Assemblée: Encore en échec sur ses textes, le RN dénonce un «sectarisme»

«Il n'y a pas eu de grosses surprises, mais un certain sectarisme», estime Jean-Philippe Tanguy (à droite), président-délégué du groupe RN (Photo, AFP).
«Il n'y a pas eu de grosses surprises, mais un certain sectarisme», estime Jean-Philippe Tanguy (à droite), président-délégué du groupe RN (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 05 octobre 2023

Assemblée: Encore en échec sur ses textes, le RN dénonce un «sectarisme»

  • Six textes déposés par le groupe de Marine Le Pen ont été rejetés mercredi en commission
  • Ils seront de nouveau au programme le 12 octobre dans l'hémicycle, accompagnés d'une résolution pour accorder l'asile à Julian Assange

PARIS: Malgré certains textes aux accents consensuels, le Rassemblement national a fait chou blanc mercredi en commission à l'Assemblée. Mais il espère exploiter ses défaites pour illustrer un supposé "sectarisme" des autres groupes, qui pour la plupart tâtonnent sur la stratégie à adopter.

"Il n'y a pas eu de grosses surprises, mais un certain sectarisme", estime Jean-Philippe Tanguy, président-délégué du groupe RN. Six textes déposés par le groupe de Marine Le Pen ont été rejetés mercredi en commission.

Ils seront de nouveau au programme le 12 octobre dans l'hémicycle, accompagnés d'une résolution pour accorder l'asile à Julian Assange.

Le RN fait tout pour compliquer la tâche de ses adversaires, en démarrant par exemple sa niche par un texte pour les femmes souffrant d'endométriose, qui vise à accorder aux quelques 1,5 à 2,5 millions de femmes atteintes un statut d'affection de longue durée, et à celles qui le souhaitent un statut de travailleuse handicapée.

Mercredi matin, le rapporteur Emmanuel Taché de la Pagerie a tenté de couper court aux critiques : "Nous aidons les femmes à sortir d'un parcours du combattant", "renonce(z) aux postures politiciennes".

"Les LR votent pour", rappelle un député de gauche à ses camarades de la Nupes. "Il faut renvoyer la balle au gouvernement", souffle une autre députée.

La gauche reproche notamment au RN d'avoir en partie repris une résolution adoptée à l'initiative de la députée LFI Clémentine Autain en janvier 2022.

"Cynisme, plagiat, rien ne vous arrête", fustige la députée de Seine-Saint-Denis. "Vous connaissez le coucou, cet oiseau qui prend le nid des autres ?", ironise l'écologiste Sandrine Rousseau. "Le projet du RN reste profondément réactionnaire et sexiste", poursuit sa collègue Marie-Charlotte Garin.

Si toute la gauche fustige "l'opportunisme" du RN, les comportements lors du vote varient : certains comme Sandrine Rousseau votent contre, d'autres, dont des députés LFI ou PS ne le font pas.

"Nous ne voulions pas prendre part à cette opération politicienne", explique Clémentine Autain.

"Le gouvernement aurait pu prendre un décret depuis deux ans (pour appliquer la résolution Autain)", abonde le socialiste Arthur Delaporte. "On n'a pas participé au vote, on n'a pas à sauver les fesses de la macronie", estime le député, dénonçant une "piraterie du RN".

Et dans l'hémicycle?

Les députés du camp présidentiel, eux, votent à l'unisson contre en commission. Le groupe Renaissance avait acté mardi cette stratégie, proposée par la vice-présidente en charge des "niches" Marie Lebec. "La discussion a duré autour d'une heure", explique une source au groupe, selon laquelle certains députés ont proposé de s'abstenir.

Un temps inquiet de la position du MoDem et d'Horizons, les députés Renaissance ont pu compter sur les voix de leurs alliés du camp présidentiel, en attaquant notamment la rédaction du texte, qui propose "moins que le droit existant" pour Stéphanie Rist (Renaissance).

"La Nupes paradoxalement, est peut-être moins caricaturale que Renaissance", s'agace Jean-Philippe Tanguy, qui ne manque pas de louer "plus de bonne foi de la part de LR".

