Kosovo: La Serbie ramène «à la normale» le niveau de ses troupes à la frontière

Un policier regarde les policiers du Kosovo fouiller un restaurant et un bâtiment dans la partie nord-serbe de la ville ethniquement divisée de Mitrovica, le 29 septembre 2023 (Photo, AFP).
Un policier regarde les policiers du Kosovo fouiller un restaurant et un bâtiment dans la partie nord-serbe de la ville ethniquement divisée de Mitrovica, le 29 septembre 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 03 octobre 2023

Kosovo: La Serbie ramène «à la normale» le niveau de ses troupes à la frontière

  • Les Etats-Unis, principal allié international du Kosovo, avaient alerté vendredi sur un «important déploiement militaire serbe le long de la frontière avec le Kosovo»
  • L'Otan a annoncé dimanche de son côté que sa mission militaire au Kosovo, forte de 4 500 soldats, serait renforcée par 600 militaires britanniques

BELGRADE: Mise en garde par Washington, la Serbie a affirmé lundi avoir ramené "à la normale" le niveau de ses troupes le long de la frontière avec le Kosovo, qui l'accuse d'avoir planifié d'"annexer" ses territoires dans le nord, une semaine après un regain de violences.

Les Etats-Unis, principal allié international du Kosovo, avaient alerté vendredi sur un "important déploiement militaire serbe le long de la frontière avec le Kosovo", appelant la Serbie à "retirer (ses) troupes".

L'Otan a annoncé dimanche de son côté que sa mission militaire au Kosovo, forte de 4 500 soldats, serait renforcée par 600 militaires britanniques, dont 400 sont déjà sur place, dans le cadre d'un exercice.

Face à cette pression, le chef d'état-major de l'armée serbe a tenu à rassurer sur les intentions de Belgrade.

"Le régime de fonctionnement des unités (...) dans la zone de sécurité" le long de la "ligne administrative avec le Kosovo a été ramené à la normale", a dit le général Milan Mojsilovic dans une déclaration à la presse à Belgrade.

Il a précisé que le nombre de militaires a été réduit de 8 350 à 4 500, une semaine après les dernières violences dans le nord du Kosovo.

"Nous attendons d'en voir la confirmation. Mais si c'est vrai, ce serait une mesure bienvenue", a déclaré le porte-parole du département d'Etat, Matthew Miller.

"Nous restons préoccupés par le cycle de tensions croissantes et de violences sporadiques dans le nord du Kosovo et nous encourageons les deux parties à reprendre le dialogue facilité par l'Union européenne", a-t-il cependant ajouté.

Les dirigeants de la Serbie, qui ne reconnaît pas l'indépendance proclamée en 2008 par son ancienne province majoritairement albanaise, qualifient la frontière avec le Kosovo de "ligne administrative".

Le nord du Kosovo, une zone à majorité serbe, a été le théâtre le 24 septembre d'affrontements musclés entre les forces spéciales de la police kosovare et un commando paramilitaire lourdement armé, qui aurait été mis en place par un responsable politique des Serbes du Kosovo, Milan Radoicic.

Dans un premier temps, un policier kosovar a été tué et un autre blessé sur une barricade dressée à l'entrée du village de Banjska, à 15 km de la frontière serbe.

La police kosovare a alors lancé une opération d'envergure contre ce groupe, qui s'était retranché dans un monastère de l'Eglise orthodoxe serbe. Trois de ses membres ont été tués, trois autres arrêtés. Les autres ont fui, dont Milan Radoicic, qui a déclaré à Belgrade, par la voie de son avocat, avoir organisé et équipé le groupe à l'insu de Belgrade.

Il s'agit d'une des plus graves escalades survenues dans le nord du Kosovo, secoué ces derniers temps par des incidents fréquents.

Privilégier la paix

Le général Mojsilovic s'est déclaré "surpris" par la "profonde inquiétude de certains" au sujet du déploiement des forces serbes, moins important, selon lui, que d'habitude dans des "crises sécuritaires similaires".

Il a précisé que l'armée serbe avait déployé 14 000 soldats dans la même région en décembre 2022 et en mai 2023. Par ailleurs, a-t-il souligné, les forces serbes n'avaient pas été placées cette fois-ci en "état d'alerte maximale", comme les fois précédentes.

De son côté, le ministre serbe de la Défense Milos Vucevic a dénoncé une "campagne (...) irresponsable" contre l'armée serbe et ses déploiements, mais il a aussi laissé entendre que les forces serbes étaient en mesure d'envahir le Kosovo si le président serbe Aleksandar Vucic venait à l'ordonner.

Plus tôt dans la journée, le Premier ministre kosovar Albin Kurti a accusé la Serbie d'avoir eu l'intention d'"annexer" le nord du Kosovo.

"Sur la base de documents saisis, la police du Kosovo a confirmé que l'attaque terroriste faisait partie d'un plan plus vaste visant à annexer le nord du Kosovo par le biais d'une attaque coordonnée sur 37 positions" au total, a écrit M. Kurti sur le réseau social "X", anciennement Twitter.

Le plan était, selon lui, de "mettre en place un corridor vers la Serbie" pour "permettre l'approvisionnement en armes et en troupes".

