Amin Maalouf élu à la tête de l'Académie, qui doit «refléter la diversité» du pays

L'écrivain franco-libanais et membre de l'Académie française Amin Maalouf pose chez lui à Port-Joinville, dans l'ouest de la France, le 1er octobre 2021. (Photo, AFP)
L'écrivain franco-libanais et membre de l'Académie française Amin Maalouf pose chez lui à Port-Joinville, dans l'ouest de la France, le 1er octobre 2021. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 28 septembre 2023

Amin Maalouf élu à la tête de l'Académie, qui doit «refléter la diversité» du pays

  • Il a été élu par 24 voix contre 8 pour son concurrent et ami, l'écrivain Jean-Christophe Rufin
  • Le secrétaire perpétuel est le membre qui dirige cette institution chargée de défendre et promouvoir la langue française. Il n'y a eu que 32 personnes pour occuper ce poste depuis 1635

PARIS: L'écrivain franco-libanais Amin Maalouf, 74 ans, a été élu secrétaire perpétuel de l'Académie française, une institution qui doit selon lui "refléter la diversité du pays et du monde".

M. Maalouf a été élu à la tête de l'Académie par 24 voix, contre huit pour son concurrent Jean-Christophe Rufin, au terme d'un scrutin à huis clos.

Le secrétaire perpétuel est le membre qui dirige cette institution chargée de défendre et promouvoir la langue française. Il n'y a eu que 32 personnes pour occuper ce poste depuis 1635.

Il était vacant depuis le décès en août de l'historienne Hélène Carrère d'Encausse qui l'occupait depuis 1999.

"Je suis persuadé que la mission de l'Académie française est encore plus importante aujourd'hui qu'elle ne l'était au temps de Richelieu", cardinal et homme d'Etat français mort en 1642 ; c'est "un élément essentiel de l'identité d'une nation et du rayonnement de la France dans le monde", a déclaré Amin Maalouf, après son élection sous la coupole.

"Nous sommes dans un monde désemparé et je pense que nous avons besoin de lieux qui représentent une sorte de conscience morale", a ajouté le nouveau secrétaire général, très impliqué dans les activités de l'institution où il a été élu en 2011.

Symbole pour les francophones

"C'est un excellent choix, (...) un immense écrivain, un homme de fraternité, de dialogue, d'apaisement", a salué la ministre de la Culture, Rima Abdul Malak, elle aussi franco-libanaise, en arrivant sous la coupole après l'élection.

Elle a souligné qu'il s'agissait d'un "magnifique symbole pour tous les francophones du monde".

Le nouveau secrétaire perpétuel, prix Goncourt 1993 pour "Le Rocher de Tanios", est délesté dans l'immédiat d'une tâche à laquelle Hélène Carrère d'Encausse a consacré beaucoup d'énergie : achever la neuvième édition du Dictionnaire de l'Académie.

"On est tout à fait au bout", a confirmé M. Maalouf, l'examen du mot "zoologie" ayant par exemple été fait.

Il a annoncé une "fête" pour célébrer la fin de cette tâche de près d'un siècle, en indiquant aussi qu'il comptait engager "une réflexion approfondie" avant la dixième édition : le dictionnaire "ne peut plus se concevoir aujourd'hui comme il se concevait avant".

«Pas un parti politique»

Il ne s'est pas plus livré sur l'orientation qu'il comptait donner à sa présidence d'une institution parfois jugée conservatrice, sur des sujets comme l'orthographe ou l'écriture inclusive.

"Le Français va mal ! Il est important que l'Académie française sache défendre la langue au risque que nous soyons traités de +réac+", a déclaré en sortant du scrutin l'un des plus médiatiques des académiciens, Alain Finkielkraut.

Le nouveau secrétaire général se veut plus mesuré : "je n'irai pas jusqu'à dire que la langue est en danger, mais il y a constamment des menaces (...) Je pense qu'il faut avoir une vision d'une langue française qui peut redevenir conquérante", a-t-il confié à l'AFP.

En tout état de cause, "l'Académie n'est pas et ne sera jamais un parti politique", a-t-il martelé, jugeant "important qu'il y ait toutes les sensibilités, toutes les opinions (représentées) et que tout cela se passe dans la courtoisie, dans l'amitié et la fraternité".

Deux autres questions pressantes l'occuperont.