Le groupe de droite n'a en effet pas hésité à soutenir certaines propositions RN, estimant qu'elles rejoignaient ou reprenaient ses idées, sur l'endométriose, les tests osseux, les sanctions contre les parents de certains enfants délinquants, ou l'écriture inclusive.

"On vote quand c’est utile à l’intérêt des Français, il n'y a pas de cordon sanitaire autour de nos idées", assumait mardi le chef du groupe Olivier Marleix. "Il y a un glissement de légitimation" du RN, déplore Arthur Delaporte (PS).

Est-ce que le RN peut transformer l'essai en séance publique ? "Il y a toujours un risque", estimait mardi une source Renaissance.

"On ne prendra pas part au vote dans l’hémicycle" sur l'endométriose prédit une source socialiste. Mais les débats continuaient ces derniers jours dans la Nupes, entre ceux qui veulent marquer le coup contre le RN, ceux qui craignent un accident, et ceux appellent à ne pas participer.

Face aux faibles chances de victoire, le RN espère montrer dans l'hémicycle que ses adversaires "pensent gêner le RN (mais) ne pensent pas à l'intérêt général", souligne Jean-Philippe Tanguy.


Décès de Lionel Jospin à l'âge de 88 ans

L'ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin est décédé dimanche à l'âge de 88 ans, a annoncé lundi sa famille à l'AFP.(AFP)
L'ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin est décédé dimanche à l'âge de 88 ans, a annoncé lundi sa famille à l'AFP.(AFP)
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  • Figure reconnue et rassembleuse de la gauche jusqu'au bout, il avait créé le principe de la "gauche plurielle", réunissant dans ses gouvernements des ministres socialistes mais aussi écologistes et communistes
  • Porté par une conjoncture économique favorable, il avait alors mis en place la réduction du temps de travail à 35 heures hebdomadaires, la couverture maladie universelle et un contrat d'union civile: le Pacs

PARIS: L'ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin est décédé dimanche à l'âge de 88 ans, a annoncé lundi sa famille à l'AFP.

M. Jospin avait indiqué en janvier avoir subi "une opération sérieuse", sans divulguer de détails.

Chef du gouvernement de 1997 à 2002, premier secrétaire du PS de 1981 à 1988 puis de 1995 à 1997, M. Jospin s'était aussi présenté sans succès aux élections présidentielles de 1995 et 2002.

Figure reconnue et rassembleuse de la gauche jusqu'au bout, il avait créé le principe de la "gauche plurielle", réunissant dans ses gouvernements des ministres socialistes mais aussi écologistes et communistes.

Porté par une conjoncture économique favorable, il avait alors mis en place la réduction du temps de travail à 35 heures hebdomadaires, la couverture maladie universelle et un contrat d'union civile: le Pacs.

La surprise avait été totale lorsqu'en 2002, il n'était pas parvenu à se qualifier pour le second tour de la présidentielle, laissant Jean-Marie Le Pen en duel avec Jacques Chirac.

Dispersion de la gauche, campagne ratée, montée de l'extrême droite, Lionel Jospin s'était alors retiré de la vie politique, n'intervenant plus pendant des années dans le débat public.

Pendant le quinquennat de François Hollande, il avait présidé une commission sur la moralisation de la politique puis était au Conseil constitutionnel en 2014.

Le leader Insoumis Jean-Luc Mélenchon, qui fut ministre de M. Jospin de 2000 à 2002, a rendu hommage à "un modèle d'exigence et de travail" et salué la mémoire d'une "présence intellectuelle dans un univers qui partait à la dérive", dans un message publié sur X.


Grégoire gagne Paris haut la main, défaite cuisante pour Dati

Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche unie hors LFI à Paris, a été largement élu dimanche face à sa rivale de droite Rachida Dati. (AFP)
Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche unie hors LFI à Paris, a été largement élu dimanche face à sa rivale de droite Rachida Dati. (AFP)
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  • Le successeur d'Anne Hidalgo, 48 ans, a totalisé 50,52% des suffrages, neuf points devant la candidate de la droite et du centre Rachida Dati, qui a échoué une deuxième fois à ravir la capitale à la gauche
  • L'Insoumise Sophia Chikirou est arrivée troisième, avec 7,96 des voix

PARIS: Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche unie hors LFI à Paris, a été largement élu dimanche face à sa rivale de droite Rachida Dati. Enfourchant un Vélib, il s'est rendu à l'Hôtel de Ville où Anne Hidalgo lui a donné une chaleureuse accolade avant de lui remettre la clé de la ville.

