêmement difficile d'accès au sol expliquent que les pompiers n'arrivent toujours pas à arrêter la progression du feu, selon le lieutenant-colonel Héritier.

L'origine de cet incendie remonte à un premier feu provoqué par la foudre le 24 juin, déclaré éteint le lendemain. Malgré la surveillance des pompiers, un des foyers s'était réveillé une semaine plus tard, à la faveur d'un vent très fort et d'une chaleur persistante.

Dans le département voisin de l'Ardèche, 276 sapeurs-pompiers restent également mobilisés contre un autre incendie de végétation, qui a parcouru 90 hectares. Quatre d'entre eux ont été victimes de malaise, dont l'un transporté à l'hôpital.


La Cour de cassation n'a pas à se prononcer «plus rapidement», estime l'avocat de Le Pen

L'avocat de Marine Le Pen a estimé mercredi que la Cour de cassation n'avait pas à se prononcer "plus rapidement que d'habitude" sur le pourvoi de sa cliente, qui suspend sa peine de bracelet électronique à neuf mois de l'élection présidentielle. (AFP)
L'avocat de Marine Le Pen a estimé mercredi que la Cour de cassation n'avait pas à se prononcer "plus rapidement que d'habitude" sur le pourvoi de sa cliente, qui suspend sa peine de bracelet électronique à neuf mois de l'élection présidentielle. (AFP)
  • En janvier, le premier président de la Cour de cassation avait évoqué la possibilité que la plus haute instance judiciaire se prononce autour de la fin de l'année 2026 en cas de pourvoi, vu l'imminence de la présidentielle 2027 au printemps
  • Les délais de la Cour de cassation pour se prononcer sur un pourvoi contre une condamnation pénale sont normalement de huit mois à un an

PARIS: L'avocat de Marine Le Pen a estimé mercredi que la Cour de cassation n'avait pas à se prononcer "plus rapidement que d'habitude" sur le pourvoi de sa cliente, qui suspend sa peine de bracelet électronique à neuf mois de l'élection présidentielle.

La cour d'appel de Paris a condamné mardi Marine Le Pen à trois ans de prison, dont un an ferme sous surveillance électronique, dans l'affaire des assistants parlementaires d'eurodéputés du Front national.

Son inéligibilité ayant été réduite à 15 mois ferme, déjà purgés, la patronne du Rassemblement national a annoncé mardi sa candidature à l'élection présidentielle mais également déposé un pourvoi en cassation, qui suspend l'exécution de sa peine.

"Il avait été évoqué une accélération du calendrier de la Cour de cassation, pourquoi ? Parce qu'au moment où le président de la Cour de cassation l'avait évoqué, il y avait l'exécution provisoire (application immédiate de la peine d'inéligibilité prononcée en première instance, ndlr). L'exécution provisoire n'est plus du tout d'actualité", a déclaré mercredi sur France Inter son avocat Rodolphe Bosselut.

En janvier, le premier président de la Cour de cassation avait évoqué la possibilité que la plus haute instance judiciaire se prononce autour de la fin de l'année 2026 en cas de pourvoi, vu l'imminence de la présidentielle 2027 au printemps.

Les délais de la Cour de cassation pour se prononcer sur un pourvoi contre une condamnation pénale sont normalement de huit mois à un an.

"Quelle est en l'occurrence la situation qui justifierait que la Cour de cassation tranche plus rapidement que d'habitude ?", a interrogé Me Bosselut.

"Ce n'est pas moi qui ai accéléré la cour d'appel (...) Ce n'est pas moi qui ralentirai la Cour de cassation", a-t-il assuré, en référence au traitement de faveur judiciaire pour la tenue rapide d'un procès en appel dont a bénéficié Marine Le Pen.

"Je voudrais que le cours de la justice soit un cours identique à tous les justiciables", a-t-il conclu.

"A partir du moment où Marine Le Pen peut se présenter grâce à cet arrêt de la cour d'appel, il n'y a plus d'urgence à ce que la Cour de cassation se prononce", a abondé sur RMC-BFMTV le maire de Perpignan Louis Aliot, très proche de Marine Le Pen et également condamné dans ce dossier.

"Faites comme pour tout Français", a enjoint le directeur de campagne du RN Julien Sanchez sur RTL, rappelant que "le délai classique pour aller en cassation, en général, c'est douze, quinze mois".

La cour d'appel a déclaré mardi Marine Le Pen, le Rassemblement national et dix autres personnes coupables de la mise en place d'une "organisation" pour salarier au titre d'assistants parlementaires d'eurodéputés des personnes qui travaillaient en réalité pour le parti, "une rupture d'égalité" avec les autres formations politiques.

Sur les contrats litigieux d'assistants parlementaires dont elle était saisie, la cour d'appel a chiffré le préjudice total du Parlement européen à 2,8 millions d'euros entre 2004 et 2016.