Un tiers des quelque 120 000 Serbes du Kosovo (1,8 million d'habitants) vivent dans le nord du Kosovo, région frontalière de la Serbie où Pristina souhaite asseoir sa souveraineté. Soutenus par Belgrade, ils refusent toute allégeance au gouvernement du Kosovo.

Le jour même de l'attaque, les autorités de Pristina avaient affirmé que Belgrade était derrière le groupe armé, des accusations que les autorités serbes rejettent.


Le président iranien estime que la reprise des hostilités avec les Etats-Unis n'est pas dans l'intérêt de son pays

Le président iranien Masoud Pezeshkian a estimé lundi que poursuivre la guerre contre les Etats-Unis n'était pas dans l'intérêt de son pays, alors que les hostilités ont repris entre les deux pays après un mois d'accalmie. (AFP)
Le président iranien Masoud Pezeshkian a estimé lundi que poursuivre la guerre contre les Etats-Unis n'était pas dans l'intérêt de son pays, alors que les hostilités ont repris entre les deux pays après un mois d'accalmie. (AFP)
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  • Ses déclarations sont intervenues après des frappes américaines sur l'île iranienne de Larak, qui ont fait deux morts et plusieurs blessés, selon l'agence officielle iranienne IRNA
  • L'Iran a de son côté affirmé lundi avoir attaqué avec des drones une base aux Emirats arabes unis en Jordanie en "légitime défense"

BICHEK: Le président iranien Masoud Pezeshkian a estimé lundi que poursuivre la guerre contre les Etats-Unis n'était pas dans l'intérêt de son pays, alors que les hostilités ont repris entre les deux pays après un mois d'accalmie.

"Nous continuons de nous efforcer de trouver un chemin d'accord et de compréhension, et nous pensons que continuer la guerre n'est pas dans notre intérêt, ni dans l'intérêt de la région", a expliqué le président iranien lors d'une réunion avec le Premier ministre indien Narendra Modi avant le sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) au Kirghistan.

"Nous pensons que la solution aux problèmes existants réside dans le dialogue et la compréhension, et toutes les capacités doivent être mobilisées pour éviter l'extension de l'insécurité et du conflit", a-t-il ajouté, selon un communiqué de la présidence iranienne.

Ses déclarations sont intervenues après des frappes américaines sur l'île iranienne de Larak, qui ont fait deux morts et plusieurs blessés, selon l'agence officielle iranienne IRNA. L'Iran a de son côté affirmé lundi avoir attaqué avec des drones une base aux Emirats arabes unis en Jordanie en "légitime défense".

Le conflit est entré dans son septième mois et les efforts diplomatiques pour y mettre fin patinent.

Ces dernières semaines ont été marquées par une accalmie au Moyen-Orient, même si des tirs sporadiques ont été recensés, surtout dans et autour du détroit d'Ormuz.

Des dizaines de dirigeants, dont le dirigeant chinois Xi Jinping, le russe Vladimir Poutine, le Premier ministre indien Narendra Modi et son homologue pakistanais Shehbaz Sharif, doivent participer lundi et mardi au sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), qui se déroule cette année dans la capitale kirghize, Bichkek.

 


Crise migratoire à Ceuta : Sánchez réfute toute implication marocaine

Des soldats espagnols observent des manifestants brandissant des drapeaux espagnols lors d’une manifestation contre la présence de migrants et la situation suite à l’arrivée de dizaines de milliers de migrants le mois dernier à Ceuta, en Espagne, le 29 août 2026. (AFP)
Des soldats espagnols observent des manifestants brandissant des drapeaux espagnols lors d’une manifestation contre la présence de migrants et la situation suite à l’arrivée de dizaines de milliers de migrants le mois dernier à Ceuta, en Espagne, le 29 août 2026. (AFP)
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  • Le Premier ministre espagnol a écarté lundi toute responsabilité "d'une manière ou d'une autre" des autorités marocaines
  • "Aucun service de renseignement avec lequel le gouvernement espagnol collabore habituellement ne fait apparaître le moindre doute, ou plutôt, quelque doute que ce soit quant à la participation, d'une manière ou d'une autre, des autorités marocaines"

MADRID: Le Premier ministre espagnol a écarté lundi toute responsabilité "d'une manière ou d'une autre" des autorités marocaines dans le brusque afflux de migrants arrivés dans le territoire espagnol de Ceuta depuis le Maroc il y a un mois.

"Aucun service de renseignement avec lequel le gouvernement espagnol collabore habituellement ne fait apparaître le moindre doute, ou plutôt, quelque doute que ce soit quant à la participation, d'une manière ou d'une autre, des autorités marocaines", a déclaré le chef de gouvernement socialiste sur la radio Cadena Ser.