Le successeur d'Anne Hidalgo, 48 ans, a totalisé 50,52% des suffrages, neuf points devant la candidate de la droite et du centre Rachida Dati, qui a échoué une deuxième fois à ravir la capitale à la gauche, aux commandes depuis 25 ans.

L'Insoumise Sophia Chikirou est arrivée troisième, avec 7,96 des voix.

"Paris a décidé de rester fidèle à son histoire", s'est félicité Emmanuel Grégoire depuis la Rotonde de Stalingrad (nord-est), acclamé par les militants.

Le député PS et ex-premier adjoint de la maire sortante voit dans son succès "une promesse exigeante" et "la victoire d'une certaine idée de Paris, un Paris vivant, progressiste, populaire".

"Ce n'est pas la victoire d'un Paris contre un autre", a ajouté M. Grégoire, dont les sondages prédisaient une victoire sur le fil du rasoir.

Sitôt sa victoire annoncée, le nouvel édile de la capitale, 48 ans, s'est rendu à Vélib à l'Hôtel de ville, où l'attendaient Anne Hidalgo mais aussi l'ex-maire socialiste Bertrand Delanoë, symbole de la "prise" de Paris par la gauche en 2001.

"Je suis très heureuse, c'est un bonheur immense", a déclaré Anne Hidalgo à son arrivée, lui donnant une longue et chaleureuse accolade, avant de lui remettre la clé de la ville.

"Mes premiers mots vont à Anne Hidalgo pour ses mots chaleureux", a répondu Emmanuel Grégoire, passant l'éponge sur leurs dernières années de brouille.

"Je pense à ceux qui dorment ce soir dans les rues, à ceux qui souffrent, à tous les plus vulnérables qui ont besoin de la gauche", a-t-il ajouté, avant de prendre le métro en direction de la Rotonde Stalingrad.

Douche froide chez Dati 

A l'annonce des résultats, plusieurs centaines de sympathisants ont explosé de joie, scandant "Paris reste à gauche !".

"Je suis soulagée! Je m'attendais à un petit écart mais là c'est impressionnant", a réagi Nolween Caruso, 27 ans.

Bière à la main et sourire aux lèves, Léo est allé célébrer la victoire sur le parvis de l'Hôtel de ville. "On eu un peu peur que Rachida Dati puisse être élue avec le soutien de l'extrême droite. Dans une ville comme Paris ça aurait fait mal", confie ce militant PS de 26 ans.

Rachida Dati, déjà battue en 2020 par Anne Hidalgo, a reconnu dans un message lapidaire qu'elle n'avait "pas réussi à convaincre suffisamment" que le changement "était non seulement possible, mais surtout qu'il était nécessaire".

Devant son QG, c'est la douche froide pour les militants. "Je suis extrêmement déçue, j'y croyais fort, Paris méritait l'alternance", se désole Eva Sultan, 57 ans, cadre de banque et militante.

Autre salle, autre ambiance près du QG de campagne de Sophia Chikirou, où une quarantaine de personnes ont explosé de joie à l'annonce de la victoire du député PS.

La candidate insoumise a vu dans cette victoire l'expression du "rejet fort de la droite" et s'est félicitée que des élus LFI entrent pour la première fois au Conseil de Paris.

De son côté, l'ex-candidat Horizons et Renaissance Pierre-Yves Bournazel a dit sur X former "le vœu que Paris réussisse" et "demeure, enfin, la capitale de la lutte contre tous les extrémismes politiques". L'ancien chef de file du centre-droit a fusionné ses listes avec Rachida Dati mais s'est retiré personnellement de la course, un geste perçu comme un désaveu vis-à-vis de l'ex-garde des Sceaux de Nicolas Sarkozy.