D'abord, les finances. L'Académie française, tout comme les autres branches de l'Institut de France, est dans une situation financière délicate, elle qui vit du produit de ses actifs financiers ainsi que de dons et de legs.

En 2021, la Cour des comptes exhortait à rapidement rénover la Coupole, face au risque d'incendie. Cela reste à faire.

Ensuite, l'attractivité. Rajeunir et féminiser la "Compagnie", actuellement composée de 28 hommes et sept femmes, est un objectif de longue date. "L'habit vert", à revêtir tous les jeudis, attire les retraités, très peu les actifs.

"Il faut élire plus de femmes" académiciennes, a plaidé jeudi Amin Maalouf. Cinq sièges sont à pourvoir à l'Académie.

M. Maalouf a aussi eu un mot pour son "ami" Jean-Christophe Rufin, candidat malheureux qui avait fini par se déclarer tardivement, ce qui a alimenté des tensions dans le microcosme de l'Académie.


Coupe de France: Lens rejoint la finale, tout proche d'écrire son histoire

Le Saoudien a réussi un très bon match, tout comme Allan Saint-Maximin, insaisissable, et Florian Thauvin, meneur dans l'effort des deux côtés du terrain. (AFP)
Le Saoudien a réussi un très bon match, tout comme Allan Saint-Maximin, insaisissable, et Florian Thauvin, meneur dans l'effort des deux côtés du terrain. (AFP)
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  • Quatre jours après l'avoir emporté face au TFC en Ligue 1 (3-2) dans la douleur, le club du bassin minier a récidivé, cette fois plus tranquillement grâce à une formidable efficacité offensive
  • Ce but a porté un coup au moral du Téfécé, libérant par la même occasion les Lensois, qui ont ensuite accentué leur avantage grâce à Adrien Thomasson, avec une nouvelle fois Saud Abdulhamid en dernier passeur (74e)

LENS: Lens n'est plus qu'à un match d'écrire une grande page de son histoire: les Sang et Or ont battu Toulouse (4-1) mardi soir au stade Bollaert pour rallier la finale de la Coupe de France, qu'ils n'ont encore jamais remportée.

Quatre jours après l'avoir emporté face au TFC en Ligue 1 (3-2) dans la douleur, le club du bassin minier a récidivé, cette fois plus tranquillement grâce à une formidable efficacité offensive.

Comment pouvait-il en être autrement? Bollaert attend ça depuis si longtemps qu'il l'a rappelé avant le coup d'envoi avec de grands tifos mettant en avant cette anomalie de l'histoire: malgré son titre de champion de France et trois finales de la Coupe (1948, 1975 et 1998), le Racing n'a jamais soulevé ce trophée.

Les Lensois auront l'occasion d'effacer cette bizarrerie le 22 mai au Stade de France contre Strasbourg ou Nice, qui s'affrontent mercredi soir à la Meinau.

Les Artésiens avaient quitté leur stade Bollaert en fusion, vendredi soir, au bout d'une remontée face aux Toulousains validée dans les derniers instants du match. Ils ont retrouvé leur antre dans le même état, qui n'aura pas souvent eu l'occasion de vibrer pour sa coupe de la saison, en l'absence de compétition européenne, en n'accueillant que le 32e de finale avant cette rencontre. Alors les supporters en ont profité jusqu'au bout, chantant "on est en finale" quand le résultat était devenu inéluctable, avant d'envahir complètement le terrain au coup de sifflet final.

Réalisme lensois froid 

Puni par une entame de match désastreuse lors de la "manche aller", les joueurs de l'Artois ont cette fois piqué d'entrée grâce à Florian Thauvin, d'un pénalty tiré lentement mais avec beaucoup de maîtrise (5e). Le champion du monde (2018) l'avait lui-même provoqué, fauché dans la surface par Pape Demba Diop.

Titularisé à la place de Wesley Saïd, Allan Saint-Maximin a doublé le score d'une frappe à l'entrée de la surface avant de célébrer d'un salto devant le banc lensois (18e).

Mais cette réussite offensive a contrasté avec une fébrilité dans la ligne arrière qui a rappelé le début du match précédent, symbolisé par une première approximation de Samson Baidoo (2e), enfin de retour en tant que titulaire après une blessure, puis une seconde, qui a cette fois coûté un but inscrit par Santiago Hidalgo (21e).

Entre-temps et dans les minutes qui ont suivi, Ismaëlo Ganiou (21 ans) aussi a été hésitant, sans doute pris par l'enjeu du match le plus important de sa jeune carrière.

