Macron défend son écologie «juste» et promet de «reprendre le contrôle» du prix de l'électricité

Emmanuel Macron a présenté lundi les grands axes de sa «planification» pour une écologie «souveraine», «compétitive» et «juste». (Photo: Ludovic MARIN / AFP)
Emmanuel Macron a présenté lundi les grands axes de sa «planification» pour une écologie «souveraine», «compétitive» et «juste». (Photo: Ludovic MARIN / AFP)
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Publié le Mardi 26 septembre 2023

Macron défend son écologie «juste» et promet de «reprendre le contrôle» du prix de l'électricité

  • Le président de la République a annoncé une enveloppe immédiate de 700 millions d'euros de l'Etat pour bâtir 13 RER métropolitains, soit plus que les dix chantiers envisagés initialement
  • Macron a abordé un point politiquement très sensible en cette rentrée dominée par l'inflation et la baisse du pouvoir d'achat: le prix de l'électricité

PARIS: Emmanuel Macron a présenté lundi les grands axes de sa "planification" pour une écologie "souveraine", "compétitive" et "juste", promettant d'annoncer en octobre une reprise du "contrôle sur notre prix de l'électricité" face aux oppositions qui l'accusent de laisser la facture exploser.

Après avoir vanté dimanche soir à la télévision une "écologie à la française", "une écologie de progrès", "qui n'est ni le déni", "ni la cure qui consiste à dire +ça va être un massacre+", le chef de l'Etat a encore peaufiné sa vision au terme d'une réunion ministérielle à l'Elysée pour adopter son plan de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Pour tenir les objectifs de la France, c'est-à-dire une baisse de 55% à l'horizon 2030 par rapport à 1990, il faut "aller deux fois plus vite", a-t-il réaffirmé, alors que la baisse des émissions de son premier quinquennat a été aidée par le ralentissement économique causé par la Covid.

Le président de la République a fait quelques annonces nouvelles, comme une enveloppe immédiate de 700 millions d'euros de l'Etat pour bâtir 13 RER métropolitains, soit plus que les dix chantiers envisagés initialement. Mais il a précisé que ces projets coûteraient au total 10 milliards d'euros.

Alors qu'il avait confirmé la veille renoncer à bannir les chaudières à gaz pour ne pas laisser les Français des zones rurales "sans solutions", il a aussi fixé l'objectif de produire "un million de pompes à chaleur" par an dans le pays d'ici la fin de son mandat en 2027, soit le triple par rapport au niveau actuel.

Surtout, il a abordé un point politiquement très sensible en cette rentrée dominée par l'inflation et la baisse du pouvoir d'achat: le prix de l'électricité.

Deux fois plus vite ?

En octobre, il annoncera une reprise "du contrôle", pour avoir des prix "qui vont donner de la visibilité à la fois aux ménages et à nos industriels" tout en étant compétitifs au niveau européen, a-t-il lancé sans détailler comment.

Et en novembre sera présenté le dispositif pour le leasing de voitures électriques à 100 euros par mois, qui démarrera avec seulement quelques dizaines de milliers de véhicules en 2024 pour laisser le temps à la filière française et européenne de monter en puissance face aux modèles chinois.

Le patron des socialistes Olivier Faure a dénoncé sur X un plan "ficelé à la va-vite", déplorant l'absence de "solutions de financement pérennes et socialement justes".

Ces annonces s'inscrivent dans une stratégie qu'Emmanuel Macron a tenté de rendre lisible.

Selon lui, la planification écologique doit s'inscrire dans la politique de réindustrialisation de la France, par le verdissement et notamment l'électrification des transports et de l'industrie, et servir l'objectif de souveraineté pour réduire les dépendances aux importations.

Parallèlement, cette écologie doit être "accessible et juste", a plaidé le président, assurant vouloir "accompagner à la fois les territoires et les personnes qui sont les plus fragiles". Dans le logement, au-delà de "Ma Prime Renov", il a assuré que "les ménages les plus modestes mais aussi les familles moyennes" seraient "mieux accompagnés".

Au niveau européen, il a laissé entendre qu'il souhaitait que les dépenses pour la transition écologique ne soient pas prises en compte dans la comptabilité du déficit et de la dette. "La France se battra pour avoir une stratégie d'investissement massif", a-t-il martelé.

Selon son entourage, cette présentation était le point d'orgue de la séquence lancée par Emmanuel Macron entre les deux tours de la présidentielle. En meeting à Marseille, il avait promis que sa future Première ministre serait "directement chargée de la planification écologique" afin d'aller "deux fois plus vite" pour réduire les émissions de gaz à effet de serre de 55% à l'horizon 2030.

Le second quinquennat "sera écologique ou ne sera pas", avait lancé celui dont le premier mandat avait déçu les défenseurs de l'environnement et qui devait tenter de rallier les électeurs de gauche face à Marine Le Pen.