Equilibre inchangé dans les arrondissements 

"Je suis très triste pour les Parisiens", a déclaré Sarah Knafo, l'ex-candidate d'extrême droite, qui s'était désistée pour "faire battre la gauche".

"Paris est une ville définitivement de gauche", analyse Frédéric Dabi, directeur général de l'Ifop. Selon lui, l'électorat de Pierre-Yves Bournazel "s'est très mal reporté sur Rachida Dati, dont le score est une addition de celui du premier tour, et sans doute de 90% à 95% de Sarah Knafo".

Dans les arrondissements, l'équilibre des forces politiques reste inchangé, avec neuf arrondissements restant à gauche et huit demeurant à droite.

Lucie Castets, ex-candidate de la gauche pour Matignon, a été élue maire du XIIe arrondissement, où elle avait remplacé au pied levé la maire écologiste sortante Emmanuelle Pierre-Marie, épinglée pour son management jugé toxique.

Le chef de file des écologistes parisiens David Belliard, ex-adjoint aux transports d'Anne Hidalgo, a remporté le XIe arrondissement. Il avait obtenu la tête de liste aux termes de l'accord d'union négocié avec les socialistes d'Emmanuel Grégoire, qui ont accepté de céder leur bastion, terre d'élection d'Anne Hidalgo.

L'élection du maire aura formellement lieu dimanche prochain.

 


Macron condamne les attaques iraniennes contre l'Arabie saoudite lors d'un appel avec le prince héritier

 Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a reçu un appel téléphonique du président français Emmanuel Macron, au cours duquel les deux dirigeants ont passé en revue les derniers développements régionaux et leurs répercussions, a rapporté lundi l'Agence de presse saoudienne. (SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a reçu un appel téléphonique du président français Emmanuel Macron, au cours duquel les deux dirigeants ont passé en revue les derniers développements régionaux et leurs répercussions, a rapporté lundi l'Agence de presse saoudienne. (SPA)
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  • Le président français réaffirme le soutien de Paris aux mesures prises par Riyad pour "sauvegarder sa souveraineté"
  • Il a réaffirmé le soutien de Paris à toutes les mesures prises par Riyad pour sauvegarder sa souveraineté, sa sécurité et son intégrité territoriale

RIYAD: Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a reçu un appel téléphonique du président français Emmanuel Macron, au cours duquel les deux dirigeants ont passé en revue les derniers développements régionaux et leurs répercussions, a rapporté lundi l'Agence de presse saoudienne (SPA).

Lors de l'appel, Macron a exprimé la solidarité de la France avec l'Arabie saoudite, condamnant fermement les attaques iraniennes répétées visant le Royaume.

Il a réaffirmé le soutien de Paris à toutes les mesures prises par Riyad pour sauvegarder sa souveraineté, sa sécurité et son intégrité territoriale.

Cet appel est intervenu alors que les tensions régionales continuent de s'intensifier. Un jour plus tôt, M. Macron avait appelé toutes les parties au conflit à imposer un moratoire sur les frappes visant les installations énergétiques et d'autres infrastructures civiles.

Il a également exhorté l'Iran à permettre la libre circulation dans le détroit d'Ormuz, mettant en garde sur le média social X contre le "risque d'une escalade incontrôlable".

La France a vivement critiqué l'Iran ces derniers jours. Lors d'une visite en Israël vendredi, le ministre des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a déclaré que toute résolution durable du conflit au Moyen-Orient devait être étayée par un règlement politique, ce qui suppose que Téhéran change radicalement de cap.

"Quelle que soit l'issue des opérations militaires en cours, elle doit être complétée par une solution politique qui produise des résultats durables", a déclaré M. Barrot aux journalistes à Tel-Aviv, ajoutant que "le régime iranien doit être prêt à faire des concessions majeures - à changer radicalement de position".

M. Barrot s'est également fait l'écho des appels européens en faveur d'un arrêt des frappes sur les infrastructures énergétiques, à la suite d'un bombardement israélien sur le principal champ gazier iranien qui a entraîné une hausse des prix de l'énergie.