Toulouse limité 

Les Sang et Or ont globalement eu des difficultés à construire le jeu lors de la première demi-heure, bien gênés par les Toulousains de Carles Martinez Novell, qui ont souvent coupé la relation entre les défenseurs et les milieux de terrain lensois.

Mais malgré cela, ils ont frappé une nouvelle fois par le piston gauche Matthieu Udol, à bout portant, à la réception d'un centre de l'autre piston, Saud Abdulhamid (35e).

Ce but a porté un coup au moral du Téfécé, libérant par la même occasion les Lensois, qui ont ensuite accentué leur avantage grâce à Adrien Thomasson, avec une nouvelle fois Saud Abdulhamid en dernier passeur (74e). Le Saoudien a réussi un très bon match, tout comme Allan Saint-Maximin, insaisissable, et Florian Thauvin, meneur dans l'effort des deux côtés du terrain.

En face, au-delà de sa pression défensive intéressante, Toulouse n'aura pas montré grand-chose et s'est heurté aux limites d'un onzième de Ligue 1, face au deuxième. S'il n'a pas le championnat, Lens aura peut-être la Coupe.

 

 


Le « Inshallah » d’Anne Hathaway fait le buzz

L’utilisation par la star hollywoodienne Anne Hathaway de l’expression arabe « Inshallah » lors d’une récente interview a été chaleureusement accueillie en ligne. (AFP)
L’utilisation par la star hollywoodienne Anne Hathaway de l’expression arabe « Inshallah » lors d’une récente interview a été chaleureusement accueillie en ligne. (AFP)
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  • L’utilisation du mot « Inshallah » par Anne Hathaway dans une interview devient virale et saluée pour sa portée culturelle
  • Sabrina Carpenter s’excuse après une confusion sur une tradition arabe lors de Coachella, relançant le débat sur la sensibilité culturelle

DUBAÏ : L’actrice hollywoodienne Anne Hathaway a suscité une vague de réactions positives en ligne après avoir utilisé l’expression arabe « Inshallah » lors d’une récente interview.

Offrant un moment de résonance culturelle au cours d’une discussion introspective sur le vieillissement et la longévité dans l’industrie du cinéma, l’actrice s’exprimait auprès de People Magazine pour promouvoir son dernier film, « The Devil Wears Prada 2 ».

Elle s’est confiée sur sa vie à 43 ans et sur ce que signifie avoir passé plus de deux décennies à Hollywood, évoquant l’évolution de sa perspective au fil du temps.

« J’apprécie enfin le calme », a-t-elle déclaré, expliquant qu’elle ne vit plus les hauts et les bas émotionnels de l’industrie avec la même intensité qu’auparavant. Désormais, elle aborde chaque nouvelle décennie avec curiosité plutôt qu’avec crainte.

Elle a ajouté : « Je veux avoir une vie longue et en bonne santé, Inshallah. J’espère. »

L’utilisation de cette expression arabe — qui signifie « si Dieu le veut » — a largement trouvé un écho, notamment auprès des publics du Moyen-Orient où elle est couramment employée pour exprimer l’espoir.

La vidéo de l’interview a depuis dépassé les 300 000 mentions « j’aime » sur TikTok.

Un utilisateur a commenté : « Inshallah ma princesse de Genovia », en référence à son rôle dans « The Princess Diaries », tandis qu’un autre a écrit : « Masha Allah sœur Anne ».

Plusieurs internautes ont également salué sa sagesse sur le vieillissement, l’un d’eux déclarant : « C’est la version la plus agréable d’elle que j’ai vue en interview récemment. »

Par ailleurs, la chanteuse américaine Sabrina Carpenter a présenté ses excuses sur X samedi après avoir confondu une zaghrouta — une ululation festive traditionnelle arabe — avec du yodel lors de sa performance principale à Coachella vendredi soir.