Elisabeth Borne a orchestré les travaux qui ont permis d'identifier, secteur par secteur (transports, industries, agriculture...), l'effort nécessaire pour tenir les objectifs de décarbonation de la France, et une cinquantaine de "leviers" pour y parvenir. Sept milliards d'euros supplémentaires ont été alloués à la transition écologique pour 2024.

Elisabeth Borne a ensuite défriché le terrain en présentant les contours de ce plan aux chefs de parti et à la société civile la semaine dernière. Si le constat a été jugé "lucide" par les écologistes, ces derniers réclament de passer de la parole aux actes, et de financer ce chantier titanesque au-delà de 2024.

Emmanuel Macron a bien évoqué une programmation pluriannuelle, mais sans avancer de chiffres. Et s'il a confirmé la sortie du charbon en 2027, il n'a pas donné de date pour la sortie des autres énergies fossiles comme le pétrole et le gaz, ainsi que le réclamait une organisation comme Greenpeace.


Liban: Barrot réplique à l'ambassadeur israélien à Washington

Le chef de la diplomatie française a répliqué mercredi aux commentaires acerbes envers Paris de l'ambassadeur israélien aux Etats-Unis, impliqué dans les négociations avec le Liban, lui "suggérant" de rester "le plus éloigné que possible" des médias. (AFP)
Le chef de la diplomatie française a répliqué mercredi aux commentaires acerbes envers Paris de l'ambassadeur israélien aux Etats-Unis, impliqué dans les négociations avec le Liban, lui "suggérant" de rester "le plus éloigné que possible" des médias. (AFP)
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  • S'exprimant mardi devant la presse à l'issue de pourparlers directs entre Israël et le Liban à Washington, Yechiel Leiter avait affirmé: "Il est certain que nous ne voulons pas voir les Français s'immiscer dans ces négociations"
  • Des termes qui lui ont valu une réplique du ministre français, Jean-Noël Barrot ironisant mercredi sur M. Leiter, "un homme qui apparemment est très diplomate, très fin et très subtil"

BERLIN: Le chef de la diplomatie française a répliqué mercredi aux commentaires acerbes envers Paris de l'ambassadeur israélien aux Etats-Unis, impliqué dans les négociations avec le Liban, lui "suggérant" de rester "le plus éloigné que possible" des médias.

S'exprimant mardi devant la presse à l'issue de pourparlers directs entre Israël et le Liban à Washington, Yechiel Leiter avait affirmé: "Il est certain que nous ne voulons pas voir les Français s'immiscer dans ces négociations".

"Nous aimerions garder les Français aussi loin que possible de pratiquement tout, mais surtout lorsqu'il s'agit de négociations de paix", a poursuivi le représentant israélien.

Des termes qui lui ont valu une réplique du ministre français, Jean-Noël Barrot ironisant mercredi sur M. Leiter, "un homme qui apparemment est très diplomate, très fin et très subtil"

"Il est apparemment déterminé à réduire au maximum le nombre de pays partenaires dont le Liban aura besoin pour se redresser", a-t-il encore grincé, en marge de la conférence internationale sur le Soudan à Berlin.

Il a aussi suggéré au diplomate israélien de se tenir éloigné "des micros et des caméras de télévision".

Sur le fond, il s'est dit "satisfait" que le gouvernement israélien ait répondu  "à la demande de la France" en saisissant "la main tendue" par Beyrouth afin de "parvenir à consolider un cessez-le-feu, à engager de manière coordonnée un processus de désarmement du Hezbollah, puis à régler le différend qui oppose les deux pays depuis des décennies".

Les relations entre le président Emmanuel Macron et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu sont notoirement tendues, en particulier depuis que la France a reconnu un Etat palestinien.

 

 


Interpellation en Espagne de Walid Bara, condamné mardi en France pour un double assassinat

Le narcotrafiquant Walid Bara, condamné mardi en France pour un double assassinat, a été interpellé à Madrid quelques heures après la fin du procès dans lequel il était jugé avec deux chefs présumés de la DZ Mafia, a-t-on appris mercredi de source judiciaire, confirmant une information du journal Le Monde. (AFP)
Le narcotrafiquant Walid Bara, condamné mardi en France pour un double assassinat, a été interpellé à Madrid quelques heures après la fin du procès dans lequel il était jugé avec deux chefs présumés de la DZ Mafia, a-t-on appris mercredi de source judiciaire, confirmant une information du journal Le Monde. (AFP)
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  • Walid Bara, alias Fondu, est considéré comme l'un des commanditaires du "double homicide du Formule 1" jugé durant plus de trois semaines à Aix
  • Dans le procès, émaillé d'incidents, les juges ont prononcé les condamnations de cinq hommes, dont un des chefs présumés du gang criminel DZ Mafia, Gabriel Ory, tandis qu'un autre chef présumé de cette organisation issue de Marseille

MARSEILLE: Le narcotrafiquant Walid Bara, condamné mardi en France pour un double assassinat, a été interpellé à Madrid quelques heures après la fin du procès dans lequel il était jugé avec deux chefs présumés de la DZ Mafia, a-t-on appris mercredi de source judiciaire, confirmant une information du journal Le Monde.