Les Etats-Unis et le Venezuela annoncent un accord pétrolier "historique"

Donald Trump lors d’une rencontre avec Volodymyr Zelensky et des dirigeants européens à la Maison-Blanche, le 18 août 2025, et Delcy Rodriguez au palais présidentiel de Miraflores à Caracas, le 4 mars 2026. Caracas a confirmé le 28 août 2026 la signature d’un accord pétrolier majeur avec les États-Unis portant sur 65 milliards de barils de réserves prouvées. (AFP)
Donald Trump lors d’une rencontre avec Volodymyr Zelensky et des dirigeants européens à la Maison-Blanche, le 18 août 2025, et Delcy Rodriguez au palais présidentiel de Miraflores à Caracas, le 4 mars 2026. Caracas a confirmé le 28 août 2026 la signature d’un accord pétrolier majeur avec les États-Unis portant sur 65 milliards de barils de réserves prouvées. (AFP)
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  • Washington et Caracas annoncent un accord pétrolier présenté comme historique, portant sur 17 champs vénézuéliens, avec 65 milliards de barils de potentiel et plus de 100 milliards de dollars d’investissements
  • L’accord vise à relancer la production pétrolière du Venezuela et à réduire les prix de l’énergie aux États-Unis, mais des incertitudes persistent sur les investissements, la sécurité et la stabilité politique

WASHINGTON: Washington et Caracas ont annoncé vendredi avoir conclu un accord pétrolier "historique", qui verra les Etats-Unis prendre le contrôle majoritaire de plus de 65 milliards de barils des réserves du Venezuela.

Dans un message publié sur Truth Social, le président américain Donald Trump l'a qualifié de "plus grand accord pétrolier de l'histoire mondiale" qui doublerait, selon lui, les réserves pétrolières des Etats-Unis.

Il précise que l'accord a été établi "en étroite collaboration avec la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez" et "au travers d'un partenariat avec des entreprises privées".

Caracas a confirmé avoir signé un accord pétrolier "historique" avec les Etats-Unis, Mme Rodriguez remerciant "chaleureusement" Donald Trump dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.

Selon elle, l'accord prévoit "de développer 17 champs stratégiques, avec un potentiel avéré de 65 milliards de barils de pétrole, un investissement de plus de 100 milliards de dollars et plus de 209 milliards de dollars de recettes fiscales pour l'État" vénézuélien.

"Pour le peuple vénézuélien, cet accord (...) soutiendra des milliers d'emplois bien rémunérés et favorisera la reconstruction de l'économie vénézuélienne", a également déclaré le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio sur X, confirmant "près de 100 milliards de dollars d'investissements privés" dans le pays.

Le Venezuela dispose des plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde, avec plus de 303 milliards de barils. Mais sa production reste limitée.

En parallèle, les stocks stratégiques américains ("strategic petroleum reserve", ou SPR) sont à leur plus bas niveau depuis novembre 1982, selon les données de l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA).

Washington s'est engagé à libérer progressivement 172 millions de barils sur les 415 millions qui composaient la SPR fin février pour pallier les perturbations d'approvisionnement et la hausse des cours du brut liées à la guerre en cours au Moyen-Orient.

Selon Donald Trump, "cette transaction historique" entre les Etats-Unis et le Venezuela permettra "de réduire considérablement le prix de l'essence pour tous les Américains, et ce pendant de nombreuses années".

Le président américain assure par ailleurs que cet accord "ne coûtera rien aux contribuables américains".

 

- Mainmise américaine -

 

Depuis le raid militaire américain qui a permis début janvier la capture de Nicolas Maduro, Donald Trump veut relancer l'exploitation des ressources pétrolières et gazières vénézuéliennes sous son propre patronage.

Le gouvernement américain essaye de pousser les entreprises américaines à s'engager dans le pays, suscitant toutefois des réactions mitigées face aux lourds investissements nécessaires pour remettre en état les infrastructures pétrolières du pays et y extraire de l'or noir.

Une réticence suscitée aussi par les expropriations menées par le régime vénézuélien dans le passé. Le géant américain ExxonMobil l'a notamment été à deux reprises.

"Le principal problème au Venezuela concernait la sûreté et la sécurité", a commenté auprès de l'AFP John Kilduff, analyste d'Again Capital.

Selon lui, les Etats-Unis pourraient chercher avec cet accord à "créer une sorte de zone d'État où les entreprises américaines peuvent s'implanter, exercer leurs activités sans subir de répercussions, et (...) éliminer le risque politique qui accompagne habituellement les investissements au Venezuela".

Pour Jorge R. Pinon, chercheur à l'Energy Institute de l'Université du Texas à Austin, de nombreuses "zones d'ombre" subsistent toutefois, notamment le risque qu'un futur gouvernement vénézuélien change brutalement "les règles du jeu", remettant en cause tout accord actuel.

"Ce sont des projets qui mettront très certainement de nombreuses années avant de voir le jour et de porter leurs fruits", estime par ailleurs l'expert pétrolier Oswaldo Felizzola.

Pour Elias Ferrer, fondateur du Think tank Orinoco Research, cette annonce relève d'"un jeu de récits autour d'accords qui étaient déjà en cours de négociation", l'achat par les Etats-Unis de brut vénézuélien étant dans tous les cas "garanti".

D'après l'expert, Donald Trump présente ces arrangements comme une victoire politique, en les inscrivant dans le contexte plus large du conflit au Moyen-Orient et de la flambée des prix de l'énergie.