« Toutes mes excuses, je n’ai pas vu cette personne et je n’entendais pas clairement », a écrit Carpenter. « Ma réaction relevait de la confusion et du sarcasme, sans mauvaise intention. J’aurais pu mieux gérer la situation ! Maintenant, je sais ce qu’est une zaghrouta ! »

Des extraits de la scène ont largement circulé en ligne. Assise au piano sur la scène principale du festival, elle avait réagi : « Je crois avoir entendu quelqu’un faire du yodel… Je n’aime pas ça. »

Le fan a répondu : « C’est ma culture ! » — ce à quoi Carpenter a répliqué : « C’est ta culture, le yodel ? » Avant que l’intéressé ne précise : « C’est un cri de célébration. » Carpenter a alors conclu : « On est à Burning Man ? Qu’est-ce qui se passe ? C’est étrange. » 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le festival d'Avignon «n'est pas là pour sortir le drapeau palestinien», selon le maire de la ville

Tiago Rodrigues (à gauche), directeur artistique du Festival d'Avignon, et Françoise Nyssen (à droite), présidente de l'Association pour la gestion du Festival d'Avignon, s'adressent à la presse en marge de la visite de la ministre française de la Culture au centre social et culturel La Croix des Oiseaux à Avignon, dans le sud de la France, le 24 juillet 2025. (AFP)
Tiago Rodrigues (à gauche), directeur artistique du Festival d'Avignon, et Françoise Nyssen (à droite), présidente de l'Association pour la gestion du Festival d'Avignon, s'adressent à la presse en marge de la visite de la ministre française de la Culture au centre social et culturel La Croix des Oiseaux à Avignon, dans le sud de la France, le 24 juillet 2025. (AFP)
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  • "J'ai été un peu choqué l'été dernier par une utilisation qui a pu être faite pour évoquer notamment de manière un petit peu trop poussée la question palestinienne", a-t-il déclaré
  • "Il y a parfois à l'occasion du festival des voix qui s'expriment et des drapeaux qui sortent. La culture est quelque chose qui doit rassembler et ne doit pas diviser", a-t-il ajouté

PARIS: Le nouveau maire divers droite d'Avignon, Olivier Galzi, a estimé mardi que le drapeau palestinien n'avait pas sa place lors du festival de théâtre qui se tient chaque été dans sa ville, estimant que la culture devait "rassembler" et non "diviser".

"Le festival n'est pas là pour sortir le drapeau palestinien", a jugé sur France Inter l'ex-journaliste, regrettant que lors de l'édition de 2025 du festival, une des plus célèbres manifestations de théâtre au monde, les références à la défense de la cause palestinienne aient été trop présentes.

"J'ai été un peu choqué l'été dernier par une utilisation qui a pu être faite pour évoquer notamment de manière un petit peu trop poussée la question palestinienne", a-t-il déclaré.

"Il y a parfois à l'occasion du festival des voix qui s'expriment et des drapeaux qui sortent. La culture est quelque chose qui doit rassembler et ne doit pas diviser", a-t-il ajouté, précisant que "quand vous mettez cette question (de la cause palestinienne, NDLR) sur le devant de la scène, ça crée de la division".

En 2025, année où la langue arabe était à l'honneur, le festival avait été marqué par plusieurs actions de militants de la défense de la cause palestinienne.

Une tribune intitulée "Nouvelle déclaration d'Avignon" avait été signée par plus d’une centaine d’artistes du monde théâtral et publiée dans Télérama en juillet pour dénoncer "le massacre de masse en cours ayant déjà tué un nombre effroyable d’enfants".

"Nous dénonçons la politique destructrice de l’État d'Israël. Nous appelons à la reconnaissance de l’État palestinien, à l'application des sanctions prévues par le droit international, à la suspension de l'accord d'association UE-Israël, et à l'arrêt de la criminalisation des prises de parole et des associations soutenant la cause palestinienne", avaient plaidé ces acteurs de la culture dont le chorégraphe et danseur Radouan Mriziga, Olivier Py, ex-directeur du Festival d’Avignon (2013-2022) et actuel directeur du Théâtre du Châtelet à Paris, l'écrivain Édouard Louis ou encore l'actuel directeur du festival d'Avignon Tiago Rodrigues.

Ce dernier avait également été présent à la lecture de cet appel, sans toutefois prendre la parole, sur la place du Palais des Papes où plusieurs drapeaux palestiniens avaient été déployés.

Le budget du festival est d'environ 16 millions d'euros, parmi lesquels figurent quelque deux millions de subventions partagés environ à parts égales entre la ville et la métropole d'Avignon, dont Olivier Galzi est également à la tête.

Quarante-sept spectacles (près de 300 représentations), dont 30 créations, sont au menu de la 80e édition de ce grand rendez-vous du théâtre international qui se tiendra du 4 au 25 juillet et mettra à l'honneur la Corée du Sud.