L'homme de 39 ans, au lourd cursus délinquant, était en fuite et a été condamné en son absence par la cour d'assises d'Aix-en-Provence à une peine de 25 ans de réclusion pour son implication dans un double assassinat commis en 2019 sur fond de rivalités entre trafiquants de drogue.

Les circonstances de son interpellation n'ont pas été précisées.

Walid Bara, alias Fondu, est considéré comme l'un des commanditaires du "double homicide du Formule 1" jugé durant plus de trois semaines à Aix.

Dans le procès, émaillé d'incidents, les juges ont prononcé les condamnations de cinq hommes, dont un des chefs présumés du gang criminel DZ Mafia, Gabriel Ory, tandis qu'un autre chef présumé de cette organisation issue de Marseille mais qui a progressivement étendu son influence, Amine Oualane, a bénéficié d'un acquittement.

Le quotidien La Provence rapportait par ailleurs fin 2024 l'implication de Walid Bara dans un trafic de stupéfiants implanté dans le 15e arrondissement de Marseille. Identifié comme le "patron" de ce trafic, le cas de Walid Bara avait néanmoins été disjoint d'un procès fin 2024.

Interpellé en juillet 2021 et mis en examen dans quatre affaires dont trois de règlements de comptes, il avait été remis en liberté en mai 2024 après une succession de vices de procédure, selon le quotidien.


Armement: Macron et le président indonésien Prabowo discutent d'un renforcement des liens dans la défense

Le président indonésien Prabowo Subianto et son homologue français Emmanuel Macron ont discuté à Paris du renforcement de leur coopération dans le domaine de la défense, a indiqué Jakarta mercredi. (AFP)
Le président indonésien Prabowo Subianto et son homologue français Emmanuel Macron ont discuté à Paris du renforcement de leur coopération dans le domaine de la défense, a indiqué Jakarta mercredi. (AFP)
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  • Les autorités françaises n'ont pas à ce stade communiqué sur cette rencontre qui intervenait au lendemain d'une visite du président indonésien à Moscou
  • L’Indonésie a reçu fin janvier ses trois premiers avions de combat Rafale de fabrication française, dans le cadre d'un contrat de 8,1 milliards de dollars portant sur l’achat de 42 appareils à la France

JAKARTA: Le président indonésien Prabowo Subianto et son homologue français Emmanuel Macron ont discuté à Paris du renforcement de leur coopération dans le domaine de la défense, a indiqué Jakarta mercredi.

Prabowo Subianto a été reçu mardi par son homologue Emmanuel Macron à l'Elysée, et ont "discuté du renforcement de la coopération stratégique", selon un communiqué du gouvernement indonésien.

"Cela inclut l'acquisition d'équipements militaires et le renforcement de l'industrie de la défense", précise le document, citant la France comme un partenaire stratégique de l'Indonésie en Europe.

Les dirigeants sont également convenus de coopérer en matière de "transition énergétique et de développement des énergies nouvelles et renouvelables", peut-on y lire.

Les autorités françaises n'ont pas à ce stade communiqué sur cette rencontre qui intervenait au lendemain d'une visite du président indonésien à Moscou.

L’Indonésie a reçu fin janvier ses trois premiers avions de combat Rafale de fabrication française, dans le cadre d'un contrat de 8,1 milliards de dollars portant sur l’achat de 42 appareils à la France.

Depuis l'arrivée au pouvoir de Prabowo Subianto, l'Indonésie cherche à rajeunir son équipement militaire vieillissant.

Lors de la visite du président français Emmanuel Macron à Jakarta l'année dernière, le ministre français des Armées de l'époque, Sébastien Lecornu, a affirmé que l'Indonésie avait signé une lettre d'intention pour l'achat de nouveaux avions Rafale à la société française Dassault Aviation, sans préciser les chiffres ni le calendrier.

Selon lui, l'Indonésie s'est également engagée à acheter des frégates légères et des sous-marins Scorpène, ainsi que des obusiers Caesar et des munitions au groupe franco-allemand KNDS.

Lundi, le président indonésien s'est entretenu pendant cinq heures avec Vladimir Poutine au Kremlin, d'où il s'est envolé directement pour Paris, selon la même source.

Les deux ont discuté du "renforcement de leur partenariat stratégique, en particulier dans les secteurs de l'énergie, des ressources minérales et du développement industriel national".

Prabowo Subianto, qui s'est récemment rendu en Corée du Sud et au Japon, multiplie les visites à l'étranger.

Jakarta défend une position diplomatique non alignée. Le pays a rejoint l'an dernier le bloc des Brics+, une alliance élargie de pays émergents, aux côtés de la Chine et de la Russie. L'Indonésie fait également partie du "Conseil de Paix" de Donald Trump.